REVOLUTION ALGERIENNE : LES COMBATTANTS D'UNE JUSTE CAUSE - CHRONIQUES DES ANNEES DE GUERRE EN WILAYA III (KABYLIE) 1956-1962 - TOME 2 DE DJOUDI ATTOUMI

Publié le par Tourtaux

CHRONIQUES DES ANNÉES DE GUERRE EN WILAYA III (KABYLIE) 1956-1962 - TOME 2 DE DJOUDI ATTOUMI

Les combattants d'une juste cause

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Les combattants d'une juste cause

«Nulle force ne peut les arrêter, hormis la mort glorieuse ou la Libération nationale» (extrait de l'Appel de l'ALN, un tract distribué à Alger le 1er novembre 1954).

Novembre, chez nous, incite à la réflexion, la même chaque année. Au-delà de tous les souvenirs, évidemment de tous les souvenirs, cette réflexion est intense, illuminée de Soleil juste et bienfaisant sur nos blessures profondes encore vives. Cependant, même en ces jours de liberté et d'indépendance, notre bonheur nous fait davantage découvrir qu'une pleine conscience nationale n'efface jamais tout à fait la tristesse et le deuil dont le colonialisme français s'est rendu coupable envers les populations algériennes.
De tous temps, en Algérie, les champs de bataille contre les armées et la police des colonisations successives depuis les millénaires, ont requis des insurrections et des insurrections populaires, ont coûté des centaines de milliers et des centaines de milliers de morts et de disparus. De 1830 à 1962, notre patrie a été meurtrie: des populations algériennes ont été torturées, massacrées, enfumées dans des grottes, razziées, et des têtes ont été coupées,... La guerre d'Algérie, la lutte de libération nationale 1954-1962, menée par tout le peuple soulevé, a révélé enfin au monde contemporain libre, les exactions du système colonial français en Algérie et l'héroïsme total, généreux et pédagogique du nationalisme algérien: le sacrifice d'un million et demi de chouhada. Au sujet de cette guerre juste contre l'occupation et l'oppression coloniale, la Proclamation du 1er Novembre 1954 est une référence sublime et autant l'Appel de l'ALN à la même date. Aussi devons-nous considérer comme une contribution, ample et compétente, à une production de Renaissance nationale l'ouvrage Chroniques des années de guerre en Wilaya III (Kabylie) 1956-1962, Récits de guerre (tome 2) (*) de Djoudi Attoumi. Le tome 1, que j'ai déjà présenté ici même, en décembre 2009, nous est apparu comme un travail profond sur la guerre en wilaya III, comblé d'informations de première main, puisque l'auteur a été témoin et souvent acteur de nombreux événements désormais historiques très enrichissants sur ce que furent les «Crimes sans châtiments».
Dans le tome 2, Chroniques des années de guerre en wilaya III (Kabylie) 1956-1962, Djoudi Attoumi nous propose des Récits de guerre. Il rapporte des faits avec la précision de l'acteur passionné par son rôle de dire ce qu'il a vu, de ce qu'il a vécu lui-même, de ce que ses compagnons ont accompli d'actes héroïques dans la wilaya III, où il a servi aux côtés de hauts combattants de la Révolution, ceux de l'ALN et du FLN. Démobilisé, à sa demande, en août 1962 (Lire Le Temps de lire du mercredi 23 novembre 2009, p. 21), il s'est attaché à écrire, ou plutôt à décrire avec la plus grande probité intellectuelle, et en citoyen libre, «le vrai visage de la guerre de libération, le sens de la politique mensongère de «pacification» et le vrai visage de l'armée coloniale à travers les massacres, les crimes perpétrés; en un mot, ils [les lecteurs] découvrent, d'autres facettes de la guerre d'Algérie jusque-là ignorées». (Par certains aspects de morale révolutionnaire, de vérité historique et de nationalisme éclairé, ce livre rappelle, entre autres, celui du moudjahid Mohamed Saïki, Chronique des années de gloire, éd. Dar El Gharb, Oran, 2004, 500 pages.) Le devoir de mémoire concerne évidemment en premier lieu les témoins et les acteurs vivants de la Révolution pour cette tranche exceptionnelle de notre Histoire. Et nos historiens, nos chercheurs, nos hommes de culture y puiseront en professionnels pour nous instruire.
Justement, ces «Récits de guerre» se veulent, selon l'auteur, contribution à «l'écriture de l'Histoire de notre guerre de libération nationale». Ce «long travail d'élaboration de témoignages» et de réflexions diverses sur la nécessité et la justesse de la guerre contre la colonisation est développé en vingt-trois chapitres utilement chargés d'informations, de photos et de précisions poussées au moindre détail pour constituer une preuve concrète de chaque action observée et consignée. Exemples de chapitres traitant de «sujets sensibles»: Le devoir de vérité et l'affaire de Melouza; Le congrès de la Soummam; La guerre psychologique; Les artificiers de l'ALN.; L'opération Dufour; La stratégie militaire de l'ALN; Rôle de l'aviation de l'armée de terre (ALAT); L'enfer des condamnés à mort; La trêve unilatérale du 20 mai 1961; Les imposteurs de l'Histoire,... Être crédible a, semble-t-il, été le souci majeur de Djoudi Attoumi pour inciter le lecteur, et plus sûrement l'historien algérien, à considérer le sérieux, donc l'authenticité, des faits présentés car, peut-être, par ignorance, par passion aveugle ou par calcul partisan, des «secrets» ont parfois été trop longtemps enfouis dans les mémoires vouées au silence, - pire, à l'indifférence collective, pire encore au dénigrement!

(*) Chroniques des années de guerre en wilaya III (Kabylie) 1956-1962, Récits de guerre tome 2 de Djoudi Attoumi, Éditions Rym Attoumi, Béjaïa, 2011, 447 pages.

 


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