CONCERNANT LEPAON, LOUIS VIANNET, ANCIEN SECRETAIRE GENERAL DE LA CGT DE 1992 A 1999 NE MACHE PAS SES MOTS. IL APPELLE LEPAON A REMETTRE SON MANDAT.

Publié le par Tourtaux

CGT : Louis Viannet appelle Thierry Lepaon à «remettre son mandat»

Leïla de Comarmond / Journaliste | Le 05/01 à 11:52
  • Louis Viannet, ancien secretaire général de la CGT. - Lydie LECARPENTIER/REA

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Dans une interview au « Monde », celui qui fut secrétaire général de la CGT de 1992 à 1999 a des mots très durs pour le leader actuel de la centrale. « Si aucune faute n’avait été commise, il n’y aurait aujourd’hui ni fuite ni campagne des médias », affirme-t-il.

Bernard Thibault , le prédécesseur de Thierry Lepaon à la tête de la CGT, Georges Séguy , le patron de la centrale qui avait tenté de l’ouvrir au début des années 1980, ont déjà pris la parole face à la crise qui secoue le syndicat de Montreuil depuis que la presse a révélé que Thierry Lepaon a bénéficié de travaux dispendieux dans son appartement de fonction et son bureau mais aussi qu’il a touché une prime de départ de près de 25.000 euros quand il a quitté la direction du comité régional CGT de Normandie pour devenir secrétaire général de la confédération. Si l’on pouvait lire entre les lignes qu’ils ne soutenaient pas Thierry Lepaon, aucun n’avait osé l’attaquer frontalement le leader syndical. Jusqu’à ce lundi, parmi les anciens, seul Jean-Louis Moynot , un proche de Louis Viannet, qui dirigeât la CGT entre 1992 et 1999, avait été jusqu’à demander sa démission.

Sans langue de bois

Les avertissements n’ont pas fait dévié de sa route d’un iota le secrétaire général actuel de la CGT qui aborde la réunion, ce mardi, de la commission exécutive de la centrale avec la volonté encore et toujours de sauver sa tête. C’est vraisemblablement ce qui a conduit Louis Viannet à sortir de son silence. L’homme occupe une place majeure dans l’histoire de la CGT. Après l’échec de Georges Séguy, il fut l’artisan du tournant stratégique de la centrale amplifié ensuite par Bernard Thibault - avec notamment la distanciation avec le Parti communiste, son retour dans le jeu contractuel et son entrée dans la Confédération européenne des syndicats. Ses expressions depuis son départ de la CGT ont été rares. Même lors de la crise de succession, en 2012, il avait choisi de ne pas intervenir. Cette fois-ci, il a décidé de sortir de son silence sans langue de bois. Dans une interview que lemonde.fr vient de mettre en ligne, l’ancien syndicaliste ne mâche pas ses mots : « Le secrétaire général se grandirait, en cette année de 120e anniversaire de la création de la CGT, en annonçant publiquement, et avant même la réunion du comité confédéral national, sa décision de remettre son mandat à la disposition du CCN. C’est, pour lui, la seule façon de participer positivement à l’écriture des pages à venir de l’histoire de la CGT. »

Louis Viannet démonte en outre tout l’argumentaire sur lequel s’appuie le leader cégétiste pour tenter de rester en poste. La théorie du complot ? « Certes les fuites ont bel et bien existé, la pression médiatique également. Mais, si aucune faute n’avait été commise, il n’y aurait aujourd’hui ni fuite ni campagne des médias. Qui plus est, ces fautes impliquent le secrétaire général, dès lors les problèmes prennent une autre dimension », affirme le syndicaliste. Il ajoute : « Seul un démenti aurait pu rassurer ; tandis que toute tentative de justification ne pouvait qu’accentuer la méfiance », pointant le fait que toutes les informations sorties dans la presse ont été confirmées.

« Conciliabules de sommet »

Et l’ancien numéro un de la CGT enfonce le clou, expliquant que toutes les affaires impliquant Thierry Lepaon ont produit un « doute sur la sincérité avec laquelle la CGT défend bec et ongles ses valeurs fondamentales. C’est l’amalgame, le « tous les mêmes » qui vient humilier ceux et celles qui, chaque jour avec dévouement et abnégation, aident les salariés à résister », regrette-t-il. Il tacle au passage ceux qui « considèrent que les conciliabules de sommet entre ceux et celles qui savent, peuvent suppléer au nécessaire débat démocratique qu’il va d’ailleurs falloir concevoir le plus large possible, si l’on veut rassembler toutes les forces vives de la CGT autour des décisions du CCN ». Une allusion à peine masquée au rendez-vous discret qu’ont eu quelques dirigeants de grosses fédérations, dont celui de la Métallurgie qui ne cache pas son ambition de succéder à Thierry Lepaon, avec ce dernier il y a quelques semaines.

 

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