Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

MANLIO DINUCCI : L'ITALIE EN "MISSION PROLONGEE" DE GUERRE SOUS COMMANDEMENT DES USA

Publié le par Tourtaux

 

Transmis par Marie-Ange Patrizio

 

 

 

L’art de la guerre

 

L’Italie en « mission prolongée » de guerre sous commandement USA

 

Manlio Dinucci

 

Demain –veille du 13ème anniversaire du 11 septembre qui marqua le commencement de la « guerre mondiale contre le terrorisme » centrée sur Al Qaeda et sur l’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak par des coalitions conduites par les USA- le président Obama annoncera, dans un discours solennel à la nation, le lancement d’une nouvelle offensive sous conduite USA visant, selon ce qu’il a déclaré dimanche dans une interview télévisée à Nbc, à « affronter la menace provenant de l’Etat islamique de l’Irak et de la Syrie (Isis) ». Tout en n’envoyant pas officiellement des forces de terre en Irak et en Syrie, le président promet : « Nous dégraderons systématiquement les capacités des militants sunnites de l’Isis, nous restreindrons le territoire qu’ils contrôlent et, enfin, nous les vaincrons ».

La stratégie a été officialisée dans la Déclaration finale du récent Sommet de l’Otan, dans laquelle on affirme (point 37) que « l’Isis, par sa récente avancée en Irak, est devenu une menace transnationale ». Qui en est responsable ? Les 28 gouvernements Otan (celui de Renzi compris) n’ont aucun doute : « Le régime d’Assad qui a contribué à l’émergence de l’Isis en Syrie et à son expansion au-delà de ce pays ». On renverse ainsi la réalité : comme cela a déjà été amplement documenté, les premiers noyaux du futur Isis se forment quand, pour renverser Kadhafi en Libye en 2011, l’Otan finance et arme des groupes islamistes définis comme terroristes jusque peu de temps auparavant (en exprimant maintenant, dans la Déclaration du Sommet, « une profonde préoccupation pour les actuelles violences en Libye »). Après avoir contribué à renverser Kadhafi, ces groupes passent en Syrie pour renverser Assad. C’est là, en 2013, que naît l’Isis qui reçoit financements, armes et voies de transit de la part des alliés les plus étroits des Etats-Unis : Arabie saoudite, Qatar, Koweït, Turquie et Jordanie. Sur la base d’un plan à coup sûr coordonné par la Cia.

L’Isis lance ensuite l’offensive en Irak, et sans hasard au moment où le gouvernement présidé par Nouri al-Maliki est en train de prendre ses distances de Washington, et de se rapprocher de plus en plus de la Chine. Celle-ci achète environ la moitié de la production pétrolifère de l’Irak, qui a fortement augmenté, et effectue de gros investissements dans son industrie d’extraction. En février dernier, les deux gouvernements signent des accords qui prévoient des fournitures militaires par la Chine. En mai dernier al-Maliki participe, à Shanghai, à la Conférence sur les mesures d’interaction et de renforcement de la confiance en Asie, avec le président russe Vladimir Poutine et Hassan Rouhani, président de l’Iran. Pays avec qui le gouvernement al-Maliki avait signé en novembre 2013 un accord qui, défiant l’embargo voulu par Washington, prévoit l’acquisition d’armes iraniennes. C’est sur ce fond que vient se placer l’offensive de l’Isis, qui met le feu à l’Irak en trouvant une matière inflammable dans la rivalité sunnites-chiites.

L’Isis joue ainsi un rôle fonctionnel à la stratégie USA/Otan de démolition des Etats à travers la guerre secrète. Ceci ne signifie pas que la masse de ses militants, provenant de différents pays, en soit consciente. Elle est très composite : en font partie à la fois des combattants islamiques, qui se sont formés dans le drame de la guerre, des ex militaires de l’époque de Saddam Hussein qui ont combattu contre les envahisseurs, et de nombreux autres dont les histoires sont toujours liées aux situations tragiques provoquées par la première guerre du Golfe et par les suivantes sur plus d’une vingtaine d’années. En font partie aussi divers combattants provenant des Etats-Unis et d’Europe, dont les masques cachent certainement aussi des agents secrets spécialement formés pour de telles opérations.

Ceci dit, il existe des faits incontestables montrant qu’Isis est un fantassin du nouveau grand jeu impérial au Moyen-Orient. En mai 2013, un mois après avoir fondé l’Isis, Ibrahim al-Badri –le « calife » aujourd’hui connu sous le nom de bataille de Abu Bakr al-Baghdadi- rencontre en Syrie le sénateur étasunien John McCain, chef de file des républicains chargé par le démocrate Obama de mener des opérations secrètes pour le compte du gouvernement. La rencontre est documentée photographiquement (cf. article de Thierry Meyssani).

Très suspect aussi l’accès illimité de l’Isis sur les grands réseaux médiatiques mondiaux, dominés par les colosses étasuniens et européens, à travers lesquels il diffuse les vidéos des décapitations qui, en suscitant l’horreur, créent une vaste opinion publique favorable à l’intervention de la coalition sous conduite étasunienne en Irak et en Syrie. Intervention dont le but stratégique réel est la réoccupation de l’Irak et la démolition de la Syrie.

S’ouvre ainsi, préparée par 145 attaques aériennes effectuées en un mois en Irak par l’aviation étasunienne, une « mission prolongée » de guerre qui -précise A. Blinken, vice-conseiller d’Obama pour la sécurité nationale- « durera probablement au-delà de l’actuelle administration ». Guerre dans laquelle le gouvernement Renzi, en ignorant le Parlement, s’est déjà engagé à faire participer l’Italie. Nos chasseurs-bombardiers sont prêts, a annoncé la ministre de la « défense » Pinotti, pour « une action militaire, qu’il faudrait avoir le courage de faire ».

 

Edition de mardi 9 septembre 2014 de il manifesto

http://ilmanifesto.info/obama-prepara-la-guerra-prolungata/


Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


i Légende de la photo : « John McCain et l’état-major de l’Armée syrienne libre. Au premier plan à gauche, Ibrahim al-Badri, avec lequel le sénateur est en train de discuter. Juste après, le brigadier général Salim Idriss (avec des lunettes) »

Cette photo a d’abord été publiée par la TV libanaise "New TV". C'était juste après le voyage de McCain en Syrie ; elle a été prise par le service de presse de l'Armée syrienne libre pour attester de cette rencontre.

Photo et article sur : http://www.voltairenet.org/article185073.html .

Note de la traductrice pour la version française, à la demande de l'auteur et avec le concours de T. Meyssan.

 

 

 

Publié dans USA

Partager cet article

Repost 0

LE PSYCHOPATHE OBAMA SE PREPARE A FAIRE QUELQUE CHOSE DE TERRIBLEMENT DANGEREUX EN SYRIE ET EN IRAK

Publié le par Tourtaux

Le président Obama se prépare à faire quelque chose de terriblement dangereux en Syrie et en Irak

 

PAR GLEN FORD


EIIL-2

 

Le plan d’Obama pour attaquer la Syrie, sous couvert de la lutte contre l’EIIL 

« Personne, plus que la Syrie et ses soldats, veut la destruction de l’EIIL. »


Le président Obama se prépare à faire quelque chose de terriblement dangereux en Syrie et en Irak. La montée de l’EIIL (Etat Islamique en Irak, en Syrie et au Levant « ISIS ») a entravé la vieille stratégie de l’Empire consistant à déployer des combattants islamistes pour faire son sale boulot dans le monde arabe et musulman. L’EIIL (« ISIS »), le Frankenstein né des efforts états-uniens pour favoriser un changement de régime en Syrie, s’est retourné contre ses maîtres, des Etats-Unis, de l’Arabie Saoudite, du Qatar et de la Turquie pour établir son propre califat, dans lequel des milliers d’autres combattants islamistes se précipitent. Même les médias états-uniens reconnaissent maintenant que les soi-disant rebelles syriens «modérés» pour lequel Obama veut collecter 500 millions de dollars, sont pratiquement inexistants. Ils ont toujours été un mirage, créatures de la propagande occidentale. Les islamistes étaient la seule force qui pouvait remettre en cause l’armée syrienne sur le champ de bataille, et maintenant qu’ils se rallient à l’EIIIL (« ISIS »), ou qu’ils s’enfuient, Obama ne sait pas vers qui se tourner.

Certes, les États-Unis peuvent bombarder des positions de l’EIIL (ISIS) en Syrie, et se préparent déjà pour le faire, mais ce n’est pas la guerre qu’Obama voulait faire. Il y a trois ans, quand Obama a lancé sa sale guerre contre la Syrie, le plan était que les djihadistes musulmans versent leur sang pour renverser le président Assad. Une fois que l’acte sale et criminel a était réalisé, les djihadistes étaient censés permettre à l’OTAN et aux rois corrompus de la péninsule arabique de choisir les prochains dirigeants de la Syrie. La CIA rejouait Lawrence d’Arabie, en utilisant les djihadistes comme chair à canon, pour les mettre de côté quand le temps de partager le butin serait venu.

Tel était aussi le plan en Libye, où l’OTAN et le même gang de voleurs financés et armés par les monarchies arabes ont entraîné le renversement de Mouammar Kadhafi. Mais les djihadistes libyens n’ont pas réussi à coopérer avec le régime de l’empire.

Le réseau jihadiste mondial que les Etats-Uniens et les Saoudiens ont créé dans les années 1980 a déclaré son indépendance, et Washington n’a personne pour les remplacer. Des troupes états-uniennes sur le terrain sont inacceptables tant pour les gens de la région que pour le public états-unien. Obama et ses sbires disent les États-Unis et ses alliés écraseront l’EIIL (ISIS) – mais ce sera comme étouffer son propre enfant dans son berceau, et supprimerait tout espoir des Etats-Unis d’atteindre son objectif stratégique de changement de régime en Syrie.

Surveillez le grand changement (« Big Switch »)
Si Obama était sérieux dans sa volonté d’écraser l’EIIL (ISIS), le meilleur et le plus logique allié serait le président syrien Assad, dont l’armée a jusqu’ici prévalu contre toutes les sortes de djihadiste que les États-Unis ont été en mesure de jeter contre lui, y compris l’EIIL (ISIS) sous ses incarnations précédentes. Personne, plus que la Syrie et ses soldats, veut que l’EIIL (ISIS) soit battu, plusieurs soldats syriens sont morts dans cette guerre diligentée par les États-Unis dans des proportions plus importantes que tout autre groupe, civils ou rebelles. Si l’objectif d’Obama était de mettre la région à l’abri de l’EIIL (ISIS), Obama devrait coordonner ses mouvements avec l’armée syrienne. Mais il ment – tout comme l’administration Bush a menti pour faire en sorte que le peuple états-unien croit que Saddam Hussein était responsable du 11/9. L’objectif des États-Unis n’était pas de se venger du 11/9, mais d’envahir l’Irak. De la même façon, Obama est obligé de pallier à la défection de l’EIIL (ISIS) du contrôle occidental, mais son objectif reste de renverser le président Assad. Et, il dira n’importe quel mensonge, ou des combinaisons de mensonges, pour envoyer des bombes US sur le gouvernement syrien, sous le couvert de la lutte contre l’EIIL (ISIS). Vous pouvez parier que la CIA brûle d’impatience et cherche un prétexte pour faire de cette défaite stratégique des États-Unis une excuse pour attaquer directement la Syrie. Et c’est ce qui rend cette période si dangereuse.

Glen Ford  Rédacteur en chef de Black Agenda Report

6 Septembre 2014

Traduction de l’anglais par Sam La Touch

Source: Le blog de Sam la Touch

 

Publié dans Syrie

Partager cet article

Repost 0

SOUS PRETEXTE DE LUTTE CONTRE LE TERRORISME QU'ILS ONT CREE, LES USA, ETAT TERRORISTE N°1 MONDIALEMENT, S'APPRETENT A LANCER DES FRAPPES AERIENNES CONTRE LE PEUPLE SYRIEN ET SA CAPITALE, DAMAS

Publié le par Tourtaux

D’imminentes frappes US contre Daech et Damas: les modalités ?!
 

Les frappes aériennes que les Etats-Unis et leur coalition comptent lancer contre Daech (EI) vont s'effectuer en trois phases différentes et dureront probablement au delà des élections présidentielles de 2016, selon le New York Times.

Le journal américain se réfère à des responsables américains qui affirment que "l'administration Obama travaille en ce moment à une campagne internationale de lutte contre le terrorisme qui se dirigerait contre les positions de Daech à la fois en Irak et en Syrie.

C’est une vaste opération qui pourrait durer trois ans et qui demanderait beaucoup d'efforts de la part de Washington, si ce dernier veut qu'elle aboutisse avant la fin du dernier mandat d'Obama"!!

Le journal explique ensuite en détail les opérations qui vont être déclenchées, selon certains dires dès le mois d'octobre 2014 :

-La première phase de cette opération a eu déjà lieu au mois dernier et a rassemblé quelques 145 raids aériens contre les positions de Daech.

Cette première phrase visait à protéger les minorités ethniques et confessionnelles vivant le nord d’Irak, ainsi que les diplomates US résidant au Kurdistan et s'est soldé par un début de retrait des terroristes.

-La seconde phase de cette campagne qui devra très probablement être déclenchée après la formation du gouvernement élargi irakien se concentrera sur un renforcement des exercices d'entrainement et une multiplication des conseils prodigués aux forces de l'armée irakienne, aux peshmargas kurdes et probablement aux membres de certaines tribus sunnites.

-La dernière phase vise à prendre pour cible Daech dans ses premiers repaires, c'est à dire ceux situés en Syrie avec pour objectif son anéantissement total.

Cette troisième phase n'aura très probablement pas lieu pendant le mandat d'Obama.

Certains stratèges du Pentagone donnent un délai de 36 mois pour que cette action militaire anti Daech puisse aboutir" selon New York Times.

Obama devra révéler mercredi sa stratégie de lutte contre Daech.

Obama aurait vraisemblablement l'intention d'assurer les Américains qu'il n'irait pas impliquer les Etats Unis dans une nouvelle guerre.

"New York Times s'intéresse ensuite à la singularité de la campagne de bombardement et écrit : Au contraire d'autres opérations de lutte contre le terrorisme au Yémen et au Pakistan, cette campagne de lutte contre Daech n'impliquera pas uniquement les drones US.

Le chef du Pentagone s'est rendu ce lundi à Ankara où il a discuté avec Ankara, membre actif de l'Otan, des modalités de lancer des frappes contre Daech puis contre la Syrie" !!

 

Avec Irib

 

Source: Agences

09-09-2014 - 10:02 Dernière mise à jour 09-09-2014 - 10:02

 

 

Publié dans Syrie

Partager cet article

Repost 0

LIBAN : LE HEZBOLLAH CONTRE LA NEGOCIATION AVEC LES TERRORISTES

Publié le par Tourtaux

 

 

 

 

 

Hezbollah contre la négociation avec Daesh


L’équipe du site

Le député Nawwar Saheli a présenté lundi ses condoléances à la famille du soldat Abbas Medlej, dans la localité d'Ansar, saluant la position des proches des martyrs de l'armée qui ont refusé toute forme de discorde.

"Que tout le monde comprenne que la négociation avec l'EIIL n'a pas de sens puisque ces takfiristes envisagent entraîner le pays vers le chaos," a-t-il dit.

"Nous réclamons à l'autre camp d'arrêter de donner des excuses et des justifications directes ou indirectes," a ajouté le député.

De son côté, le député Mohammad Raad, chef du bloc parlementaire du Hezbollah , a exhorté les Libanais "à agir avec une responsabilité nationale", mettant en garde contre "le lancement de discours irresponsables et incontrôlable et leur diffusion dans les médias".

"Cette étape est délicate. Nous devons prendre garde des discours médiatisés qui risquent de provoquer des tensions sur la scène intérieure", a-t-il clamé lors d'une cérémonie funéraire à Braykeh.

Raad a assuré qu'un "comportement incontrôlable et irréfléchi sert les objectifs de l'ennemi. Les hommes armés cherchent à exacerber les discordes entre les communautés libanaises et mener le pays vers une guerre intestine. Les takfiris ne peuvent se renforcer que dans une ambiance pareille. Ils provoquent les conflits en vue de profiter au maximum du dossier des militaires pris en otage".

"Ces takfiris ne sont pas une légende ni des professionnels de combat. Ils ne sont pas courageux comme ils essayent de nous le faire croire. Ils sont des sauvages barbares qui tuent avec sang froid", a-t-il martelé, établissant alors une similitude avec l'ennemi israélien.

Il a affirmé que "l'armée a besoin d'une couverture politique. L'absence de consensus empêche l'armée d'accomplir son rôle. Il lui est interdit de lancer une roquette contre ces takfiris sous prétexte de ne pas impliquer le pays dans des incidents auxquels il ne peut faire face".

"Le Hezbollah a pour sa part pris la décision de ne pas laisser les takfiris contrôler le destin du pays. Nous vaincrons ces groupes tout comme nous l'avons fait avec l'ennemi israélien. Ces groupes ne constituent pas seulement une menace pour les chiites mais également pour les sunnites qui ne peuvent être protégés au Liban que par l'entente nationale. Nous sommes tous dans la même barque", a-t-il conclu.


 

Source: Agences

08-09-2014 - 23:55 Dernière mise à jour 09-09-2014 - 00:03

Publié dans LIBAN

Partager cet article

Repost 0

GUERRE, NOVOROSSIA, UKRAINE : ACCORD DE CESSEZ-LE-FEU KOUTCHMA-ZOURABOV : CONCESSION OU FORFAITURE ?

Publié le par Tourtaux

Guerre, Novorossia, Ukraine

Accord de cessez-le-feu Koutchma-Zourabov : concession ou forfaiture ?, NOVOROSSIA, UKRAINE : ACCORD DE CESSEZ-LE-FEU

8 septembre 2014 The French Saker 2 commentaires

Préambule

Pourquoi commenter encore un « accord » qui a déjà volé en éclats ?

Un accord dont on a pu constater qu’il était partout violé et n’avait été utilisé par Kiev que comme un répit destiné à permettre à certaines de ses forces de se sortir d’une situation délicate, à certaines autres de se regrouper pour contre-attaquer ? Un accord qui appartient désormais au passé ?

Parce qu’au-delà des divers commentaires que l’on a vu fleurir ici et là, et qui souvent concluaient que c’en était fini de la Novorossia (ou Novorussie, comme le suggère Stratediplo aujourd’hui), trahie, voire vendue par Poutine, le commentaire ici présenté (et dont il faut remercier Stratediplo) permet de comprendre que l’accord conclu ce 5 septembre n’est en rien le projet qu’avait présenté le président de la Fédération de Russie.

L’accord conclu à Minsk pouvait-il tenir ? C’est douteux. Faut-il regretter qu’il n’ait pas tenu ? C’est plus douteux encore.

The French Saker

——————————-

L’OSCE a publié hier [samedi 6 septembre 2014] le texte du protocole d’accord signé vendredi 5 septembre à Minsk. On ne saura pas ce qui s’est passé, mais s’il est vrai que Porochenko avait assuré qu’il ordonnerait à ses troupes de cesser le feu au cas où le projet en sept points proposé par Poutine serait signé, on comprend qu’il se soit finalement abstenu d’ordonner ce cessez-le-feu puisque le document signé ne correspond absolument pas au projet Poutine (lequel n’aurait jamais envisagé, par exemple, la création d’une zone démilitarisée en Russie).

Il s’agit, au contraire et presque littéralement, du « plan de paix » en 14 points proclamé par Porochenko soi-même le 20 juin [1], lançant à la résistance au coup d’état un ultimatum d’une semaine pour déposer les armes et s’exiler, et qu’un bon nombre de politologues avaient interprété comme l’annonce d’une épuration ethnique. C’est d’ailleurs ce que le futur proche allait effectivement confirmer avec la destruction de Slaviansk et de Kramatorsk, l’expulsion de plus d’un million de civils et le siège de trois millions de personnes dans deux agglomérations dont on détruirait systématiquement l’infrastructure vitale (eau potable et électricité), auxquelles on interdirait l’accès humanitaire et médiatique, et où l’on tenterait de provoquer une hécatombe non seulement par le bombardement stratégique anti-cités intensif (y compris avec des armes prohibées) mais aussi par le bombardement ciblé des usines chimiques.

Il est difficile de résister à la tentation de commenter chacun des 12 points de l’accord apparemment imposé à la Novorussie.

1. Les deux parties en conflit doivent immédiatement cesser d’utiliser les armes

Ce point (cessez-le-feu) ne figurait certes pas dans le programme initial de Porochenko. Mais il ne correspond pas non plus au premier point du projet de Poutine qui exigeait spécifiquement l’arrêt des opérations offensives sans mentionner les opérations défensives. Or dès le premier jour s’est posée la question pragmatique de ce que la défense de Novorussie devait faire en cas de reprise d’opérations offensives de la part des forces kiéviennes ; en clair, le projet Poutine était réaliste (un plan interdisant de répondre à une attaque est inapplicable sur le terrain) et permettait aussi de désigner l’éventuel infracteur (celui qui mènerait une opération offensive) au lieu de renvoyer dos à dos celui qui aurait lancé une attaque et celui qui aurait tenté de la contenir.

2. L’OSCE doit contrôler d’une manière objective l’application du cessez-le-feu

Ce point ne figurait évidemment pas dans le programme Porochenko, puisque celui-ci n’envisageait pas de cessez-le-feu mais une reddition-déportation sous le feu. Mais il ne correspond pas non plus au troisième point du projet Poutine qui prévoyait une surveillance internationale « dans la zone de sécurité créée par le cessez-le-feu », c’est-à-dire la marge créée par le retrait de l’armée kiévienne au-delà de la portée de son artillerie ; l’OSCE diffusait d’ailleurs vendredi un appel à candidatures pour 250 observateurs et la Novorussie prévoyait leur déploiement sur cinq zones avec des postes fixes et des patrouilles mobiles… En fin de compte il n’est pas précisé (dans ce point) où les observateurs seront déployés.

3. L’Ukraine doit décentraliser, en commençant par une loi établissant un régime provisoire d’autogestion dans certains districts des régions de Donetsk et de Lougansk

Il s’agit du onzième point du programme Porochenko, mais réduit à seulement une partie des deux provinces concernées (vraisemblablement la partie libérée) et pas à la totalité des provinces ou ex-oblasts de Donetsk et Lougansk, et encore moins d’une décentralisation de l’ensemble du territoire de l’ex-Ukraine, comme en rêvait Goubarev [2] en imaginant qu’un choix entre fédéralisation et sécession serait proposé par referendum à toutes les provinces de Novorussie voire d’ex-Ukraine.

4. L’OSCE doit procéder à une surveillance permanente de la frontière russo-ukrainienne où une zone de sécurité sera créée dans les régions frontalières ukrainiennes et russes

Il s’agit du quatrième point du programme Porochenko, mais étendu sur le territoire de la Russie puisque Porochenko ne l’envisageait que du côté ukrainien (en fait novorusse) de la frontière. Cette création d’une zone démilitarisée en Russie, véritable amputation de sa souveraineté et de son intégrité territoriale pour la Russie (sans équivalent en Pologne d’où les troupes entrent en Galicie), est le point qui devrait causer le plus de remous lorsqu’il sera connu des peuples qui composent la Fédération. Le programme Porochenko limitait d’ailleurs cette zone-tampon à une largeur de 10 km (et exclusivement côté ukrainien), alors que le document publié par l’OSCE mentionne les régions frontalières d’Ukraine et de Russie sans préciser la profondeur de ladite zone de sécurité. Accessoirement, l’OSCE oublie d’exiger que le pouvoir kiévien signe enfin l’autorisation d’utiliser les drones d’observation que l’OSCE a reçus il y a plus d’un mois et qui démentiront les accusations d’invasion russe.

5. Les parties doivent libérer immédiatement les otages et personnes illégalement arrêtées

Il s’agit du troisième point du programme Porochenko. Le cinquième point du projet Poutine prévoyait la libération réciproque de tous les prisonniers sans condition préalable. Au-delà de l’absence du terme « prisonniers de guerre », qui aurait reconnu l’existence d’une guerre et donc l’applicabilité des conventions de Genève, on note le terme d’arrestation illégale sans définition de l’illégalité : l’ensemble du document n’accordant aucune personnalité juridique (ou reconnaissance) aux institutions actuelles de Novorussie mais reconnaissant les « autorités ukrainiennes », il faut s’attendre à ce que le pouvoir kiévien considère ses arrestations et captures comme légales, et à ce que la libération (déjà en cours) des combattants capturés par la Novorussie ne soit suivie d’aucune réciprocité.

6. L’Ukraine doit adopter une loi amnistiant les personnes ayant participé aux événements dans certaines zones des régions ukrainiennes de Donetsk et de Lougansk

En commentant le deuxième point de son programme du 20 juin, Porochenko avait annoncé que la loi d’amnistie était déjà présentée au parlement. Il peut donc corriger son brouillon apparemment égaré par ledit parlement, qui n’envisageait pas de limiter l’amnistie à seulement certaines parties des régions de Donetsk et Lougansk. Ce point ne figurait pas au projet Poutine, qui n’envisageait peut-être pas que la juridiction du régime né du coup d’état du 22 février serait étendue à la Novorussie.

7. Les parties doivent mener un dialogue national universel

Ce point ne figurait ni dans le programme Porochenko, qui ne se voulait pas particulièrement interactif, ni dans le projet Poutine. C’est peut-être la représentante suisse de l’OSCE qui considère l’ex-Ukraine comme une « nation ».

8. Adopter des mesures pour améliorer la situation humanitaire dans le Donbass

Le neuvième point du programme Porochenko prévoyait de laisser les « autorités légales » rétablir les infrastructures vitales (que leur armée, en juin, commençait tout juste à détruire) ; la suite des évènements a montré sa conception de l’affaire, puisqu’il a ordonné le tir des premiers missiles balitisques SS-21 un mois plus tard. Le sixième point du projet Poutine était par contre concret, puisqu’en conséquence des bombardements de convois de réfugiés et de l’interdiction de l’aide humanitaire, il prévoyait expressément l’ouverture de couloirs pour les réfugiés et l’aide humanitaire [3].

9. Les autorités ukrainiennes doivent organiser des élections locales anticipées dans les régions de Donetsk et de Lougansk, selon une loi de statut spécial

C’est le treizième point du programme Porochenko. Le projet Poutine visait à faire cesser le conflit armé et ne s’immisçait pas dans la politique interne de l’un ou l’autre belligérant ; il ne comportait donc aucune recommandation politique. L’accord Koutchma-Zourabov réintègre le système de gouvernance du Donbass dans celui de l’ex-Ukraine, ou plutôt il dissout la Novorussie et ses deux républiques constituantes, et intègre les oblasts de Donetsk et Lougansk à la nouvelle constitution dite ukrainienne, post-Maïdan.

10. Les groupes armés illégaux, ls matériels de guerre, les mercenaires et les militants doivent quitter le territoire de l’Ukraine

Le cinquième point du programme Porochenko annonçait carrément l’ouverture d’un corridor pour le retrait des « mercenaires russes et ukrainiens » vers la Russie (sans mentionner évidemment les mercenaires européens et les militaires réguliers états-uniens ou polonais), et oralement il avait a été précisé plusieurs fois que tous ceux qui avaient un lien avec des personnes connectées aux évènements seraient eux-mêmes considérés comme terroristes. A la lumière des discours passés des « autorités » que cet accord reconnaît, le terme de « militants » semble ainsi appeler au départ de toute la population novorusse.

11. L’Ukraine doit adopter un programme de redressement économique pour le Donbass

C’est le quatorzième point du programme Porochenko, qui était d’ailleurs légèrement plus précis.

12. Les parties doivent garantir la sécurité personnelle des participants aux consultations.

Cet article, qui semblerait évident et sous-entendu nécessairement pour toute rencontre de ce type, était le premier point du programme Porochenko, programme qui entendait ainsi se déclarer plus policé que ses actes et décisions n’auraient pu le laisser craindre aux candidats négociateurs.

Du programme Porochenko de juin, rappelé fin août, on a omis le douzième point qui entendait restaurer la légalité de l’utilisation de la langue russe au niveau régional, et quelques détails comme la libération des préfectures occupées ou des routes coupées, la restauration de la diffusion de la télévision et de la radio kiéviennes, et la décentralisation de la police.

Du projet Poutine du 3 septembre 2014, on a omis les dispositions les plus importantes (trois de ses sept points) :

·        retrait des forces armées ukrainiennes à une distance leur interdisant d’utiliser l’artillerie contre les zones peuplées,

·        surveillance du cessez-le-feu dans la zone de sécurité créée par celui-ci,

·        interdiction de l’utilisation de l’aviation contre les civils et les zones peuplées.

On a aussi remplacé par de vagues recommandations ses exigences précises, comme l’accès de brigades de reconstruction de l’infrastructure vitale avant l’hiver ou l’ouverture de couloirs humanitaires.

En conclusion, alors que le projet Poutine, qui ne visait que l’arrêt des hostilités militaires, envisageait le déploiement des observateurs de l’OSCE dans une zone de sécurité plus large que la portée de l’artillerie kiévienne et établie entre celle-ci et les villes de Novorussie, l’accord Koutchma-Zourabov [4] :

·        dissout la Novorussie et ses républiques confédérées (aucune des trois entités politiques n’est citée dans l’accord),

·        crée une zone de sécurité entre la Novorussie et la Russie (et une zone démilitarisée en Russie même),

·        renforce la surveillance internationale de la frontière entre l’ex-Ukraine et la Russie,

·        tout en négligeant la véritable ligne de confrontation.

S’il fallait expliquer qu’un belligérant victorieux sur le terrain (certes son propre terrain, car il n’a pas contre-attaqué sur celui de l’adversaire) ait signé un accord de capitulation et annexion, on pourrait avancer qu’un bon combattant, tacticien voire politicien n’est pas nécessairement un bon négociateur. A moins que les signataires n’aient deviné que le pouvoir kiévien violerait immédiatement l’accord, ce qui, selon le droit international, délivrerait la Novorussie de ses propres engagements.

———————————————————-

Notes rajoutées par vineyardsaker.fr pour expliquer le contexte

[1] d’où peut-être l’explication de certaines rumeurs faisant état de deux clauses supplémentaires secrètes du plan en 12 points.

[2] Pavel Yourievitch Goubarev est un homme politique et entrepreneur ukrainien russophone, idéologue principal du parti Nouvelle Russie. Le 1er mars 2014, il avait été proclamé par acclamation gouverneur de la République populaire de Donetsk. Le 22 mai 2014, au congrès du nouveau parti Nouvelle Russie, organisé à Donetsk, il a appelé à une fédération des républiques sécessionnistes de Lougansk et de Donetsk, au sein d’un État fédéral. Le 4 septembre 2014, Goubarev a soutenu le plan de paix qui était en cours de discussion, mais il appelait à déposer les armes uniquement après avoir consolidé les succès sur le terrain. Il proposait aussi d’organiser des référendums dans les différentes régions du sud et du sud-est de l’Ukraine sur le fait de savoir qui dépendrait ou non de Kiev ou de la Nouvelle-Russie, seule façon selon lui de garantir la paix.

[3] le terme « mesures », disons-le sans ambages, constitue le summum de l’imprécision et, sans doute possible, condamnait ce point 8, pourtant particulièrement important au vu de la situation humanitaire sur place, à n’avoir jamais d’application pratique.

[4] ancien ministre de la Santé et du Développement social de la Fédération de Russie, Mikhail Zurabov a été nommé début 2010 ambassadeur de Russie en Ukraine par le président Dmitry Medvedev. Viktor Yanukovych était alors président de l’Ukraine.
Leonid Koutchma a été le président de l’Ukraine de juillet 1994 à janvier 2005, après en avoir été premier ministre de 1992 à 1993. Partisan à la fois du rétablissement des relations économiques avec la Russie et d’un passage accéléré à l’économie de marché, après des dizaines d’années passées sous l’économie planifiée, il avait pour premier ministre Viktor Yanukovych de 2002 à 2005. Sa présidence s’est achevée sur de multiples soupçons de corruption et la disparition non élucidée de plusieurs opposants.

Source : accord Koutchma-Zourabov : concession ou forfaiture ? (stratediplo.blogspot.fr, français, 07-09-

http://www.vineyardsaker.fr/wp-content/uploads/2014/09/carte_0907_fra.png

Publié dans Ukraine

Partager cet article

Repost 0