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LUCIO MANISCO : L'HOMME QUI PARLAIT SEUL SANS BOUGER LES BRAS

Publié le par Tourtaux

 

CONSIDERATIONS INACTUELLES N° 39

13 avril 2012

 

L’homme qui parlait seul sans bouger les bras

 

Lucio Manisco

 

Nous étions en l’an 1995 et cet homme à Linatei parlait seul. Ce qui attirait l’attention des passagers attendant le vol Lyon-Strasbourg n’était pas ses paroles répétées et reformulées à voix basse monotone, mais sa démarche, allant et venant dans la salle d’attente de l’aéroport le plus lugubre d’Europe : il ne bougeait pas les bras mais les tenait cloués de chaque côté du corps sans suivre le rythme alterné des pas.

Même scène quelques mois plus tard à l’aéroport Zaventem de Bruxelles ; même démarche et plus ou moins mêmes paroles : « Inéluctable l’exigence d’une restructuration du système des retraites européen… Sans libéralisations les avantages pour l’Europe d’une économie globalisée disparaîtront… ».

Il était clair que le personnage se préparait à chaque fois à prononcer des discours en quelque siège européen, mais notre ignorance coupable sur son identité ne se dissipa que quand il intervint dans une des nombreuses fictions parlementaires européennes, ici le dit « Comité de Conciliation » : il s’agissait du professeur Mario Monti auquel le Président de la commission Jacques Santer, ensuite démissionné pour corruption par le Parlement, avait confié sur proposition du cavaliere d’Arcoreii la délégation au Marché Intérieur, aux Services Financiers, à la Fiscalité et à l’Union Douanière.

Il est vrai qu’il aurait dû être de notre devoir de parlementaire de savoir bien plus tôt qui était cette espèce de mannequin qui faisait ses exercices oratoires en promenant dans les deux aéroports, mais il est vrai aussi que pendant les premiers mois et années de son mandat, le professeur n’avait laissé aucune trace de grande visibilité ou relief dans les salles de la Commission, du Conseil européen ou de la Rue Wiertz. Pour citer la boutade ironique d’un collègue britannique « He did not blaze a path of glory in Bruxelles or in Strasbourg », à la lettre : « Il ne traça aucun sentier flamboyant de gloire à Bruxelles ou à Strasbourg ».

La gloire, ou disons plutôt une notoriété indiscutable, rejoignit Mario Monti quand dans son costume neuf de commissaire à la concurrence (nommé par le gouvernement D’Alema) il défia -à ses dires- « les pouvoirs forts », et dénonça Microsoft de Bill Gates pour abus de position dominante et lui infligea une lourde taxe de 497 millions d’euros (soit seulement, d’ailleurs, 1,6% de son chiffre d’affaires). En pratique le colosse étasunien avait profité du système opérationnel Windows (95% des PC) pour éliminer du marché les concurrents serveurs de basse intensité, les réseaux présents dans les entreprises. Le verdict du commissaire fit sensation même si l’imposition de la taxe révéla ensuite des carences procédurales et ne fût exécutive que grâce aux drastiques corrections introduites par le successeur de Monti en 2005, sans toutefois bloquer les recours de Microsoft : le dernier en date étant gagné par la multinationale étasunienne l’année dernière dans un tribunal de Milan. Disons donc que le défi à « un pouvoir fort » fût mis en acte mais que le professeur avait derrière lui des pouvoirs au moins aussi si ce n’est plus forts. Au point qu’au terme de son mandat il fût promptement gratifié par la charge de international advisor de Goldman Sachs : charge qu’il a conservée avec son « Research Advisory Council » jusqu’en 2011, où il était devenu en 2010 président pour l’Europe de la Trilatérale fondée en 1963 par David Rockefeller, passée à l’histoire pour son insistance sur la nécessité de limiter l’exercice des droits civiques dans les démocraties pour « en assurer la gouvernabilité » ; sans même parler du rôle dirigeant de Monti dans le groupe semi clandestin de consultants financiers Bilderberg.

On doit reconnaître à notre président du Conseil cette même cohérence idéologique qu’il avait manifestée pendant dix ans de manière obsessionnelle dans le consensus européen. Dans et hors des thèmes traités il avait martelé chaque jour que dieu fait ces catégories qui avaient constitué l’objet de ses exercices mnémoniques et oratoires dans les aéroports de Malpensa et de Bruxelles ; trois impératifs catégoriques, trois passions : réforme des retraites, réforme du marché du travail, libéralisations. Le tout arrosé d’équité (en anglais equities veut dire « actions en bourse »). Si comme chef de gouvernement il est en train de recueillir des insuccès dans les trois secteurs c’est naturellement à cause de l’inadéquation, incompétence et inexpérience, siennes et de ses ministres, dans la gestion du bien public. Insuccès naturellement pour qui en paye les coûts, le fameux 99% de la communauté nationale, mais certes pas pour ceux qui nous gouvernent et qui sous le masque de super-techniciens cachent l’essence d’une idéologie forcenée d’extrême-droite, un mépris viscéral pour les classes subordonnées, une complaisance mal cachée pour chaque coup infligé au statut social. Comme économistes ils pourraient être comptés parmi les épigones les plus exaltés de l’école de Chicago et de l’hyperlibéral Milton Friedman, ces fameux ou tristement célèbres Chicago boys des années 50 et 60 ; mais même dans un tel contexte, sur la doctrine des Monti, Draghi & Co., il est licite d’avancer des réserves fondées. Non pas parce que, tout comme d’autres économistes de plus gros calibre, ils n’avaient pas prévu la catastrophe qui menaçait le monde depuis une décennie environ (Monti a déclaré en 2004, soit trois ans avant l’explosion de la bulle des subprimes, que son intervention sur Microsoft allait porter à une réglementation des marchés et à une discipline des transactions financières internationales !). Ni même parce que quelque Bocconieniii de service, percevant les craquements du système, avait suggéré l’application de sparadraps sur ses plaies les plus purulentes. Non. Nous parlons ici d’inculture, de manque de connaissances ou de leur marginalisation voulue. Ces petits professeurs d’économie ne sont certes pas tenus de relire le chapitre XXIX du troisième volume de Das Kapital (Les composantes du capital bancaire) dans lequel Karl Marx avait prévu les effets de l’hyper capitalisation du revenu fondé sur les plus-values futures, l’accumulation financière non productive concentrée en quelques mains seulement, la saturation des marchés et ainsi de suite : en d’autres termes certaines des causes primaires de la crise en cours. Mais à coup sûr devraient-ils, nos petits professeurs, dépoussiérer quelque texte de leurs études universitaires, repasser les derniers chapitres de la « Theory of Employment Interest and Money » de John Maynard Keynes voire peut-être le « Plein Emploi dans Libre Etat» de Lord Beveridge.

 

Est-il vraiment possible, au contraire, que leur Bible soit « Atlas Shrugged », « La révolte d’Atlante », de Ayn Rand, un roman truffé de niaiseries économico-financières ultra réactionnaires et fascisantes, de nouveau en vogue dans les Etats-Unis de Bush et d’Obama ?

Enfin : s’agit-il seulement d’un pessimisme dû au grand âge s’il nous semble percevoir le bruit rythmé des bottes devant notre porte ?

 

www.luciomanisco.eu

N.B. : l’ancien web site de Lucio Manisco, effacé arbitrairement par Tiscali, sera remplacé sous peu par www.luciomanisco.eu

 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Lucio Manisco, journaliste, a été le correspondant de la RAI (et quelques titres de la presse écrite italienne) aux Etats-Unis pendant une trentaine d’années. Ancien député au Parlement européen, et fondateur du journal Liberazione (duquel il a démissionné ensuite). Il vit à Rome.

i Aéroport de Milan.

ii Arcore est la villa résidence dans la campagne milanaise du Cavaliere S. Berlusconi.

iii Qui a fait ses études à l’université Bocconi, à Milan, université privée et se voulant le fleuron en Italie de la science économique. NdT.

 

Envoi de Marie-Ange PATRIZIO

Publié dans Politique

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BUSINESS, PROFITS SOUTERRAINS ET STRATEGIE DE LA TERREUR. LA RECOLONISATION DU SAHARA.

Publié le par Tourtaux

Samedi 14 avril 2012 6 14 /04 /Avr /2012 08:42

Revue du Web : Invitée : Hélène Claudot-Hawad, Directeur de Recherche - CNRS – 6/ 4/12

Terroristes, islamistes, trafiquants, preneurs d’otages, voleurs, violeurs de fillette, égorgeurs, usurpateurs minoritaires, indépendantistes illégitimes, aventuriers sans programme politique, activistes obscurantistes et quasi-médiévaux et, pour couronner le tout, destructeurs potentiels de manuscrits trésors de l’humanité… Le bon vieux scénario colonial de terreur barbare et de diabolisation des rebelles touaregs au Mali s’étale à la une, alors que la création de la République de l’Azawad vient d’être déclarée le 6 avril 2012 par le MNLA (Mouvement National de Libération de l’Azawad). L’aspiration à l’indépendance d’une population malmenée depuis cinquante ans par un Etat dont le caractère "démocratique" relève de la langue de bois est malvenue dans la zone saharo-sahélienne. Dans le tableau caricatural présenté à l’opinion publique, l’innommable demeure la revendication politique des Touaregs, systématiquement tue par les experts assermentés. Le motif du jihad islamiste vient à point nommé pour étouffer tout élément d’intelligibilité de la situation et légitimer la répression à venir du mouvement et peut-être, comme par le passé, les dérives génocidaires. Qui se souvient des milices paramilitaires maliennes qui, juste après les accords de paix signés entre la rébellion et le gouvernement malien en 1991, ont été lancées contre les civils touaregs et maures à "peau rouge", torturés, tués, décimés ou contraints à l’exil (1), dans un silence international fracassant et sous le gouvernement même d’ATT, président du Mali démocratique, aujourd’hui détrôné par une junte militaire non démocratique ?

Le canevas jihadiste n’a rien de nouveau, il a été régulièrement brandi et activé, d’abord au sujet de la guerre anticoloniale menée par les Touaregs jusqu’à l’écrasement complet de leur résistance en 1919, puis à chaque soubresaut contre les régimes autoritaires des Etats postcoloniaux, mis en place en fonction des intérêts de l’ancien empire colonial. L’amalgame entre insurgés touaregs, islamistes et terroristes, sans compter les autres registres diffamatoires, est un raccourci commode pour éradiquer, sous couvert de lutte anti-terroriste, toute contestation politique de la part des Touaregs, toute déclaration ou action qui pourrait contrarier les intérêts des grands acteurs politiques et économiques de la scène saharienne. Les opposants sont d’ailleurs immédiatement pris en main par les services spéciaux des Etats à l’aide des dispositifs habituels : intimidation, diffamation ou corruption. L’un des petits cadeaux classiques et anodins que les services français ont toujours offert spontanément à leurs "amis touaregs" est un téléphone portable, satellitaire si nécessaire, directement branché sur les centres d’écoute. (2)

Mais l’enjeu essentiel de la question saharo-sahélienne ne se joue pas à l’échelle locale. Il concerne l’économie mondiale et le redécoupage des zones d’influence entre les puissances internationales avec l’entrée en scène de nouveaux acteurs (américains, chinois, canadiens, etc) qui bousculent l’ancien paysage colonial. L’accès convoité aux richesses minières (pétrole, gaz, uranium, or, phosphates...) dont regorgent le Niger, la Libye, l’Algérie, et le Mali d’après des prospections plus récentes, est au centre de la bataille invisible qui se déroule dans le désert. Les communautés locales n’ont jusqu’ici jamais comptées en tant que telles, mais seulement comme leviers de pression qu’ont systématiquement cherché à manipuler les Etats en concurrence. C’est ainsi que les revendications politiques touarègues ont longtemps été contenues dans les limites strictes d’une autonomie régionale, d’ailleurs jamais appliquée par les Etats ; et c’est pourquoi l’autre manette d’action que représentent les islamistes est devenu une réalité saharienne. Par contre, la question des liens étroits qu’entretient la création des groupes islamistes au Sahara avec, au premier rang, l’Etat algérien, n’est pratiquement jamais évoquée. De même qu’un silence de plomb règne sur les interventions constantes des services secrets français, algériens et libyens pour contrôler à leur profit la rébellion touarègue, la divisant en groupes rivaux destinés à se neutraliser les uns les autres.
Sous la pression des nouveaux contextes politiques nationaux et internationaux, les mouvements insurrectionnels touaregs ont, de leur côté, fortement modifié leurs revendications et leurs axes de mobilisation, dans la forme comme dans le contenu. Ils sont passés d’un projet d’indépendance politique de tout le "territoire des Touaregs et de ses marges" (Kawsen) au début du XXe siècle, lors de l’insurrection générale contre l’occupation coloniale, à des revendications plus restreintes : en 1963, les Touaregs de l’Adagh se soulèvent contre le découpage frontalier (entre le Mali et l’Algérie) qui les privent d’une partie de leur territoire et les séparent des Touaregs de l’Ahaggar ; la répression par l’armée malienne contre les civils sera féroce, laissant des cicatrices indélébiles jusqu’à aujourd’hui et cette terreur instaurée contre la population sans défense fournira le modèle privilégié utilisé pour réprimer chaque nouvelle insurrection touarègue dans les Etats de la zone saharosahélienne. Dans les années 1990, les mouvements rebelles du côté nigérien autant que malien expriment une revendication d’autonomie régionale infra étatique qui ne remet plus en cause les frontières postcoloniales. Les mouvements nés en 2007 s’insurgent contre la mal gouvernance mais, en dépit de leur inscription dans l’identité nationale étatique – "Notre identité est Niger" déclare le 23 avril 2008 Aghali Alambo, responsable touareg du Mouvement des Nigériens pour la Justice –, ils sont accusés d’ethnicisme et de communautarisme. En février 2012, le MNLA, fondé par des Touaregs du côté malien et armé d’une force de frappe inédite suite à l’effondrement de la Libye, revendique clairement "l’indépendance de l’Azawad" et une ligne politique républicaine, laïque et pluri-communautaire. Un nouveau mouvement, Ansar Dine, dirigé par Iyad ag Ghali, surgit en mars 2012, alors que l’action armée du MNLA est déjà engagée : l’objectif d’Ansar Dine est religieux et sa tendance salafiste, visant à instaurer la sharia dans tout le Mali et l’Afrique de l’ouest. Iyad Ag Ghali s’exprime bruyamment dans les média et donne l’occasion aux responsables politiques internationaux de brandir à nouveau la menace islamiste comme étendard de terreur et argument qui légitimerait une intervention militaire soutenue par la communauté internationale.

La carte du péril terroriste dans la zone saharo-sahélienne est jouée. Le projet était déjà dans les cartons des Etats bien avant les événements actuels. L’existence d’al Qaïda au Maghreb est en effet un schéma qui s’ébauche en 2001 quand le Département de Renseignement et de Sécurité algérien (DRS) annonce que l’armée a abattu un combattant yéménite présenté comme un émissaire de Ben Laden cherchant à assurer la liaison avec le Groupe Salafiste pour la Combat (GSPC). Dans le cadre de la lutte anti-terroriste, les Etats-Unis promettent à l’Algérie une aide en équipement militaire qui tarde à venir jusqu’à ce qu’un événement opportun survienne pour sceller la coopération américano-algérienne : l’enlèvement en mars 2003 de trente-deux touristes européens dans le sud algérien par des membres du GSPC. Ce groupe est dirigé par Amari Saïfi, alias Abderrezak El Para. Mais l’itinéraire de cet ancien militaire algérien révèle de nombreuses incohérences (3) qui montrent qu’il s’agit plutôt d’un "agent infiltré du DRS" (Malti, 2008). Sur le terrain, les observateurs touaregs constatent que les ravisseurs se ravitaillent dans les casernes du sud algérien et que certains d’entre eux, croisés sur les pistes sahariennes, n’ont visiblement pas passé la nuit à la belle étoile. La capture d’El Para en 2004 par un petit groupe de rebelles tchadiens qui propose sans succès à l’Algérie, aux USA et à la France de leur livrer l’islamiste le plus recherché d’Afrique, montre que cet épisode n’entrait pas dans le scénario organisé de la traque des "terroristes" à travers tout le Sahara. C’est finalement la Libye qui se chargera d’extrader El Para vers l’Algérie. Le rapt des otages dont un groupe sera libéré contre rançon au nord du Mali après une étrange mise en scène d’affrontement armé, donne l’occasion au président américain Bush d’agiter le spectre d’Al Qaïda au Sahara et d’affirmer la nécessité d’étendre la chasse aux extrémistes, de la corne de l’Afrique à l’Atlantique.

La Pan-Sahel Initiative (programme d’assistance militaire américaine au Mali, Niger, Tchad et Mauritanie), élaborée dès 2002, devient opérationnelle en 2003 avec l’envoi de troupes américaines sur le sol africain. Cette coopération militaire s’étend en 2005 à tous les pays adjacents (Tunisie, Algérie, Maroc, Sénégal, Nigéria) et devient l’Initiative du Contre-terrorisme trans-saharien. Le Rapport sur le terrorisme dans le monde publié en avril 2007 par le département d’État américain, produit une carte explicite qui désigne comme "Terrorist Area" pratiquement toute la zone saharo-sahélienne, et en particulier celle où évoluent les Touaregs et leurs anciens partenaires économiques et politiques. Les routes caravanières et les axes de circulation habituels des familles sont inclus dans ce périmètre terroriste. Pour l’Algérie, seuls les espaces frontaliers avec le Maroc, le Mali, le Niger et la Libye, font partie de l’aire incriminée, alors même que les attentats islamistes à cette période précise ont tous lieu au nord de ce pays, et notamment dans sa capitale. Le rapport américain allègue que ces zones désertiques servent de refuge aux organisations terroristes défaites au Moyen-Orient. Selon le Département d’Etat, le GSPC qui aurait fusionné en septembre 2006 avec Al Qaïda - prenant le nom d’Al-Qaïda in Islamic Maghreb (AQIM) - "a continué d’être actif au Sahel, franchissant les frontières difficiles à surveiller entre le Mali, la Mauritanie, le Niger, l’Algérie et le Tchad pour recruter des extrémistes aux fins d’entraînement et de lancement d’opérations dans le Trans-Sahara et peut-être à l’extérieur. Sa nouvelle alliance avec Al-Qaïda lui a peut-être donné accès à plus de ressources et à un entraînement accru."

Le rapport manie sans cesse la dichotomie simpliste et bien connue entre un monde civilisé et régulé par l’autorité étatique dont l’Occident aurait le monopole et l’espace sans foi ni loi des "tribus", aboutissant à des injonctions d’intervention au nom de la sécurité du monde. Le glissement entre supposition et réalité est opéré en 2008 par la presse américaine qui abandonne les "peut-être" du Rapport du Département d’Etat américain. La traque de "Al-Qaeda in the Islamic Maghreb (AQIM)" par les forces armées américaines au Sahel devient une évidence indiscutable, de la même façon que s’instaure insidieusement l’idée que le groupe islamiste serait aidé par des : "tribus nomades connues sous le nom de Touareg, un groupe ethnique berbère qui est en lutte avec le gouvernement du Mali" et d’autre part que sa trésorerie serait assurée par le trafic de drogue (Daniel Williams, in Bloomberg.com, 23 avril 2008).
Le compactage commode opéré entre ‘islamistes / terroristes /Touaregs /nomades / trafiquants’ dessine ainsi une "zone de non droit  livrée aux "tribus", et donc à l’anarchie, au désordre, à la délinquance. On retrouve ici la sémantique et le schéma appliqués entre autres à l’Afghanistan par les autorités américaines, avec le succès que l’on connaît.

Entretemps, l’ancien GSPC devenu Aqmi se développe au nord du Mali. Le successeur d’El-Para à la tête d’Aqmi est un autre algérien du nord, Mokhtar Belmokhtar. Grâce à la rançon obtenue en échange des otages, il s’assure des complicités locales dans l’Azawad en milieu arabophone et aurait pris épouse chez les Maures de Tombouctou. Il s’insère notamment aux réseaux de contrebande de cocaïne que les Etats ou du moins des personnes haut placées dans l’appareil étatique laissent opérer entre Mali, Mauritanie, Sahara occidental, Algérie, Niger, Libye, tant les bénéfices perçus sont juteux. Plusieurs brigades d’Aqmi sont identifiées dans cet espace, nanties de véhicules lourdement armés qui se déplacent au grand jour sans se dissimuler. Ces groupes qui ont établi un lien direct avec Al-Qaïda échappent à présent au contrôle de l’Algérie. En 2007, les services algériens auraient même tenté de faire assassiner Belmokhtar par des éléments de la rébellion touarègue (4).

Iyad ag Ghali, ancien chef de la rébellion touarègue des années 1990, travaillant ensuite au profit du gouvernement malien, a été en 2004 le médiateur principal dans l’affaire des otages enlevés par Aqmi. Il aurait alors été chargé d’"infiltrer les groupes d’Abou Zeid et Belmokhtar via la Katiba Ansar Essuna selon un plan bien établi avec les services secrets maliens et algériens" (Ansar 2012). Assumant des fonctions diplomatiques en Arabie Saoudite pour le gouvernement malien, il se rapproche des courants salafistes et des soutiens financiers lourds qu’ils procurent. Le 18 mars 2012, après les premiers succès significatifs du MNLA dans l’Azawad, il apparaît à la tête de son nouveau mouvement appelé Ansar Dine, spécialement créé pour diviser le front indépendantiste et "le dégarnir en hommes" (Ansar 2012). On a à faire, en somme, au traitement habituel des dynamiques insurrectionnelles par les services secrets, travaillant toutes les lignes de fractures possibles. Sauf que le schéma tribal sur lequel s’appuient ces stratégies d’affaiblissement du MNLA ne fonctionne pas exactement comme l’imaginent ou comme ont systématiquement essayé de l’instaurer depuis 1990 les artisans de la division.

Les informations alarmistes qui circulent sur les islamistes qui auraient chassé le MNLA et seraient sur le point d’imposer la sharia jusqu’à Bamako font partie du schéma de terreur, manipulé par les Etats en vue d’obtenir le soutien de l’opinion publique internationale pour justifier une intervention militaire musclée destinée à éradiquer le "Danger" qui en fait, pour leurs intérêts, serait au nord plus indépendantiste qu’islamiste.

Derrière la poudrière saharienne et ses imbroglios inouïs dont je n’ai évoqué qu’un très petit aspect, se profile l’échec cuisant des Etats postcoloniaux dits indépendants et de leurs élites, modelés spécialement pour préserver les intérêts pharaoniques des puissances internationales anciennes et montantes, au détriment complet de leurs peuples, souffrants, réprimés, brisés, manipulés, interdits de voix, d’espoir, de futur et dont le désir de vie se transforme peu à peu en désir de mort, pour des soulèvements à venir de plus en plus désespérés.

Notes

[1] Voir CLAUDOT-HAWAD Hélène et HAWAD (eds.), Touaregs. Voix solitaires sous l’horizon confisqué, Ethnies, Survival International, Paris, 1996

[2] Pour les interventions de la DGSE dans le dossier touareg, voir SILBERZAHN Claude et GUISNEL Jean, Au cœur du secret. 150 jours aux commandes de la DGSE, 1989-1993, Fayard, Paris, 1995.

[3] Voir à ce sujet notamment MALTI Hocine , Les guerres de Bush pour le pétrole , Algeria-Watch, 21 mars 2008 ; BENDERRA Omar, GÈZE François, MELLAH Salima, , « L’"ennemi algérien" de la France : le GSPC ou les services secrets des généraux ? », Algeria-Watch, 23 juillet 2005 ; GÈZE François et MELLAH Salima, "Al-Qaida au Maghreb" et les attentats du 11 avril 2007 à Alger. Luttes de clans sur fond de conflits géopolitiques, Algeria-Watch, 21 avril 2007 ; KEENAN Jeremy, "The Collapse of the Second Front", Silver City, NM and Washington, DC : Foreign Policy In Focus, Sept. 26, 2006.

[4] Voir ANSAR Issane, "Métastases du salafisme Algérien à l’épreuve des soubresauts sahariens et des rebellions Azawadiennes", blog Temoust, 2012.

 

Par Gilles Munier

 

 

http://www.france-irak-actualite.com/article-business-profits-souterrains-et-strategie-de-la-terreur-le-recolonisation-du-sahara-103389946.html

 

Publié dans ALGERIE

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L'IMPUNITE DE L'EVASION FISCALE DENONCEE DANS UN LIVRE

Publié le par Tourtaux

chronique le 12/04/2012  arrêt sur images par Anne-Sophie Jacques

http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4849

Un livre dénonce l'impunité de l'évasion fiscale en France

       "Ces 600 milliards qui manquent à la France"
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Et si l’évasion fiscale industrialisée était le prochain gros scandale à faire trembler le pouvoir ? La lecture du livre d’Antoine Peillon, journaliste de la Croix, donne sacrément envie de mettre la lumière sur ces pratiques frauduleuses jusqu'alors restées dans l'ombre de Bernard Squarcini, patron de la DCRI, ou dans les placards du procureur du parquet de Nanterre, Philippe Bourion. A la clé: 600 milliards d'euros.

Livre Peillon

En refermant le livre d’Antoine Peillon, on reste médusés : comment ? Alors que manifestement la filiale française de la banque Suisse UBS organise quasi industriellement l’évasion fiscale, aucune instruction judiciaire n’a encore été ouverte ? Comment ? Nous, pères la morale montrant du doigt les vilains Grecs fraudeurs, on laisse s’évader ainsi l’équivalent de cinq fois les recettes annuelles de l'impôt sur le revenu ? En pleine crise de la dette publique, mère des plans d’austérité, rien n’est fait pour retenir ne serait-ce qu’une petite partie des grosses fortunes qui partent travailler pour espérer des rendements grassouillets ?

Tout donne le tournis dans l'enquête de Peillon. Les chiffres d’abord, à commencer par le plus gros, celui de la couverture : 600 milliards d’euros. Ce chiffre est la somme de toutes les recettes qui ont échappé au fisc français du fait de l’évasion fiscale. Par an, selon l’auteur, ce sont 30 milliards qui manquent à l’appel. Il s’appuie sur les estimations des cadres de la banque UBS qui avancent également le chiffre de 850 millions (en dix ans) soustraits au fisc français par leur seule banque. Et encore, nous dit Peillon, c'est la fourchette basse. Basse peut-être, mais bien plus élevée que les chiffres officiels repris tels quels dans la presse. Le syndicat SNUI-SUD Trésor évalue la fraude entre 15 et 20 milliards. Toute fraude confondue (sur la TVA, le travail au noir, les prélèvements sociaux évités, plus l’évasion fiscale) la Cour des comptes penchait, en 2007, pour une perte comprise entre 29 et 40 milliards d’euros.

Site UBS

Mais ce n’est pas tant les sommes sous-évaluées qui provoquent le vertige que les pratiques d’évasion fiscale organisées par la banque UBS. Pourquoi cette banque-là et pas les autres ? Après tout, Peillon estime que la banque suisse, premier groupe mondial dans la gestion de patrimoine, gère "seulement" un vingtième de l’évasion fiscale en France. BNP Paribas, la Société générale, les Banques populaires, toutes ont un don pour l’évasion. Mais l’auteur ne s’est pas intéressé à UBS par hasard.

UBS et les riches américains

Déjà, il y a un précédent aux Etats-Unis. Le fisc américain a mis au jour un manège d’évasion fiscale à grande échelle organisé par UBS. Rien qu’en 2004, la banque suisse avait créé 900 sociétés écrans pour garantir l’anonymat des grosses fortunes et ouvert 52 000 comptes non déclarés. L’année 2008 signe la fin de récré : la banque est lourdement condamnée, des têtes tombent, les Etats-Unis menacent UBS de retirer sa licence bancaire et décident coûte que coûte de récupérer l’argent évadé.

Ces pratiques ne se sont pas limitées aux frontières des Etats-Unis. Pour Peillon, la création de la filiale UBS France en décembre 1998 n’avait pas d’autres buts que de capter des gros clients français pour les inviter à placer leur argent au chaud, dans les paradis fiscaux. La preuve ? UBS France enregistre un déficit comptable structurel de 560 millions. C’est-à-dire qu’avec sa seule activité de banque en France, UBS perd de l’argent. Un comble non ? Ce déficit ne cache-t-il pas un loup ? Non, il cache des vaches. Plus exactement, des "fichiers vaches" et des "carnets du lait", noms donnés à la comptabilité parallèle. Dans ces fichiers se cachent les coordonnées des clients ainsi harponnés. En résumé, UBS France pratique non pas l’évasion fiscale style court séjour au soleil mais l’évasion massive, industrialisée, et totalement illégale.

Vache

Des vaches, des carnets de lait, on peut se dire que l’auteur a abusé du chocolat suisse. Même pas. Ces pratiques sont dénoncées par une multitude de témoins. Le récit s’appuie sur trois témoignages centraux et anonymes : un ex-commissaire divisionnaire de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI née de la fusion de la DST et des renseignements généraux, le FBI à la française), une dirigeante du groupe bancaire suisse UBS et un cadre de la filiale française. Tous sont d'accord : oui la fraude est massive, oui elle est organisée, oui elle est étouffée. Etouffée par qui ? Tout d’abord par la banque elle-même. Le livre de Peillon est parsemé de batailles en interne qui déchirent le personnel. Beaucoup sont scandalisés par ces pratiques. Beaucoup ont aujourd’hui envie d’en parler. Cependant, le livre montre bien que la situation n'est pas manichéenne: on ne trouve pas les méchants banquiers fraudeurs d'un côté et les gentils banquiers innocents de l'autre.

Prenons le cas de John Cusach, dirigeant suisse du groupe UBS et plus précisément "patron de la Conformité" du secteur Gestion de fortune et banque d'affaires. Quand, en 2002, un juriste lui fait part de ses interrogations sur les pratiques d’évasion fiscale aux Etats-Unis, il ne bronche pas. Ceci est normal, c’est le modèle économique de la banque. En revanche, l’année suivante, quand il met le nez dans les locaux d’UBS France et se penche sur la liste des comptes soupçonnés d’être liés à des activités dites sensibles (entendez le terrorisme, la drogue, le grand banditisme), il devient tout rouge. Pas question de ternir l’image du groupe en abritant des fortunes peu recommandables. L’évasion fiscale oui, l’argent du terrorisme, non. Cette ambivalence se retrouve également dans l’adoption récente – certes anecdotique – d’un "dresscode" qui suggère aux salariés, hommes et femmes, de porter des sous-vêtements discrets. Comme le souligne la dirigeante du groupe, on y voit "le fond de la culture UBS, dans sa forme la plus pure: une volonté de contrôle moral absolu totalement contradictoire avec la réalité des pratiques."

Les pratiques sont connues, et quand bien même UBS tente de les étouffer, elles se sont ébruitées. Une plainte a été déposée fin 2009 par une salariée d’UBS, plainte transmise au parquet de Paris qui, à cette heure, n’a toujours pas jugé bon d’ouvrir une instruction judiciaire. La salariée, quant a elle, a été licenciée cette année. De même, l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) de la Banque de France a été alertée à plusieurs reprises. Même si cette dernière a fait preuve, selon Peillon, d’un relatif immobilisme, elle a néanmoins transmis une note au parquet de Paris pour ouverture d’une enquête préliminaire. Cette enquête a été confiée au Service national de douane judiciaire (SNDJ). Et puis? Et puis rien. Ce qui ne manque pas d’étonner l’auteur : "l’investigation du SNDJ n’a toujours pas conduit le parquet, en la personne du vice-procureur de Paris [aujourd’hui à Nanterre], Philippe Bourion, à transformer l’enquête préliminaire en véritable instruction judiciaire."

 

K comme kapital (ou comme koi ? kelle évasion fiscale ?)

 

 

Ce n’est pas la seule consternation : on peut en effet se demander pourquoi le ministère des finances ne réagit pas non plus. Pour l’auteur, il est impossible qu’il ne soit pas au courant. Alors ? Là, le témoignage de l’ex-commissaire de la DCRI est confondant. Le renseignement intérieur, dirigé par Bernard Squarcini, abrite un département consacré à la sécurité de l’économie française, qui répond au doux nom de K (comme Das Kapital, le livre de Marx). Selon le témoin, "Squarcini, Gilles Gray et son équipe de la sous-direction K de la DCRI ont fait preuve «d’incurie» voire de «contre-performance volontaire». Autrement dit: ils ont permis l’étouffement du scandale de l’évasion fiscale. Dans quel but ? A qui profite cette évasion massive, excepté évidemment aux grosses fortunes ? Peillon y va franco : l’évasion fiscale a servi au financement politique illégal du parti de Nicolas Sarkozy et au trafic d’influence. Ce scandale en rejoint un autre : celui de l’affaire Bettencourt. Car la vieille dame de L'Oréal possède de nombreux comptes en Suisse, dont certains chez UBS. Il est avéré que les mouvements suspects sur ces comptes, entre 2005 et 2008, sont carastéristiques de l'évasion fiscale. 20 millions ont ainsi pu être dissimulés au fisc français. Une somme qui a pu finir dans de petites enveloppes en papier kraft à destination des hommes politiques. Conclusion de Peillon : "les générosités de la milliardaire vis-à-vis des champions politiques expliqueraient-elles cette timidité judiciaire ?"

L'oreal

A ce stade se pose une question médiatique : comment faire émerger le scandale de l’évasion fiscale dans le débat, qui plus est en pleine présidentielle ? Comment lui faire prendre l’ampleur qu’a connue l’affaire Bettencourt initiée et portée par Mediapart puis relayée ensuite par de très nombreux médias ? Soyons honnête : l'enquête de Peillon n’a pas été ostracisée. Si l’auteur n’a pas couru les plateaux des JT ou celui du Grand Journal, il a été l’invité de France 3 et de France Info. On le retrouve aussi sur Mediapart, un blog du Monde, Challenges, Marianne, Alternatives économiques… et bientôt sur @rrêt sur images ( Peillon sera l’invité de notre émission de vendredi). Malgré tout, le scandale n’a pas encore pris l’allure d’une vague qui emporte tout sur son passage. Pourtant, Peillon se dit prêt – voire impatient – de livrer sa brouette de documents à un juge d’instruction, et il affirme qu’aujourd’hui un grand nombre de ses témoins accepteraient d’être auditionnés à visage découvert. Mais comment réagir contre l'inertie des parquets de Paris et Nanterre ?

Je propose une option : pourquoi ne pas balancer des noms ? Dans l’avant-dernier chapitre de son livre, "les jeux et le cirque", Antoine Peillon cite des sportifs (des footballeurs majoritairement) qui font partie de la liste de "clients off", c’est-à-dire soupçonnés d’évasion fiscale : Antoine Sibierski, Marcel Desailly, David Bellion, Christian Karembeu, Patrick Vieira, Claude Makélélé, Laurent Blanc. Cette liste, extraite de la note de l’ACP de la Banque de France, n’est pas exhaustive, on s’en doute.

D’accord, ça s’appelle de la dénonciation, ou de la délation. Et ce n’est pas joli-joli. Peut-être qu’on peut juste faire peur : c’est ce qu’a fait le fisc américain qui, pour faire pression sur la Suisse, a très vite menacé de rendre publique la liste des 52 000 clients fraudeurs. Faut-il en passer par là ? Je vous laisse juges.

Par Anne-Sophie Jacques le 12/04/2012
 
 
 
 
 

Publié dans livres

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SOBRENA A BREST (29) : APRES UNE LUTTE ACHARNEE AVEC LA POPULATION, L'ESPOIR RENAIT AVEC LA CONFIRMATION DE L'ARRIVEE D'UN PREMIER NAVIRE QUI VA DONNER DU TRAVAIL AUX 210 SALARIES DURANT 3 SEMAINES

Publié le par Tourtaux

Sobrena (réparation navale à Brest)
Victoire confirmée avec l’arrivée d’un premier navire

vendredi 13 avril 2012, par F. Dayan

 

C’est lundi 16 avril que va enfin se concrétiser la victoire des salariés de la Sobrena, le chantier de réparation navale de Brest, avec l’entrée en cale d’un remorqueur qui va apporter 3 semaines de travail.

Ce nouveau départ, signe le succès de six mois de lutte pour le maintien de leur activité de réparation navale à Brest. Six mois de luttes acharnées, où les salariés avec leurs organisations syndicales et le soutien de la population Brestoise se sont attachés à démontrer que leur activité industrielle avait de l’avenir. Le redémarrage de l’activité de réparation navale civile sur Brest a été acté par le Tribunal de Commerce, au travers de la proposition industrielle du repreneur Hollandais, DAMEN. L’activité de l’entreprise et l’ensemble des 210 emplois sont donc préservés. Ce sont près de 800 familles, en tenant compte des emplois induits, qui sont aujourd’hui soulagées.

Dans un communiqué, la fédération CGT de la Métallurgie souligne qu’en "pleine campagne des présidentielles, où l’emploi apparait, aux yeux des Français, comme une préoccupation majeure, la victoire des salariés de la SOBRENA met au devant de la scène l’incapacité de nos dirigeants politiques en place, à défendre une stratégie industrielle répondant aux besoins et créatrice d’emploi.
L’exemple de la SOBRENA est révélateur, où, parmi les 3 repreneurs qui avaient déposé une offre de reprise, le seul Français en course, l’Industriel Eiffage, a été mis hors jeu dans les premières minutes de l’audience, pour avoir fait savoir qu’il n’était pas intéressé par la réparation navale mais qu’il conditionnait son offre dans le but d’obtenir un autre marché, en l’occurrence celui des EMR (énergie maritime renouvelable).
Aujourd’hui et dans le contexte actuel, le succès des salariés de la SOBRENA démontre que l’on peut réparer des navires en France, comme on peut les construire mais, aussi, produire de l’acier à Florange ou des voitures à Aulnay."

 

http://www.cgt.fr/Victoire-confirmee-avec-l-arrivee.html

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LEZOUX (63) : VICTOIRE DES SAIPOL APRES UNE SEULE JOURNEE DE GREVE MASSIVE

Publié le par Tourtaux

Saipol (Lezoux, Puy-de-Dôme)
 

La mobilisation a payé
 

vendredi 13 avril 2012, par F. Dayan

 

Suite au mouvement de grève, la mobilisation massive sur Lezoux (voir article du 11 avril) a permis d’obtenir rapidement des résultats satisfaisants aux yeux du personnel. Après une journée de grève sur une grande majorité de sites et des négociations parisiennes, la direction a proposé :

 2% d’augmentation général avec un talon de 45 euros ;
 une prime exceptionnelle de 600 euros ;
 une prime de carburant de 200 euros ;
 Plan d’Eparne Entreprise pour 150 euros de placement, abondement de la direction 300% (450 euros) ;
 Prime de naissance réévaluée de 160 euros a 210 euros.
En grève le 11/04, les salarié-e-s ont décidé d’accepter ces propositions, l’usine a redémarré le 12/04 à 05 h 00.

 

http://www.cgt.fr/La-mobilisation-a-paye.html

Publié dans Lutte des classes

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