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NICE : LES MESURES ANTI-MAGHREBINES D'ESTROSI, LE MAIRE UMP DENONCEES

Publié le par Tourtaux

 

France : Les mesures anti-maghrébines

du maire UMP de Nice dénoncées

L’équipe du site



L’opposition municipale niçoise s’est émue vendredi de l’arrêté pris par le maire UMP de la ville Christian Estrosi qui vise à réprimer tout débordement autour des cérémonies de mariage, estimant cette mesure électoraliste et discriminatoire vis-à-vis de certaines communautés.

Christian Estrosi avait annoncé jeudi que les noces à l’hôtel de ville devraient désormais se dérouler sans cris, ni sifflets, ni «drapeaux notamment étrangers», ni groupe de musique «folklorique» non autorisé, sous peine de voir la cérémonie repoussée de 24 heures. L’édile estime que ces comportements sont «de nature à troubler (…) la tranquillité (des riverains) et la solennité de l’instant».

Pour Paul Cuturello, conseiller municipal PS, de telles mesures sont «destinées à stigmatiser les (personnes originaires des) pays du Maghreb».

Pour ce candidat aux législatives dans la 5e circonscription des Alpes-Maritimes (celle que brigue à nouveau Estrosi), il s’agit «d’une nouvelle manœuvre électoraliste pitoyable destinée à l’électorat du FN». «Avec cet arrêté, il abîme l’image et la réputation de Nice sur le plan international», ajoute l’élu PS.

Pour Abderrazak Fetnan, conseiller municipal PS, ces mesures sont «des bombes sales qui préparent les élections. Il a fait exactement la même chose en direction des épiciers de nuit (pour beaucoup issus de la communauté maghrébine, NDLR) au moment des régionales» de mars 2010, a-t-il dit faisant allusion à un arrêté pris entre les deux tours de ces élections restreignant les heures d’ouverture de leurs commerces.
La majorité municipale, est «clairement en train de communautariser la ville», a déploré l’élu socialiste.
Après avoir pris en août 2011 un arrêté réglementant l’activité des artistes de rue, Christian Estrosi a également annoncé vendredi la mise en place d’une «brigade anti-mendicité agressive».

Depuis le début de l’année, au moins 189 mendiants et 36 artistes de rue ont été verbalisés, selon des chiffres fournis par la mairie.

 

Source : Algérie 1

 

           
 

Source: Sites web

26-05-2012 - 15:14 Dernière mise à jour 26-05-2012 - 15:14

 

http://www2.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=19&frid=19&eid=65899

 

Publié dans Racisme

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AFRIQUE, MERE PATIENTE DE LA REVOLUTION BOLIVARIENNE

Publié le par Tourtaux

 Afrique, mère patiente de la révolution bolivarienne

Dessin publié par le journal Tal Cual, Venezuela.

 

Le 16 mars 2012 le journal d’opposition « Tal Cual », dirigé par l’ex-ministre néo-libéral des années 90 Teodoro Petkoff, publiait une caricature accusant le gouvernement bolivarien de distribuer de l’eau sale aux usagers. Le dessin montre un homme coiffé d’un béret incarnant Hugo Chavez accompagné d’enfants et regardant l’eau jaillir d’un robinet sur lequel s’est posée une mouche. L’homme au béret dit: “Assez de suprématie blanche, maintenant nous avons des eaux afrodescendantes”.

Dans “Le général dans son labyrinthe”, Gabriel García Márquez raconte comment les peintres du XIXème siècle « blanchirent » les traits de Simón Bolívar jusqu’à effacer ses traits africains. Cette obsession raciste des « mantuanos » – aristocratie coloniale d’origine européenne – n’a pas disparu. L’élite qui rêve de chasser Hugo Chavez du pouvoir “par tous les moyens” considère comme illégitime l’élection à la Présidence de la République d’un « zambo » (mélange d’indigène et d’afrodescendant). Le mythe fondateur de la société coloniale puis censitaire postulait que les millions de « morenos », « pardos », « zambos », n’appartenaient pas au genre humain.

 

Hugo Chavez vu par l’opposition.

 

Pour les historiens Mario Sanoja et Iraida Vargas-Arenas (1) : “Aujourd’hui, dans les coiffures des quartiers chic de Caracas, les clientes qui dénigrent à voix haute le “singe Chávez” et les singes en général oublient que les « choses noires » qui leur lavent les cheveux, leur soignent les pieds, leur vernissent les ongles, sont des « singes » qui habitent des quartiers populaires comme Santa Cruz ou Las Minas, tout comme les «cachifas» (domestiques) qui s’occupent de leurs enfants, leur font la cuisine, lavent leur linge et s’occupent de leurs jardins.”

Après avoir fui la misère de leur Europe originelle, devenues élite sociale par la négation de l’Autre, ces communautés d’origine européenne voient soudain leur statut se banaliser et nourrissent une rage raciste décuplée contre Hugo Chávez. Mais quand les dirigeants de cette opposition (minoritaire dans les urnes à l’issue de scrutins validés internationalement) répètent « nous sommes la majorité », ils ne mentent pas. Ils réaffirment sincèrement leur vision du monde. Eux seuls appartiennent au genre humain, eux seuls peuvent être comptés. Ils sont donc, très logiquement, « majoritaires ».

 

“Mantuana” espagnole avec son esclave noire, XVIIIème siècle.

 

Vargas et Sanoja : “Bien avant l’élection de Hugo Chávez et la démocratisation progressive du champ  politique, les “singes” étaient pourtant bien là, pas encore citoyens mais déjà constructeurs de tout un pays : majorité sociale d’employés, de domestiques, d’ouvriers, de journaliers que l’historiographie de l’oligarchie ignorait systématiquement, considérant comme naturelle l’exploitation des untermenschen indigènes, métis, blancs pauvres ainsi que leur maintien dans des conditions de vie dégradantes.”

 

Buste du héros national, le rebelle José Leonardo Chirinos (1754-1796), Caujarao, État de Falcón, Venezuela.

 

Eduardo Galeano a rappelé que les premières insurrections d’Africains en Amérique Latine eurent lieu au Venezuela, lorsque se soulevèrent les mineurs de Buria (1533) sous l’impulsion du Rey Miguel. Simon Bolívar avait douze ans lorsque près de trois siècles plus tard, à deux pas de chez lui, les mantuanos exécutèrent sur une place publique de Caracas un autre rebelle : José Leonardo Chirinos, dont le corps écartelé fut exposé aux quatre coins du pays pour rappeler aux esclaves ce qui les attendait en cas de récidive.

Sanoja et Vargas : “Vers la fin du XVIIIème siècle, les métis et africains réduits en esclavage totalisaient les 72% d’une population dominée par une bourgeoisie (27%) de commerçants, artisans, producteurs agricoles et des premiers métis, indigènes et noirs affranchis. Au sommet de cette pyramide, 3000 oligarques “mantuanos” de Caracas (1%) accaparaient  plus de 50% de la richesse per capita.

“Comme le montrent leurs nombreuses appellations – Angola, Cabindo, Carabalí, Congo, Fuló, Wolof, Mandinga, Malembe – , les esclaves capturés en Afrique occidentale provenaient de sociétés complexes structurées autour du commerce, de l’agriculture et de l’élevage, de l’extraction minière, de la forge et de la fonte du métal. Cette « main d’oeuvre » fut enrôlée dans les mines de cuivre de Cocorote, dans l’état de  Ya­racuy, au XVIIème siècle.

“Bien que la structure des grandes plantations absorba la majeure partie de cette force de travail culturellement déracinée, les traditions de la musique, de la magie et de la médecine survécurent avec une intensité qui permit aux afrodescendants de conserver leur identité sociale. Les femmes réduites en esclavage eurent une immense importance dans la vie sexuelle des maîtres de l’oligarchie coloniale et républicaine, soumises aux viols illimités, fait qui explique l’énorme population de mulâtres qui forment le secteur social des « pardos ». Les africains d’origine mandinga, réputés plus rebelles, étaient associés dans l’esprit des maîtres à la représentation du diable, comme l’est Chavez aujourd’hui.

“Beaucoup ignorent que le premier drapeau brandi par Bolívar en signe de rébellion contre la couronne espagnole était un drapeau noir appelant le peuple réduit en esclavage à se rallier à la cause de l’indépendance et, par la suite, de l’Égalité. Mais si Bolivar décréta l’abolition de l’esclavage dès 1816, respectant ainsi la promesse faite aux « jacobins noirs » de Haïti à qui il devait pratiquement tout, l’exploitation de cette main d’oeuvre lui survécut. Certes les républiques « indépendantes » qui s’ensuivirent étaient faites pour « les citoyens ». Mais les afrodescendants n’étaient pas encore considérés comme « citoyens ». C’est pourquoi nombre d’entre eux répondirent à l’appel « Terres et Hommes Libres ! » du général Ezequiel Zamora (1859-1863) dont l’assassinat repoussa une fois de plus l’émancipation espérée.

 

 

Jesús Chucho García (2) : “Au Venezuela l’intellectuel Arturo Uslar Pietri  réclamait une immigration européenne pour “améliorer la race et le niveau culturel , expliquant que les antillais n’avaient rien à apporter au développement de notre pays. Dès 1937, Pietri proposait à la Chambre de Commerce que le Venezuela, pour devenir un pays moderne, renonce à ses composantes indigènes et afrodescendantes. Le marxisme vénézuélien, importé d’Europe comme signe de distinction intellectuelle, refoula lui aussi les thèmes indigènes et afrodescendants.”

Mario Sanoja et Iraida Vargas-Arenas : «à partir de 1936, avec le boom pétrolier et la fin de la dictature de Juan Vicente Gómez, s’effondrèrent les relations de production de type semi-féodal qui maintenaient les paysans enfermés dans leurs ghettos. Tous ces paysans sans terre, mulâtres, indigènes et noirs se joignirent à l’embryon de prolétariat urbain rejeté à la périphérie des grandes villes, en particulier à Caracas : une population essentiellement jeune, souvent désoeuvrée, souvent obligée de recourir à la délinquance pour subvenir à ses besoins. La démagogie électorale des années 60 et 70 stimula davantage encore l’exode rural, gonflant les ceintures de misère de millions d’habitants qu’on cherchait à manipuler à travers le média politique central : la télévision, avec sa vision d’une société blanche comme modèle incontournable du “développement”.

« Le boom pétrolier permit à la classe moyenne de passer d’une vie austère à un vie aisée, condition qui s’améliora encore avec la hausse du pétrole dans les années 70. C’est à cette époque aussi que la bourgeoisie de gauche comme de droite, s’autoproclama soit comme avant-garde de la révolution mondiale soit comme bouclier anticommuniste, et dans les deux cas, comme garante des intérêts populaires.

« Aujourd’hui ces secteurs se sentent trahis par « leurs sujets ». Ils n’ont pas vu venir les élections de 1998 où une majorité de «singes » leur a préféré Hugo Chavez. Cette inclusion soudaine de nouveaux sujets devenus citoyens à part entière, qui proposent des lois, se forment, s’organisent, participent à la vie politique, explique la convergence de certains secteurs marxistes des années 80 avec la droite de la classe moyenne, surtout parmi les universitaires irrités de perdre le monopole du discours critique, et qui défendent leurs intérêts de classe face à l’ « insurrection des singes ».

 

Norma Romero

 

La révolution bolivarienne, elle, a rompu avec le mythe officiel du métissage en vigueur sous les gouvernements antérieurs et a promulgué en 2011 une Loi contre la discrimination raciale. Recueillant une proposition exprimée lors de la IVème Rencontre Internationale des mouvements sociaux Afrodescendants d’Amérique Latine et des Caraïbes (juin 2011), le président Chavez a également décrété en mai 2012 la création du Conseil National des Communautés Afrodescendantes dont le rôle est de «concevoir les politiques publiques et d’articuler les différents ministères pour apporter des réponses concrètes et  mettre fin aux asymétries et discriminations qui affectent encore ces communautés». Norma Romero Marín (photo) a été nommée responsable de cet organisme lancé lors d’un acte officiel dans la région de Caucagua, berceau historique de rébellions et de communes libres organisées par les esclaves fugitifs.

 

Semaine de l’Afrique au Venezuela (mai 2012) en présence du Vice-Ministre Reinaldo Bolivar.

 

Récemment c’est autour de la figure du rebelle José Leonardo Chirinos que s’est ouverte la Semaine de l’Afrique (21-25 mai 2012). Des étudiants originaires d’Afrique de l’ELAM (École Latino-Américaine de Médecine « Salvador Allende »), de l’Université Expérimentale des Forces Armées (UNEFA), ou encore les étudiant(e)s du Lycée Andrés Bello ont débattu avec le Vice-Ministre des Affaires Étrangères pour l’Afrique, Reinaldo Bolivar (photo), également créateur d’un Centre des savoirs Africains (Centro de Saberes Africanos). Parmi les thèmes abordés : le racisme encore présent dans de nombreux médias privés, l’impact de la Loi contre la Discrimination Raciale et l’analyse des contenus éducatifs.

Comme ces “bourgeoisies” locales historiquement fondées sur la négation de l’Autre, les empires actuels invisibilisent, déshumanisent, via les médias, les civilisations qu’ils veulent détruire. Cette réduction de l’Autre, doté de « moins de subtilité intellectuelle, moins de richesse historique » réapparaît parfois curieusement dans la gauche occidentale (avec la puissance du refoulé colonial et sous des dehors apparemment progressistes comme la « laicité » ou les « droits de l’homme »). Le cliché souvent entendu : «Ah ! quel dommage que Chavez soit trop primaire pour comprendre que les ennemis de ses ennemis ne sont pas forcément des amis » exprime la difficulté de comprendre que l’Autre est capable de penser subtilement, d’avoir une stratégie à long terme et une Histoire assez dense pour qu’on ne le définisse pas en creux. Comment ignorer encore le mouvement profond d’une diplomatie qui procède en droite ligne de Simón Bolivar et de son projet de réunir “les trois quarts de l’Humanité” lors d’un vaste congrès à Panama (1826) pour bâtir «l’équilibre du Monde » ? Rêve multipolaire saboté par les grandes puissances de l’époque mais souvent repris depuis par les nations du Sud (Bandoeng  1955) ? Au-delà des contingences de qui gouverne chacun des États (combien de despotes ici ou là à l’époque de Bolivar, à l’époque de  Bandoeng, aujourd’hui ?), la stratégie bolivarienne consiste à préparer, par des accords d’État à État, le jour où comme en Amérique Latine, et peut-être sous son influence, l’intelligence collective des peuples finira par démocratiser les institutions politiques et permettra des relations internationales enfin basées sur les principes de souveraineté,  d’égalité, de respect et de coopération. Caracas accueillera le prochain sommet des non-alignés en 2015.

 

Jesús “Chucho” García lors d’une conférence-débat, Caracas.

 

Jesus “Chucho” García : « Le Venezuela fait un grand travail pour resserrer les liens avec l’Afrique: nous avons commencé à faire venir des étudiants de là-bas et à nouer toutes sortes d’accords : commerciaux, culturels, etc.. Pendant trop d’années et malgré tout ce que nous avons en commun nous avons tourné le dos à l’Afrique, au moment où l’impérialisme mène une guerre de reconquête pour s’emparer de ses ressources naturelles. Nous ne nous identifions pas pour autant à la religion afro-centrée ni à une certaine forme d’auto-ségrégation du mouvement noir états-unien. Nous sommes américains et sur ce continent américain a eu lieu un long processus d’innovation, de création. Nous ne voulons pas nous paralyser dans le temps. Notre objectif final est que nous soyons tous égaux et que l’on comprenne que le racisme fut inventé pour justifier un système  d’exploitation mondiale».

(1)  Ricardo Sanoja et Iraida Varga,  anthropologues et historiens vénézuéliens, article ” El Origen de “Monos” y “Escuálidos”. Voir aussi http://www.dailymotion.com/video/xmi3bz_a-solas-con-dos-antropologos-venezolanos-mario-sanoja-obediente-e-iraida-vargas-arenas_news

(2)  Jesús “Chucho” Garcíaintellectuel vénézuélien et fondateur/activiste du mouvement afrodescendant, auteur de nombreux ouvrages sur ce thème (http://www.globalcult.org.ve/pub/Clacso2/garcia.pdf )

Traduction : Thierry Deronne

URL de cet article : http://venezuelainfos.wordpress.com/2012/05/26/afrique-mere-patiente-de-la-revolution-bolivarienne/

 

http://venezuelainfos.wordpress.com/category/mouvements-sociaux/

Publié dans Venezuela

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2012 MARQUE LE 50ème TRISTE ANNIVERSAIRE DE L'INVASION US DU SUD VIETNAM

Publié le par Tourtaux

In memoriam

Jean BRICMONT
 

Cette année nous ne commémorerons pas le 50ème anniversaire d’un événement qui n’existe pas, du moins dans la conscience collective de l’Occident, ce que Noam Chomsky appelle l’invasion américaine du Sud Vietnam [1]. Pourtant c’est bien en 1962 que les États-Unis ont commencé à bombarder le Sud Vietnam pour tenter de sauver un gouvernement sud-vietnamien installé par eux après la défaite de Diên Biên Phù et les accords de Genève de 1954, qui avaient mis fin à la partie française de la guerre. Le président américain Eisenhower avait refusé à cette époque que soient organisées les élections prévues dans ces accords, élections qui devaient mener à la réunification du Sud et du Nord du pays, pensant que Ho Chi Minh les gagnerait. En 1962, ce gouvernement sud-vietnamien était devenu totalement impopulaire et risquait de s’effondrer face à une insurrection interne.

Ce qu’on appelle dans l’histoire officielle la guerre du Vietnam n’a commencé qu’en 1964-1965, avec l’incident du Golfe du Tonkin et le début des bombardements sur le Nord Vietnam. Mais faire commencer la guerre à cette date permet d’entretenir le mythe américain d’une « défense » du Sud Vietnam par rapport au Nord, et de faire l’impasse sur le refus des élections après 1954, et l’envoi de l’US Air Force bombarder le sud à partir de 1962.

L’expression « invasion américaine du Sud Vietnam » est calquée sur celle d’invasion de l’Afghanistan par l’Union soviétique en 1979, celle-ci étant, de façon analogue, intervenue pour sauver un gouvernement afghan qu’elle avait contribué à mettre en place. La comparaison est injuste pour l’URSS (pays limitrophe de l’Afghanistan et non pas éloigné de milliers de kilomètres, comme l’était le Vietnam pour les États-Unis), mais, même ainsi, l’expression « invasion américaine du Sud Vietnam » est impensable, inaudible dans notre société, y compris, la plupart du temps, dans les mouvements pacifistes.

 

Pourtant cette intervention en 1962 est bien à l’origine d’une des plus grandes tragédies du 20ème siècle et la pire d’après 1945, trois pays dévastés pour des décennies (Vietnam, Cambodge, Laos) et des millions de morts- même si personne ne sait au juste combien. Les Américains appliquaient, en matière de body count, la mere gook rule (la règle des simples bougnoules) : si c’est mort et si c’est jaune, c’est un Vietcong, c’est-à-dire un guérillero communiste. Cette façon de compter avait l’avantage de minimiser le nombre de morts civils.

À l’égard des Vietnamiens, il n’y a aucun devoir de mémoire. Aucune loi n’interdit le révisionnisme massif qui règne dans notre culture par rapport à ce non-événement. On ne construit pas de musées et on n’élève pas de statues pour les morts et les blessés de ce conflit. On ne crée de chaires universitaires pour étudier cette tragédie. Des gens qui ont participé à ces massacres ou qui en font régulièrement l’apologie sont reçus dans toutes les chancelleries du monde sans qu’aucune accusation de « complicité » ou de « complaisance » ne soit lancée.

Aucune « leçon de l’histoire » n’est tirée de la guerre du Vietnam. Les leçons de l’histoire vont toujours dans le même sens : Munich, Munich, Munich. La faiblesse des démocraties face au totalitarisme et allons-y, la fleur au fusil, ou plutôt, envoyons bombardiers et drones contre les pays dirigés par les « nouveaux Hitler » arrêter un « nouvel holocauste », la Yougoslavie, l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, la Syrie ou l’Iran demain. Même d’un point de vue historique, le récit sur Munich est faux, mais laissons cela de côté. L’astuce de « Munich », c’est de permettre à la gauche et à l’extrême-gauche de se rallier à la bannière étoilée au nom de l’anti-fascisme.

Pire, les tragédies qui ont accompagné la fin de cette guerre de trente ans (1945-1975), les boat people et les Khmers rouges, ont immédiatement été utilisées en Occident, surtout par des « intellectuels de gauche », pour donner naissance et justifier la politique d’ingérence, alors que c’est précisément l’ingérence constante des États-Unis dans les affaires intérieures du Vietnam qui était la source de ces tragédies.

 

Si des « leçons de l’histoire » devaient être tirées de la guerre du Vietnam, elles iraient toutes dans le « mauvais » sens, celui de la paix, du désarmement, d’un effort de modestie en Occident par rapport à la Russie, la Chine, Cuba, l’Iran, la Syrie ou le Venezuela. L’exact opposé des « leçons » tirées de Munich et de l’holocauste.

Les Vietnamiens n’étaient pas victimes de « domination symbolique » ou de « haine », mais de bombardements massifs. Il ne se voyaient d’ailleurs pas comme des victimes, mais comme les acteurs de leur propre destin. Ils étaient dirigés par l’un des plus grands génies politiques de tous les temps, Ho Chi Minh, accompagné d’un génie militaire, Giap. Ils ne se battaient pas pour la démocratie, mais pour l’indépendance nationale, notion périmée dans notre monde « globalisé ». Et ce combat, ils l’ont mené contre des démocraties, la France et les États-Unis.

Pourtant, les Vietnamiens ne haïssaient pas nos « valeurs » (mot à vrai dire inusité à l’époque), ni l’Occident, ni la science, ni la rationalité, ni la modernité ; ils voulaient simplement en partager les fruits. Ils n’étaient pas particulièrement religieux et ne raisonnaient pas en terme d’identité, mais de classe. Ils faisaient sans arrêt la distinction entre le peuple américain et ses dirigeants. Cette distinction était peut-être simpliste, mais elle a permis de séparer en Amérique même les dirigeants d’une partie de leur population.

Les Vietnamiens n’ont reçu aucune réparation pour les souffrances qui leur ont été infligées. Aucune excuse ne leur a jamais été faite. Ils n’en ont d’ailleurs jamais demandé : leur victoire leur suffisait. Ils n’ont pas exigé qu’une cour pénale internationale juge leurs agresseurs. Ils ont tout juste demandé que les « blessures de la guerres soient soignées », ce qui, bien sûr, leur a été refusé avec mépris. Comme disait le président américain Carter, futur prix Nobel de la paix, « les destructions furent mutuelles ». En effet : environs 50.000 morts d’un côté, plusieurs millions de l’autre.

Ils sont passés d’une forme de socialisme à une forme de capitalisme, causant ainsi des révisions déchirantes chez certains de leurs supporters occidentaux ; mais en Asie, capitalisme et communisme sont des pseudonymes. Les véritables noms sont : indépendance nationale, développement, rattrapage (et bientôt dépassement) de l’Occident.

On leur a reproché de vouloir rééduquer leurs ennemis capturés, ces aviateurs venus de loin bombarder une population dont ils pensaient qu’elle était sans défense. C’était peut-être naïf, mais était-ce pire que de les assassiner sans jugement ou de les enfermer à Guantanamo ?

Ils faisaient face à une barbarie sans nom mais, quels que soient les problèmes, ils demandaient toujours qu’on y trouve une solution politique et négociée, mots que nos défenseurs actuels des droits de l’homme ne peuvent pas entendre.

Leur combat a été important dans le principal mouvement d’émancipation du 20ème siècle, la décolonisation. Il a aussi été une sorte de mission civilisatrice à l’envers, en faisant prendre conscience à une partie de la jeunesse occidentale de l’extraordinaire violence de nos démocraties dans leurs rapports avec le reste du monde. En se battant pour leur indépendance nationale, les Vietnamiens ont combattu pour l’humanité entière.

Après 1968, cette prise de conscience a peu à peu disparu, dissoute dans l’idéologie des droits de l’homme, dans le subjectivisme et le postmodernisme, et dans l’incessant conflit des identités.

A l’heure où notre politique d’ingérence se trouve dans l’impasse, et où on bat le tambour contre l’Iran et la Syrie, il serait peut-être utile de se souvenir de cette décision fatidique de 1962, mélange d’arrogance impériale et de croyance en la toute-puissance de la technologie, et qui devait plonger le Sud-Est de l’Asie dans l’horreur. Peut-on aussi dire, face aux guerres non défensives, « plus jamais cela » ?

Jean Bricmont

22 Mai 2012

[1] Noam Chomsky, 1984, celui d’Orwell et le nôtre, http://christophe.deleuze.free.fr/D/1984.html Original : Invasion Newspeak : U.S. & USSR, FAIR décembre 1989, http://www.fair.org/index.php?page=1524.

 

http://www.legrandsoir.info/in-memoriam.html

Publié dans L'Asie en lutte

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SYRIE : BACHAR AL-ASSAD DOIT LIBERER CHEBLI AL-AYSSAMI

Publié le par Tourtaux

 

Par Gilles Munier

Chebli al-Ayssami, un des fondateurs historiques du Parti Baas, âgé de 87 ans, a été enlevé il y a un an dans la région de Aley, au Liban, par un commando se déplaçant, dit-on, dans une voiture portant une plaque d’immatriculation officielle syrienne. A l’époque, la nouvelle est passée quasiment inaperçue.

 

Il écrivait, dit-on, un ouvrage sur la réforme des principes de l’idéologie baasiste et refusait de se rendre à Damas pour signer – de son plein gré ! - une déclaration favorable à la politique menée par Bachar al-Assad.

 

Un homme de dialogue

 

Sa fille, Raja Charafeddine Ayssami, a retracé ainsi son parcours politique: « Chebli Ayssami est né pauvre. Il a œuvré dans la politique 50 années durant et il a occupé, durant cet intervalle, diverses fonctions. Il a été nommé ministre à trois reprises et a été aussi vice-président de la République arabe syrienne. Il a achevé sa carrière politique en 1992, aussi pauvre qu’il l’avait commencée. Chebli Ayssami n’a pas cherché les honneurs, ni l’argent, ni les hautes fonctions. Il a simplement cru dans la grandeur de notre peuple arabe et dans ses capacités sans limites. Il a lutté cinquante années durant pour rétablir la gloire de cette nation et son rôle d’avant-garde, sans se soucier jamais de son intérêt particulier ».

 

Opposant au régime du Président Hafez al-Assad, Chebli al-Ayssami a vécu à Bagdad où il était secrétaire général adjoint du Commandement national du Parti Baas, dirigé à l’époque alors par Michel Aflak. Je l’ai rencontré à quelques reprises dans les années 80, quand il animait – avec l’ancien président syrien Amin al-Hafez – une coalition d’opposants comprenant notamment Adnan Saaddedine, chef des Frères Musulmans syriens. Al-Ayssami était un homme de dialogue, ouvert et chaleureux.

 

Sa mort en prison serait un crime.

  

Interrogé par une commission parlementaire libanaise sur les droits de l’homme, le général Achraf Rifi, directeur général des Forces de sécurité intérieure (FSI), a affirmé qu’une des pistes suivies par ses enquêteurs s’arrêtait aux portes de l’ambassade de Syrie à Beyrouth.

 

Selon le général Hussam ad-Deen al-Awak, défecteur de l’armée syrienne, Chebli al-Ayssami, a été kidnappé avec l’aide de membres du parti druze Tawhid, et transféré dans un premier temps à la section 325 des services de renseignements militaires syriens à Mezzé, dans la banlieue de Damas. Depuis : pas de nouvelle. En avril, le bruit a couru qu’il était mort, mais la famille a démenti l’information.

 

Bachar al-Assad doit ordonner au clan responsable de l’enlèvement de Chebli al-Ayssami de le libérer. Son kidnapping est une stupidité crasse. Le maintien en détention d’un homme de cet âge est lamentable, intolérable, honteux. Sa mort en prison serait un crime.

 

http://www.france-irak-actualite.com/article-bachar-al-assad-doit-liberer-chebli-al-ayssami-105837968.html

Publié dans Syrie

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BIEN QU'IL S'EN DEFENDE, MELENCHON AURAIT TOUTE SA PLACE DANS LE GOUVERNEMENT AYRAULT

Publié le par Tourtaux

Nomination du gouvernement Ayrault : quel créneau reste-t-il au Front de gauche et à Mélenchon ?

25 05 2012

Jean-Luc Mélenchon aurait toute sa place dans le gouvernement Ayrault

Vivelepcf, 22 mai 2012  http://vivelepcf.over-blog.fr/

 

Jean-Luc Mélenchon évoque fréquemment le combat « homérique » qu’il a dû mener en 2000 pour obtenir un poste de ministre délégué du gouvernement Jospin et non un simple secrétariat d’Etat. Les marchandages entre courants du PS ont alors fonctionné à plein.

 

Changement de configuration en 2012 : Mélenchon jure qu’il ne répondra pas à la main tendue de François Hollande et ne rentrera au gouvernement, du moins le dit-il « à titre personnel » sans engager le PG et encore moins les autres composantes du Front de gauche. Il avait dit aussi qu’il ne se présenterait pas aux législatives… Volontiers cynique, il déclare qu’il a déjà assez profité de la « sinécure » que le PS lui a ménagée : 24 ans sénateur, 3 ans ministre…

Mais politiquement, on ne comprend pas comment il peut justifier ce choix sinon comme une posture tactique.

 

 Mélenchon aurait toute sa place au sein du gouvernement Ayrault.


Même s’il s’est fait plus discret ces derniers mois et s’est davantage référé à Mitterrand (nous n’avons décidemment pas le même Panthéon !) qu’à Jospin, le gouvernement de gauche « plurielle » reste son modèle.

 

Nomination du gouvernement Ayrault : quel créneau reste-t-il au Front de gauche et à Mélenchon ? dans ELECTIONS: Un moyen pas un objectif 120523_Jospin_MelenchonCitons Mélenchon dans le texte: « Le gouvernement Jospin a été sans équivalent, non seulement sur le Vieux continent, mais surtout jusqu’à la vague récente des révolutions démocratiques en Amérique latine, dans le monde entier. Jospin a eu la politique la plus à gauche du monde au moment où il gouvernait. » Ou encore, Mélenchon de vanter le « caractère hors du commun de cet homme [son ancien camarade de l’OCI trotskyste] et de son orientation politique » (extraits de « En quête de gauche » – 2007, p 186 à 188).

 

A lire Mélenchon, on ne comprend pas pourquoi les électeurs ont à ce point sanctionné Jospin en 2002 et, par ailleurs, ont désavoué la participation du PCF à son entreprise de casse sociale.

 

Aujourd’hui, on ne voit vraiment pas l’obstacle politique à l’entrée de Mélenchon dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Le « social-libéral » Moscovici est ministre de l’économie. Delors ne l’était-il pas en 1981 ? Mais sinon ?

 

Tous les créneaux du discours de Mélenchon sont occupés.

Fabius, qui avait appelé à voter non à la « constitution » européenne comme lui, Maastrichien comme lui, est ministre des affaires étrangères. Le ministre délégué aux affaires européennes, Bernard Cazeneuve, a aussi mené campagne pour le non.

Michel Sapin, qui échange depuis des années avec des dirigeants du Front de gauche dans des clubs comme « Gauche avenir », est ministre du travail. Fabius, Sapin, Mélenchon faisaient partie de la même promotion gouvernementale nommée par Jospin le 27 mars 2000.

Arnaud Montebourg, égérie de la gauche interventionniste et de la 6ème République, tout comme Mélenchon, est ministre du « redressement productif » (plutôt des aides publiques aux entreprises). Avec Benoît Hamon, les complices de l’aile gauche du PS sont bien placés.

La présence à de bons postes de Christiane Taubira ou de Nadjet Belkacem prive aussi Mélenchon du terrain politique de la défense de la « diversité ».

 

Que reste-t-il au Front de gauche pour se distinguer à gauche du PS ?

 

La direction du PCF, quant à elle, a commencé logiquement à se ranger derrière le nouveau pouvoir. Pierre Laurent a adressé ses félicitations à Ayrault pendant que l’Humanité a fait du zèle en saluant l’absence « d’opportunisme dans la carrière de l’élu de Loire-Atlantique mais son goût du travail collectif » (édition du 16 mai 2012).

 

La période où Mélenchon pouvait se différencier par ses formules oratoires est terminée. Après le soutien « sans conditions » en rase campagne à Hollande, 5 minutes après le résultat du 1er tour, il n’est plus temps de traiter le nouveau président de « capitaine de pédalo ». Et il devient de plus en plus difficile, malgré quelques surenchères gratuites, de masquer à quel point le programme du Front de gauche est partagé, combiné avec celui du PS. Il s’applique à faire passer la gauche social-démocrate comme allant dans le bon sens, comme faisant de son mieux de façon réaliste, dans un contexte défavorable. C’est flagrant sur l’UE. Le Front de gauche s’applique, en refusant de remettre en cause Maastricht, à valoriser les tentatives de renégociations des nouveaux accords budgétaires mimées par Hollande.

 

Donnant un gage de plus au PS, le Front de gauche s’engage à ce que ses députés ne votent pas de motion de censure contre son gouvernement(Mélenchon – 20 mai 2012). Certains d’entre nous se souviennent des débats animés dans le PCF entre 1988 et 1993 qui avaient amené notre parti à voter par deux fois la censure contre Mitterrand-Rocard-Bérégovoy et leur politique de destruction des acquis sociaux. Cette possibilité est exclue d’avance avec le Front de gauche !

 

La supercherie Mélenchon, après leur déception du 1er tour des présidentielles, commence à se dégonfler. Les tenants de l’opération Front de gauche le redoutent et ils prennent des dispositions.

 

Nous saurons peut-être plus tard qui a imaginé de présenter Mélenchon dans le Pas-de-Calais contre Marine Le Pen : Pierre Laurent comme c’est prétendu officiellement? Mélenchon lui-même ? Le PS directement ? En tout cas, le coup politicien est habile dans cette situation.

 

Il permet de maintenir la médiatisation de Mélenchon, de nationaliser la campagne législative du Front de gauche, dans la suite des présidentielles, avec sa personne comme identifiant.

En se transformant en superman anti-Le Pen, en utilisant le FN comme repoussoir et faire valoir, Mélenchon et le Front de gauche se donnent une image de radicalité, « front contre front », sans se découvrir sur leur espace d’accord sur le fond avec le PS.

 

Peu importe qu’il s’agisse seulement de transférer une circonscription acquise au PS depuis 50 ans d’un socialiste à un autre. Une grande partie du PS de la circonscription d’Hénin-Beaumont soutient d’ailleurs Mélenchon dont Ségolène Royal a salué le « combat républicain ».

Peu importe que cela accorde une publicité supplémentaire à Mme Le Pen.

Peu importe que cela ridiculise un peu plus la « révolution citoyenne » réduite à un seul personnage en France qui se tient prêt pour le poste suprême en … 2022 !

 

Mais pour le PCF et pour le pays, le choix du Front de gauche se confirme lourd de signification.

A quelques nuances près et de très rares exceptions, Mélenchon est omniprésent sur le matériel de campagne dans les 541 circonscriptions de métropole. Comme s’il était candidat partout ! Pour la 6ème république annoncée rompant avec la personnification de la politique, il faudra repasser…

Plus que jamais pour la direction du PCF, le choix est celui de l’effacement. Le motif électoral, électoraliste, est ouvertement avancé, notamment pour le Pas-de-Calais: se cacher derrière Mélenchon va faire gagner des voix, peut-être des sièges !

Etre identifié comme communiste mais en refusant d’assumer des positions communistes conduit effectivement à l’expérience du 1,9% de Marie-George Buffet en 2007. Mais la voie de sortie, ce devrait être de les assumer !

Face à l’extrême-droite, comment imaginer que les numéros de bateleur de Mélenchon soient plus efficaces que l’action militante et le glorieux héritage des communistes de la Fédération du Pas-de-Calais ? Ils les dévalorisent !

Le soufflé Mélenchon/Front de gauche ne peut que se dégonfler, tôt ou tard. Son rôle de rabatteur de la social-démocratie et de canalisateur du mouvement social ne correspond pas à l’aspiration au changement que certains, beaucoup, ont cru y retrouver.

 

Pour les communistes, les réalités des luttes, de la lutte des classes, doivent reprendre le dessus, au-delà des brumes électorales, des calculs politiciens, de l’obligation minimale, sans illusions, de battre la droite. Le temps est à tenir nos positions communistes, à développer nos organisations sur des bases de lutte.

 

Sans attendre, préparons la riposte, entreprise par entreprise, quartier par quartier, à la politique de super-austérité que prépare Hollande sous l’égide de l’UE.

Faisons vivre et renforçons le PCF ! Assumons nos responsabilités !

 

http://pcfsaintquentin.unblog.fr/2012/05/25/nomination-du-gouvernement-ayrault-quel-creneau-reste-t-il-au-front-de-gauche-et-a-melenchon/#comment-3810

Publié dans Politique

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