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LA COLERE MONTE A PSA

Publié le par Tourtaux

18 juillet 2012

Si PSA réussit à passer en force, le patronat sera encouragé pour récidiver
 

La colère gronde à PSA

Vincent Duse, CGT Peugeot Mulhouse, et Nicolas Rossel (93)

 

« Des menteurs ! ». « Des salauds ! ». Le mot était sur toutes les bouches jeudi matin, sur le parking, devant les tourniquets de l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis. En plus des 3000 postes directs en production que représenterait la fermeture du site à l’horizon 2014, ce sont 1.500 postes qui sont menacés sur le site de Rennes-La Janais et 3.500 autres hors production, à savoir parmi les personnels administratifs, techniciens, ingénieurs et cadres. Personne ne sera épargné par PSA. L’ensemble des salariés le sentent depuis des mois maintenant.


 

On connait la musique pour justifier l’injustifiable. Les arguments du groupe sont toujours les mêmes. « Le coût de production en France est de 10% plus élevé qu’en Europe orientale ». « PSA traverse des difficultés ». « C’est la crise ». Et pourtant, jamais les caisses du groupe n’ont été aussi pleines, remplies entre autres par de l’argent public. Jamais les rémunérations des « dirigeants » n’ont été aussi élevées. Jamais on n’a aussi grassement payé les actionnaires.

On comprend d’autant plus l’émotion des travailleurs. Et pourtant le plan avait été révélé l’an dernier déjà par la CGT. Cela n’a pas empêché la direction de nier son existence pendant douze mois. Lors du quart d’heure d’informations qui s’est tenu dans les ateliers jeudi matin à Aulnay, les chefs ont égrené les nouvelles que leur avait communiquées la direction avant le CCE extraordinaire convoqué le 12 juillet. Comme si de rien n’était, au milieu de la liste ces mêmes chefs, qui depuis un an relaient le discours de Varin selon lequel Aulnay n’est pas menacé, ont glissé que le site allait fermer. La réaction a été immédiate. Dans de nombreux ateliers, les chefs n’ont pas demandé leur reste et sont partis immédiatement. Les chaines n’ont pas démarré. Prévu à 13h30, le rassemblement à l’appel des syndicats a duré toute la matinée et s’est étendu pendant une partie de l’après-midi. Tant jeudi que vendredi, la production a hoqueté sur les sites d’Aulnay et de Rennes, avec un débrayage sauvage jeudi sur Aulnay et un débrayage massif le jour suivant sur Rennes.

Sur le parking du site de Seine-Saint-Denis, les cars continuaient à amener les travailleurs de l’équipe de l’après-midi qui apprenaient la nouvelle. Nombreux sont ceux qui badgeaient pour ressortir immédiatement après pour rejoindre leurs collègues de l’équipe du matin rassemblés avec d’autres délégations syndicales venues de plusieurs autres centres de production (PSA Saint-Ouen, Renault Cléon, etc.) ainsi que du département (CGT Plaine Commune, Roissy, etc.).

La colère était palpable, non seulement contre la direction du groupe, bien entendu, mais également contre les représentants locaux du PS, en la personne de Gérard Segura, maire d’Aulnay. Les travailleurs n’avaient toujours pas avalé que le gouvernement du « changement, c’est maintenant », leur ait envoyé les CRS lors de la manifestation devant le siège du groupe, avenue de la Grande-Armée, le 28 juin, alors qu’ils étaient soutenus par des délégations venues de tout l’Hexagone [1]. Quelques œufs ont volé, de l’autre côté des grilles, où se trouvaient quelques agents de maitrise et des chefs. « Ce n’est rien par rapport à ce qui va se passer en septembre [après la pause estivale qui commence le 27 juillet] » avertissaient plusieurs travailleurs, devant les journalistes présents. Sur les 3.000 salariés d’Aulnay, la moitié serait reclassée en interne, notamment à Poissy, où 700 licenciements sont également annoncés. Cherchez l’erreur ! L’autre moitié serait reclassée sur le bassin d’emploi, déjà sinistré. Varin a même inventé un nouveau concept : la revitalisation du site d’Aulnay après sa fermeture ! Sans oublier l’ensemble des emplois touchés directement ou indirectement, au niveau de la sous-traitance, sur le département, etc. Trop c’est trop, et la colère, cette fois-ci, risque bien de déborder.

C’est la CGT d’Aulnay qui a donné le ton du rassemblement qui s’est tenu devant les 600 travailleurs présents, ainsi que de nombreux soutiens syndicaux et politiques, notamment d’extrême gauche (NPA et LO), venus du département et au-delà. A part Marie-Georges Buffet, députée de la circonscription, et Segura, maire de la ville, la « gauche plurielle nouvelle mouture » brillait par son absence, Front de Gauche compris. L’heure est à la résistance et la perspective, c’est de faire reculer Varin. C’est le message qu’a délivré Jean-Pierre Mercier à la tribune, sans pour autant lever l’ambigüité sur ce que veut dire « nous vendrons cher notre peau » : interdiction des licenciements sur Aulnay en particulier et le groupe en général ou négociation d’indemnités de départ, comme cela s’est fait lors du cycle de luttes ouvrières contre les fermeture entre 2008 et 2009 ?

Des adversaires multiformes pour les travailleurs


La CGT a dressé cependant un bilan de l’annonce de la direction et a démonté un à un tous les arguments avancés par le groupe. Les syndicalistes ont également fait la liste des ennemis et des adversaires auxquels allaient avoir à faire face les travailleursdans les prochains mois : Varin et les siens bien entendu ; mais aussi le gouvernement qui, comme l’opposition de droite, s’époumone et feint la surprise : « PSA a attendu la fin des élections pour annoncer la fermeture », a déclaré François Hollande lors de son interview du 14 juillet, alors que c’était écrit noir sur blanc dans le plan secret de la direction que la CGT a publié l’été dernier ; « C’est un choc pour la nation », a surenchéri Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, « l’Etat n’acceptera pas en l’état le plan de PSA ». L’ensemble du gouvernement, au final, en appelle à davantage de concertation et ne dit pas refuser le plan en tant que tel, mais le plan « dans l’état ». Nuance. On sait comment ce genre d’atermoiements finit en général. On a tous en tête Lionel Jospin, en 1997, qui après avoir juré ses grands dieux que Renault Vilvorde n’aurait pas fermé, finissait par dire que « l’Etat ne peut pas tout », condamnant de ce fait des milliers de familles ouvrières belges à la misère.

C’est pour cela que les travailleurs de PSA, à commencer par les salariés des sites concernés, ainsi que de l’ensemble des sous-traitants, doivent s’organiser, immédiatement, à la base, pour exiger le retrait du plan de suppression, la non-négociation des licenciements en « échange » d’une dégradation des conditions de travail (comme Varin voudrait l’imposer sur SevelNord), voire même pour exiger, si nécessaire, la nationalisation, sous contrôle des salariés, des sites menacés, et leur mise en production au service des besoins socialisés de la population (transports en commun, voitures collectives, etc.). Pour ce faire, les travailleurs ne peuvent compter que sur leurs propres forces. Le jour de l’annonce du plan, aucun responsable syndical national n’était présent aux côtés des travailleurs, et pour cause. Sans doute cuvaient-ils leurs deux journées de discussions avec Hollande et Ayrault lors du Sommet des 9 et 10 juillet au cours duquel ils ont négocié la paix sociale pour la rentrée. A entendre leurs déclarations, à commencer par celles de Bernard Thibault, plus intéressé par sa succession à la tête de la centrale cégétiste que par le sort des sites menacés, on a l’impression d’entendre une « version bis » du gouvernement : il faut envoyer des experts et renégocier les PSE. Voilà en substance ce qu’a déclaré Thibault à la matinale de France-Inter le 12.

Coordination et comité de grève


A la tribune sur le parking, à Aulnay, Philippe Julien, responsable CGT, a indiqué combien il était nécessaire que les travailleurs du site s’adressent à l’ensemble de leurs collègues ainsi qu’à l’ensemble des travailleurs, à commencer par ceux dont l’emploi est menacé [2]. A quelques encablures de l’usine, à Roissy, Air France prépare une saignée à blanc de ses effectifs. La coordination des sites menacés et des équipes syndicales combatives doit être effectivement mise sur pied, dans l’unité, afin de se préparer à contrer, au moins dès la fin de la pause estivale, les plans du patronat.

Sur un site comme Aulnay où seule une minorité des salariés sont syndiqués, dans plusieurs syndicats différents de surcroit, il est aussi parfaitement juste qu’une équipe d’animation de la lutte soit mise en place, ouverte aux syndiqués comme au non syndiqués, révocable et agissant sur mandat des travailleurs en lutte. Cette proposition a également été votée par les travailleurs réunis sur le parking.

Pour un grand mouvement de solidarité avec les travailleurs de PSA : les licenciements ? « No pasarán » !


Reste à savoir maintenant comment dans l’ensemble des départements concernés, la Seine-Saint-Denis et l’Ille-et-Vilaine, mais aussi sur les sites du groupe, au sein même des équipes combatives, des comités de soutien vont pouvoir se structurer, pour appuyer les travailleurs qui ont voté la mise en place d’une coordination et d’un comité de grève, mais aussi pour appuyer leur lutte, les soutenir politiquement et financièrement, dans l’action militante et dans les rassemblements. C’est un embryon de tissu de solidarité qui nous sera nécessaire pour affronter ce que Hollande a eu le culot d’appeler lors de son interview du 14 juillet « l’effort partagé », c’est-à-dire larigueuret l’austérité, et qui va tous nous concerner, travailleurs du privé comme du public, jeunes, retraités et pensionnés. Sur l’ensemble des autres sites, même si les syndicats maison, toutes couleurs confondues, s’ingénient à dire aux collègues que nos sites ne seront pas touchés, la solidarité aussi doit se renforcer, à l’image de ce que nous avons fait le 28 juin, avec les cars de soutien qui sont venus des quatre coins de la France, et même d’Opel Bochum et de PSA Madrid.

C’est en ce sens que les luttes d’Aulnay et de Rennes sont centrales et qu’il faut poursuivre sur la voie du 28 et du 12, avec un plan de lutte pour l’ensemble des salariés du groupe. On veut donner aux délégués 15 heures de délégation supplémentaires pour étudier en détail les 500 pages de documents confidentiels communiqués par la direction en vue des CE de fin juillet, qui devraient préciser les découpages et les licenciements. Mais ce sont 15 heures qui devraient être utilisées à discuter avec les collègues, pour se cordonner, pour réfléchir tous ensemble comment s’organiser pour faire reculer Varin.

Si PSA réussit à passer en force, le patronat se sentira d’autant plus fort pour avancer dans d’autres secteurs (et déjà de nombreux plans sont annoncés, dans l’aérien, chez Sanofi, etc.). Si la solidarité s’élargit, elle pourra servir d’école de formation pour toute une génération de militants, ainsi que pour les plus anciens, celles et ceux qui bataillent depuis des années contre les mauvais coups des gouvernements successifs et du patronat. C’est en ce sens qu’Aulnay est la bombe sociale que craignent le patronat et le gouvernement. A nous de tout faire pour aider les travailleurs à en allumer la mèche.

Vincent Duse, CGT Peugeot Mulhouse, et Nicolas Rossel (93)

Source : http://www.ccr4.org/La-colere-gronde-a-PSA

14/07/12.

[1] Voir V. Duse, « Premier bilan à chaud du rassemblement des travailleurs de l’automobile du 28 juin », 29/06/12, http://www.ccr4.org/Premier-bilan-a-chaud-du-rassemblement-du-28-juin-des-travailleurs-de-l-automobile

[2] Au sujet de la nécessité de mettre en place une coordination des équipes syndicales combatives et des sites en lutte, voir notamment V. Duse, « Dans l’automobile comme ailleurs, les menaces se précisent : la coordination des travailleurs doit se renforcer », 26/06/12, http://www.ccr4.org/Dans-l-automobile-comme-ailleurs-si-les-menaces-se-precisent-la-coordination-des-travailleurs-doit-se-renforcer

URL de cet article 17260
http://www.legrandsoir.info/la-colere-gronde-a-psa.html

Publié dans Lutte des classes

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ASSOCIATION FRANCE PALESTINE SOLIDARITE NORD - PAS DE CALAIS : GAZA, PRISONNIERS PALESTINIENS : LE SOUTIEN AU PEUPLE PALESTINIEN SE DEVELOPPE

Publié le par Tourtaux

 



 Association France Palestine Solidarité Nord - Pas de Calais

 

 

 

 

 

 

Gaza, prisonniers palestiniens : le soutien au peuple palestinien se développe

 

En cette fin juillet 2012 l’AFPS Nord-Pas de Calais poursuit ses initiatives de soutien au peuple palestinien. Il a été possible de le vivre, du 7 au 12 juillet 2012, à Gaza, toujours victime du blocus de l’occupant israélien, où le peuple palestinien résiste à l’occupation, continue son entreprise de reconstruction après le massacre de 20008/2009, et revendique l’application des droits nationaux. Voici quelques éléments de cette activité et surtout plusieurs perspectives d’actions auxquelles l’AFPS Nord-Pas de Calais souhaite que vous participiez.

 

1 Gaza

L’AFPS Nord-Pas de Calais a été associée au convoi pour Gaza, dont Palmed Europe était partie prenante. Ce convoi, comme l’a indiqué Palestine info, est le 14ème. Il contribue à briser un blocus injuste, illégal et humainement insupportable imposé au peuple palestinien par l’occupant israélien.

 

La résistance à l’occupation, du peuple palestinien, à Gaza, se poursuit :

·                    Par la reconstruction,  et par la reconquête agricole et alimentaire

·                    La volonté de briser le blocus de l’occupant

·                    Le dynamisme de la vie associative et le travail des élus au service du peuple palestinien

·                    L’engagement de ses plus hauts responsables politiques en direction de la libération de la Palestine de l’occupation israélienne et de l’application des droits nationaux du peuple palestinien.

 

Le travail spécifique de l’AFPS Nord-Pas de Calais, concernant Gaza (mais c’est aussi pour toute la Palestine) est appelé à se poursuivre immédiatement dans la région Nord-Pas de Calais. Il comprendra notamment les éléments suivants, qui seront déclinés dans une démarche unitaire, en particulier avec Palmed Europe et la Communauté palestinienne du Nord-Pas de Calais :

·                    Dire la vérité sur le peuple palestinien et l’occupation israélienne et ses crimes à Gaza face aux falsifications trop souvent colportées

·                    Mener un soutien concret aux Palestiniens de Gaza. Ce qui est entrepris concernant les handicapés de Gaza est appelé à se développer.

·                    Poursuivre le combat unitaire pour la levée du blocus, en s’appuyant en particulier sur les orientations et décisions de la plate-forme des ONG pour le soutien au peuple palestinien.

·                    Poursuivre le combat pour l’application des droits nationaux du peuple palestinien.

 

2 Prisonniers politiques palestiniens.

Le travail amorcé avec les rencontres de Salah Hamouri dans le Nord-Pas de Calais, et dans tout le pays, se poursuit. L’AFPS est en mesure de proposer le parrainage d’un(e) prisonnier(e) palestinien(ne). Le document national joint fixe les modalités permettant de rejoindre un combat de soutien aux victimes de l’arbitraire et du mépris pour les droits de l’Homme par  l’occupant. De premiers points ont déjà  été marqués par l’action collective de grève de la faim des prisonniers. Mais la solidarité avec les prisonniers est à développer. A noter que plusieurs parlementaires régionaux se sont déjà engagés pour le soutien aux prisonniers : Michelle Demessine, Jean-Jacques Candelier, Marc Dolez.

 

3 Boycott/Désinvestissement/Sanctions

L’AFPS Nord-Pas de Calais poursuit son engagement en ce domaine y compris dans le domaine culturel et sportif contre l’occupant Israélien. La rentrée verra une action vigoureuse contre « Orange » complice de la colonisation en Cisjordanie avec sa filiale israélienne Partner.

 

AFPS Nord-Pas de Calais Lille le 18 juillet 2012

 

  

 

Une délégation française dans le 14ème convoi international vers Gaza

AFPS Nord-Pas de Calais, le 15 juillet 2012

 

 

Dans un 14 ème convoi international vers Gaza, parti d'Egypte, visant à briser le blocus imposé par l'occupant israélien, il y avait une délégation française de 8 personnes, dont Mohamed Salem, Président de Palmed Europe, et Jean-François Larosière, Président de l'AFPS Nord-Pas de Calais. Elle est arrivée à Rafah le 7 juillet 2012 en début d'après midi accueillie par le Ministre palestinien Ahmad Kord, qui a rappelé dans son intervention de bienvenue la volonté palestinienne de voir briser le blocus de Gaza, le rôle que joue l'Egypte née de la révolution en ce domaine, comme la volonté de création d'un Etat palestinien.

 

Pour sa part, Jean-François Larosière, dans son allocution, a mis en avant les points suivants:

- Un large soutien au peuple palestinien existe dans la population française. La réception d'une délégation de représentants de handicapés de Gaza, dans plusieurs site du Nord-Pas de Calais, l'a prouvé début juin.

- L'AFPS condamne le blocus injuste et illégal de Gaza qui doit être levé

- Nous luttons pour l'application des droits nationaux du peuple palestinien y compris le droit au retour.

 

Suite à ce convoi, et aux multiples rencontres auxquelles il a donné lieu sur le Territoire de Gaza, plusieurs initiatives sont en préparation, en liaison avec Palmed Europe et la Communauté palestinienne du Nord, visant à élargir l'action, dans le Nord-Pas de Calais, visant à lever le blocus de Gaza, comme à affirmer la nécessité d'une application effective des droits nationaux du peuple palestinien.

 

  

 

 

Le convoi de "Miles of Smiles 14" arrive à Gaza 

Par le CPI (Centre Palestinien d’Information)

 

 

 

Le convoi de "Miles of Smiles 14 " (« Des kilomètres pour des sourires ») est arrivé, samedi après-midi, le 07/07, dans la bande de Gaza, par le poste frontière de Rafah. Il comprenait environ 41 personnes en solidarité avec le peuple palestinien opprimé, venant de plusieurs pays arabes et européens, et a été reçu par des ministres et des députés du Conseil Législatif.

 

Le chef du convoi ; Issam Youssef a déclaré: « nous sommes venus pour être en solidarité avec les habitants de Gaza », tout en exprimant son souhait que la nouvelle ère égyptienne, après que Mohamed Moursi ait gagné la présidence, sera un espoir pour briser le siège sur Gaza.

 

Pour sa part, le ministre du travail et des affaires sociales à Gaza ; Ahmad Kord a remercié, au nom de la Palestine et du gouvernement palestinien et du Premier Ministre, les membres du convoi de "Miles of Smiles 14" qui sont venus de tous les pays arabes et occidentaux, en signe de solidarité avec la bande de Gaza.

 

Kord a également confirmé que ce convoi est comme les autres convois qui viennent en solidarité avec Gaza pour transmettre leur message qui consiste à briser le siège et lever l’injustice exercés sur le peuple palestinien, en soulignant l’afflux important de ces convois ce qui confirme l’intention des peuples arabes et leur détermination de briser le l'embargo imposé sur la région.

 

Il est à noter que 13 convois portant le même nom sont arrivés à Gaza, durant ces dernières années, et ont apporté des aides médicales et des produits de première nécessité aux Palestiniens qui vivent sous un siège maintenu par l'occupant israélien et continu depuis plus de six ans.

 

 http://www.palestine-info.cc/fr/

 

 

 

 

 

JF Larosière et Dr M.Salem, président de PALMED-Europe à la Mairie de Rafah

 

 

 

 

 

 

 

L'AFPS lance une campagne de parrainages de prisonniers politiques palestiniens



Objectif : Le parrainage d’un prisonnier politique palestinien vise à la fois à exprimer une solidarité concrète par un contact personnel et direct et à sensibiliser et mobiliser l’opinion française en mettant enfin cette question en pleine lumière. Cette campagne doit notamment permettre de mettre une pression internationale sur les autorités israéliennes pour qu'elles accèdent aux revendications légitimes des prisonniers politiques palestiniens.

En pratique : Avec l'aide de Salah Hamouri nous avons constitué une base de données comprenant la liste de 4581 prisonniers Palestiniens (nom et prénom, date de naissance, ville, date d’arrestation, prison et date de libération). Des fiches individuelles pour chaque prisonnier ont été constituées à partir de cette base. Ces fiches (nom, prénom, âge, ville, date d’arrestation, date de libération, et si possible photo) seront mises à jour dans la mesure du possible et suivant les informations données par les organismes de défenses des prisonniers où par leurs familles.

Chaque parrain

- s'engage à écrire mensuellement au(x) prisonnier(s) qu'il parraine. Le but est d'apporter une bouffée d'air au prisonnier en lui envoyant une carte postale, une photo peut-être un magazine. Il est préférable d'écrire en Anglais ou en Arabe, sachant que les prisonniers ne peuvent répondre (ils n'ont droit qu'à deux courriers par mois pour une destination locale). Il ne faut pas préciser d'adresse d'expéditeur sinon les courriers risquent d'être directement retournés.

- s'engage à écrire à ses élus et à différentes autorités pour les interpeller sur le cas du ou des prisonniers qu'il parraine ainsi que sur la situation des prisonniers en général. Pour ce faire l’AFPS met à votre disposition des modèles de lettres et des adresses : il est essentiel de médiatiser ces démarches.

Vous trouverez toutes les informations nécessaires et le formulaire d'inscription sur le site de l'AFPS à l'adresse :

 http://www.france-palestine.org/Parrainer-un-e-prisonnier-e

 

A ce jour, environ 100 personnes se sont déjà inscrites. 

 

Rejoignez-les pour que nous atteignons une masse critique avant septembre et la venue de Salah à la Fête de l’'Humanité ! 

 

 

 

 

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AGENDA  Pour consulter notre agenda : http://www.nord-palestine.org/agenda.htm

Jeudi 30 août à 18h30, à la MRES de Lille :

Réunion de préparation de la braderie de Lille

Samedi 1er et dimanche 2 septembre à Lille :

Braderie avec stand AFPS59/62

Samedi 22 septembre, de 10 à 20h, en Mairie de Lille :

Boulevard des Associations avec stand AFPS 59/62

 

Venez renforcer l’AFPS Nord-Pas de Calais :

 

Cotisation d’adhésion pour l’année 2012

Bulletin d’adhésion à imprimer :   http://www.nord-palestine.org/COTISATION2012.pdf

Publié dans Palestine

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JOYEUX 94ème ANNIVERSAIRE A NELSON MANDELA !

Publié le par Tourtaux

mandela nelson Le Parti communiste sud-africain (SACP) souhaite un joyeux 94ème anniversaire au camarade Nelson Mandela



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/





Joyeux anniversaire Madiba!



Le SACP se joint aux millions de Sud-africains et au reste du monde en souhaitant au camarade Nelson Mandela un joyeux 94ème anniversaire. En ce jour, les cadres communistes dans nos organisations mais aussi dans les autres structures dans lesquelles ils travaillent participeront au 67 minutes symboliques de travail désintéressé en hommage au nombre d'années que le camarade Madiba a consacré à la lutte.



Il est cependant important pour le SACP, l'Alliance, et toutes les forces progressistes que, tout en appréciant que le camarade Madiba soit une figure respectée dans le monde entier, ses faits d'armes en tant que révolutionnaire ne soient jamais oubliés. Madiba était un révolutionnaire qui a lutté contre un système oppressif, Madiba le Commandant du MK [NdT: branche armée de l'ANC] était un militant, et Madiba leader de l'ANC était un démocrate révolutionnaire et un héros dans la lutte contre l'oppression.



En rendant hommage à Madiba, nous devons rejeter avec la plus grande fermeté les entreprises des libéraux et réactionnaires, nombre d’être eux ayant été complices de son incarcération tandis que les autres n'ont jamais levé le petit doigt contre le système d'apartheid, cherchant à s'approprier le nom de Madiba afin de condamner la direction actuelle de notre mouvement.



Nous devons rendre hommage à Madiba en affrontant la triple crise du chômage, de la pauvreté, et des inégalités. Pour nous, rendre hommage à Madiba, cela suppose de prendre des décisions radicales afin de traiter les causes systémiques de la crise actuelle à laquelle le monde et notre pays sont confrontés. Nous avons encore beaucoup de travail à faire pour offrir une éducation, des opportunités de formation, en particulier pour notre jeunesse, ainsi que l'opportunité d'un travail décent.



La tâche de construire une Afrique sud vraiment démocratique, non-sexiste et non-raciale, en l'honneur de Madiba, continue !



Joyeux anniversaire Tata!

Jeudi 19 juillet 2012

Publié dans L'Afrique en lutte

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ERIC HAMRAOUI : REFLEXIONS PHILOSOPHIQUES SUR LE TRAVAIL

Publié le par Tourtaux

Réflexions philosophiques sur le travail

mercredi 18 juillet 2012
 
Auteur : par Eric Hamraoui
   
 

 RÉFLEXIONS PHILOSOPHIQUES SUR LE TRAVAIL

Texte d’Eric Hamraoui, maître de conférences en philosophie au Centre de recherche sur le travail et le développement (CRTD) du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) à Paris, diffusé par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).

Le 18 juillet 2012.

 Introduction

Le M’PEP diffuse aujourd’hui le texte d’un philosophe dont la réflexion porte sur le travail. Il s’agit d’Eric Hamraoui qui avait déjà participé au colloque organisé par le M’PEP à Lyon, le 10 mars 2012, sur le thème « Pour une République du droit opposable à l’emploi ».

Ce texte n’est évidemment pas d’un abord facile et nécessite un effort personnel soutenu. Mais les idées qu’il développe forment l’un des soubassements théoriques au « droit opposable à l’emploi » que propose le M’PEP.

Ainsi, dans son texte, Eric Hamraoui fait le lien entre le sens des concepts de « travail vivant », de « subjectivité » et de « coopération », et la pensée de Marx. Pour ce dernier, le travail vivant constitue le cœur de l’activité humaine. Le travail vivant s’oppose au travail abstrait et au travail aliéné, signes d’un appauvrissement de la vie que favorise le système de production capitaliste. La vie se trouve alors atteinte au cœur de l’activité de travail. Seule change, d’une époque à l’autre, la nature de cette atteinte.

Dans sa Contribution à la critique de l’économie politique (1859), Marx définit le travail comme « activité utile en vue de l’appropriation des matières naturelles sous une forme ou sous une autre ». Il est, en ce sens, définissable à la fois comme « condition naturelle de l’existence de l’homme » et « condition des échanges organiques entre l’homme et la nature ». C’est sur cette base que le M’PEP distingue le secteur marchand et le secteur non-marchand et qu’il développe la notion de droit opposable à l’emploi.

C’est ainsi que ce processus d’appropriation des objets extérieurs en vue de la satisfaction des besoins de l’homme, autrement dit, de la production des valeurs d’usage contribuant à l’entretien et à l’accroissement de la vie, en lequel consiste le « travail vivant », constitue, selon Marx, « une nécessité physique de la vie humaine ».

Le travail vivant est l’acte qui se passe entre l’homme et la nature. L’homme y joue lui-même vis-à-vis de la nature le rôle d’une puissance naturelle. Les forces dont son corps est doué, bras et jambes, tête et mains, il les met en mouvement afin de s’assimiler des matières en leur donnant une forme utile à sa vie. En même temps qu’il agit par ce mouvement sur la nature extérieure et la modifie, il modifie sa propre nature et développe les facultés qui y sommeillent (Marx).

Texte d’Eric Hamraoui

 TRAVAIL VIVANT, SUBJECTIVITÉ ET COOPÉRATION : ASPECTS PHILOSOPHIQUES ET INSTITUTIONNELS

« Il est des natures […] rares qui aiment mieux périr que travailler sans joie ; des difficiles, des gens qui ne se contentent pas de peu et qu’un gain abondant ne satisfera pas s’ils ne voient pas le gain des gains dans le travail même. »
Nietzsche, Le Gai savoir, aph. 42

Le sens des concepts de « travail vivant », de « subjectivité » et de « coopération », et la manière dont ils entrent en écho et font système, ne peut être compris sans référence à la pensée de Marx (1818-1883). L’analyse de celle-ci nous apprend que le travail vivant, en tant que lieu de réalisation de praxis et d’actualisation de la subjectivité humaine, constitue le cœur événementiel de l’activité humaine. Sans son œuvre, la matière et les instruments de production demeureraient sans vie. Il est le déterminant anthropologique capable de faire resurgir en permanence la vie en eux. Le travail vivant s’oppose en ce sens au travail abstrait et au travail aliéné, signes d’un appauvrissement de la vie que favorise la coopération, fondement du système de production capitaliste en tant qu’instrument du rassemblement unitaire d’une main-d’œuvre originellement dispersée. Les modalités de cet appauvrissement de la vie varient en fonction de l’horizon qui est le nôtre : tantôt celui, despotique, de la production capitaliste, décrit par Marx, tantôt celui de l’autorité tenant à la soumission de l’Entreprise à la raison instituée par le droit, enfin, celui de la définition d’un rapport inédit de l’individu au pouvoir. Dans ces trois configurations, la vie se trouve atteinte au cœur de l’activité de travail. Seule change, d’une époque à l’autre, la nature de cette atteinte. Deux penseurs contemporains, sur l’œuvre desquels je m’appuierai, ont tenté de penser celle-ci, selon des points de vue différents, dans les différentes séquences historiques de sa manifestation. Le premier, Michel Henry (1922-2002), auteur d’une interprétation phénoménologique de la pensée économique de Marx, dénonce la barbarie contemporaine, « maladie de la vie » (Henry, 1987), énergie inemployée de ce qui nous porte vers l’accroissement de notre être. Le second, Sidi Mohammed Barkat [1], montre, d’un point de vue anthropologique et institutionnel, en quoi « la question de la vie et de la mort ne peut plus [aujourd’hui] se poser en dehors d’un questionnement sur l’organisation du travail elle-même » (Barkat, 2010c).

 I.– LE TRAVAIL VIVANT EST LE LIEU DE RÉALISATION DE LA PRAXIS ET D’ACTUALISATION DE LA SUBJECTIVITÉ HUMAINE

Dans l’analyse économique de Marx, la vie cesse d’être conçue comme totalité, âme du monde, essence fluide qui traverse tous les vivants tout en les dépassant infiniment, développée par les penseurs et les poètes de l’époque des Lumières (Herder, Goethe, Schelling, Hölderlin, Novalis et le jeune Hegel). Elle devient celle de l’individu compris comme totalité dont la puissance individuelle de travail détermine le contenu et la qualité (Henry, 1976). Elle est « travail vivant ». En quel sens précis ?

 

1° Le travail vivant est l’ « âme » de l’activité humaine

 

Dans sa Contribution à la critique de l’économie politique (1859), Marx définit le travail comme « activité utile en vue de l’appropriation des matières naturelles sous une forme ou sous une autre ». Il est, en ce sens définissable à la fois comme « condition naturelle de l’existence de l’homme » et « condition des échanges organiques entre l’homme et la nature ».

Ce processus d’appropriation des objets extérieurs en vue de la satisfaction des besoins de l’homme, autrement dit, de la production des valeurs d’usage contribuant à l’entretien et à l’accroissement de la vie, en lequel consiste le « travail vivant », constitue, selon Marx, « une nécessité physique de la vie humaine » ([1857-58] 1967). Le travail vivant entretient ainsi un « contact naturel avec les éléments matériels [les matières premières et les instruments de la production] de son existence [2] » qu’il transforme en éléments constitutifs de sa propre dynamique :

En tant qu’il est utile, qu’il est activité productive, le travail, par son simple contact avec les moyens de production, les ressuscite des morts, en fait les facteurs de son propre mouvement [3] …

Ainsi, les éléments matériels du procès de production constituent-ils, selon Marx, le « corps » dont le travail vivant est l’ « âme », capable de l’« éveille[r] d’entre les morts ». Cependant, cette « résurrection » n’est nullement l’effet d’une détermination transcendant l’objet (la matière) du procès de travail. Elle résulte, selon Marx, du processus immanent et temporellement déterminé d’« information » – ou façonnement provenant de l’intérieur – de la matière par l’activité de travail :

Le travail, dit Marx, est un feu vivant [4] qui façonne la matière, il est ce qu’il y a de périssable et de temporel en elle, c’est l’information de l’objet par le temps vivant [5].

Le travail vivant n’est ainsi nullement l’âme éthérée – et immortelle – de la production, mais son âme matérielle, que Marx compare à la flamme alimentée par une matière qui la nourrit et sur laquelle elle exerce son pouvoir de transformation et de révélation aux choses de leur nature même [6]. Il est, comme le souligne Marx ([1857-58] 1967), le foyer de conservation et d’utilisation du produit qui en est le « résultat » :

… or si les produits sont non seulement le résultat mais encore la condition d’existence du procès de travail, ce n’est qu’en les y jetant, qu’en les mettant en contact avec le travail vivant que ces résultats du travail passé peuvent être conservés et utilisés.

Cependant, source d’alimentation de l’effectuation du procès de travail, le travail vivant est lui-même praxis, en tant qu’activité humaine, matérielle et sociale de transformation conjointe de la nature extérieure et de celle du travailleur, comme lien dialectique entre l’homme et la nature.

 

2° Le travail vivant est praxis

 

Le travail vivant est, en effet, originellement praxis rendant possible le partage d’événements communs aux mondes humain et animal, ainsi que la métamorphose de l’homme lui-même en « puissance naturelle », loin de la réduction de la nature à la seule objectivité sur laquelle s’exerce le pouvoir d’un sujet :

Le travail vivant est l’ acte qui se passe entre l’homme et la nature. L’homme y joue lui-même vis-à-vis de la nature le rôle d’une puissance naturelle. Les forces dont son corps est doué, bras et jambes, tête et mains, il les met en mouvement afin de s’assimiler des matières en leur donnant une forme utile à sa vie. En même temps qu’il agit par ce mouvement sur la nature extérieure et la modifie, il modifie sa propre nature et développe les facultés qui y sommeillent (Marx [1867], 1969).

Ces facultés sommeillant dans la nature de l’homme, développées par le travail vivant, constituent « la vérité, c’est-à-dire la réalité et la puissance, l’en deçà de sa pensée » (Marx [1845-46] 1982), le lieu originel de la praxis (Henry, 1976) inaccessible à tout processus d’évaluation (Henry, 1987).

 

3° Le travail vivant est subjectivité

 

La praxis – dont le travail et le besoin constituent les deux modalités élémentaires – est aussi le nom de la vie comprise comme force productive. Sa nature est, selon Marx, d’emblée subjective. Aussi reproche-t-il au matérialisme de Feuerbach de penser la réalité exclusivement « sous la forme d’objet ou d’intuition, mais non en tant qu’activité humaine concrète, non en tant que pratique, de façon subjective [7] » (Marx [1845-46] 1982).

Toutefois, dans son œuvre économique, Marx emploie des concepts soulignant, plus nettement que celui de praxis, le trait distinctif de l’individu vivant, qui est la vie elle-même considérée dans ses dimensions subjective, active et individuelle [8]. Ces concepts sont ceux de « corps vivant », d’individu « vivant » ou « réel », de « force de travail », de « force subjective de travail », de « travail subjectif », de « subjectivité inorganique », enfin, de « travailleur », après 1847.

Concernant ce dernier aspect, Marx montre que la vie est ce qui informe de manière immanente le contenu de l’individualité. Originellement capacité de s’éprouver soi-même, la vie est, en effet, toujours déjà ipséité d’un individu, subjectivité originelle et « subjectivité monadique » [9] .

Selon Michel Henry (1976), cette subjectivité indivise, « monadique », que Marx conçoit comme « totalité [portant en elle], à titre de virtualités, une multiplicité d’activités et d’intentionnalités possibles », est définissable comme « unité subjective » des virtualités ou « puissances subjectives » (« personnelles », chez Marx), qui « lui appartiennent en propre, qui définissent son être originel et sont voulues [10] par lui, qui sont ses besoins ».

Cependant, la réalité de la division du travail, entendue comme actualisation exclusive d’une potentialité de la vie, entraîne « la non-réalisation de toutes les autres virtualités de la vie monadique, le fait qu’elles demeurent de pures virtualités » (Henry, 1976) :

La vie, pour autant qu’elle suit son cours spontané, prend la forme d’un déploiement progressif de tous ses pouvoirs, même si ce déploiement revêt nécessairement la forme d’une succession. Dans la division du travail au contraire l’actualisation d’une potentialité n’exclut pas seulement dans l’instant, mais de façon décisive et définitive, la réalisation des autres puissances de la vie, loin de les éveiller ou de les susciter.

La logique temporelle de succession des différentes phases du développement de la vie, avec les potentialités correspondantes d’affirmation de celle-ci, se trouve contredite, à travers la division du travail, par l’affirmation d’une potentialité unique de celle-ci

 II.– LE TRAVAIL ALIÉNÉ, SIGNE DE L’APPAUVRISSEMENT DE LA VIE

Cependant, la logique d’appauvrissement de la vie ici à l’œuvre s’enracine originellement dans le contrat associant ce qui relève de la force vitale et sociale de travail et le Capital. Le salarié ne développe, en effet, la première « que lorsque son travail appartient au capital », au point qu’ « elle semble être une force dont le capital est doué par nature, une force productive qui lui est immanente » (Marx [1967] 1969) !

 

1° Le principe de l’évaluation quantitative de la qualité

 

L’abstraction croissante du processus de production ne conduit pas uniquement au renforcement de l’écart qui le sépare de la réalité du travail vivant. Elle affecte directement la nature de la relation entre les deux termes dans le sens d’une interversion ou de ce que Marx qualifie de « renversement étrange du rapport entre le travail mort et le travail vivant [11] , entre la valeur et la force créatrice de valeur » (Marx [1857-58] 1967).

Ce renversement du rapport entre travail mort et travail vivant s’origine dans ce que Marx appelle, dans le premier Manuscrit de 1844, « la contradiction du travail aliéné ». Celle-ci tient précisément au fait que tout en concevant le travail en tant que subjectivité, comme « l’âme proprement dite de la production », l’économie politique n’accorde rien au travail et tout à la propriété » et, par conséquent, au salaire :

… car le salaire, dans lequel le produit, l’objet du travail, rémunère le travail lui-même, n’est qu’une conséquence nécessaire de l’aliénation du travail, et dans le salaire le travail n’apparaît pas non plus comme le but en soi, mais comme [étant] au service du salaire.

Marx ([1857-58] 1967) en conclut que « le travail vivant n’est pas payé pour la qualité qu’il possède », c’est-à-dire pour la « propriété naturelle de la force de travail de l’ouvrier » qu’il constitue, mais « pour la quantité de travail contenue en lui ». Ainsi, souligne Michel Henry (1976), concrètement déterminé par la durée nécessaire à l’exécution d’une tâche, le travail peut être soumis à une mesure objective rendant possible son expression sous la forme d’une valeur d’échange. Mais, n’est-ce pas sciemment méconnaître le fait que celle-ci ne saurait jamais subsister par elle-même, « constamment obligée, lors même qu’elle définit dans le capitalisme la nouvelle finalité économique, de se changer en son contraire, de retourner à sa source, la vie » (Henry, 1987) ?

 

2° L’éviction de la praxis

 

Au cœur de l’économie capitaliste, dit Marx ([1857-58] 1967), le travail vivant « ne croît jamais absolument sans diminuer relativement à la grandeur du capital employé et à la masse des marchandises produites ». Il est, par conséquent, menacé dans son principe même par ce que Marx appelle le phénomène d’hypertrophie du « travail matérialisé » [12], « abstrait » ou « mort » :

Dans le système capitaliste, dit Marx (Marx [1857-58] 1967), le développement n’avantage que l’un des éléments de l’activité de la société : le travail matérialisé qui devient le corps toujours plus gigantesque de l’autre élément, le travail subjectif et vivant. En effet […], les conditions objectives du travail deviennent de plus en plus autonomes en opposition au travail vivant, à mesure qu’elles prennent une plus grande extension et que la richesse sociale augmente par tranches toujours plus grandes en faisant face à l’ouvrier comme puissance étrangère et prédominante.

L’autonomisation du travail mort et sa prédominance sur le travail vivant conduit à l’éviction de la praxis subjective par le processus objectif causalement organisé et déterminé, scientifiquement construit de la révolution technique, déniant tout rôle à l’engagement du corps du travailleur [13] dans la transformation du monde. La « gigantesque puissance matérielle » qui constitue le « corps objectif de l’activité » s’exerce ainsi en opposition à la « force de travail immédiate » de l’ouvrier. Opposition pensable en tant que produit de la coopération, laquelle est, selon Marx ([1867]1969), à la fois moyen d’une augmentation conjointe des forces productives individuelles et d’une force nouvelle fonctionnant exclusivement comme force collective.

 III.– LA COOPÉRATION, FONDEMENT DU SYSTÈME DE PRODUCTION CAPITALISTE [14]

La coopération est définie par Marx (ibid.) en tant que mode de transformation du travail isolé en travail social historiquement incarné par le mode de production capitaliste. Elle est simultanément agent d’accélération de l’évolution du travail industriel et de démultiplication de la puissance de travail individuel. Coopérer signifie, en effet, devenir un « travailleur collectif » doué d’un corps métamorphique, ayant « des yeux et des mains par devant et par derrière » (Marx, ibid.). Coopérer permet de même d’obtenir l’achèvement simultané dans le temps de parties de l’objet produit séparés par l’espace. La coopération est, enfin, moyen d’œuvrer efficacement dans les moments critiques [15]. La coopération a ainsi pour résultat l’emploi simultané d’un grand nombre de journées combinées. Toutefois, ajoute Marx (ibid.), la socialisation du travail, en laquelle consiste la coopération, n’augmente les forces productives de celui-ci qu’afin de l’exploiter avec plus de profit

 

1° La coopération repose sur la libre vente de la force de travail

 

Tandis que le recours épisodique à la coopération sur une vaste échelle était autrefois fondé sur des rapports immédiats de domination et de servitude, la forme capitaliste de la production « présuppose au contraire le travailleur libre, vendeur de sa force [de travail] » (Marx, ibid.). Cette liberté est toutefois relative :

Aux débuts du capital, son commandement sur le travail a un caractère purement formel et presque accidentel. L’ouvrier ne travaille alors sous les ordres du capital que parce qu’il lui a vendu sa force ; il ne travaille pour lui que parce qu’il n’a pas les moyens matériels pour travailler à son propre compte. Mais dès qu’il y a coopération entre des ouvriers salariés, le commandement du capital se développe comme une nécessité pour l’exécution du travail, comme une condition réelle de production.

Une direction est nécessaire pour la mise en harmonie des activités individuelles lorsque l’activité de travail se déploie sur une grande échelle. Cette direction, dit Marx, « doit remplir les fonctions générales qui tirent leur origine de la différence existante entre le mouvement d’ensemble du corps productif et les mouvements individuels des membres indépendants dont il se compose ». Ainsi s’explique la nécessité d’une « fonction de direction, de surveillance et de médiation » – comparée par Marx à celle d’un chef d’orchestre – pour toute activité de type coopératif.

 

2° La coopération est la dimension collective du travail aliéné

 

À mesure qu’augmente la part de travail matérialisé, autrement dit, avec « l’importance [accrue] des moyens de production qui font face au travailleur comme propriété étrangère », croît, de manière corrélative, « la nécessité d’un contrôle, d’une vérification de [l’] emploi de [ces moyens] d’une manière convenable ». Aussi, la coopération confère-t-elle une dimension collective au travail aliéné des salariés dont l’unité d’action coopérative n’est que l’effet de la direction capitaliste :

La coopération d’ouvriers salariés n’est qu’un simple effet du capital qui les occupe simultanément. Le lien entre leurs fonctions individuelles et leur unité comme corps productif se trouve en dehors d’eux dans le capital qui les réunit et les retient. L’enchaînement de leurs travaux leur apparaît idéalement comme le plan du capitaliste et l’unité de leur corps collectif leur apparaît pratiquement comme son autorité, la puissance d’une volonté étrangère qui soumet leurs actes à son but.

Marx en conclut à l’existence d’une « double face » du système de production capitaliste dans la mesure où l’objet qu’il s’agit de diriger est à la fois procès de production coopératif et procès d’extraction de la plus-value. Ainsi s’explique, selon Marx, non seulement la tendance despotique de la direction capitaliste du travail, mais encore le développement des formes particulières de ce despotisme à mesure que se développe la coopération.

 

3° La coopération est au service d’une extraction maximale de la plus-value

 

Tout en ayant pour objet la direction du procès de production coopératif, la production capitaliste a, en effet, pour « aiguillon puissant […] la nécessité de faire valoir le capital [et], dit Marx, son but déterminant [est] la plus grande extraction possible de plus-value, ou ce qui revient au même, la plus grande exploitation possible de la force de travail » ! D’où, selon Marx, le « despotisme » de la direction capitaliste de la production, comparable à celui du commandement d’une armée :

Sur le champ de la production, les ordres du capital deviennent dès lors aussi indispensables que le sont ceux du général sur le champ de bataille. […] Le capitaliste commence par se dispenser du travail manuel. Puis, quand son capital grandit et avec lui la force collective qu’il exploite, il se démet de sa fonction de surveillance immédiate et assidue des ouvriers et la transfère à une espèce particulière de salariés. Dès qu’il se trouve à la tête d’une armée industrielle, il lui faut des officiers supérieurs (directeurs, gérants) et des officiers inférieurs (surveillants, inspecteurs, contremaîtres), qui, pendant le procès de travail, commandent au nom du capital.

La fonction de direction et de surveillance des ouvriers par le capitaliste, puis par ses délégués, dérive ainsi de la nature même du procès de travail coopératif où la fonction de commandement, loin de valoir en elle-même, n’est que « l’attribut du capital » [16]. Il en va de même pour la force de travail productive « que les salariés déploient en fonctionnant comme travailleur collectif » :

Comme personnes indépendantes, les ouvriers sont des individus isolés qui entrent en rapport avec le même capital mais non entre eux. Leur coopération ne commence que dans le procès de travail ; mais là ils ont déjà cessé de s’appartenir. Dès qu’ils y entrent, ils sont incorporés au capital. En tant qu’ils coopèrent, qu’ils forment les membres d’un organisme actif, ils ne sont même qu’un mode particulier d’existence du capital. La force productive que des salariés déploient en fonctionnant comme travailleur collectif est, par conséquent, force productive du capital.

Mais, la logique de la plus grande extraction de plus-value caractérisant le système de production capitaliste, à laquelle se trouve soumise une masse croissante d’ouvriers exploités suscite en retour une résistance. Dans le même temps augmente la pression nécessaire pour vaincre cette résistance. Ainsi s’explique, selon Marx, l’inévitable antagonisme entre « l’exploiteur et la matière [17] qu’il exploite », ancrage de la lutte des classes.

 

4° La vie exploitée

 

Le double enseignement à tirer de la lecture de Marx est, selon Michel Henry (1990), d’une part, la compréhension de la mainmise sur la vie en tant que trait caractéristique du capitalisme, d’autre part, la nature révolutionnaire singulière et unique dans l’histoire de ce phénomène de captation de la vie :

Le capitalisme, dit Michel Henry, ne s’est pas trompé : il a mis le doigt sur ce qui lui importe, sur la seule force qui existe au monde et qui est la force de la vie, la force de travail vivante. Faire fond sur celle-ci, la mettre en œuvre, la placer dans la condition de donner tout ce qu’elle peut donner, d’accomplir tout ce qu’elle peut accomplir, l’« exploiter » jusqu’au bout, ce fut son comportement instinctif aussi bien que sa décision consciente. Et parce qu’il exécuta ce projet qui, s’appuyant sur l’essence cachée de la réalité, sur la force vive qui produit toute chose et, avant même de lui conférer sa « forme », détient le pouvoir qui la fait être – pour cette raison ultime, à la fois métaphysique et ontologique, le capitalisme suscita une révolution, la plus grande de celle que connut l’humanité à travers son histoire ou, pour mieux dire, la seule.

L’idée développée par Marx d’un vampirisme du Capital aspirant la force de la vie pour se nourrir d’elle, suçant avec une avidité sans bornes le sang du travail vivant, « arrachant à la vie les matières premières et les instruments auxquels elle adhérait de tout son être » (Henry, 1990), ne vaut pas ici en tant que simple métaphore. Elle exprime, en effet, la réalité de l’orientation du système de production capitaliste vers l’exploitation absolue de la vie. La révolution capitaliste n’est donc, selon Michel Henry (ibid.), nullement simple révolution économique :

Une révolution économique n’est jamais que partielle, elle laisse subsister un certain soubassement qui demeure inchangé, à savoir la réalité économique elle-même. Le capitalisme fut une révolution totale [18] parce que justement il ne voulut rien changer à cette sphère de l’économie mais, comprenant qu’elle repose sur un fondement plus profond, il se tourna délibérément vers celui-ci, s’adressant à lui comme à cette unique puissance qui produit tout et sur laquelle, l’exaltant et la portant à son comble, il allait établir son règne.

Ainsi peut-on poser la question de la détermination du type de révolution apte à permettre la construction d’une issue pour la vie, à opposer au phénomène total de la révolution capitaliste dont le fondement est l’exploitation de la vie elle-même. Toute puissance adverse, ne risque-t-elle pas, si elle ne provient pas de la vie et des nécessités de son ménagement, de se donner d’emblée à voir comme mouvement « contre-révolutionnaire » – y compris au sens le plus paradoxal du terme ? Une difficulté semblable se rencontre au niveau de la production de la critique. Ainsi, pour citer un exemple emprunté à l’actualité, le référent vital de la notion de « ressources humaines » [19] rend-il malaisée la critique de celle-ci, en dépit de ses ambiguïtés. En effet, tout en signifiant la réduction du travailleur à un instrument de production [20], indice de la confusion de l’activité de travail avec la mise en œuvre d’une énergie conçue comme simple ressource (Barkat, 2010b), le concept de « ressources humaines » fait simultanément écho à l’idée d’une « remise debout » d’un individu et de « résurrection » d’une énergie moribonde, à laquelle renvoie étymologiquement le mot « ressource » [21]. D’où une proximité de sens avec le concept de travail vivant, défini par Marx ([1857-58], 1967) comme agent d’une « résurrection » des moyens de production qu’il transforme en facteurs de son propre mouvement à travers le contact qu’il entretient avec eux. La ressource humaine aujourd’hui sollicitée par le management n’est ainsi autre que le travail vivant, rendu disponible, en tant que force de travail, au moyen « d’un [arrachement] à la vie des matières premières et des instruments auxquels elle adhérait de tout son être » (Henry, 1990). L’introduction du concept de ressource humaine procéderait ainsi en réalité de la logique de régression des modes d’accomplissement de la vie et du non emploi de l’énergie de celle-ci au service de son entretien et de son accroissement, constitutives, selon Michel Henry (1987), de la Barbarie contemporaine. Cette barbarie est-elle à entendre comme ruine de la vie ou, ainsi que le suggère l’analyse des déterminants anthropologiques et institutionnels contemporains de l’organisation de la production, en tant que contention de celle-ci, voire comme organisation de son épuisement ?

 IV.– DE LA CONTENTION DE LA VIE À L’ORGANISATION DE SON ÉPUISEMENT

Le passage de l’horizon du despotisme de la production capitaliste caractérisant le système industriel du XIXe siècle, à l’horizon de l’autorité, dans le contexte de l’Organisation scientifique du travail, marque un tournant. Ce changement de perspective a permis, sans toutefois rompre avec la logique de disposition de la vie à côté du travail, et non en son creux, la transformation de la coopération, œuvre originelle de la concentration du Capital, en expérience collective de subjectivation (Barkat, 2010b). Cette expérience est, selon Sidi Mohammed Barkat, précisément pensable en termes de « processus à travers lequel un être en commun – un être collectif – se constitue de manière autonome dans le même temps qu’il participe de l’entreprise à travers un mouvement qui contraint la direction à se déprendre de ses seuls intérêts propres, puis, présentée sous la forme d’un résultat ou d’un acquis de ce processus, comme la vie qui s’identifie à la jouissance du monde » (ibid.). Le rapport de travail ayant cessé d’être évalué à l’aune de la raison, depuis le début des années 1980, « l’exploitation consentie du travail déborde aujourd’hui sur la personne » (Barkat, 2010c), non sans conséquences dramatiques (pathologies de surcharge, suicides, etc.).

 

1° La vie contenue

 

Le temps de la seule exploitation de la vie, propre au système industriel décrit par Marx, fut suivi par celui de la contention de celle-ci, caractérisant le mode de production tayloriste caractérisé par l’accueil de l’autorité empêchant le pouvoir de l’Entreprise de se réaliser comme tyrannie (Barkat, 2010b) :

…dans le cadre du taylorisme, dit Sidi Mohammed Barkat (ibid.), l’entreprise entre dans un processus de décentrement de soi à partir duquel on peut reconnaître sa soumission à l’ordre de la raison instituée par le droit. C’est à ce titre que ses décisions, bien qu’elles émanent d’une instance de pouvoir, sont assimilables à celles d’une instance d’autorité.

La référence de l’entreprise taylorienne aux dispositifs institutionnels l’empêcha d’exercer son pouvoir de façon arbitraire et d’exiger la consumation de l’existence de ceux qui y travaillent :

En effet, observe Sidi Mohammed Barkat (ibid.), l’existence ne s’y consume pas purement et simplement, au point d’abolir la force humaine qui permet la reconduction du système. Ainsi peut-on dire de la vie, sous ses deux formes de constitution d’un être en commun dans l’entreprise et de jouissance d’un temps libre en dehors de l’entreprise, qu’elle est cela même qui s’impose et rend l’exercice de l’autorité acceptable, voire désirable. Défiance et soumission caractérisent dans le même temps la situation, et sa reproduction. L’équilibre entre l’usage que l’entreprise fait du travail et une telle modalité d’actualisation de la vie s’établit selon cette économie dans laquelle la dimension subjective occupe une place essentielle. Il s’établit à partir de la mesure de la relation entre eux rendue possible par l’utilisation du temps comme critère objectif d’évaluation, dès lors que le principe de raison limite l’entreprise dans ses prétentions à la demande sans restriction.

Le dispositif taylorien se donne ainsi à voir sous les dehors d’une « balance équitable » (Barkat, ibid.) entre temps de travail – « présenté sous les apparences banales d’une activité non pas privée de vie mais vide de vie [22], et d’une manière générale de tout événement » (ibid.) [23] – et temps de vie en dehors du travail, « promis » par l’organisation en échange de l’offrande et du sacrifice à son profit d’une part du temps vivant de l’individu. Dans le cadre de cette « théologie de la promesse » (ibid.), « la vie est conçue d’abord et avant tout comme l’avenir du travail, sans le travail » où ressuscite en quelque sorte ce qui a été tué au cœur de ce qui dans le travail excède la tâche (ibid.). L’utopie marxienne de construction d’un lieu où l’ouvrier puisse développer « une libre activité physique et intellectuelle » et « se sent[ir] lui-même » (Marx [1844] 1999), y semble en partie réalisée. Cette réalisation possible de la vie en dehors du travail – en vertu d’une procédure consistant « à économiser la part active, créative, excessive et immanente du travail » (Barkat, 2010b) – s’apparente toutefois « à une sorte de privilège auquel seuls peuvent accéder les membres de la communauté qui s’abandonnent à la règle » (ibid.), acquiescant à l’idée de pouvoir être assimilés à un pur et simple exécutant de la production acceptant le principe d’une séparation volontaire du corps et de la pensée. Or, cette pression exercée par le sujet sur la pensée constitue, selon Sidi Mohammed Barkat, l’agent principal de la division scientifique du travail.

 

2° L’organisation de l’épuisement de la vie

 

Le principe de la nouvelle organisation du travail, mis en place il y a un peu plus de trente ans, alors que l’État abandonnait peu à peu ses fonctions de régulation de la dissymétrie entre l’employeur et l’employé, repose, selon Sidi Mohammed Barkat (2010d), sur le principe d’une restitution de l’usage de son corps au travailleur, mais sans rétablissement de la continuité de la personne et du corps :

Cette restitution n’en est en fait pas une. Elle s’apparente davantage à un transfert de prisonniers. D’abord arraché à la personne – dans l’ancien rapport de travail –, le corps lui est rendu en tant qu’objet disponible d’une jouissance totale, mais nullement à son profit. En effet, être propriétaire de son corps ne signifie pas créer une continuité entre son corps et sa personne.

La restitution de la souveraineté du travailleur sur son corps demeure ainsi factice. Celui-ci demeure en réalité séparé de son corps sur lequel il exerce un pouvoir despotique :

Le corps, dit Sidi Mohammed Barkat (2010d), est devenu l’objet à découvert d’une exploitation indéfinie et non zone d’activité pouvant accueillir l’actualisation de la vie. Aucun de ses éléments ne peut échapper à la personne transformée en instance de pouvoir. Il est rendu disponible en tout lieu et en tout temps. Il reste le mien, mais non selon la modalité de la propriété – mais de l’extériorité.

Cette redéfinition du rapport de l’individu au pouvoir (Barkat, 2006, 2010c), opérée par la nouvelle organisation du travail, principalement à travers la mise en place du système de l’évaluation individualisée de la performance (Barkat, 2008), bouleverse en profondeur les données du rapport de l’individu à lui-même :

…l’évaluation n’est pas, selon Sidi Mohammed Barkat (ibid.) un accident de l’histoire du travail [mais] le symptôme d’une manière de faire, d’un découpage du sensible lié à la promotion exclusive de la production, laquelle en tant que système va à l’encontre de la vie qui se manifeste dans le travail.

Dans la mesure où elle crée une division à l’intérieur du travailleur, l’évaluation transforme celui-ci en employeur – autonome – de lui-même. En dépit des apparences, le vieux conflit entre l’exploiteur et la force vivante de travail n’a pas pour autant disparu. Le conflit entre le Capital – à présent sous forme de capital financier – et le travail a été transféré dans l’individu (v. Barkat, 2010a, c et d). Mouvement qui paraît aujourd’hui difficilement réversible en raison de la disqualification « de la pensée autour de l’impulsion profonde du Capital, qui le pousse à aller au-delà de ce que peut consentir la raison en matière d’exploitation du travail » (Barkat, 2010c). Cela au moyen de la mise en œuvre d’artifices institutionnels destinés à voiler la réalité de l’atteinte au principe de ménagement des corps, ainsi qu’à la fonction étatique qui est censée garantir ce même principe :

On renforce, dit Sidi Mohammed Barkat (ibid.) l’idée illusoire que l’égalité de l’employeur et du travailleur est naturelle, lorsqu’elle ne peut être qu’une conquête entérinée par le droit. […] L’identification du travailleur à l’entreprise laisse la place à son assimilation à l’employeur. De sorte que le pouvoir sur le travail, anciennement dévolu à ce dernier, est désormais délégué au travailleur selon une perspective oublieuse de toute limite instituée. Le travailleur est placé dans la situation de devoir s’habiller entièrement de la figure d’un employeur délié des contraintes de la loi. Il n’agirait pas comme s’il était l’employeur, mais bien en tant qu’employeur de lui-même, libéré de toute convention formalisée par le droit.

Le déséquilibre et la disproportion définissant la nature des rapports entre l’employeur et l’employé cesse ainsi, dans l’intimité du soi, de pouvoir être corrigé par l’arbitrage du droit. Ainsi rendu imperceptible, le conflit social n’en demeure pas moins réel, impitoyable (Barkat, 2011) et épuisant pour la vie :

Notre époque, dit Sidi Mohammed Barkat (2010c), plus que toute autre, est certainement celle où l’épuisement de la vie dans le travail est organisée avec la méticulosité de l’orfèvre. L’habileté est devenue la première des qualités de l’organisateur inflexible de cet affaissement des forces. Il s’agit, pour lui, de façonner les choses en les masquant, de les monter pour une représentation qui rende improbable aux yeux de l’observateur l’implication d’un autre que le travailleur lui-même dans sa désolation.

Cette désolation du travailleur est interprétée par les organisateurs de la production comme signe d’un manque de vitalité exprimée à travers l’engagement total dans le procès de production. Mais cet engagement n’est-il pas fuite en avant (Barkat & Hamraoui, 2007) ? L’animation des corps et le déploiement d’énergie qu’il suscite sont-ils encore la vie (Barkat, 2008) ? Ce double questionnement suggère l’idée que la vie n’est plus aujourd’hui seulement déniée du fait de son exploitation (Marx [24]) ou de l’interdiction de ses manifestations les plus intempestives (rêves, création d’outils, invention de gestes professionnels, etc.) chez l’exécutant de la production dans les systèmes tayloriste et fordiste. Elle l’est selon un schéma dans lequel elle se trouve sollicitée jusqu’à n’en plus pouvoir (Barkat, 2010c) ! La vie est, dans le nouveau contexte coopératif de l’Entreprise né des contraintes de la financiarisation de l’économie, vie empêchée de s’éprouver, épuisement du travail vivant – en tant que manifestation de la force productive de la vie –, au profit de « la mise en avant de la fiction [d’un] sujet [25] participant au refoulement de ce qui dans le corps se rend capable de création ou d’invention » (Barkat, 2008).

Éric Hamraoui [26]


 BIBLIOGRAPHIE

  • Barkat, S.M. (2011). « Suicide et guerre économique », Pratiques. Les cahiers de la médecine utopique, 53, p. 14-15.
  • Barkat, S.M. (2010a). « La lucha de classes se ha trasladado al interior de cada trabajador » (interview de J.-M. Marti), El Païs, 26 janvier.
  • Barkat, S.M. (2010b). « L’autorité et le travail. Les enjeux de la limite et de l’excès », in Pouvoir d’agir et autorité dans le travail (collection Le travail en débats – série séminaire Paris 1, juin 2008), coordonné par F. Hubault, Toulouse, Octarès, p. 3-13.
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  • Barkat, S.M. (2008). « L’évaluation, le travail et la vie », in Évaluation du travail, travail d’évaluation (collection Le travail en débats – série séminaire Paris 1, juin 2007), coordonné par F. Hubault, Toulouse, Octarès, p. 3-12.
  • Barkat, S.M. (2006). « Risques, institutions et politique / Cadre politique de la problématique du risque », in Sécurité au travail et sécuritarisme. Approche clinique et philosophique (convention de recherche CNAM-ANR : rapport coordonné par C. Dejours et E. Hamraoui, p. 288-321.
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  • Bouchez, J.-P. ([1999] 2003). « La gestion des R.H. : histoire et perspectives, de l’ère industrielle à l’ère de la mondialisation », in Ressources humaines, sous la direction de D. Weiss, Paris, Éditions de l’organisation, ch. 1.
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  • Marx, K. ([1859] 1972). Contribution à la critique de l’économie politique (Zur Kritik der politischen Ökonomie), Paris, Éditions sociales.
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  • Rey, A. (2005). Dictionnaire culturel en langue française, Paris, Éditions Le Robert.
  • Schwartz, Y. (2000). Le paradigme ergologique ou un métier de Philosophe, Toulouse, Octarès Éditions (coll. « Travail et Activité humaine »).

Notes

[1] Auteur dont le travail repose sur le traitement de la triple question du travail, de ses migrations et de la colonisation (v. Barkat, 2005), comprise comme laboratoire d’expérimentation institutionnelle de la mise en œuvre, par l’État de droit, d’une nouvelle figure de la mort ne passant plus par la destruction des corps mais par l’éviction de ce qui en eux est vie.

[2] Le travail vivant et les éléments matériels que sont les instruments de production et les matières premières constituent, selon Marx, les deux moments du procès de production, lui-même fondement de l’économie.

[3] Ainsi, « le travail objectivé cesse[-t-il] d’être mort dans la matière en tant que forme extérieure et indifférente, lorsqu’il devient un élément du travail vivant » (Marx, [1857-58] 1967).

[4] Je souligne.

[5] Ibid.

[6] Sous l’action du travail vivant, commente ici Michel Henry (1990), les choses se découvrent être « des matières pour être informées par sa force vivifiante, des instruments de cette force, ses “ prolongements ” déjà façonnés, eux aussi, et in-formés par elle. Tenus par la vie comme ce qu’elle retient dans l’être, comme son corrélat et son prolongement, matières premières et instruments lui appartiennent dans le principe ».

[7] Je souligne.

[8] Ce caractère individuel de la vie explique que l’individu vivant soit la forme exclusive de l’actualisation de celle-ci. Actualisation qui obéit à une loi de réitération indéfinie, inscrivant la multiplicité au cœur de l’individualité (« L’individu n’a de vérité qu’en tant qu’il est beaucoup d’individus », dit ainsi Marx dans sa Critique de la philosophie de l’État de Hegel, 1841-1842).

[9] De monas, monados, unité, ce qui subsiste dans l’intégrité de sa nature (Platon, Philèbe, 15 b).

[10] Ce vouloir, dit Michel Henry (1976) « veut » ce que veut cette vie. Il diffère ainsi de la volonté auto-légiférante qui décide elle-même ce qu’elle veut – la « volonté générale indépendante en soi » – et de la volonté métaphysique, source absolue des déterminations qu’elle pose.

[11] Je souligne.

[12] Ou ensemble des moyens mécaniques produits par le travail.

[13] Engagement que Michel Henry (1976, 1987) nomme « corpspropriation ».

[14] En tant que forme propre ou mode fondamental de la production capitaliste, la coopération capitaliste ne constitue pas une forme particulière de la coopération.

[15] « La brièveté du temps disponible, dit ici Marx, est compensée par la masse du travail jeté au moment décisif sur le champ de production. »

[16] « Le capitaliste n’est point capitaliste parce qu’il est directeur industriel ; il devient au contraire chef d’industrie parce qu’il est capitaliste » (Marx [1867] 1969).

[17] La force vivante de travail.

[18] Je souligne.

[19] Apparue en 1980 (Rey, 2005), cette notion désigne une fonction reliée, au sein de l’Entreprise, aux fonctions de Maintenance, d’Information et de Finance assistant de près les fonctions opérationnelles (Vente, Production, Logistique, Achat, Recherche et Développement). D’où le caractère stratégique de cette fonction contribuant à accroître, par ses prises de position, ses actions et ses décisions, la compétitivité globale de l’organisation et la flexibilité du travail (Bouchez, 2003).

[20] Cela, comme peuvent le laisser supposer les effets délétères du management moderne, ainsi que la concomitance de l’attribution au terme « ressource » de la signification de « moyens matériels (hommes, réserves d’énergie, etc.) dont dispose ou peut disposer une structure collective (Rey, 2005), à la fin du XVIIIe siècle, et de l’affirmation, à la même époque, du primat de la raison instrumentale (Chenet, 1997).

[21] Le mot ressource est issu de l’ancien verbe, ressourdre (980-XIIIe siècle), « ressusciter », lui-même issu du verbe latin, resurgere (de re- et surgere : sourdre, surgir) (Rey, 2005), suggérant l’idée d’événement.

[22] Ou, plus exactement, vidée de la vie qu’elle contient toujours (Barkat & Hamraoui, 2008 et 2010).

[23] D’où la production des conditions d

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4000 EMPLOIS EN DEPENDENT. LA SNCM ET LA CMN GAGNENT UNE NOUVELLE MANCHE DANS L'AFFAIRE DE LA DSP CORSE

Publié le par Tourtaux

La SNCM et la CMN gagnent une nouvelle manche

dans l’affaire de la DSP corse 

 

jeudi 19 juillet 2012
 

Le Conseil d’Etat a jugé légale, le 13 juillet 2012, la délégation de service public (DSP) dont bénéficient la Compagnie méridionale de navigation (CMN) et la Société nationale Corse Méditerranée (SNCM) pour la desserte maritime de la Corse depuis Marseille.

Ce rebondissement remet une nouvelle fois au cœur du débat la concurrence féroce qui se joue entre la compagnie Corsica Ferries, à l’origine de la procédure et les deux françaises opérant sous DSP. L’italienne, qui relie la Corse depuis Toulon et Nice, mais pas depuis Marseille, a contesté la nécessité de la délégation de service public, considérant que les compensations attribuées aux compagnies par la CTC d’une part, n’avaient pas lieu d’être en saison estivale et d’autre part, tombaient sous le régime européen des aides d’état.

Validée par les tribunaux d’un côté, puis annulée de l’autre, la DSP retrouve aujourd’hui sa légitimité avec la décision du Conseil d’État qui se décline en deux points principaux : d’une part, le droit européen ne s’oppose pas à la conclusion d’une délégation de service public annuelle. D’autre part, la clause qui envisageait d’éventuels financements additionnels en cas de modification de l’équilibre du contrat, ne peut pas être qualifiée d’aide d’État. Si cette clause était engagée, la Commission Européenne devrait être préalablement saisie pour évaluer le cas et rendre sa propre décision.

Sauf que Bruxelles planche déjà sur la question : une enquête a été ouverte le 27 juin 2012, après que la Commission a formulé des doutes « sur la nécessité et la proportionnalité de l’obligation de service public ainsi que sur le mécanisme de compensation ». Ses conclusions ne tomberont pas avant plusieurs mois.
Corsica Ferries ne désarme pas

La SNCM s’est félicitée de voir lever « les graves menaces qui pesaient injustement et à très court terme sur un très grand nombre de salariés de la compagnie ». Selon l’armateur marseillais, il s’agit d’une « réponse cinglante à l’acharnement procédurier de Corsica Ferries qui ne s’appuie pas sur le droit mais sur une volonté partisane d’imposer son modèle en niant la possibilité de réguler et d’organiser pour garantir l’intérêt général ».

Refusant de "désarmer", Corsica Ferries note que "cette demande du Conseil d’État de définir le service public ligne par ligne risque de fragiliser toute la DSP, y compris le service de base, et en toute hypothèse rend inenvisageable l’extension de cette DSP au port de Toulon." Selon Pierre Mattei, directeur général de la compagnie, "l’arrêt du Conseil d’État, et c’est son rôle, ne porte que sur des questions de droit et ne valide en rien les éléments que nous continuons à penser illégaux dans la DSP en cours. Nous restons donc actifs dans ce débat. La DSP actuelle va se poursuivre jusqu’à son terme, fin 2013. Cependant, ces éléments nouveaux peuvent nourrir la réflexion (l’avis de l’Autorité de la Concurrence de février 2012 et l’ouverture d’une enquête par la Commission Européenne), et faire en sorte que la nouvelle DSP soit sécurisée d’un point de vue juridique."

Caroline Garcia Econostrum 13 07 2012Une question d’intérêt général

Rappelons que dans cette affaire ce sont 4000 emplois qui sont en jeu et que, comme dans l’aérien, on est devant des compagnies low coast qui sans scrupules pompent l’argent public, exploitent les salarié-e-s, se moquent du service public puisqu’elles n’assurent aucune continuité de celui-ci à des périodes qui leur semblent non rentables. En plus en ce qui concerne Corsica Ferries elle voulait par son action mettre en cause le service public existant !!

On comprend sans peine Frédéric Alpozzo, responsable CGT de la SNCM qui parle d’ « une victoire de l’intérêt général et du service public. Cela fait partie de notre combat pour maintenir la présence des car-ferries jusqu’en 2014 pour ne pas renforcer la concurrence déloyale de Corsica Ferries ».

 

http://www.rougemidi.org/spip.php?article7063

 

Publié dans Lutte des classes

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