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PHILIPPE CORDAT, SECRETAIRE GENERAL DE L'UNION REGIONALE CGT REGION CENTRE: CE N'EST PAS DE " DIALOGUE SOCIAL " DONT LES SALARIES ONT BESOIN, MAIS DE NEGOCIATIONS SUR LEURS PROPRES REVENDICATIONS !

Publié le par Tourtaux

 

Dimanche 7 octobre 2012

Interview de Philippe CORDAT secrétaire général de l’Union régionale CGT de la région Centre (qui regroupe 6 départements : le Cher, l’Eure-et-Loir, l’Indre, l’Indre et Loire, le Loire et Cher et le Loiret).dans Bastille République Nations (BRN) mensuel daté du 17 septembre 2012

 

Le « sommet » de la CGT rallié à l’Europe ?

Un dirigeant régional analyse l’état des lieux.

 

Philippe Cordat donne ici son analyse de la situation économique et sociale, de ses causes européennes, et des enjeux pour la centrale syndicale.

 

 

BRN : A travers vos responsabilités, comment évaluez-vous aujourd’hui l’intégration européenne ?

 

Philippe CORDAT :

Il faut remettre celle-ci en perspective : l’Union européenne est née de la Communauté du charbon et de l’acier des années 1950, a promu le libre-échange, puis la libre-circulation des capitaux et des marchandises. L’Union économique d’aujourd’hui sert les intérêts qui l’ont mises sur les rails des l’origine : ceux du capital. Elle apparaît comme un véritable carcan qui étend sa mainmise sur tout, de la production agricole et agro-alimentaire jusqu’à la défense, en passant par l’eau, l’énergie… Bref, tout ce qui structure les activités des pays, et la vie même de ses habitants.

 

BRN : Mais ses partisans invoquent la nécessité de coopérations …

 

Philippe CORDAT :

Ladite « construction européenne » est aux antipodes de véritables coopérations. Sa raison d’être a pour noms : restructurations, privatisations, remise en cause du fondement des protections sociales. En France, la Sécurité sociale est une conquête largement issue du programme du Conseil National de la résistance qui a soustrait une part de la rémunération du travail à l’emprise du capital. Le patronat s’est organisé au niveau européen pour dicter sa loi, et remettre en cause ces acquis.

 

BRN : Y a-t-il des conséquences particulièrement visibles dans votre région ?

 

Philippe CORDAT :

La région Centre est notamment caractérisée par un poids important des implantations militaires et des industries de défense, elle est par exemple la première région productrice de munitions.

Nous avons donc subi de plein fouet la transformation de ce qui était l’établissement public GIAT SA, puis en la société de droit privé Nexter. Les conséquences sont lourdes sur l’emploi, de même qu’en termes de droits et de statut  des salariés. Et nous sommes en pleine restructuration de la production d’armements suivant une logique et un partage européens, avec l’arrivée de groupes privés, tels que Thalès et Dassault.

 

BRN : Une logique européenne, c’est-à-dire ?

 

Philippe CORDAT :

L’objectif de défense nationale a été supplanté par une ambition de défense européenne sous l’égide de l’OTAN. En fait de « défense », on devrait plutôt parler de projection aux quatre coins du monde, comme le montre la multiplication des missions « civilo-militaires » de l’UE ; et de « business » des armes pour maximiser les profits. Pour une région, cela signifie morcellement des productions jusquà la liquidation et au bradage de celles-ci selon des répartitions et arrangements au niveau européen, dont les sites de Bourges et de Salbris (ce dernier aujourd’hui liquidé) ont particulièrement fait les frais.

 

BRN : Comment évaluez-vous l’état d’esprit populaire sur ces enjeux ?

 

Philippe CORDAT :

Quand on est un syndicaliste CGT, on se doit d’adopter un point de vue « de classe » et de raisonner à partir des intérêts du salariat : ce qui nous importe au premier chef, c’est la réaction des ouvriers, employés, techniciens, cadres (en activité, en retraite, ou privés d’emploi). Lors des dernières élections, force est de constater que le vote des salariés s’est éparpillé comme jamais auparavant. Je pense que le rejet de l’Union européenne a été un des facteurs déterminants à cet égard, même s’il s’est traduit de manière confuse. Rappelons que les salariés avaient voté majoritairement contre le traité de Maëstricht en 1992, finalement adopté de justesse ; et que le NON massif du monde du travail au traité constitutionnel (TCE) a été déterminant dans le rejet de celui de 2005.

 

BRN : C’est la colère qui s’était ainsi manifestée ?

 

Philippe CORDAT :

C’est d’abord l’expérience. J’ai évoqué la protection sociale, mais il faut aussi citer les services publics, la recherche… La colère, elle, s’exprime le plus brutalement dans le secteur agricole, parmi les petits exploitants littéralement étranglés.

 

BRN : Sentez-vous que les salariés fassent le lien direct entre les attaques qu’ils subissent, et l’emprise de Bruxelles ?

 

Philippe CORDAT :

C’est souvent plus diffus, sauf pour ceux qui vivent directement les liquidations et fermetures. Là, nos syndicats d’entreprise soulignent les responsabilités- et sont souvent bien seuls : les autres organisations syndicales, dans les cas cités, ont fréquemment participé aux restructurations.

 

BRN : L’UE pousse aussi aux délocalisations…

 

Philippe CORDAT :

C’est le cas dans le secteur automobile, très présent également dans nos départements via les grands équipementiers. Ces derniers –tel Faurecia- contraignent nombre de sous-traitants à délocaliser leurs unités de production, en particulier vers l’Est de l’UE (Pologne, Tchéquie …).

Bruxelles verse ensuite des fonds, de même que les collectivités locales, pour financer les « cellules de reclassement », les « programmes de sécurisation » et les « plans sociaux » ! Cependant, ces délocalisations européennes semblent bien inaccessibles au niveau d’un syndicat d’entreprise, et provoquent souvent un sentiment d’impuissance.

 

BRN : En 1992, la direction confédérale de la CGT s’engageait résolument pour le NON à Maëstricht. En 2005, elle a tenté de maintenir la centrale dans un prudent retrait, avant que le Comité confédéral national (CCN) se prononce finalement pour le rejet du traité constitutionnel européen (TCE). Comment expliquer cette évolution spectaculaire ?

 

Philippe CORDAT :

Il faut tout d’abord se garder de considérer que la CGT est homogène. Dans sa longue histoire, elle a connu en son sein des courants divers – pour faire court : un courant «  révolutionnaire » et un courant « réformiste ». Ainsi, pour prendre un exemple vieux d’un siècle, la direction de la confédération s’était rangée, en 1914, du côté des bellicistes en appelant à l’ « union sacrée ». Cela s’est probablement fait à contre-courant du sentiment majoritaire des adhérents. La composition des directions est un facteur déterminant dans les affrontements entre les courants que j’ai citées.

 

BRN : Mais au moment du referendum sur le traité de Maëstricht …

 

Philippe CORDAT :

… Le bureau confédéral était largement acquis à la nécessité de lutter contre cette menace pour le pays et pour le monde du travail. Et la CGT a dû ainsi jouer un rôle important. Mais cela ne signifie pas que les dirigeants étaient unanimes. Ceux qui étaient porteurs d’une ligne « réformiste » faisaient déjà les yeux doux à l’intégration européenne. Logique : l’ « idée européenne » a été historiquement portée par deux forces : la social-démocratie et le Vatican. Les deux ne sont pas sans relais dans notre organisation, et ont fait de l’Europe un axe privilégié de leur influence en son sein.

 

BRN : C’est ce qui explique le couac de 2005 ?

 

Philippe CORDAT :

La composition de la direction confédérale avait alors évolué, au point que, à mon avis, si on avait fait un sondage auprès des membres de la Commission exécutive, on aurait trouvé une majorité pour le OUI. Au même moment cependant, un grand nombre d’organisations, parmi lesquelles plusieurs Unions départementales de notre région, ont consulté leurs syndiqués. La prise de position en faveur du NON a été massive. D’où le désaveu finalement infligé à la direction par le CCN (1).

 

BRN : En 1999, la CGT adhère à la Confédération européenne des syndicats (CES). Est-ce que cela a accéléré l’évolution des dirigeants confédéraux en faveur de l’Europe ?

 

Philippe CORDAT :

Personnellement je faisais partie de ceux qui n’approuvaient pas cette adhésion. A l’époque cependant il s’agissait, disait-on, de porter des idées de lutte au sein de la CES en restant nous-mêmes, et de pousser cette dernière sur le chemin de l’action.

 

BRN : Finalement, laquelle des deux organisations a influé sur l’autre ?

 

Philippe CORDAT :

Il faut regarder les choses en face. Certes, la CES organise régulièrement des manifestations transnationales. Mais elle reste plus que jamais intégrée aux institutions bruxelloises ; elle est d’ailleurs née en leur sein, avec l’objectif explicite de contribuer à la « construction européenne ». Elle ne remet en cause ni les fondements, ni même les principes pour lesquels l’UE agit en ce moment : effacement des souverainetés, remboursement des dettes au profit des marchés … Lors du débat sur feu le TCE, le site de la CES appelait explicitement à adopter celui-ci. Et jusqu’au referendum, les hauts dirigeants de la CES issus de la CGT ont fait campagne en ce sens.

 

BRN : Cet affrontement de 2005 a laissé des traces …

 

Philippe CORDAT :

Il a en tout cas ouvert les yeux de nombreux militants sur les positionnements des uns et des autres, ainsi que sur le rôle de certains groupes ou clubs associant dirigeants syndicaux et patronaux, avec la bénédiction et le soutien financier de Bruxelles. Il a également permis de mesurer l’ampleur de la perte de repères. Les dirigeants qui se sont laissé entra

îner ou dériver devraient aujourd’hui faire le bilan.

 

BRN : Bernard Thibault va-t-il engager cette évaluation critique ?

 

Philippe CORDAT :

Il ne semble pas en prendre le chemin. Le 8 décembre 2011, il cosignait, avec François Chérèque (CFDT) et d’autres syndicalistes européens, un texte affirmant notamment : "nous  continuons de soutenir qu’il n’y a pas d’autre solution que l’approfondissement du projet européen". Les auteurs vantaient notamment le modèle social européen. Les termes de cette tribune sont ahurissants. Je pèse mes mots : cet appel est en rupture totale avec ce qu’a affirmé la CGT pendant des décennies – je renvoie notamment à un livre de référence, publié en 1981 sous l’égide du responsable aux questions internationales (2) et qui comportait une analyse sans concession de la Communauté depuis le Traité de Rome.

 

BRN : Quelles ont été les réactions ?

 

Philippe CORDAT :

Quelques camarades que je connais ont été stupéfiés. Mais le texte est en réalité passé inaperçu du grand public et de la masse de nos syndiqués. Quoiqu’il en soit, il va bien falloir clarifier les choses : la CES a-t-elle constitué un « plus » pour les  salariés ? Il faudrait qu’un grand nombre de nos syndicats s’emparent de ces questions

 

BRN : Celles-ci auront-elles un écho lors du prochain congrès confédéral (mars 2013) ?

 

Philippe CORDAT :

Je l’espère. Pour l’heure, l’écho médiatique de sa préparation a plutôt porté sur la succession de Bernard Thibault, pour laquelle trois candidats ont été cités. Je note qu’aucun de ceux-ci ne semble remettre en cause l’orientation actuelle. Pour ma part, je souhaite que le choix se fasse sur notamment une question : qui sera le mieux à même de rassembler et de replacer la CGT dans une dynamique de conquête sociale ? A cet égard le critère déterminant est pour moi celui du parcours syndical : il faut que le ou la futur secrétaire général ait milité dans une entreprise, se soit confrontés aux patrons, sache ce que c’est qu’organiser une lutte, gagner de nouveaux adhérents ou collecter des cotisations sur le terrain.

 

BRN : C’est-à-dire l’inverse du profil des chefs de la CES …

 

Philippe CORDAT :

Exactement ! Ainsi, l’actuelle secrétaire générale de la CES, Bernadette Ségol, a fait toute sa carrière comme technocrate, conseillère puis dirigeante d’une fédération européenne, sans jamais avoir travaillé dans une entreprise. C’est le profil type  d’une syndicaliste « institutionnelle » à la tête d’une organisation institutionnelle. La CGT n’en est pas là, et il faut éviter à tout prix qu’elle en arrive là un jour.

 

BRN :En matière de syndicalisme « institutionnel », quel rôle joue le concept de « dialogue social », qui se traduit par exemple par l’organisation d’un « sommet social » à Bruxelles tous les six mois ?

 

Philippe CORDAT :

Le « dialogue social », de même que les « partenaires sociaux » qui le constituent, sont des clés grâce auxquelles les dirigeants patronaux, notamment à l’échelle européenne, entendent intégrer les salariés dans leur propre jeu. Faut-il préciser que les « partenaires » patronaux n’ont jamais envisagé de partager ni les profits, ni les décisions ? Il s’agit plutôt de balader les syndicalistes – que ce soit au niveau des groupes, des branches, des pays, ou de l’UE – afin d’éloigner ceux-ci des entreprises et de leurs collègues. Ce « dialogue social » est la tasse de thé des gouvernements sociaux-démocrates, mais la droite n’est généralement pas en reste. D’ailleurs, beaucoup de salariés l’ont bien compris : dès qu’on leur annonce un « dialogue social », ils se demandent quel mauvais coup va être annoncé …

 

BRN : Quelle est l’alternative ?

 

Philippe CORDAT :

Ce n’est pas de « dialogue social » dont les salariés ont besoin, mais de négociations sur leurs propres revendications ! Ces négociations se caractérisent par le fait qu’elles s’appuient sur un rapport de force, et non sur la recherche d’un consensus. Et elles doivent partir d’un principe essentiel : ce sont les besoins sociaux, et ceux du pays, qui doivent être le véritable moteur de l’économie.

 

 

 

(1) Le Comité confédéral national (CCN) qui rassemble les représentants des Fédérations et Unions départementales, est l’organe souverain entre deux congrès.

 

(2) René DUHAMEL, "Aux quatre coins du monde". Editions sociales, 1981.

 

http://cgt59.over-blog.org/

Publié dans Lutte des classes

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LA TURQUIE EN DIFFICULTES FACE A LA GUERILLA KURDE DU PKK QUE LA SYRIE PROPOSE DE DOTER D'ARMES LOURDES SI LA TURQUIE CONTINUE SES INGERENCES

Publié le par Tourtaux

La Turquie, vers le demembrement?

La Turquie, vers le demembrement?

IRIB- Selon le site Khabar Turc , l'initiative est désormais entre les mains du parti des travailleurs du Kurdistan dans les régions kurdophones de la Turquie.

en Réaction à cet état inévitable des choses, Ankara, selon le journal , vient d'envoyer une délégation dans ces régions, surtout à Hakari où le PKK a même réussi à dresser des postes de contrôle et à contrôler la circulation au mépris des forces de l'ordre et du pouvoir central". la Syrie a affirmé vouloir armer les rebelles kurdes d'armes lourdes si la Turquie continue ses ingérences".

 

http://french.irib.ir/info/asie/item/217427-la-turquie,-vers-le-demembrement

Publié dans Syrie

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BAHREIN : SILENCE ETOURDISSANT DE L'OCCIDENT ET DES MEDIAS SUR LA REPRESSION FEROCE DE L'INSURRECTION POPULAIRE

Publié le par Tourtaux

dimanche, 07 octobre 2012 17:40

Bahreïn, l'insurrection dont l'Occident ne parle pas

Bahreïn, l'insurrection dont l'Occident ne parle pas

IRIB- Depuis le début du soulèvement populaire des Bahreïnis, le régime des Al-e Khalifa n’a hésité à commettre aucun crime, pour réprimer les contestataires, dans l’indifférence la plus totale et le silence assourdissant de l'Occident.

Certains journalistes courageusement infiltrés en ont rapporté des reportages édifiants, l'Occident ne peut donc pas dire qu'il ne sait pas.

Comme dans la plupart des régimes autoritaires, on peut ne rien voir : certains quartiers de la capitale, Manama, sont d’un calme absolu. Les centres commerciaux, les quartiers d’affaires et la partie sud du pays, livrée au désert et à l’industrie pétrolière, sont conformes à la représentation que le régime cherche à donner du royaume.

Par l’imposant pont qui relie Bahreïn à l’Arabie saoudite, des Saoudiens rejoignent les boutiques et les cabarets de l’île.

Mais on ne peut ignorer les graffitis hostiles au régime, qui ornent les murs du pays. S’y écrit, en arabe, (parfois en anglais), une opposition radicale, à l’égard du régime, et, en particulier, du roi, Hamad ben Issa al-e Khalifa, et de son Premier ministre et oncle, Khalifa ben Salman al-e Khalifa, en poste depuis… 1971.

Des inscriptions exigent la libération des prisonniers d’opinion, soumis aux mauvais traitements, voire, à la torture. «Nous reviendrons», peut-on lire, sous un des desseins représentant le monument de la place de la Perle, haut lieu de la contestation, que le régime a détruit, en mars 2011, sans réussir à assassiner la mémoire.

Ces traces muettes de la rébellion, visibles au cœur de la capitale, mais aussi, sur les murs de nombreux villages du pays, indiquent l’ampleur et le caractère ininterrompu du mouvement. Les autorités ne parviennent pas à recouvrir, entièrement, les graffitis, ils disent la contestation, mais aussi, la répression.

Les grandes manifestations orchestrées par le mouvement Al-Wefaq, comme celles du 9 mars, du 31 août et du 7 septembre, ont réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes, dans un pays qui compte environ 560.000 nationaux.

La contestation bahreïnie n’est pas seulement un mouvement du «printemps arabe». Si elle s’est appuyée sur les exemples tunisien et égyptien qui l’ont renforcée, elle fut précédée d’épisodes protestataires, en 1994 et 1998. En août et septembre 2010, plusieurs mois avant l’immolation de Mohammed Bouazizi à Sidi Bouzid, des troubles ont été réprimés.

La rente énergétique, distribuée de façon très inégalitaire, parmi les nationaux, (qui représentent une part plus importante de la population que dans les pays voisins du Golfe) est, sans doute, un des moteurs de la rébellion.

Nombreux sont ceux qui, au sein de la communauté chiite, se plaignent de discriminations.

Il faut, néanmoins, sortir d’une lecture confessionnelle du conflit et accepter d’y voir autre chose qu’une manipulation iranienne, comme on peut l'entendre.

La dégradation du niveau de vie, liée à la baisse des ressources pétrolières et aux déceptions générées par les faux-semblants du processus de démocratisation, engagé, en 1999, complique le tableau.

Protégé par l’Arabie saoudite et allié des Etats-Unis, on ne voit pas ce qui pourrait inciter le régime à changer sa politique. L’attention des médias et surtout des dirigeants étrangers, pour Bahreïn, est flottante.

Peu de chefs d’Etat ont osé défier le roi. Sa majesté a même été reçue au palais de l’Elysée, par François Hollande, le 23 juillet. Si rien ne bouge, à Bahreïn, le changement, ce n’est pas maintenant.

Mais la violence avec laquelle le régime traite les enfants et les adolescents est, sans doute, plus grave, et est devenue le symbole de la cruauté du régime qui arrête et passe, systématiquement, à l’interrogatoire, les enfants.

Bahreïn a signé la Convention internationale des droits des enfants, en 1991, pourtant, de très nombreux indices et documents prouvent que le régime des Al-e Khalifa, non seulement, ne respecte aucunement ses engagements, mais encore, qu’il a violé, à maintes reprises, les termes de cette convention, durant ces derniers mois.

Le centre bahreïni des Droits de l’Homme a protesté plusieurs fois contre le mauvais traitement des enfants, leur arrestation et leur jugement devant un tribunal, et a demandé à la communauté internationale de réagir, efficacement, contre ces actes cruels du régime, à l’encontre des enfants.

Pourtant, les soi-disant défenseurs des droits de l’Homme ont préféré plutôt défendre les positions du régime bahreïni, au lieu de défendre les enfants de Bahreïn.

En effet, lors de la réunion du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, qui examinait le dossier de Bahreïn, les pays membres se sont contentés, uniquement, de conseiller au gouvernement de Manama de respecter davantage les droits de ses citoyens.

En tout état de cause, se sentant immunisé par l’inertie complice des organisations internationales, le régime des Al-e Khalifa continue, en toute impunité, à réprimer les contestataires.

Pourtant, une chose est certaine, c’est que les crimes que le régime commet, rend les Bahreïnis plus déterminés que jamais à réformer la structure politique de leur pays.

 

http://french.irib.ir/analyses/commentaires/item/217530-bahre%C3%AFn,-l-insurrection-dont-l-occident-ne-parle-pas

Publié dans L'Asie en lutte

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L'ANCIEN SECRETAIRE D'ETAT US HENRY KISSINGER CRITIQUE VIVEMENT LES PROPOS "EXTREMEMENT DEPLORABLES" TENUS SUR LA CHINE PAR LES CANDIDATS A LA PRESIDENCE DES ETATS-UNIS

Publié le par Tourtaux

Kissinger critique les propos "extrêmement déplorables" sur la Chine dans la campagne présidentielle américaine

06.10.2012 09h35

L'ancien secrétaire d'Etat américain Henry Kissinger a vivement critiqué mercredi les propos "extrêmement déplorables" tenus sur la Chine par les candidats à la présidence américaine dans leurs campagnes électorales.

"J'ai vu des publicités de ces deux candidats en lice pour la présidence américaine, qui traitent de la façon de travailler avec une Chine tricheuse. Tous les deux ont utilisé le mot 'tricheuse' en parlant de la Chine," a fait remarquer M. Kissinger lors d'une conférence organisée au Woodrow Wilson Center à Washington.

Il s'est dit "dérangé" par le fait que les deux candidats présidentiels "alimentent des soupçons vis-à-vis de la Chine" dans leurs campagnes.

M. Kissinger, qui a soutenu le candidat républicain Mitt Romney, a dit qu'il était opposé à la promesse de M. Romney d'étiqueter la Chine comme étant une manipulatrice de la monnaie, ajoutant que dans la communauté de gens qui font des affaires avec la Chine, presque tout le monde s'oppose à l'idée de M. Romney.

Il a noté que les rhétoriques hostiles ciblant la Chine n'avaient rien de nouveau dans les campagnes présidentielles dans son pays, citant les exemples des anciens présidents américains Ronald Reagan et Bill Clinton.

Mais une fois entré en fonction, le nouveau président américain travaillera pour construire une relation de coopération avec la Chine, a-t-il affirmé.

M. Kissinger a effectué une visite secrète en Chine en juillet 1971, ouvrant la voie à une rencontre historique en 1972 à Beijing entre le dirigeant chinois Mao Zedong et le président américain Richard Nixon.

 

http://french.people.com.cn/Chine/7967922.html

Publié dans Chine

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EVO MORALES, PRESIDENT DE LA BOLIVIE : LES ETATS-UNIS SONT LES VERITABLES TERRORISTES

Publié le par Tourtaux

La Havane. 4 Octobre 2012

Evo Morales : les États-Unis sont les véritables terroristes

NEW YORK.— Le président de la Bolivie, Evo Morales, a condamné l’inclusion de Cuba dans la liste des pays soutenant le terrorisme, confectionnée par les États-Unis.

Evo Morales : les États-Unis sont les véritables terroristesPendant son discours à l’Assemblée générale des Nations unies, le président a déclaré que « cette mesure unilatérale de Washington sert de prétexte au maintien du blocus contre Cuba, lequel est condamné par l’immense majorité des nations ».

Les États-Unis, a-t-il déclaré, sont les véritables terroristes. « Il est inadmissible de maintenir le blocus au 21e siècle », a-t-il ajouté, selon DPA.

Par ailleurs, il a adressé ses salutations au leader cubain Fidel Castro, et il a demandé que « justice soit rendue aux cinq prisonniers cubains incarcérés aux États-Unis ».

« Le secrétaire général Ban Ki-moon nous appelle à changer le monde, mais comment allons-nous changer le monde si nous ne changeons pas les Nations unies qui sont responsables de nombreuses interventions militaires », a ajouté le président bolivien, selon l’agence Prensa latina.

« Je sens aujourd’hui que nous n’avons plus peur. Nous ne devons craindre ni l’empire ni le capitalisme. Le capitalisme n’est pas une solution pour l’humanité », a-t-il signalé.

Evo Morales a commencé son intervention en demandant au Chili de lui restituer son accès à la mer. « Nous ne sommes plus au temps du colonialisme, ni intérieur ni extérieur », a-t-il précisé.

« Les îles Malouines pour l’Argentine et la mer pour la Bolivie », a demandé Evo, afin de « donner une solution définitive » à ces conflits qui « portent préjudice au continent américain ».

Avant de conclure, le président bolivien a abordé la question de la légalisation de la feuille de coca, un sujet que la Bolivie a systématiquement défendu à l’ONU.

 

NOUVEL ORDRE MONDIAL ET RÉFORME DE L’ONU

 

Au cours des sessions de la 67e assemblée des Nations Unies, plusieurs chefs d’État ont exigé des réformes internes de cet organisme international.

Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, s’est prononcé en faveur de l’établissement d’un nouvel ordre mondial qui inclut une réforme des structures de l’ONU visant à éliminer la ségrégation entre ses membres et le monopole existant au sein de l’Organisation.

« L’actuel ordre mondial est discriminatoire et basé sur l’injustice », a-t-il observé. Il a aussi rejeté « l’unilatéralisme, les doubles standards, l’imposition de guerres, l’instabilité et les occupations de territoires à des fins d’intérêts économiques », puis il a dénoncé le fait que « prévalent la course aux armements et l’intimidation au moyen d’armes nucléaires et de destruction massive par des puissances hégémoniques».

« Les menaces persistantes brandies par les sionistes incultes de recourir à l’action militaire contre notre nation illustrent clairement cette amère réalité », a souligné le président iranien, en intervenant également en sa qualité de président du Mouvement des pays non alignés.

Le président du Pakistan, Asif Ali Zardari, a signalé qu’en tant que représentante des aspirations communes de paix et de développement, l’ONU a besoin de réformes à partir d’un consensus, car l’organisme international « doit être plus démocratique et plus responsable ». Il a condamné les raids menés par des drones étasuniens contre son pays, et il a déclaré que ces attaques se révèlent contreproductrices et qu’elles compromettent la lutte contre le terrorisme ».

Quant au président sortant du Mexique, Felipe Calderon, il a appelé à renforcer l’ONU « de l’intérieur, afin que cette organisation réponde davantage aux défis internationaux ». Il a également appelé à changer la stratégie de lutte contre la drogue, et il a affirmé que si les pays consommateurs, notamment les États-Unis, sont incapables de freiner la consommation, il faut alors ouvrir le débat ».

Le président du Salvador, Mauricio Funes s’est prononcé dans ce sens, soulignant que « la lutte contre le trafic de drogue progresse dans la région, mais que celle-ci a besoin du soutien de la communauté internationale ».

Il a souligné par ailleurs les avancées des processus démocratiques en Amérique latine, qui « doivent apporter des changements profonds dans la structure économique et sociale. Nous abandonnons un modèle pervers qui avait appauvri les peuples et avait fait de notre région la région la plus injuste de la planète ».

Mauricio Funes a exigé également la levée du blocus des États-Unis contre Cuba, car cette politique « n’est qu’un vestige d’un passé aujourd’hui révolu dans notre Amérique », cite Prensa latina.

« Nous saluons le processus que mène aujourd’hui la fraternelle République de Cuba, qui implique une transformation qui a besoin de nos encouragements et de notre soutien. »

Quant au chef d’État égyptien, Mohamed Mursi, il a demandé à l’ONU de faire de la cause palestinienne «  sa question prioritaire », et il a suggéré la tenue, avant la fin de l’année, d’une conférence qui s’oriente vers « un Moyen Orient sans armes nucléaires », à laquelle participeraient tous les pays sans exception.

Mohamed Mursi a aussi demandé à l’ONU d’arrêter « l’effusion de sang en Syrie », mais « sans soumettre ce pays aux dangers de l’intervention militaire à laquelle nous sommes opposés », ajoute l’agence EFE.

En accord avec d’autres puissances occidentales, le Premier ministre britannique, David Cameron, a exprimé que la seule manière de sortir de ce qu’il a qualifié comme un « cauchemar » en Syrie, c’est de s’orienter vers la transition politique sans abandonner la cause de la liberté. « L’avenir de la Syrie est un avenir sans El-Assad », a-t-il affirmé selon Notinex.

Par ailleurs, le président colombien José Manuel Santos a exposé devant l’Assemblée générale « le moment spécial » que vit son pays avec le début des conversations de paix avec les FARC », cite l’agence AFP.

Pendant son discours, le président a remercié la Norvège et Cuba pour leur participation dans le processus de négociations, ainsi que l’accompagnement du Venezuela et du Chili.

À un moment où les mesures contre la crise et les plans d’austérité ont entraîné des manifestations massives dans des pays comme l’Espagne, la Grèce et le Portugal, le premier ministre italien Mario Monti a souligné qu’une Europe « viable » est indispensable pour faire face aux défis mondiaux sur le plan de l’économie et de la sécurité, de même qu’une réforme du Conseil de Sécurité de l’ONU, indique l’agence EFE.

Alors que la hausse du chômage et des impôts augmentent le mécontentement populaire, Mario Monti a demandé de ne pas « ignorer » les mesures qui sont prises dans la zone euro « en vue de renforcer la gouvernabilité et l’intégrité fiscale », et il a affirmé que l’Italie « continuera d’apporter sa part de contribution ».

 

http://www.granma.cu/frances/notre-amerique/4oct-Evo%20Morales.html

Publié dans Bolivie

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