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SYRIE : EN ECHANGE DE DEUX DES LEURS, LES TERRORISTES DE L'ASL LIBERENT UN COMBATTANT DU HEZBOLLAH

Publié le par Tourtaux

Un combattant du Hezbollah.. libéré par l’ASL et non le Nosra

 

L’équipe du site

Un combattant du Hezbollah enlevé par la milice de l'Armée syrienne libre (ASL) a été libéré en échange de deux miliciens qui ont été fait prisonniers par la résistance libanaise.

« Le frère détenu Imad Ayyad a été libéré en échange de deux prisonniers entre les mains du Hezbollah, et ce à midi le mardi 25-11-14 », a indiqué le Hezbollah dans un communiqué publié ce mardi

Toujours selon le texte du Hezbollah, cet échange de prisonniers a été possible grâce "à des négociations  qui ont duré plusieurs semaines avec les ravisseurs".

Selon le site libanais d'information Elnashra, les canaux de médiation dans cette transaction sont très différents de ceux des autres, dont celle des enlevés d'Azzaz et des religieuses de Maaloula.

Le communiqué du Hezbollah ne précise pas l'identité véritable des ravisseurs. De nombreux médias avaient accusé la branche militaire d'al-Qaïda en Syrie d'êtres derrière l'enlèvement de Ayyad, mais selon la chaine de télévision al-Manar, les ravisseurs appartiennent à l'ASL.

Ayyad avait été enlevé dans une attaque perpétrée contre une position du Hezbollah dans la région de Assal al-Wared dans le Qalamoune, le mois d’octobre dernier.

Toujours selon Al-Manar, Ayyad a été échangé contre deux officiers de l'ASL qui ont été faits prisonniers après l'enlèvement de Ayyad. La télévision ne précise pas leur identité.

Selon la télévision libanaise al-Jadid, il s'agirait de Morhef Abdel Ghani alRayyes et de Morhi Morhi.

Or le site d'information al-Hadath News opère un lien entre cette libération et celle d'un officier syrien de l'ASL qui se trouvait ente les mains de l'armée libanaise, un certain général Abdallah al-Rifaï qui  est l'un des chefs du secteur occidental du Qalamoune. Ayant été arrêté à Aarsale par les Services de renseignements militaires, il aurait été relaché sur une décision  du Tribunal militaire au motif qu'il n'a rien commis d'illégal sur le sol libanais et a été remis ainsi qu'un autre officier du nom de famille Morhi et qui avait été fait prisonnier par le Hezbollah à la partie médiatrice, des notables de la localité de Assale al-Wared.

Les sites des réseaux sociaux ont posté les premières photos de Ayyad, dont l'une d'entre elles lui a été prise dans la mausolée de Sayeda Zaïnab à Damas, sa première destination après sa libération.

Les détails de cette opération devraient être révélés ultérieurement. Affaire à suivre...

Source: Spécial notre site

25-11-2014 - 17:06 Dernière mise à jour 25-11-2014 - 21:35 | 969 vus
 

Publié dans LIBAN

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RAMZY BAROUD : LE CHOIX POUR UNE TROISIEME INTIFADA REVIENT AUX PALESTINIENS, A EUX SEULS.

Publié le par Tourtaux

25 Novembre 2014

Publié par Saoudi Abdelaziz

17 Novembre 2014 - à Abu Dis - Photo : AA

 

Par Ramzy Baroud*, 24 novembre 2014 - Middle East Eye.

JPEG - 5.3 ko

 

Compte tenu des nombreuses variables en jeu, seul le peuple palestinien pourra nous dire quand le moment sera venu pour pour nouvelle Intifada, et pour une bonne raison : ce choix leur revient à eux seuls.


Quand un journaliste tente de faire le travail d’un historien, le résultat peut être très surprenant, car se servir de l’Histoire comme d’une simple note en bas de page dans un bref article de nouvelles ou d’analyse politique, produit souvent plus de mal que de bien. Maintenant, imaginez que ce journaliste soit tout sauf fiable, le résultat n’est même plus en mesure d’être « curieux », mais ressemble plus à une plaisanterie.

Prenons pour exemple les vues historiques sélectives qui sont celles de Thomas Friedman du New York Times - exposées dans le livre The Imperial Messenger écrit par Belen Fernandez, sur ses manigances pseudo intellectuelles, ses contradictions et la constante défense du statu quo.

Dans un article intitulé, La Troisième Intifada, publié en février dernier, Friedman tente d’expliquer deux des événements les plus lourds de conséquences dans l’histoire collective du peuple palestinien, si ce n’est dans la région entière : « Depuis un certain temps à présent, je me suis demandé pourquoi il y a eu pas de troisième Intifada. Il n’y a donc pas de troisième soulèvement palestinien en Cisjordanie, le premier étant celui qui à contribué à stimuler le processus de paix d’Oslo et le second celui qui a conduit - avec plus de tirs à balles réelles du côté israélien et des attaques-suicide du côté palestinien - à la rupture du processus d’Oslo. »

Ta-da, ça y est : l’histoire palestinienne pour les nuls, par, vous savez qui ? Friedman. Peu importe que les raisons qui ont conduit à la première insurrection en 1987 comprenaient le fait que les Palestiniens se rebellaient contre la culture élitiste très loin des réalités qui opérait à partir de la Tunisie et qui prétendait parler au nom du peuple palestinien. C’est une petite clique au sein de la direction de l’OLP et du Fatah qui ne vivait même pas en Palestine au moment où a été signé dans le secret à Oslo en 1993 un accord totalement ruineux. Au détriment des exigences légitimes de leur peuple pour la liberté, cet arrangement leur a valu aux signataires quelques avantages. Le soulèvement n’a pas aidé à « stimuler le processus de paix d’Oslo ». Le « processus » a plutôt été mis en branle, avec le soutien et le financement des États-Unis et d’autres, pour écraser l’Intifada, ce qu’il a fait.

Bien qu’il y ait une certaine vérité dans le fait que le deuxième soulèvement a conduit à l’effondrement d’Oslo, la logique de Friedman suggère un haut niveau d’incohérence de la part du peuple palestinien dans ses révoltes : il se serait rebellé pour imposer la paix, et ils se serait à nouveau révolté pour la détruire... Bien sûr, son aparté apparemment inoffensif sur l’utilisation par Israël de munitions pour tuer au cours de la seconde insurrection (comme si des milliers de Palestiniens n’avaient pas été tués et blessés par balles réelles lors de la première), tandis que les Palestiniens utilisaient les attentats-suicide, justifie aux yeux du lecteur non averti le choix des armes par Israël.

Selon l’organisation israélienne de défense des droits de l’homme, B’Tselem, 1489 Palestiniens ont été tués au cours de la première Intifada (de 1987 à 1993) dont 304 enfants. Cent quatre-vingt cinq Israéliens auraient été tués dont 91 soldats.

Plus de 4000 Palestiniens ont été tués au cours de la seconde intifada, et plus de mille Israéliens. Toutefois, selon B’Tselem, le coût élevé de tués et de blessés n’a guère diminué après ce qui a été considéré comme la fin de la seconde Intifada, fin 2005. Dans « les 10 années qui ont suivi le début de la seconde Intifada, » l’organisation israélienne a rapporté que « les forces de sécurité israéliennes ont assassiné 6371 Palestiniens, dont 1317 étaient des mineurs. Au moins 2996 personnes abattues ne participaient en rien aux hostilités lorsqu’elles ont été tués. .. Un nombre supplémentaire de 248 policiers palestiniens ont été assassinés à Gaza pendant l’opération Plomb durci, et 240 ont été victimes d’assassinats ciblés ».

Ces chiffres peuvent encore exprimer beaucoup de choses, essentielles pour comprendre la nature des révoltes populaires palestiniennes. Les victimes viennent de divers horizons : des camps de réfugiés, des villages, des petites villes et des villes. Jusqu’à la guerre dévastatrice d’Israël contre Gaza l’hiver 2008-09, les chiffres ont été à peu près également répartis entre Gaza et la Cisjordanie. Certaines des victimes étaient des Palestiniens de citoyenneté israélienne. Les balles et obus israéliens ciblent tout un éventail de gens, à commencer par les passants, les manifestants désarmés, les lanceurs de pierres, les combattants de la résistance armée, les militants communautaires, les dirigeants politiques, les responsables militants, les hommes, femmes, enfants...

D’une manière tout à fait tragique, les réponses israéliennes aux soulèvements palestiniens sont la plus forte confirmation du caractère populaire de l’Intifada, lequel contredit toutes les affirmations des dirigeants israéliens qui prétendent nous faire croire que ces soulèvements sont organisés et manipulés à des fins politiques précises.

Pendant des années, de nombreux journalistes se sont efforcés de vouloir répondre aux questions concernant une troisième Intifada à venir. Certains l’ont fait à bon escient, d’autres de façon malhonnête comme dans ce reportage de NBC News : « la violence palestinienne frappe les Israéliens : la troisième Intifada a-t-elle commencé ? » Peu nombreux sont ceux qui prétendent à l’objectivité, avec des résultats mitigés comme dans ce reportage de CNN : « À Jérusalem, l’auto-Intifada est loin d’un soulèvement ».

Mais la plupart d’entre eux, en utilisant une approche arrogante pour comprendre le fonctionnement du collectif palestinien, n’ont pas réussi à comprendre ce qu’est en premier lieu une insurrection. L’échec de Friedman est particulièrement significatif parce que, étant « le messager de l’empereur » [journaliste officiel] il ne pouvait se représenter l’impact des phénomènes populaires sur les élites politiques. Il se soucie rarement de ces petites choses pour lesquelles luttent des millions de personnes, comme la liberté, la dignité, et, parfois, la survie elle-même. Cette mentalité coupée des réalités définit trop souvent l’approche des médias américains : aborder les questions d’un lieu lointain comme le Moyen-Orient avec une vue stéréotypée, sinon une approche chauvine.

La compréhension de NBC est tout aussi erronée, mais typique du discours dominant dans lequel une Intifada signifie mécaniquement « la violence palestinienne qui prend pour cible les Israéliens. » Cette présentation des faits est plutôt déconcertante, compte tenu de l’énorme écart constaté dans les Intifadas précédentes entre les victimes palestiniennes et israéliennes.

Même l’approche quelque peu plus réfléchie qui explique une intifada par l’indignation populaire résultant de l’absence d’horizon politique, peut même si parfois inconsciemment, sembler déformée.

Il est intéressant de noter que pratiquement aucun de ces médias n’a eu la prescience de prédire les soulèvements précédents. Certes, la violence peut être prévue dans une certaine mesure, mais le cours de l’action collective de toute une nation, séparée par des divisions géographiques, politiques, d’organisations et d’autres tout aussi problématiques, ne s’analyse pas en quelques phrases et se laisse encore moins anticiper.

De nombreux incidents dans le passé n’ont jamais abouti à une Intifada, bien qu’ils aient pu unir divers secteurs de la société palestinienne et alors qu’un certain degré de violence était également une caractéristique importante, car une Intifada n’est pas un appel à la violence convenu entre un certain nombre de personnes qui constitueraient alors une masse critique. Une Intifada, bien que souvent articulée avec un ensemble clair de revendications, n’est pas non plus influencée par un agenda politique tout à fait précis.

Les Palestiniens menèrent une insurrection en 1936 contre l’administration coloniale du mandat britannique en Palestine, lorsque celle-ci faisait son maximum pour aider les sionistes à établir un « État juif » et refusait aux Palestiniens toute aspiration à l’indépendance, niant ainsi l’esprit même du mandat des Nations Unies. Le soulèvement s’est transformé en une révolte dont le résultat a été une forte montée de la conscience politique dans tous les secteurs de la société palestinienne. Une identité palestinienne, qui existait pourtant depuis des générations, s’est alors cristallisée et sa cohésion est devenue plus forte que jamais.

Si analysée d’un point de vue rigide, l’Intifada de 1936 à 1939 a échoué, son succès a pourtant été le renforcement d’une identité auparavant fragmentée délibérément ou selon les circonstances. Les Intifadas qui se sont plus tard produites ont obtenu des résultats similaires. L’Intifada de 1987 a permis la reprise en mains de la lutte palestinienne par un jeune génération dynamique née en Palestine même, unifiant les identités mais aussi les récits. L’Intifada de 2000 a contesté l’incohérence historique d’Oslo, une dérive majeure du cours de la résistance défendue par chaque génération palestinienne depuis 1936.

Bien que les Intifadas affectent le cours de la politique, elles ne sont guère conçues comme des déclarations politiques en elles-mêmes et n’ont rien à voir avec les représentations dévalorisantes qu’en font la plupart des journalistes et des politiciens. Elles ont valeur de processus général, remarquable et sans compromis qui, indépendamment de son impact sur les discours politiques, est destiné à « secouer » le statu quo, contestant avec défi tout ce qui contribue à l’oppression d’une nation.

Il n’est donc pas question de « la violence ciblant les Israéliens », ou de ceux qui y contribuent parmi les Palestiniens. Il s’agit plutôt de l’éveil de toute une société, voulant avec effort redistribuer toutes les priorités, véritable pas en avant sur la voie de la libération, à la fois dans le sens imagé et réel.

Et compte tenu des nombreuses variables en jeu, seul le peuple palestinien pourra nous dire quand ils sera prêt pour une Intifada, car lui seul pourra en décider.

 

* Ramzy Baroud est doctorant à l’université de Exeter, journaliste international directeur du site PalestineChronicle.com et responsable du site d’informations Middle East Eye. Son dernier livre, Résistant en Palestine - Une histoire vraie de Gaza (version française), peut être commandé à Demi-Lune. Son livre, La deuxième Intifada (version française) est disponible sur Scribest.fr. Son site personnel : http://www.ramzybaroud.net


Source: http://www.info-palestine.eu


Troisième Intifada : ce sont les Palestiniens qui en décideront

Publié dans Palestine

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ANALYSE REMARQUABLE DE GEORGES CORM : MOYEN-ORIENT SUR FOND DE VIOLENCES ET D'INCOMPREHENSIONS (VIDEO)

Publié le par Tourtaux

 

[Vidéo] Moyen-Orient sur fond de violences et d’incompréhensions [Interview Georges Corm]

 

 

 

 

Une analyse tout-à-fait remarquable de Georges Corm sur la responsabilité écrasante des pays occidentaux, d’Israël et des monarchies du Golfe dans le déferlement de la violence au Moyen-Orient. A écouter absolument [SC]

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Georges Corm : «Il faut déconstruire tous les clichés»

Ancien ministre des Finances libanais, ce brillant économiste historien était le 23 novembre 2014 l’invité de l’émission Cuntrastu (Corse matin, RCFM). Il a évoqué les problèmes du Proche et Moyen-Orient sur fond de violences et d’incompréhensions.

 

 

Publié dans colonialisme

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FAUSTO GIUDICE : DE LA THEOLOGIE A LA LIBERATION - HISTOIRE DU JIHAD ISLAMIQUE PALESTINIEN

Publié le par Tourtaux

[Note de lecture] De la théologie à la libération – Histoire du Jihad islamique palestinien

 

 

Histoire du Jihad islamique palestinien

 

Encore que même cette pensée binaire soit constamment remise en cause par Netanyahou et ses acolytes, qui tentent de convaincre leurs alliés US et européens que tout ça (l’ensemble des partis et mouvements palestiniens) n’est qu’une seule et même bande d’exterminateurs de juifs.

Si l’on fait une recherche sur le moteur de recherche le plus en vogue, les occurrences de quatre mots que l’on obtient sont les suivantes.

 

 

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Comme on le voit, il n’y a pas photo : l’organisation du Jihad islamique palestinien est pratiquement un fantôme médiatique. On ne peut donc que se réjouir du travail de recherche mené par trois auteurs appartenant, pour d’eux d’entre eux, à la nouvelle génération des islamologues/orientalistes français, et pour le troisième, à la diaspora palestinienne. Ils réunissent donc les trois conditions minimales requises pour une approche rationnelle et scientifique d’un mouvement politique arabe : la connaissance de la langue arabe, la connaissance personnelle des protagonistes, et une culture générale suffisamment vaste pour être en mesure de replacer les actes et les discours des acteurs étudiés dans un contexte historique, politique, culturel, social, militaire et religieux.

Pour tous ceux et toutes celles qui ne peuvent se satisfaire de ranger les mouvements de résistance islamistesdans le grand fourre-tout des barbus-fous (à lier) de Dieu, bons pour la géhenne, le livre de Wissam Alhaj, Nicolas Dot-Pouillard et Eugénie Rébillard, De la théologie à la libération – Histoire du Jihad islamique palestinien[1], permettra une plongée dans un monde et une histoire inconnus de 99 % des Occidentaux, po-Palestiniens compris, avec un dosage équilibré d’empathie et de distance critique. On ne peut donc qu’en recommander la lecture, notamment aux militants français de gauche, partisans inconditionnels du Fatah et que la simple existence du Hamas et du Hezbollah gêne aux entournures, quand elle ne leur donne pas des boutons : ils verront que les choses ne sont pas si simples, et que le Fatah est et a été beaucoup plus islamiquequ’ils veulent bien le croire. Comme cela fut le cas du FLN algérien, et avant, lui, de l’Étoile africaine/MTLD de Messali Hadj, qui réalisa la prouesse d’être à la fois un dirigeant proche de l’Internationale communiste et de se voir proposer d’être désigné Calife par un congrès islamique au Caire dans les années 1930. Comme cela fut le cas du Néo-Destour de Bourguiba, présenté généralement comme un parangon de laïcité, mais dont on ignore généralement que, dans les mêmes années 1930, il faisait passer ses consignes de lutte par les mosquées, où les imams prêchaient aux fidèles que la participation à telle grève ou manifestation décidée par le parti était le devoir de tout Musulman.

Pour en revenir aux Palestiniens, un premier constat s’impose : tous, quelle que soit l’idéologie dont ils se réclament, sont Palestiniens avant d’être islamistes, gauchistes, nationalistes arabes ou autres, et tous, chrétiens compris, baignent dans une culture ambiante musulmane. Ce patriotisme étroit, commun désormais à tous les peuples arabes, qui ont intériorisé les frontières nationales héritées des colonialismes et des protectorats, est évidemment particulièrement exacerbé chez ceux dont la terre est occupée depuis presque un siècle par des colons juifs, ou se disant tels.

Corollaire de ce patriotisme, l’anti-impérialisme, qui est passé par plusieurs phases, au fil des événements du monde et de la région.

Analysant à juste titre le projet sioniste et sa mise en œuvre comme une émanation des puissances coloniales (Grande-Bretagne et France), qui passèrent ensuite le bâton aux USA, les Palestiniens se tournent doncnaturellement vers ceux qui, dans le monde, semblent combattre ces puissances : l’URSS, la Chine, le Vietnam et Cuba. L’enthousiasme pour l’Union soviétique ayant déjà été quelque peu échaudé par son vote à l’ONU en faveur du plan de partage de la Palestine du 29 novembre 1947, les sympathies et les affinités idéologiques se déplacent progressivement vers Pékin, Hanoi et La Havane.

Mais deux événements viennent tout changer : la révolution iranienne de janvier 1979 et l’entrée de l’Armée rouge en Afghanistan le 25 décembre 1979, qui vient régler à la kalachnikov le conflit entre les communistes afghans au pouvoir. Cette même année 1979 a vu une guerre éclater entre la Chine, désormais dirigée par lepragmatique héritier de Mao, Deng Xiao Ping, l’homme auquel peu importait la couleur du chat pourvu qu’il attrape les souris, et le Vietnam, occupé dans une guerre visant à éliminer les Khmers rouges maoïstes du Cambodge. Téhéran devient donc soudain la nouvelle Mecque des révolutionnaires palestiniens, Yasser Arafat compris [2].

L’impact de la révolution iranienne sur le monde arabo-musulman est énorme, notamment sur les groupes et mouvements politico-militaires palestiniens et libanais et, plus largement sur la jeunesse, en particulière étudiante. Un groupe d’étudiants palestiniens, en partie originaires de Gaza, boursiers en Égypte, constitue alors le premier noyau de ce qui deviendra le Mouvement du Jihad islamique palestinien. Le Mouvement est né officiellement en octobre 1987, par la première action militaire de ce groupe contre un cantonnement israélien, dans le quartier du Shujaayia à Gaza, prélude à la première Intifada, qui éclatera le 9 décembre 1987. Le même quartier où, en juillet 2014, les soldats israéliens connaîtront leur première grande défaite tactique de l’Opération Bordure protectrice.

Entre la divine surprise de 1979 et 1987, il aura fallu deux événements décisifs pour recentrer le combat palestinien sur le territoire de la patrie occupée : l’assassinat du président Sadate en 1981, qui déclenche une chasse aux islamistes n’épargnant pas les Palestiniens, même s’ils sont étrangers à cet assassinat, et l’occupation israélienne du Liban en 1982, qui conduit à l’évacuation des combattants et des bureaucrates palestiniens vers la Tunisie, l’Algérie, l’Irak ou le Yémen.

Les militants du Jihad islamique se replient sur Gaza et poursuivent leur travail discret de construction d’une avant-garde révolutionnaire, tenant d’amalgamer leur bagage théorique hétéroclite et regroupant progressivement des militants venus de la gauche marxisante et/ou nationaliste arabe, tout en maintenant des relations complexes à la fois avec les Frères musulmans, qu’ils ont fréquentés en Égypte, et les fractions islamiques du Fatah. Les Frères musulmans de Gaza ne se décideront à passer à la lutte politique (et donc militaire) qu’au moment de la première Intifada, où ils créeront officiellement le Hamas, bénéficiant du réseau patiemment tissé dans les mosquées et dans le travail caritatif.

27 ans plus tard, le Jihad islamique est le troisième mouvement politico-militaire palestinien par ordre d’importance. Il a joué un rôle important dans la résistance à la dernière offensive israélienne contre Gaza et reste un étrange soldat dans le paysage palestinien, avec une armée de l’ombre estimée à 5 000 combattants, dirigée par des hommes qui ont tout lu et discuté, d’Antonio Gramsci et Ibn Khaldoun à Mao et Che Guevara, en passant par Khomeiny et Ali Shariati, le traducteur en persan de Franz Fanon. Maintenant des rapports complexes de fraternité conflictuelle avec le Fatah et avec le Hamas, ce mouvement, qu’on peut qualifier d’islamo-nationaliste révolutionnaire, jouit d’un grand prestige auprès des Palestiniens de tout bord, en premier lieu parce qu’il a longtemps joué les médiateurs et les conciliateurs entre les deux grands frères ennemis.

Pour en savoir plus, il ne vous reste plus qu’à lire cet ouvrage, dont Olivier Roy écrit dans sa préface qu’il « apporte une contribution extrêmement originale : l’analyse des trajectoires militantes des fondateurs et des cadres du mouvement. Un maoïste athée peut devenir un islamiste au nom de la fusion avec les masses, un islamiste partisan de l’oumma [3] peut inscrire sa lutte dans le cadre d’un nationalisme palestinien pour finir par rejeter l’internationalisme islamiste, parce qu’il y voit un prétexte pour ignorer les luttes nationales et se réfugier dans un univers panislamiste. Les chemins se croisent, les militants évoluent. On a sans doute jeté un peu vite le bébé Marx avec l’eau du bain soviétique. L’influence profonde du marxisme chez beaucoup de fondateurs du Mouvement du Jihad islamique palestinien (et du Hezbollah) explique à la fois leur originalité et leur efficacité dans l’action ». (Op. cit. p.9).


Fausto Giudice | 24-11-2014


Notes


[1] De la théologie à la libération – Histoire du Jihad islamique palestinien, éditions La Découverte, octobre 2014, 214 p., 18 € (amazon.fr, français)

[2] « Khomeyni est notre Imam, notre chef, le dirigeant de tous les moudjahidines, nous serons deux peuples en un seul, deux révolutions en une seule et chaque fedaï, chaque moujahid, chaque révolutionnaire iranien sera l’ambassadeur de la Palestine en Iran. Nous avons libéré l’Iran, nous libérerons la Palestine. Nous continuerons nos efforts jusqu’au moment où nous aurons vaincu l’impérialisme et le sionisme ; le combat mené contre le Shah par les Iraniens est identique à celui des Palestiniens contre Israël.», Yasser Arafat, quotidien Libération, 20 février 1979, cité par Zahra BANISADR, « L’Iran et la question palestinienne », in Revue d’études palestiniennes, numéro 24, Éditions de Minuit, 1987, p 5, et repris par Nicolas Dot-Pouillard, « De Pékin à Téhéran, en regardant vers Jérusalem : la singulière conversion à l’islamisme des « Maos du Fatah », Religioscope, 2008

[3] L’oumma est la communauté des musulmans, indépendamment de leur nationalité, de leurs liens sanguins et des pouvoirs politiques qui les gouvernent. Le terme est synonyme de ummat islamiyya, la Nation Islamique. (Wikipédia, français)


Source : vineyardsaker.fr


 

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Publié dans Palestine

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VLADIMIR POUTINE : HISTOIRE DE L'OPTIMISTE ET DU PESSIMISTE (VIDEO)

Publié le par Tourtaux

 

 

[Vidéo] Vladimir Poutine : histoire de l’optimiste et du pessimiste

 

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Après le discours du président Vladimir Poutine (version française ici) le 24 octobre 2014 au Le Club de Discussion Valdaï, Dominique de Villepin et Wolfgang Schüssel (ancien chancelier fédéral d’Autriche) ont pris la parole (voir le texte du discours de Villepin ici). Vladimir Poutine a alors réagi à leurs interventions – brièvement et avec humour – avant la session de questions-réponses.


 Extrait sous-titré de la brève intervention de Vladimir Poutine à Valdaï le 24 octobre 2014

 

   


Texte original (russe) : http://kremlin.ru/news/46860

Traduction (anglais) : http://eng.news.kremlin.ru/news/23137

Traduction française : http://www.sayed7asan.blogspot.fr   


Retranscription.


Je voudrais commencer par dire que dans l’ensemble, je suis d’accord avec Wolfgang [Schüssel] et Dominique [de Villepin]. Je souscris pleinement à ce qu’ils ont dit.

Cependant, j’aimerais clarifier certains points. Il semble que Dominique a parlé de la crise ukrainienne comme de la cause de la détérioration des relations internationales. Naturellement, cette crise est une cause, mais ce n’est pas la cause principale. La crise en Ukraine est elle-même le résultat d’un déséquilibre dans les relations internationales.

J’ai déjà mentionné dans mon discours les causes de ces événements, et mes collègues en ont également parlé. Je pourrai m’étendre sur la question si vous le souhaitez. Toutefois, cela est principalement le résultat de ce déséquilibre dans les relations internationales.

En ce qui concerne les questions soulevées par Wolfgang, nous allons y revenir : nous pourrons parler des élections, et de la fourniture de ressources énergétiques à l’Ukraine et l’Europe.

Cependant, je voudrais répondre à l’expression « Wolfgang est un optimiste, tandis que la vie est plus difficile pour les pessimistes. »

J’ai déjà évoqué cette plaisanterie un peu grossière sur un pessimiste et un optimiste, mais je ne peux pas m’empêcher de la rapporter à nouveau. Voilà cette vieille anecdote sur un pessimiste et un optimiste : un pessimiste boit son cognac et fronce les sourcils en disant : « Ça pue la punaise ! », alors qu’un optimiste attrape une punaise de lit, l’écrase, puis la renifle en disant : « Une légère odeur de cognac… »

Je préfère être le pessimiste qui boit du cognac que l’optimiste qui renifle des punaises !… [Rires]

Bien qu’il semble que les optimistes se portent mieux, notre objectif commun est de vivre une vie décente – sans abuser de l’alcool.

À cette fin, nous devons éviter les crises et affronter ensemble tous les défis et menaces, et établir des relations sur la scène mondiale qui nous aideraient à atteindre ces objectifs.

Plus tard, je serai prêt à répondre à certaines des autres questions qui ont été soulevées.

Merci.

Vladimir Poutine | 24 octobre 2014, Sotchi


Source: http://sayed7asan.blogspot.ch

 

  

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Publié dans Russie

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