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LETTRE OUVERTE POUR ARDISSON : LE COMMUNISTE RESISTANT LEON LANDINI REPOND AU SALOPARD MICHEL ONFRAY

Publié le par Tourtaux

Lettre ouverte pour Ardisson

Le communiste résistant Léon Landini répond au salopard Michel Onfray

samedi 14 décembre 2013
par  pam
popularité : 77%

Lettre ouverte pour Ardisson, Société de production de l’émission (salut les terriens) du 2 mars dernier où était invité Onfray.


Bagneux le 25 mars 2013 Lettre ouverte Teleparis 4 bis, rue Descombes 75017 Paris


Monsieur, C’est avec retard que nous avons pris connaissance de votre émission, dans laquelle vous permettez au sieur Onfray, de vomir son anticommunisme, mettant en cause les FTP-MOI (Franc-Tireur et Partisans de la Main d’Œuvre Immigrée) et en offensant les communistes que nous sommes.


Cet individu, affirme que les communistes français (dont les FTP-MOI étaient un des bras armé) ne sont entrés en Résistance qu’après l’attaque allemande contre l’Union Soviétique et que pendant deux ans ils ont collaboré avec les nazis et qu’ils étaient anti-juifs. Et cette crapule ose ajouter : « Nous leur accorderons tout de même le bénéfice du doute sur les horreurs de la Shoah. En avaient-ils connaissance ? Les idolâtres les plus fanatisés vous diront que non …. ». Oser prétendre, comme il l’a dit, que peu ou prou nous aurins participé à la Shoah, relève de la diffamation.


Il est intolérable que vous rendiez ces vilénies publiques et cela ne vous honore pas de permettre à cet histrion de se donner en spectacle dans votre émission. Pendant la guerre, même les collaborateurs les plus pourris n’ont jamais accusé les communistes et les FTP-MOI d’être anti-juifs, bien au contraire, ils nous désignaient sous l’appellation de judéo-communistes. D’après Onfray, ceux qui nieraient ses fausses révélations ne seraient que « des idolâtres les plus fanatisés ».


En ce qui nous concerne, nous anciens FTP-MOI faisons partie de « ces fanatisés là » qu’il ait donc le courage de venir raconter ces saloperies dans une de nos réunions et il pourra constater à loisir que des vieillards fanatisés de 90 ans seront encore capables de lui faire avaler ces insanités.


Il convient de rappeler, que les combattants FTP-MOI des bataillons Carmagnole-Liberté (unité que des historiens désignent aujourd’hui comme « Le fer de lance de la Résistance armée française ») ont été créés à l’initiative du Parti Communiste. Les premiers engagés dans ces unités étaient des anciens des Brigades Internationales en Espagne et la majorité des dirigeants de la M.O.I. ainsi qu’une partie de ses combattants étaient d’origine juive, comme le prouve le nom des fusillés de l’Affiche Rouge.


Dans les cinq premiers créateurs de Carmagnole, il y avait, trois anciens des Brigades Internationales, mais tous les cinq étaient d’origine juive. Nous accuser de porter une part de responsabilité dans la Shoah, c’est nous accuser d’avoir participé à la déportation de nos propres familles, car à la libération combien d’entre nous se sont retrouvés tout seuls, leurs familles ayant totalement disparu dans les fours crématoires d’Auschwitz Ces affirmations sont innommables et tous les mots orduriers figurant sur les dictionnaires sont encore faibles pour dire ce que nous pensons de votre hôte parasite.


Afin que vous sachiez, afin que vous connaissiez les falsifications historiques et les vilénies que vous avez permis de rendre publiques à l’odieux Onfray, nous allons vous démontrer par des preuves incontestables, que les communistes sont entrés les premiers en Résistance contre les nazis.


Oui ! Nous disons bien les premiers ! Et ci-dessous nous allons vous le démontrer. Voici quelques unes des prises de position et d’opérations militaires effectuées bien avant l’attaque contre l’Union Soviétique.


Commençons par le début.


-  Dès 1936 beaucoup de communistes Français à l’appel de leur Parti, s’engagèrent comme volontaires dans les Brigades Internationales afin de porter secours au peuple espagnol agressé par le général Franco, qui s’était insurgé contre son propre gouvernement. Ce général renégat, était aidé dans ses combats contre la République espagnole, par les nazis et les fascistes italiens venus lui prêter main forte. Bien des années après, le gouvernement français reconnaissait que ceux qui s’étaient engagés et battus dans les Brigades Internationales, n’avaient pas seulement combattu pour défendre la République espagnole, mais qu’ils avaient également été les premiers à prendre les armes pour la défense de la liberté de notre pays. En reconnaissance des services rendus à leur Patrie, le gouvernement Français leur a attribué la Carte de Combattant.


-  Le 6 Juin 1940 : Le Parti Communiste Français, charge le philosophe Georges Politzer (qui sera fusillé par les nazis) de remettre au ministre Anatole de Monzie un texte en cinq points rédigé par Benoît Frachon. Le dernier point est ainsi libellé : « Il faut armer le peuple et faire de Paris une citadelle inexpugnable » . Il s’agit en fait du premier appel à la Résistance ouverte alors que la France n’a pas encore été envahie. On retrouve l’esprit et parfois la lettre de ce texte dans les tracts clandestins qui seront plus tard diffusés par les militants communistes. (Il en existe des exemplaires au Musée de la Résistance Nationale à Champigny).


-  Le 16 juin 1940 Les communistes brestois constituent leur premier dépôt d’armes au Bouguen, provenant d’armes abandonnées par l’armée anglaise. Le 17 juin 1940 : Charles Tillon, Responsable National du PCF et futur commandant en chef de tous les Francs-Tireurs et Partisans (FTP) était chargé par la direction du PCF, de réorganiser le Parti Communiste dans le Sud-ouest après les nombreuses arrestations, opérées dans les rangs de PCF. Il lance, un véritable appel à la résistance contre le fascisme hitlérien. Voici quelques phrases de cet appel :

« Mais le peuple français ne veut pas d’esclavage, de la misère et du fascisme …. Nous sommes pour un gouvernement, rétablissant la légalité du Parti Communiste, luttant contre le fascisme hitlérien. Nous sommes le nombre nous seront la force. Peuple des usines, des champs, des magasins et des bureaux, commerçants, artisans et intellectuels, soldats, marins et aviateurs encore sous les armes, unissez vous dans l’action »

. Il s’agit bien là du premier véritable appel à la résistance contre le fascisme hitlérien lancé après l’occupation de notre pays. Il est utile d’ajouter que des milliers de tracts reproduisant cet appel, furent distribués dans les rues de Bordeaux par des militants communistes.


- En Juillet 1940 : A Nantes une famille d’instituteurs communistes nommée Leroy, à saboté une centrale électrique et participé à une distribution de tracts appelant à la Résistance. Le 10 juillet 1940 : L’appel de Maurice Thorez et de Jacques Duclos qui déclare : « Un peuple comme le notre ne sera jamais un peuple d’esclaves » .


- En août 1940 :

« Dans le Nord, les communistes, Eusebio Ferrari, les frères Martel, les frères Camphin, Debarge et quelques autres incendient plusieurs véhicules de l’armée d’occupation et font sauter un train allemand »

.

- Le 29 septembre 1940 Le commissaire central du département, adresse un rapport au préfet de l’Aube :

« Activité du Parti communiste, j’ai l’honneur de vous signaler que le Parti Communiste aurait organisé le ramassage sur tout le territoire des armes abandonnées par l’armée française pour en constituer des dépôts clandestins »

.

- Le 5 octobre 1940 Un rapport de Vichy fait état : « Que le communisme est devenu le symbole de l’indépendance nationale par contraste avec la résignation générale. Octobre 1940 Le SS Sturmbahfuhrer Karl Bomelburg, chef de la Gestapo à Paris, signale à ses supérieurs le danger important auquel l’occupant est confronté : « Quoiqu’interdit le Parti Communiste est le seul des anciens Partis qui déploie encore une forte activité ».


- Le 30 octobre 1940 : L’O.S. (l’Organisation Spéciale du Parti communiste) qui combattait déjà depuis quelques temps contre les occupants, a été officiellement homologuée « Unité Combattante le 30 octobre 1940 » par le ministère des Armées Françaises. Ces groupes spéciaux, constitués par le PCF en 1939, pour la protection des militants communistes recherchés par la police de Vichy, étaient des hommes aguerris, beaucoup avaient servi dans les Brigades Internationales en Espagne. Parmi les premiers animateurs de l’O.S. se distingueront des hommes qui paieront de leur vie la gloire des premières opérations militaires contre l’occupant.


La liste des survivants artisans de l’O.S. est moins longue que celle des morts. Tous fusillés en 1941 et 1942. Novembre 1940 : « Julien Hapiot, dirigeant communiste dans le Nord et Georges Capel incendient un parc automobile Allemand ». Le 4 décembre 1940 : « Roger Landini, dirigeant des jeunesses communistes dans le Var, avec ses camarades a fait dérailler en gare de triage de Fréjus-Plage, un train chargé de produits alimentaires destinés à Allemagne ». Le même mois : Eusebio Ferrari et Félicien Joly font sauter un train allemand et dynamitent la génératrice et la station de Bénory-Cumichy. Le 11 décembre 1940 Au sud-est de Dijon, les groupes de l’O.S. dirigés par Jean Mahon, Chalon et Grillot, font dérailler un train de marchandise, partant pour l’Allemagne. Le 10 mars 1941, un groupe de l’O.S. abat trois soldats allemands au port de commerce de Brest. Le 30 avril 1941 un sous officier allemand est abattu à Lambersart dans le Nord par le groupe de l’O.S. d’Eusebio Ferrari. Le premier mai 1941 les groupes de l’O.S. sont dissouts et remplacé ce même jour par les FTPF et les FTP-MOI, qui eux ont officiellement été homologués « Unité Combattante » à partir de ce premier mai 1941, par le ministère des armées. Début mai 1941 A nouveau le groupe d’Eusebio Ferrari abat des soldats hitlériens à Lambersart. Toujours en mai 1941 les FTP détruisent un parc à voitures allemand à Saint-Die dans les Vosges. Fin mai début juin 1941 Déclenchement de la grande grève des mineurs. Grève organisée par les communistes : Auguste Lecœur, Michel Brûlé, Julien Hapiot, Charles Debarge. Dans le Pas-de-Calais cette grève rassemble 100 000 mineurs et prive les nazis d’une importante quantité de charbon. Le 26 mai 1941 Dans un numéro illégal de L’HUMANITE on peut lire : « Abat l’antisémitisme ! ». Et ce ne sont là que quelques unes des multiples actions menées par les communistes.


Ces quelques exemples démontrent que les communistes, contrairement à ce qu’affirme Onfray n’ont pas attendu l’attaque contre l’Union Soviétique pour prendre les armes contre les nazis et les fascistes. Au sujet de la scandaleuse calomnie à l’encontre de Guy Môquet, voici quelques documents prouvant le contraire de ce qu’à écrit Onfray : Le 30 mars 1939, sous le titre : « La dernière chance de la paix », Maurice Thorez, Secrétaire général du Parti Communiste Français écrit dans « l’Humanité » :

« Le fascisme c’est la guerre. La marche des évènements depuis quelques années confirme absolument cette vérité première …. Que faire devant la menace ? Sinon unir, sinon unir tous les peuples de bonne volonté et en premier lieu la France, l’Angleterre, l’Union soviétique et par delà l’océan les Etats-Unis d’Amérique ? »

. Ces phrases furent déterminantes dans l’attitude à avoir pour tous les communistes, Il fallait s’unir et combattre le fascisme. Guy Môquet. Son père député communiste fut arrêté en octobre 1939. Cette arrestation est un évènement marquant qui renforce l’ardeur militante de Guy. Avec l’occupation de Paris et l’instauration du gouvernement de Vichy, Guy déploie une grande activité pour coller des « papillons » et distribuer des tracts qui reflètent la ligne politique de son Parti. La ligne étant celle qu’avait définie par Maurice Thorez et Jacques Duclos, il fallait se battre contre le nazisme et le fascisme et ses vils serviteurs du gouvernement de Vichy


Les diffamations du répugnant Onfray prouvent que Guy Môquet et ses camarades ne pouvaient qu’avoir appliquer les directives de la direction de leur Parti et prétendre autre chose comme il le fait, relève de la salissure volontaire d’une des figures les plus emblématiques de la résistance française. Notre lettre aura eu entre autre comme tâche de vous démontrer qu’Onfray n’est qu’un vulgaire falsificateur et que par ses calomnies il porte atteinte à tout le monde de la Résistance. Vous devriez à l’avenir choisir un peu mieux les personnes que vous présentez car nous sommes contraints de penser que vous partagez leurs avis en les présentant avec tant d’égards. Conclusion : Onfray n’est qu’un salopard*. Cela n’est pas une insulte mais une constatation. *Salopard, la définition de ce mot donnée par le dictionnaire Larousse est la suivante : « Salopard – Individu sans scrupule qui agit envers autrui d’une façon ignoble ».


Léon Landini Président de l’Amicale des Anciens FTP-MOI des Bataillons Carmagnole-Liberté Officier de la Légion d’Honneur – Médaille de la Résistance – Grand Mutilé de Guerre (suite aux tortures endurées pendant son internement) membre du Comité d’Honneur du Musée de la Résistance Nationale de Champigny. Ces communistes. (Il en existe des exemplaires au Musée de la Résistance Nationale à Champigny).

 

 

Publié dans Guerre1939-45

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GEORGIE : RETOUR SUR LE BILAN DESASTREUX DE DIX ANS DE " REVOLUTION DES ROSES " - UNE MAQUETTE POUR L'UKRAINE ?

Publié le par Tourtaux

georgia-nato-eu.jpg Géorgie : il y a dix ans, la « révolution » des roses

 

Le 24 novembre 2003, le président géorgien Edouard Chevardnadze, ancien ministre des affaires étrangères de Gorbatchev à la tête de l’URSS, était chassé du pouvoir, à la faveur d’un mouvement de protestation contre les fraudes électorales, par celui qui allait s’avérer l’homme de Washington, Mikheil Saakachvili. Dix ans plus tard, les élections législatives de 2012 et présidentielles de 2013 ont mis fin à un régime autoritaire et corrompu, marqué par la casse sociale et économique, l’alignement euro-atlantique et l’aventure guerrière. Au nom de quoi ? La nouvelle équipe au pouvoir, menée par un milliardaire arriviste semble faire en sorte que tout change pour que rien ne change.

 

Article de BL pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

En 2003, la Géorgie, indépendante de l’Union soviétique depuis douze ans, est un Etat enclavé, appauvri et miné par la corruption.

 

Elle est dirigée de manière autoritaire par Edouard Chevardnadze, ancien ministre des affaires étrangères de l’URSS sous Gorbatchev : l’ancien apparatchik opportuniste du gouvernement qui a ruiné l’Union soviétique s’est replié dans son fief, qu’il dirige en seigneur dans la plus grande indifférence aux souffrances d’une population qui subit la destruction du système socialiste.

 

Alors que Chevardnadze est réélu « triomphalement » à la faveur d’élections largement frauduleuses, le mécontentement populaire est grand. Instrumentalisées par le Kmara, un mouvement étudiant piloté par George Soros et la CIA, les manifestations populaires de novembre 2003 à Tbilissi aboutissent à la démission de Chevardnadze et à l’élection en janvier 2004 au poste de Président de Mikheil Saakachvili.

 

Enfant choyé de l’intelligentsia soviétique, Mikheil Saakachvili quitte son pays en 1992, ayant reçu une bourse du gouvernement américain. Diplômé de l’Université de Columbia, de l’Université George Washington et de l’Institut international des droits de l’Homme à Strasbourg, il travaille successivement pour les plus gros cabinets d’avocats d’affaires américains et les institutions euro-atlantistes, avant de revenir en Géorgie servir le gouvernement qu’il contribuera plus tard à renverser.

 

Néolibéral et pro-américain, Saakachvili devient alors l’homme de George W. Bush, qu’il remerciera en donnant son nom à la principale artère de Tbilissi, la capitale géorgienne.

 

Arrivé au pouvoir, Saakachvili oriente sa politique autour de trois axes : la libéralisation brutale de l’économie, l’alignement sans faille sur Washington et l’aventurisme militaire.

 

Un laboratoire de l’ultra-libéralisme : « vendre tout ce qui peut être vendu » !

 

Dirigée par une équipe qui a forgé sa vision du monde au prisme des gouvernements, médias et lobbys d’Amérique et de l’Union européenne, la Géorgie de Saakachvili devient le véritable laboratoire postsoviétique du libéralisme américain.

 

La politique économique de Saakachvili pourrait se résumer à la formule de son nouveau « ministre des réformes économiques »  Kakha Bendoukidze : « vendre tout ce qui peut être vendu ».

 

Absolument tout ce que l’Etat possède encore est passé à la moulinette des privatisations afin de rembourser les dettes colossales imposées par les bailleurs de fonds occidentaux : la production et la distribution de l’énergie, le système ferroviaire, les postes et communications, les bâtiments administratifs, les infrastructures de santé et même les cimetières !

 

Dans le même temps, le Code du travail est laminé et les impôts sur les sociétés et les capitaux, ainsi que les cotisations sociales, sont réduites à la portion congrue. Dans les deux premières années de la présidence Saakachvili, un quart des fonctionnaires ont été limogés.

 

Bon élève du libéralisme mondial, la Géorgie reçoit régulièrement les louanges du FMI et de la Banque Mondiale, qui la classera même 9e en 2013 dans son palmarès Ease of doing business des pays où il fait bon être patron.

 

Pendant ce temps, la libéralisation et la concurrence étrangère outrancière entraînent la ruine du secteur productif géorgien, notamment de l’agriculture qui emploie encore 55% de la population pour 8,8% du PIB.

 

Alors que le taux de chômage officiel atteint 16%, près de 30 à 40% de la population vit en réalité sans revenus fixes, les deux tiers des emplois relevant du travail indépendant, résultat de la déréglementation totale du travail.

 

Plus du quart de la population vit sous le seuil de pauvreté, chiffre qui ne cesse d’augmenter. L’exode est massif et le taux de fertilité – 1,4 enfant par femme – est un des plus bas du monde. L’Etat, quant à lui, pratiquement privé de ressources, recommence à s’endetter massivement.

 

Alignement sur l’OTAN et l’Union européenne et aventures guerrières : de l’Irak à l’Ossétie du nord

 

Animé par une haine dévorante de l’Union soviétique et de la Russie, Saakachvili choisit d’aligner la politique étrangère de la Géorgie sur l’OTAN et l’UE qui lui font miroiter de lointaines perspectives d’adhésion.

 

Après avoir rencontré le président de la Commission Européenne Romano Prodi en 2004, Saakachvili annonce la candidature de la Géorgie à l’UE, « pour 2009 au plus tard ». Deux ans plus tard, il quitte la Communauté des Etats Indépendants qui réunit la plupart des anciennes républiques soviétiques.

 

Saakachvili s’efforce de nuire à son voisin septentrional en bloquant notamment l’entrée de la Russie dans l’OMC et en développant les projets d’oléoduc la contournant, comme le BTC (Bakou, Tbilissi, Ceyhan). A l’inverse, il déploie des efforts considérables pour plaire à son sponsor états-unien.

 

Alors que Washington subventionne largement l’équipement et l’entraînement des forces intérieures et de l’armée géorgienne, celle-ci est de toutes les aventures impérialistes de l’administration Bush, envoyant d’importants contingents de conscrits défendre les intérêts des Etats-Unis en Irak et en Afghanistan.

 

C’est dans ce contexte qu’intervient la guerre d’août 2008 qui restera dans les mémoires populaires comme la grande erreur criminelle de Saakachvili.

 

Encouragé par le soutien apparemment indéfectible de l’ « hyper puissance » étatsunienne, et par ses précédents succès dans l’éradication violente des séparatismes dans la région côtière de Batoumi, Saakachvili imagine reprendre par la force le contrôle des régions séparatistes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud, dont l’autonomie est garantie par Moscou.

 

Lâché par Washington et Bruxelles, qui n’entendent pas mener le soutien à un petit pion caucasien jusqu’à un affrontement armé avec la Russie, Saakachvili subit une débâcle militaire humiliante pour son régime et dramatique pour les populations touchées par les combats.

 

Sauvé de peu par le grotesque ballet diplomatique des BHL et Sarkozy, Saakachvili y aura perdu définitivement le contrôle des deux régions que Moscou considère dorénavant comme indépendantes, et le peu de crédit dont il jouissait encore dans les milieux nationalistes.

 

Le régime, affaibli, devient de plus en plus autoritaire et violent.

 

Alors que, dès après la « révolution » de 2003, le nouveau régime s’était empressé d’emprisonner les tenants du précédent régime, d’éradiquer les partis d’opposition, à l’exception du Parti Communiste Unifié de Géorgie, qu’il avait fait interdire dès 2001, alors qu’il était ministre de la Justice d’Edouard Chevardnadze.

 

L’ensemble des médias passe sous la coupe du nouveau pouvoir. En 2005, le premier ministre et bras droit de Saakachvili Jourab Zvania meurt dans des circonstances troubles. En 2007, des manifestations massives ont lieu à Tbilissi pour protester contre les orientations économiques du régime ; elles sont réprimées avec une violence rare et non seulement l’indifférence, mais encore le soutien complice des « experts » américains et européens.

 

Saakachvili est néanmoins réélu en 2008, au prix de fraudes importantes et de promesses nationalistes qui conduiront au désastre d’août 2008, face à une opposition pratiquement criminalisée.

 

Alors que les ONG occidentales commencent même à point les entorses de plus en plus graves aux droits de l’Homme en Géorgie, que le pays et l’Etat sont ruinés, que la corruption réapparait, un scandale éclate en 2012 suite à la fuite de vidéos montrant les tortures pratiquées en prison.

 

De la chute de Saakachvili à l’avènement de la première fortune du pays : tout changer pour que rien ne change

 

C’est le coup de grâce pour le régime de Saakachvili, qui vacille aux élections législatives d’octobre 2012. Alors que Saakachvili, ne pouvant de présenter pour un troisième mandant présidentiel, avait fait modifier la constitution afin de donner la majorité des pouvoirs au premier ministre, c’est finalement le milliardaire Bidzina Ivanichvili, étant parvenu à réunir une coalition hétéroclite d’opposants, qui hérite du poste.

 

Né en Géorgie soviétique, Ivanichvili fait partie des « oligarques » qui ont accumulé une fortune colossale en Russie et dans les autres Etats d’ex-URSS dans les années 1990 en rachetant à vil prix les fleurons de l’industrie soviétique bradés par des dirigeants corrompus et opportunistes.

 

Devenu milliardaire en ruinant la métallurgie soviétique, puis en trustant le secteur bancaire russe dans les manipulations interlopes qui caractérisent les années Eltsine, il échappe au sort grotesque de ses comparses Mikhaïl Khodorkovski et Boris Berezovski en vendant ses actifs russes au début des années 2000 lorsque s’installe le pouvoir poutinien et revient en Géorgie pour sponsoriser le régime de Saakachvili dont il finance sur ses deniers propres les mesures clientélistes : financement des écoles et des hôpitaux abandonnés par le budget public, équipement et nourriture des soldats conscrits, paiement des traitements non versés des fonctionnaires.

 

A la tête de la 153e fortune mondiale – 6,4 milliards de dollars – dans un Etat où plus du quart de la population vit sous le seuil de pauvreté et où dix ans de capitalisme sauvage ont exacerbé les inégalités, Bidzina Ivanichvili, qui a rompu avec Saakachvili à la suite de la répression des manifestations de 2007 et s’est fait construire un palais à Tbilissi en face de la présidence, est ainsi devenu un Etat dans l’Etat.

 

C’est ainsi que, au prix de la campagne électorale la plus chère de l’histoire des pays d’ex-URSS, il a pu être élu premier ministre, profitant de sa position pour emprisonner les tenants de l’ancien pouvoir.

 

Alors que le mandat présidentiel de Saakachvili a pris fin ce mois-ci, Ivanichvili a fait élire son candidat à la présidence : Guiorgui Margvelachvili. Ivanichvili, désormais, peut se retirer de la vie publique qu’il apprécie si peu et placer ses pions.

 

Si, le jour de son investiture, le nouveau président a assuré qu’il était urgent de restaurer les relations avec la Russie, rompus depuis 2008, le successeur d’Ivanichvili au poste de premier ministre, Irakli Garibachvili, s’est empressé de préciser que « l’intégration dans l’UE et l’OTAN demeurent la priorité absolue du gouvernement géorgien ».

 

 

Au Caucase aussi, il faut que tout change pour que rien ne change.

 


Lundi 23 décembre 2013

Publié dans Lutte des classes

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LIBAN : ZIYAD RAHBANI, COMPOSITEUR ET REALISATEUR LIBANAIS DE RENOM : "JE SOUTIENS LES CHOIX DU HEZBOLLAH MEME S'IL VA EN EGYPTE"

Publié le par Tourtaux

Ziyad Rahbani:"Je soutiens les choix du Hezbollah même s’il va en Egypte"

Dans une interview à la chaine de télévision arabe al-Mayadeen, diffusée vendredi soir, le compositeur et réalisateur libanais de renommée Ziyad Rahbani a réitéré que sa mère, la fameuse chanteuse Fayrouz éprouve de la sympathie envers le secrétaire général du Hezbollah Sayed Hassan Nasrallah.

« Il n’est pas permis, en cette époque de divisions, que la princesse de l’art arabe précieux salue le maitre de la résistance », a-t-il dit au lendemain d’une longue interview accordée au site d’information al-Ahed. C’est dans cette interview que Ziyad a révélé les sentiments d’affection de sa mère envers Sayed Nasrallah.

« Elle préfère le silence. Je parle d’elle parce que Fayrouz représente tout le patrimoine des Rahbani, et elle était le porte-parole de ce patrimoine », a assuré Ziyad, assurant que Fayrouz est avec la résistance. « Si Fayrouz n’était pas avec la résistance, il y aurait eu un problème entre nous, et je n’aurais jamais composé ses chansons ».

En effet, cette révélation a fait la Une des articles et des commentaires postés sur les pages de socialisation. Immédiatement, les critiques ont fusé de toutes parts contre Fayrouz et l’histoire artistique des Rahbani.

A ces propos diffamatoires, Ziyad a riposté : « Celui qui s’attaque à Fayrouz et Nasrallah défend Israël ».

A la question de savoir sa position sur la participation du Hezbollah en Syrie, l’artiste libanais a dit : « Je soutiens les choix du Hezbollah même s’il décide d’aller en Egypte », en réponse à la participation du parti de la résistance dans les combats en Syrie.

« Comment se fait-il que le Hezbollah n’aille pas en Syrie ? Par cette intervention, il défend toute la région contre l’offensive à laquelle elle fait face », a-t-il dit, considérant que la Syrie et le Liban constituent un seul pays et qu’il est impossible que le Liban ne soit affecté par la crise en Syrie.

Sur sa relation avec l’Arabie Saoudite, Ziyad Rahbani a indiqué que celle-ci est négative à cause des positions saoudiennes et de son soutien à l’organisation de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL). 

Selon lui, il y aurait plus de destructions en Syrie mais ceci prendra fin. Il a enfin salué les positions de la Russie sur la Syrie qui n’ont pas changé malgré les pressions américaines et occidentales.

 

Source: Sites web

22-12-2013 - 00:42 Dernière mise à jour 22-12-2013 - 00:45
 
 

Publié dans LIBAN

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CAPITAINE MARTIN : CE SERA BIENTOT NOEL POUR LES MULTINATIONALES...

Publié le par Tourtaux

Dimanche 22 décembre 2013

Stop TPPLes multinationales l’ont presque fait. Le TPP (Trans-Pacific Partnership, aussi connu sous le nom de traité multilatéral de libre-échange) est en passe d’être signé. Un traité tenu secret jusqu’à ce que Wikileaks rende le texte public. Les réactions n’ont pas tardé à fuser : « le texte du TPP que nous avons pu découvrir aujourd’hui révèle une terrible mais non surprenante vérité : voilà un accord négocié dans un secret total, notamment avec les entreprises mais sans le public, et qui apparaît comme la liste des vœux anti-utilisateurs émise par l’industrie », résume l’Electronic Frontier Foundation.

 

S’il devait effectivement s’appliquer, le traité étendrait au monde entier quelques-uns des pires aspects de la loi étasunienne en matière de copyright : octroi d’un plus grand nombre de brevets, création d’une propriété intellectuelle sur les données, extension des termes de protection pour les brevets et le copyright, accroissement des privilèges des ayants-droits,  création d’un tribunal spécial qui instruira les violations de brevets avec à la clé augmentation des peines pour infraction à la propriété intellectuelle.

 

Les nations impliquées pour le moment dans les négociations sur le TPP sont au nombre de douze : les États-Unis et le Japon (qui sont respectivement la première et la troisième économies mondiales) auxquels il convient d’ajouter le Mexique, le Canada, l’Australie, la Malaisie, le Chili, le Vietnam, le Pérou, la Nouvelle-Zélande, le sultanat de Bruneï et Singapour.

 

Le texte du traité révèle que les pays en question sont prêts à sacrifier les droits de leurs citoyens afin de parvenir à un nouvel accord commercial avec les États-Unis. L’Europe n’est pas en reste et rien ne dit à l’heure actuelle qu’elle ne leur emboîtera pas le pas. D'ailleurs, le projet de « Grand Marché Transatlantique » EU-Canada-UE prévoit lui aussi un nouveau bond dans l'intégration supranationale néolibérale.

 

La Chine, la Russie, l’Inde et l’Iran ont naturellement été tenus à l’écart des négociations. Alors que, parmi les Nations en lice, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Chili sont en train d’examiner les intérêts qu’ils auraient à signer un tel traité, la publication des documents par Wikileaks y a tout aussi naturellement fait l’effet d’une bombe.

 

Matthew Rimer, expert en propriété intellectuelle, explique à quel point le projet de traité fait peu de cas des droits et des intérêts des consommateurs : « on pourrait voir le TPP comme une liste de cadeaux qu’auraient faite les grandes entreprises pour Noël, et ce qui concerne le copyright s’inscrit parfaitement dans ce cadre. Hollywood, l’industrie de la musique, les grandes entreprises informatiques comme Microsoft, le secteur pharmaceutique seront ravis ».

 

Selon des rumeurs publiées dans certains journaux en Australie, le TPP a été très fortement soutenu par Obama. Ce dernier aurait également tenu à le garder sous silence. Plus de six cents consultants d’affaires, appartenant tous à des lobbies économiques ou commerciaux, auraient contribué à la rédaction du texte. Pour les opposants au traité, « les États-Unis apparaissent comme l’un des pays les plus liberticides. Même les libertés des consommateurs y sont aujourd’hui menacées ».

 

Selon Julien Assange, rédacteur en chef de Wikileaks, « si ce traité est institué, le régime de propriété intellectuelle du TPP piétinera les droits individuels et la liberté d’expression et foulera aux pieds le patrimoine intellectuel et créatif. Si vous lisez, écrivez, publiez, écoutez, dansez, chantez ou inventez, si vous cultivez ou consommez des aliments, si vous êtes malades ou si un jour vous tombez malade, le TPP vous a dans sa ligne de mire ».

Capitaine Martin

Publié dans Lutte des classes

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DES LUTTES OUVRIERES

Publié le par Tourtaux

Dimanche 22 décembre 2013
  

T’as pas de voiture de fonction ?

Les remboursements de frais de déplacements,
où en sommes-nous ?

Dans le cadre des rencontres du dialogue social, nous avions obtenu de Madame FABRE, Vice-Présidente aux ressources humaines, l’ouverture de négociations pour que vos remboursements de frais kilométriques suivent les mêmes procédures que celles appliquées pour l’ensemble des agents du Département. Une étude pour adapter le logiciel informatique utilisé par les agents était en cours. Des raisons budgétaires ont fait reculer le Département. Le projet semble aujourd’hui enterré, les engagements de Madame Fabre aussi.

Cependant nous avons obtenu que les nouveaux contrats de travail mentionnent que « pour les déplacements autres que ceux inclus dans l’allocation d’entretien, une indemnisation est effectuée en référence au barème applicable à la fonction publique. » Le CTP a validé ces contrats, l’administration s’engage à les appliquer.

Il faut entendre par « les frais de déplacement inclus dans l’allocation d’entretien » ceux liés à la vie courante : conduites à l’école (si c’est celle de votre secteur), conduites aux activités, conduites aux rencontre parents-enfants si la rencontre est sur votre secteur géographique. Les négociations en cours évoquent une centaine de kilomètres par mois.

Les déplacements professionnels qui se font à la demande du service (formations, réunions, synthèses, déplacements au-delà de 30kms dans le cadre du projet de l’enfant) doivent être remboursés en fonction du barème ci-dessous :

 Les indemnités kilométriques
(Au 1er août 2008 – Arrêté du 26 août 2008 –
BCFF0818058A publié au JORF du 30 août 2008)

  Jusqu’à 2000 kms De 2000 à 10 000 kms Au-delà de 10 000 kms
5 cv et moins 0.25 euros 0.31 euros 0.18 euros
6 à 7 cv 0.32 euros 0.39 euros 0.23 euros
8 cv et plus 0.35 euros 0.43 euros 0.25 euros

Dans l’attente de l’aboutissement des négociations sur les procédures de remboursement de vos frais de déplacement, nous vous invitons à demander le remboursement de vos frais par « mémoire de frais » en joignant la photocopie de la carte grise de votre véhicule (c’est ce qui est demandé aux agents du Département) et de les calculer sur la base du barème ci-dessus.

Cela permettra de faire un recours au tribunal administratif si le Département persiste dans le refus de l’application du décret.

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CTP a validé ces contrats, l’administration s’engage à les appliquer. (lire la suite sur le blog des assfam cgt59

Total : la grève se poursuit dans trois raffineries

Publié le 21.12.2013, 19h19 | Mise à jour : 20h02

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Les salariés de la raffinerie de Donges (Loire-Atlantique) ont décidé ce dimanche de mettre fin à leur grève. Trois raffineries du groupe sur cinq restent touchées par un mouvement reconductible à l'appel de la et FO portant sur les .

«La mobilisation continue». Tel est le message passé par la CGT samedi. Les salariés des raffineries encore en grève réclament une augmentation salariale minimale de 100 € ainsi qu'une prime de 1 500 €. Les deux syndicats CGT et FO, à l'origine du mouvement social qui dure depuis neuf jours, estiment que les «résultats mirobolants du groupe, régulièrement supérieurs à 10 milliards d'euros» de bénéfices, doivent aussi profiter aux salariés.

Après la reprise du travail à Donges, les raffineries de Gonfreville-l'Orcher (Seine-Maritime), Châteauneuf-les-Martigues (Bouches-du-Rhône) et Feyzin (Rhône) sont encore concernées par ce mouvement, ainsi que le dépôt d'importation de Flandres (Nord). La cinquième raffinerie de Total, à Grandpuits (Seine-et-Marne) a, elle, cessé la grève en début de semaine.

«Aucun problème d'approvisionnement»

Côté consommateurs, un porte-parole de Total avait assuré vendredi que «la situation dans les raffineries n'entraîne absolument aucun problème d'approvisionnement». Le président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), Jean-Louis Schilansky, a confirmé qu'il n'y avait «aucune perturbation» pour alimenter les stations-service, précisant que le marché français était notamment approvisionné par des importations.

Outre la raffinerie seine-et-marnaise de Total qui a cessé la grève, trois autres raffineries, exploitées par d'autres pétroliers, fonctionnent par ailleurs dans l'Hexagone.

LeParisien.fr

http://www.leparisien.fr/economie/total-greve-maintenue-dans-quatre-raffineries-21-12-2013-3430567.php

Social: une pénurie de carburant pendant les fêtes de Noël ?

André Lecondé

Publié dans Economie / Politique > SocialAugmenter la policeDiminuer la police

par André LecondéLe 21 Décembre 2013 à 15h30

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On n'en cause mais pas tant que ça. Il faut dire que, pour le moment, les hautes sphères ne craignent pas le coup de pompe dans les stations d'essence aux pistolets toujours fonctionnels. Mais quand même, il ne faudrait pas être la victime d'un trop plein de confiance qui nous laisserait sec pendant les fêtes de Noël. Car en ce moment, quatre des cinq raffineries du groupe Total son en grève. La CGT, qui alimente le mouvement, ne tient apparemment pas à rester sur la réserve, parlant même, pour un site, d'état de siège.

 

"Le mouvement continue, il semble bien s'ancrer", a d'ailleurs évalué un responsable de cette centrale syndicale qui est le premier syndicat de la branche raffinage-pétrochimie de Total. "La direction générale nous a fait passer le message que, pour eux, il n'y avait pas de sujet, donc les négociations se font au niveau de chaque établissement."

 

Et quels sont ces établissements ? Les raffineries en grève, qui produisent pour l'essentiel de l'essence et du gasoil pour l'automobile, affichent une capacité de 339.000 barils par jour (bpj) pour Gonfreville (Seine-Maritime), 230.000 bpj pour Donges (Loire-Atlantique), 155.000 bpj pour La Mède (Bouches-du-Rhône) et 119.000 bpj pour Feyzin (Rhône). Puis il y a la raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne), d'une capacité de 99.000 bpj, qui fonctionnait normalement hier vendredi après la reprise du travail votée mardi. En revanche, l'ambiance est bien moins détendue à Gonfreville où son responsable CGT, Thierry Defresne, a déclaré : "On est passés à un cran supérieur au niveau de la raffinerie, on est en état de siège c'est-à-dire qu'on a bloqué l'entrée."

 

Quelles sont les raisons de cette colère ? La CGT estime que la proposition de Total d'une augmentation de salaires annuelle de 1,5% n'est pas suffisante et réclame pour chaque salarié une prime de 1.500 euros et une augmentation de 100 euros par mois. Total indique que la hausse proposée atteint déjà 3,5% en incluant des éléments d'ancienneté et de performance. Un accord salarial a été signé lundi avec trois organisations syndicales, qui représentent ensemble une majorité de salariés. Le mouvement social qui affecte 60% de la capacité française de raffinage pour des revendications salariales est entré vendredi dans son huitième jour

 

Du coup risque-t-on de se retrouver avec des stations service à sec ou regretter une inflation des prix à la pompe ? On nous assure que non. Du moins, pour l'instant..."Il n'y a pas de risque, les gens pourront partir en vacances normalement et faire le plein dans les stations sans risque d'une quelconque rupture", a dit Jean-louis Schilansky, le président de l'Union des industries pétrolières (Ufip). "On est en train de faire la démonstration qu'on peut réapprovisionner le marché français. Sur la durée, je n'en sais rien, mais instantanément c'est sûr. Dans tous les cas, le système français est couvert pour toute la période de Noël." Des propos rassurants teintés néanmoins d'une certaine prudence.

 

2014 risque donc de commencer sous le signe de la tension dans les stations. Une fièvre qui pourrait jouer sur les tarifs : "Il faudra voir si les prix du gasoil réagissent, mais on n'a pas encore eu de répercussion sur les prix et donc sur les marges, qui restent à des niveaux très faibles" a expertisé le même ponte. Une porte-parole de Total a quant à elle indiqué qu'il n'y avait pas de risque de rupture d'approvisionnement, ajoutant que la branche raffinage-chimie du groupe perdrait entre 450 et 500 millions d'euros en France en 2013 en raison de la faiblesse de la demande. Oui mais avec cette conjoncture anxiogène, d'aucuns voudront se dépêcher de remplir les réservoirs et se mettre un peu de côté le précieux liquide. Ce qui risque de faire exploser cette même demande.

http://www.caradisiac.com/Social-une-penurie-de-carburant-pendant-les-fetes-de-Noel-91304.htm

http://www.lepharedunkerquois.fr/stories/thumb300x00//mediastore/NordLittoral/A2013/M12/zuydcoote-nouvelle-grogne-du-personnel-d-19557.JPG.jpg

Hôpital de Zuydcoote et ses services tout neufs…mais vide

TOUT est aux normes. Regardez, il y a même l'eau.» Il ne reste plus qu'à visser les pommeaux de douche pour que l'aménagement soit complet. Hervé Béreaud, secrétaire général du syndicat CGT de l'Hôpital maritime de Zuydcoote, nous fait visiter les pavillons D et E, qui devraient accueillir respectivement quinze et dix lits de « soins de suite » pour des patients atteints d'affections pneu- mologiques ou d'obésité. Le bâtiment est neuf. Les travaux ont été livrés en mai dernier mais ces deux services n'ont jamais ouvert. Tout simplement parce que l'hôpital, dont le déficit devrait avoisiner les 500 000 euros à la fin de l'année, n'a pas les moyens d'embaucher le personnel ni d'acheter les équipements néces­saires pour les faire tourner... C'est pour dénoncer cette situation ubuesque que la CGT de l'hôpital, épaulée par l'union locale de Dunkerque, avait organisé une mobi­lisation, mardi 17 décembre, la quatrième en un mois. « Vous voyez des locaux neufs mais vides... C'est de l'absurdité », commente Paul Chris­tophe, maire de Zuydcoote et vice- président du conseil de surveillance de l'hôpital. « C'est ubuesque, pour­suit-il, un organisme d'Etat, l'ARS [Agence régionale de santé], qui nous engage à investir, à emprunter mais ne nous donne pas les moyens de faire fonctionner » les deux nouveaux services.

« Les gens ont besoin de proximité pour les soins »

Du fait de cette non-ouverture, aucune recette nouvelle ne vient compenser les remboursements de prêts dont l'hôpital doit s'acquitter pour le finan­cement des travaux. Depuis plusieurs années, l'hôpital a lancé un ambitieux programme de réhabilitation, qui se chiffre à 30 millions d'euros. Le service addictologie a été refait, ainsi que les chambres funéraires, la phar­macie centrale, les cuisines et la cantine. Les pavillons D et E consti­tuaient la dernière tranche. Entre autres péripéties, la visite de sécurité et de conformité du bâtiment a été effectuée en mai dernier. Elle sera caduque en février prochain... Avec cette ouverture qui traîne, « on s'est séparé d'une médecin recrutée pour la filière respiratoire », assure Hervé Béreaud. « La spécificité de l'établissement de Zuydcoote, qui est spécialisé dans la rééducation fonc­tionnelle, les soins palliatifs et les soins aux grands brûlés, est en danger», estime Jean-Pierre Decodts, représen­tant des usagers au conseil de surveillance de l'hôpital de Dunkerque et administrateur honoraire de celui de Zuydcoote. «Pour "rationnaliser"les lits, ony met parfois des patients dont la pathologie n'a rien à voir », explique- t-il. Jean-Pierre Decodts replace la problématique au niveau du territoire : « On va bientôt transférer une partie des malades en gériatrie de l'hôpital de Dunkerque vers la polyclinique [privée] de Grande-Synthe, qui deviendra "pôle d'excellence" dans le domaine. Dans le même temps, un service est prévu ici pour accueillir les malades en long séjour et il ne fonctionne pas, car il n'y a pas de personnel. On pourrait donc être amené à envoyer un habitant de l'Est du littoral à l'Ouest. C'est invrai­semblable. Cela pose des problèmes de transport, etc. On a fermé le service addictologie de Calais et ouvert celui de Zuydcoote... Il faut de la coopéra­tion entre les établissements et non déshabiller Pierre pour habiller Paul. Les gens ont besoin de proximité pour les soins. » Autre exemple avancé par Jean-Pierre Decodts : « Le linge du centre hospitalier de Dunkerque est lavé à Calais, tandis que la stérilisa­tion de l'hôpital de Calais est faite àDunkerque.Et ici, la buanderie de Zuydcoote est mise en cause. »Jean­PierreDecodts a demandé, lors d'un conseil de surveillance de l'hôpital de Dunkerque, si cette organisation pour le lavage du linge ne coûtait pas plus cher, notamment à cause du transport. «Nous n'avons pas eu de réponse », assure-t-il.

Ludovic FINEZ

http://www.udcgtnord.fr/

La Redoute :

Le rachat qui ne rassure pas

ON a travaillé pour Pinault, usé nos bras pour lui ; il s'en est mis beaucoup dans la poche, mais on n'a rien en retour, même plus la participation aux bénéfices...» Marie-Hélène aura 56 ans « la semaine prochaine », dont 40 passés à La Redoute. Elle a commencé à Roubaix avant d'aller travailler sur le site de Wattrelos, où sont préparées les commandes.

Travailleuse handicapée, elle estime qu'elle « mérite quelque chose pour partir ». « Je serai dans les premières appelées, prédit-elle, mais ce n'est pas moi qui irai au-devant. » Marie-Hélène faisait partie des 450 personnes qui ont manifesté vendredi 13 décembre, entre Roubaix et Wattrelos, à l'appel de l'intersyndicale de La Redoute (CFDT, CFE-CGC, CGT, Sud). « Mon mari est au chômage, poursuit- elle. En septembre, il touchera 495 euros par mois, il sera en fin de droits. » Son entreprise, le transpor­teur Callens-Lesage à Neuville-en- Ferrain, a fermé ses portes fin 2009, après avoir été rachetée par la cristal­lerie d'Arqués en 2009, où l'activité a été délocalisée. A mesure que le cortège avance dans les rues de Roubaix, les fenêtres et les portes s'ouvrent.

Rue de la Vigne, Christine, sur le pas de sa porte, tend la main pour prendre le tract des salariés, qui rappellent que vingt ans après le rachat de l'entreprise par Pinault, les effectifs sont passés de 6 300 à moins de 2 500. Justement, le mari de Chris­tine travaille depuis 38 ans à La Redoute. « Il ne lui reste que six ans [avant la retraite -NDLR] et il ne demande qu 'à travailler ces six ans », explique-t-elle. Mais « il s'attend à être licencié. Il le prend mal, il n'a vraiment pas envie de partir. » Chris­tine, elle, travaille à mi-temps, comme femme de ménage, pour 750 euros par mois. « On a des crédits à payer, s'inquiète-t-elle. Les primes, la mutuelle... terminé tout ça. »

Retour dans la manifestation avec Catherine, gestionnaire de produit, déléguée du personnel CFE-CGC, 40 ans de Redoute en janvier prochain, et Laurence, la trentaine, chef de produit. Elles jugent sévèrement la reprise par deux cadres du groupe, Nathalie Balla et Eric Courteille : «Ils sont aux manettes depuis cinq ans, après un PSE [« plan de sauvegarde de l'emploi»]... Là, ça va faire drôle­ment mal, caries changements néces­saires n'ont pas été initiés en 2008. Avant, on livrait les clients en 48 heures chrono, maintenant, c'est en cinq jours. » Elles qualifient de «licen­ciements déguisés » la filialisation de l'activité logistique, une des pistes évoquées pour

La Redoute. Nathalie ) Balla «dit qu'il faut investir dans l'outil mais elle ne l'a pas fait depuis cinq ans », remarquent-elles. Les restrictions budgétaires se nichent jusque dans les détails les plus triviaux : « On n'a pas d'eau chaude dans les toilettes, on doit ramener des stylos de chez nous, il faut demander pour avoir du chauffage, alors que Pinault est riche à milliards... Il n'en a rien à foutre des gens. »

Ludovic FINEZ

http://www.udcgtnord.fr/

Valenciennes :

 

les cheminots ne veulent pas travailler 5 jours de plus

Jeudi 19 décembre à la mi-journée, les « agents de conduite » (ADC) SNCF de Valenciennes « se sont invités » à une réunion de comité d'établissement, à Lille. Depuis six jours, ils se mobilisent contre la nouvelle orga­nisation du travail annoncée par la direction régionale, suite à la mise en place annuelle, mi- décembre, des nouveaux horaires. Pour les conducteurs, cela supposait « cinq journées de service supplémentaires », confie Dominique Sens, responsable régional des cheminots CGT.

Ge dernier évoque aussi des fermetures de guichets et des suppressions de postes de quai. « Comment s'en étonner quand l'Etat ne réévalue pas sa dotation au Conseil Régional pour le TER et pousse ce dernier à diminuer ses budgets en conséquence pour la première fois, ce qui aura des répercussions surla qualité de service », commente la CGT cheminots.

En fonction des forces présentes sur le terrain, des préavis unitaires de grève (CGT, Sud-Rail, CFDT, Unsa) ont été déposés dans les dépôts du littoral, de Lens, d'Aulnoye, Lille et Valen­ciennes. C'est concernant Valenciennes, où la CGT est majoritaire, que la direction régionale a été la plus inflexible, portant la responsabilité du blocage. Au moment de boucler cette édition, les négociations se poursuivaient.

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Mouvement de grève suivi chez Sanofi à Amilly

Il y avait du monde ce jeudi matin devant les grilles de l’usine Sanofi à Amilly.

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Sur les 600 salariés (CDD et intérimaires compris) travaillant sur les sites de production et de distribution, la moitié était en grève selon les syndicats. Ils étaient plus de 200 à faire le point dans le bâtiment social. Ce mouvement dénonce le 0 % proposé par la direction du groupe pour les augmentations salariales alors que les bénéfices de Sanofi s’élèvent à plus de 7 milliards d’euros en 2013.

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http://www.larep.fr/loiret/actualite/pays/gatinais/montargis/2013/12/12/mouvement-de-greve-suivi-chez-sanofi-a-amilly_1799316.html

http://communismeouvrier.wordpress.com/2013/12/21/mouvement-de-greve-suivi-chez-sanofi-a-amilly/

Poitiers : Samedi de grève très suivie chez Vitalis

 

Le mouvement d’une journée devait être symbolique. Les personnels de Vitalis avaient coché le 21 décembre, date prévue de l’ouverture du viaduc Léon-Blum, pour marquer le mécontentement. L’évènement, politico-médiatique, a été reporté à l’année prochaine pour des raisons climato-techniques. La colère froide des conducteurs elle, n’a pas été différée.

Hier au petit matin, près de 80 % du personnel a répondu à l’appel de l’UNSA, de Solidaires et la CGT. Les grévistes se sont regroupés devant le dépôt autour d’un feu réconfortant. Cette forte mobilisation a complètement paralysé le réseau en fin de matinée alors que directeur Thierry Wischnewski était comme la veille aux abonnés absents. L’ampleur du mouvement a surpris les grévistes eux-mêmes. « On ne s’attendait pas à çà, confie ce chauffeur. Mais il y a une telle colère qui monte. Ce n’est pas faute d’avoir prévenu la direction. » Cette conductrice de l’UNSA n’a pas pris le volant non plus ce samedi matin. « Il y a plus de 2000 jours de dette de repos. On nous demande de travailler sur nos congés. Ce n’est plus possible. » Chacun s’accorde à dire qu’il faudrait au minimum une dizaine de chauffeurs supplémentaires pour que la situation tende à la normale. Ce mouvement d’une journée en appelle sans doute d’autres. Les revendications sur le pouvoir d’achat vont se matérialiser en début d’année avec la NAO (Négociation annuelle obligatoire). « Là, on va pouvoir parler des salaires. »

http://communismeouvrier.wordpress.com/2013/12/22/poitiers-samedi-de-greve-tres-suivie-chez-vitalis/

Publié dans Lutte des classes

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