Europe

Jeudi 17 avril 2014 4 17 /04 /Avr /2014 19:41
Ukraine: l’UE accepte des discussions avec Moscou après les menaces sur le gaz

L'Union européenne a accepté jeudi de mener des discussions avec Moscou sur la sécurité des approvisionnements en gaz.

"L'Union européenne accepte votre proposition de consultations avec la Fédération de Russie et l'Ukraine en matière de sécurité des approvisionnements en gaz et de transit", a déclaré le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso dans une lettre adressée à Vladimir Poutine.

"Il est de notre intérêt commun d'engager rapidement ces discussions incluant l'Ukraine", a-t-il ajouté.

La semaine dernière, le président russe avait menacé de cesser de livrer du gaz à l'Ukraine si ce pays ne réglait pas sa dette.

"La fiabilité contractuelle de la Russie en tant que fournisseur de gaz est en jeu", a dit jeudi M. Barroso. "Nous vous appelons fermement à éviter de telles mesures, qui susciteraient des doutes sur votre volonté d'être considéré comme un fournisseur de gaz fiable en Europe", a-t-il ajouté.

M. Poutine avait aussi proposé de mener "sans délai" des consultations "pour mettre sur pied des mesures conjointes de stabilisation de l'économie de l'Ukraine et pour assurer les livraisons et le transit du gaz russe dans le strict respect des conditions contractuelles".

M. Barroso indique que le commissaire européen à l'Energie, Günther Oettinger, "est prêt" à rencontrer "immédiatement" ses homologues russes et ukrainiens pour discuter toutes les questions liées aux approvisionnements de gaz en Europe.

Le président russe avait adressé sa lettre à 18 dirigeants européens, dont 13 d'Etats-membres de l'UE, parmi lesquels l'Allemagne, la France et l'Italie.

M. Barroso indique qu'il a été mandaté pour répondre "au nom de l'Union européenne et de l'ensemble des 28 Etats membres".


Poutine donne un mois à l'Ukraine pour régler la question du gaz


Le président russe a donné jeudi un mois à l'Ukraine pour régler son différend avec Moscou sur le gaz, menaçant de passer d'ici-là à un système de prépaiement des livraisons.

"Nous sommes prêts à perdre encore (de l'argent, ndlr). Nous allons patienter encore un mois. Mais si d'ici un mois, il n'y a aucun paiement, alors, conformément au contrat, nous passerons au prépaiement", a dit M. Poutine lors d'une séance de questions-réponses télévisée.

Source: Agences

17-04-2014 - 14:17 Dernière mise à jour 17-04-2014 - 14:21

Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 16 avril 2014 3 16 /04 /Avr /2014 11:35

loghi_tsipras.jpgEn Italie, la « liste Tsipras » soutenue par le PGE, défend l'Union européenne, l'euro mais exclut les communistes italiens (PdCI) !

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

L'Italie, miroir de la décomposition de la gauche et de la liquidation du communisme. Une étape est franchie pour les élections européennes avec la « liste Tsipras » qui parvient même à effacer ce qu'il reste de la gauche italienne derrière Tsipras choisi comme tête de liste.

 

La nouvelle a de quoi laisser bouche bée. Non seulement les communistes italiens ne se présenteront pas sous leur propre nom aux prochaines européennes, ce qui n'est pas nouveau, mais ce sera le cas de toute la gauche italienne organisée rangée derrière une « liste citoyenne ».

 

Cette liste réussit même désormais à s'effacer plus seulement derrière la « gauche » mais à s'effacer tout court derrière un sauveur venu de Grèce : ce sera la « liste Tsipras – pour une autre Europe ».

 

Alexis Tsipras sera la figure de cette liste. Le chef de SYRIZA est la garantie d'une « gauche responsable », c'est-à-dire réformiste, pro-européenne, prête à négocier avec les dirigeants du FMI, de l'UE, de la BCE pour « aménager l'austérité ».

 

Une liste initiée en janvier 2014 par six intellectuels italiens connus pour leurs positions réformistes voire libérales au sens américain du terme, anti-communistes, posant comme condition à cette liste l'effacement de toute référence aux partis communistes, et aux organisations de gauche.

 

Les promoteurs de la liste se présentent comme des « personnalités de la société civile », dégagées de tout engagement politique (même le terme « gauche » est absent de leur Manifeste!), réunis pour un même but : « construire une autre Europe » qui passe par plus d'intégration européenne !

 

Un programme en 10 points … dont 9 pour renforcer l'intégration européenne !

 

Sur quel programme cette liste va-t-elle se constituer ?

 

D'abord sur une « idéologie anti-parti ». C'est dans l'esprit dominant en Italie, celui entretenu par Beppe Grillo et son populiste « Mouvement 5 Etoiles » avec le rejet de toute la politique organisée, de droite comme de gauche. Un discours qui en Italie, depuis le « qualunquisme » (équivalent du poujadisme en Italie) n'est jamais totalement exempt de relents fascisants.

 

En effet, les tenants de la liste refusent tout symbole politique, toute référence à des organisations de gauche. Son symbole sera sobrement un rond rouge avec le slogan : « Une autre Europe avec Tsipras ».

 

Une ligne résolument pro-européenne. Les promoteurs de la « liste Tsipras » ne pensent qu'à cela, des obsédés de l'Union européenne !

 

Pas étonnant quand on sait que leur idole grecque s'est imposé comme un partenaire crédible pour les dirigeants européens sous la ligne : « Il faut sauver l'Union européenne, l'Euro ».

 

En effet, sur les 10 points de leur programme, au moins 9 impliquent directement un renforcement de l'intégration européenne, le 10 ème constitue une critique acerbe … du « partenariat trans-atlantique », péril pour notre Europe. Non à l'Europe américaine, l'Europe aux européens !

 

Si on prend le programme point par point, la « liste » se présente comme la seule « force alternative », ce qui suppose en fait une alternative non pas pour les travailleurs mais pour l'Europe elle-même.

 

Le point 1 expose le fait qu'il faut impérativement faire une « Europe politique » mais sur d'autres bases que celles des réformes structurelles, de l'austérité.

 

Le point 2 déclare que « l'Europe fédérale est la voie royale à l'ère de la globalisation ». Les promoteurs osent prétendre que la « Grèce ou l'Italie y seraient alors l'équivalent de la Californie pour les Etats-unis », protégés par un Etat fédéral qui « unirait les Etats » (sic).

 

Le point 3 refuse de « défendre de façon prioritaire les intérêts nationaux », le point 4 propose un « plan Marshall pour l'Europe », le point 5 envisage une « renégociation des traités européens », ainsi qu'une « pétition citoyenne européenne » en ce sens.

 

Le point 6 innove avec la mise en avant d'un « Plan d'emploi européen » chiffré à 100 milliards d'€, financé par les citoyens européens (!).

 

Le point 8 synthétise la ligne de la « liste Tsipras ». Il s'agit de « changer la nature des institutions européennes ». Cela passe par la consolidation du Parlement européen qui doit devenir « une institution vraiment démocratique » : capable de légiférer, d'élire un gouvernement européen d'imposer de nouvelles taxes en remplacement de celles nationales.

 

Le point 9 s'attaque à la question centrale : celle de l'Euro. La « liste Tsipras » revendique fièrement le fait qu'elle « est contre la sortie de l'Euro », prévoyant dans ce cas l'apocalypse : réveil des nationalismes, crise économique, dépendance américaine.

 

Enfin, le point 10 lance un cri contre la résurgence des nationalismes, la montée des extrême droite – assimilés à une position anti-européenne – ce qui les pousse à se mettre (attention, cela fait mal) à se mettre sous l'autorité du texte fondateur du … « Manifeste de Ventotene ».

 

Ce « manifeste » écrit en juin 1941 est connu pour être celui du « fédéralisme européen ». Son auteur, Alberto Spinelli sera une des figures du mouvement fédéraliste européen, aux côtés des anti-communistes de droite français Alexandre Marc et Henri Frenay.

 

Pour ceux qui se souviennent, l'Union des fédéralistes européens – qui s'appuie sur le « Manifeste de Ventotene » - avait présenté aux présidentielles françaises Jean-Claude Sebag en 1974 qui avait réalisé 0,1 % des voix. Tsipras sera-t-il le Sebag de l'Italie ?

 

Un réformisme sans rivages inspiré de l'esprit démocratique américain ! Si on résume les propositions de la liste, elles sont caractérisées par un réformisme plat, supposant toutes plus d'intégration européenne, compatibles avec une conciliation capital-travail, voire avec certaines propositions du gouvernement Renzi.

 

Ainsi, on y retrouve un « plan Marshall pour l'Europe » et une « Conférence sur la dette » comme celle de Londres en 1953 pour la RFA : deux propositions, rappelons-le, nées dans un contexte de Guerre Froide pour créer une Europe unie, une RFA forte face au péril communiste !

 

On peut passer sur le « Plan européen pour l'Emploi » : 100 milliards par an sur 10 ans pour lancer une politique de grands travaux, de transition énergétique totalement compatibles avec les projets fédéralistes européens.

 

Parmi les autres propositions, on retrouve le renforcement des pouvoirs de la BCE mais aussi sur l'insistance sur la « taxation des revenus financiers », le Manifeste pestant sur le fait qu'ils soient beaucoup moins taxés que le travail (entendre, les cotisations sociales patronales).

 

Or c'est précisément le projet de Matteo Renzi que d'augmenter les taxes sur les revenus financiers pour baisser drastiquement le montant des cotisations sociales patronales. Une heureuse coïncidence.

 

Enfin, même si le texte dénonce le péril du « partenariat trans-atlantique », les références à l'idéologie progressiste américaine sont omniprésentes : New Deal, Plan Marshall, fédéralisme américain .. et même la proposition d'élaborer une charte qui commencerait, comme la Constitution américaine, par « We the peoples ». On croit rêver !

 

Une liste où on trouve trois plus de profs de fac que d'ouvriers !

 

Qui sont les fameux promoteurs de cette « liste de la société civile » ?

 

On pourrait faire une analyse sociologique, de classe des candidats, elle est édifiante.

 

Sur les 72 candidats répertoriés, la catégorie la plus représentée, ce sont les .. « professionnels de la politique » qui n'ont pas d'autres occupations que leur postes d'élus, de permanents politiques, de professionnels de l'associatif. C'est 21 des 72 noms (30 % des candidats).

 

Ensuite, par ordre décroissant, on peut identifier 11 professeurs d'université (15 %), 15 écrivains/journalistes (20 %), 5 acteurs/chanteurs/artistes (7 %), 5 enseignants (7 %), 3 cadres du privé (4 %), 4 professionnels du droit hors professeurs, avocats ou juge (5 %), 2 fonctionnaires européens/internationaux (3 %) et 2 médecins (3 %).

 

Parmi les autres candidats, aucun employé d'exécution, aucun chômeur, aucun agriculteur ni petit commerçant. On trouve par contre 4 ouvriers présents (pour des candidatures de témoignage?) : soit 5 % des listes.

 

La liste Tsipras, c'est donc 95 % de « capacités » – de cette bourgeoisie essentiellement intellectuelle, culturelle – et 5 % d'ouvriers.

 

« Tsipras, une autre Europe » apparaît nettement comme le parti des professeurs d'université, des avocats, des journalistes et des médecins.

 

Or, il faudrait presque s'arrêter là tant les têtes pensantes derrière ce projet. Les six intellectuels italiens qui ont lancé le Manifeste pour une liste Tsipras le 17 janvier sont bien connus à gauche.

 

Ce sont essentiellement les rédacteurs de la revue « Micromega » – cette appendice du groupe de presse libéral de gauche l'Espresso, dont fait partie la revue Repubblica avec le rôle qu'on connaît le rôle néfaste qu'elle a joué dans la liquidation du PC italien.

 

MicroMega se situerait en France, pour trouver un point de comparaison, à équidistance entre l'Express et Politis et depuis sa création, en 1986, s'est fait l'écho de la recomposition d'une gauche « dégagée des partis » … même si on retrouve parmi ses plus proches collaborateurs des politiciens du Parti démocrate (PD) comme Furio Colombo, Stefano Fassina ou Corradino Mineo.

 

Des noms connus aussi pour avoir tenté déjà en 2009 de monter une liste du « Parti des sans-parti » autour du juge anti-mafia Antonio di Pietro (le Eva Joly italien).

 

Le parcours d'un certain Paolo Flores d'Arcais résume bien celui de ses congénères : lui qui fut exclu de la jeunesse communiste pour trotkiste, tenant du « réformisme radical » après 1968, il finit par adhérer au Parti démocrate (de gauche) en 1991 dont il devient un des intellectuels dans une perspective nettement anti-communiste (sa philosophe fétiche est Hannah Arendt!), il cherche depuis 2009 à piloter un projet permettant de court-circuiter des candidatures communistes.

 

La liste Tsipras a déjà reçu des soutiens enthousiastes chez des intellectuels et politiciens souvent très loin de l'univers communiste : le député PD Furio Colombo (ex-président de la FIAT USA!), Carlo Freccero (ex-directeur des programmes de la « Cinq » de Berluconi en France, si!), le centriste vétéran du Parti radical Stefano Rodota ou deux députés du « Mouvement 5 étoiles ».

 

Et surtout, Fausto Bertinotti, premier président du PGE, soutien du deuxième gouvernement de l'austérité de Prodi (2006-2008), promoteur du premier plan de liquidation de Refondation communiste avec la « Liste Arc-en-ciel » en 2008 a apporté son appui enthousiaste au projet.

 

Pour le public français, il suffira de citer les noms d'Etienne Balibar ou d'Enzo Traverso pour voir que les noms derrière ce projet sont bien loin de ceux qu'on pourrait imaginer en tant que communistes français !

 

Une « liste Tsipras » ... qui exclut les communistes !

 

Et les communistes dans tout cela ? Refondation communiste a accepté cette liste au prix d'une sous-représentation manifeste sur les listes (à peine une dizaine de cadres encartés), sans garantie d'obtenir un seul élu.

 

Dans le même temps, « Gauche, écologie et libertés » (SEL), né en 2009 d'une scission menée par Nichi Vendola et les perdants de la liquidation du Parti de la refondation communiste, a sauté sur l'occasion pour apporter son soutien au projet liquidateur.

 

SEL s'est distingué – sous la férule de son chef charismatique M.Vendola – par son zèle comme « caution de gauche » du Parti démocrate, participant même à la mascarade des primaires de gauche, tandis que Vendola est connu pour ses positions parfois excentriques : lui qui est un fan de Jean-Paul II et un sioniste avoué.

 

Les « tenants de la société civile » ont accepté la présence minorée de ces partis. Par contre, ils ont opposé une fin de non-recevoir au Parti des communistes italiens (PdCI).

 

Pourtant, le PdCI avait envisagé dans un premier temps de participer à la démarche commune, comme il avait accepté en 2008 la « Liste arc-en-ciel », en 2013 la « Révolution civique » d'Antonio Ingroia, deux expériences qui se sont soldées par des résultats catastrophiques, la perte de tous les élus et un nouveau pas dans la liquidation du mouvement communiste.

 

Cette fois, les liquidateurs du communiste italien – ayant trouvé une nouvelle formule sous la « liste Tsipras » - ne vont même plus laisser de place aux cadres du Parti des communistes italiens (PdCI).

 

Dans leur déclaration, les dirigeants du PdCI ne comprennent pas la raison de cette exclusion, eux qui affirment dans une pétition de solidarité « qu'ils sont la composante qui se bat avec le plus de détermination contre la politique libérale et militariste de l'Union européenne ».

 

Le hic, c'est que ce n'est bien sûr pas le but de la « liste Tsipras », destinée à amortir le choc de ses politiques de guerre contre les peuples.

 

Une liste qui ne peut pas tolérer que le PdCI ait exprimé une position critique par rapport au PGE (dont il n'est toujours pas membre), soulève des doutes sur l'intégration européenne.

 

Le PdCI a lancé une déclaration par la voix de son secrétaire Cesare Procaccini indiquant que le parti « ne ferait pas voter pour la liste Tsipras », mais qu'il lancera sa propre campagne politique pendant le scrutin.

 

Selon le dernier sondage EMG, la liste Tsipras est annoncée à 3 % – soit exactement le score obtenu lors des dernières déroutes de 2008 et 2013, mais en ayant cette fois effacée la moindre référence à la gauche – ce qui ne permettrait pas de dépasser le seuil de 4 %, nécessaire pour obtenir un élu.

 

Jusqu'où va continuer l'inexorable liquidation de tout ce qu'il reste du communisme italien, emportant avec lui tout ce qui ressemble de près ou de loin à la gauche et au mouvement ouvrier ?

 


Mercredi 16 avril 2014

Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 14 avril 2014 1 14 /04 /Avr /2014 08:28

ferreira« L'Union européenne n'est pas réformable »

 

 

Entretien avec le député communiste portugais au Parlement européen, Joao Ferreira (pour le quotidien Avante, organe central du PC portugais)

 

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Q: Quelle importance prennent les prochaines élections européennes dans le contexte politique actuel ?

 

R : Elles ont une importance incontestable. Le Portugal vit une des périodes les plus noires de son histoire récente. Jamais ne fut aussi évident le rapport entre les principaux problèmes du pays et les contraintes imposées par l'intégration capitaliste européenne – point d'appui fondamental des politiques de droite, tout au long de ses 28 dernières années. Les partis qui ont alterné au gouvernement dans cette période sont les mêmes qui dans les institutions de l'UE, y compris au Parlement européen, ont soumis le Portugal, de façon répétée et croissante, à des décisions contraires à ses intérêts. Ces élections sont une opportunité non seulement de faire élire plus de députés du PCP et de ses alliés de la CDU – des députés engagés dans la défense des intérêts nationaux et la ferme défense des intérêts des travailleurs et du peuple – ce qui, déjà en soi, ne serait pas peu de chose, mais pourrait aussi donner plus de force à l'exigence de démission de ce gouvernement et de mise en échec des politiques de droite.

 

Q : Quel bilan fais-tu de ce mandat, que vous avez partagée avec la députée Ilda Figueiredo et ensuite avec Ines Zuber ?

 

R : Ce furent cinq années marquées par la violence de la réponse de l'UE à sa propre crise. Marquées en premier lieu par les plans d'austérité et le programme d'intervention UE-FMI, que nous qualifions d'authentique pacte d'agression contre le pays et son peuple, et qui fut appliqué, de façon fort similaire, aussi dans d'autres pays, avec des conséquences dévastatrices que nous connaissons bien. A part cela, ces cinq dernières années, ont eu lieu un ensemble de changements dans le cadre politique et institutionnel de l'UE qui, une fois mis en place, eurent des conséquences gravissimes pour des pays comme le Portugal, accentuant sa dépendance et son retard. C'est dans ce contexte que les députés du PCP au Parlement européen ont développé une activité intense, profondément ancrée dans la situation nationale, soutenue par plusieurs centaines d'initiatives réalisées dans tout le pays, rentrant en contact avec des secteurs très divers de la vie économique, sociale et culturelle nationale. C'est ce lien avec la réalité nationale qui a donné sens et réalité à des centaines d'interventions, rapports, résolutions, propositions d'amendement, nombreuses questions que nous avons porté au sein des institutions de l'UE. C'est un travail qui allie la dénonciation, la protestation à la proposition, capable de dessiner une voie alternative, pour le Portugal et pour l'Europe.

 

Q : Certains sont d'accord avec les justes critiques que nous avons faites à l'intégration capitaliste européenne et à ses conséquences mais ils s'interrogent sur les raisons de voter ou de soutenir ceux qui sont contre l'Union européenne

 

Le peuple portugais et le Portugal ont besoin au Parlement européen de députés qui défendent avec conviction et courage les intérêts nationaux et non des députés serviles et soumis aux dessins et projets de l'UE. Je dirais que ceux qui sont d'accord avec les critiques que nous avons émises envers l'intégration capitaliste européenne ne pourront alors adopter une autre posture que celle de soutenir et voter pour ceux qui, comme le PCP et la CDU, depuis toujours, avec cohérence et principes, ont prévu et prévenu sur les effets de cette intégration et l'ont toujours combattue, sans illusions ni ambiguïtés. Ce soutien et ce vote sont une garantie que l'on donnera plus de force à ceux, au Parlement européen, qui fixent comme objectif essentiel la défense ferme des intérêts du Portugal et des Portugais et donneront dans le même temps plus de force à la lutte pour une alternative patriotique et de gauche qui garantisse, comme aucun autre vote, la défense et la reconquête des droits et des revenus volés et ouvre la perspective de la construction d'une vie meilleure pour les travailleurs et le peuple portugais.



Q : Ce mandat (2009-2014) a été traversé par une crise du capitalisme sans précédent depuis la Seconde guerre mondiale, qui perdure encore. Peut-on dire que les contradictions et le caractère impérialiste de l'Union européenne s'aggravent ?



Sans nul doute. Ce processus européen ayant été un processus d'intégration capitaliste, la crise du capitalisme est, dans l'UE, une crise de l'UE elle-même, de ses fondements. Ce n'est pas un hasard si la réponse de l'UE à la crise a suivi les lignes fondamentales de réponse du système à sa crise : destruction des forces productives et aggravation de l'exploitation, en parallèle à la concentration du pouvoir politique et économique. D'autre part, elle a accentué le caractère militariste de l'UE, son affirmation comme un bloc politico-militaire au service des ambitions impérialistes des grandes puissances. Les dépenses militaires s'accroissent et, en articulation avec l'OTAN, augmente la participation dans des opérations d'ingérence et l'agression de pays souverains.



Q : L'adhésion à ce qui était alors la CEE a été un instrument de la contre-révolution. La signature des traités européens successifs a consolidé cette voie se traduisant, en pratique, en une plus grande dépendance, en un recul de souveraineté et un bond en arrière économique et social au Portugal. En ce 40 ème anniversaire de la révolution, comment se conjuguent les valeurs de la Révolution d'Avril que nous cherchons à réaliser à l'avenir dans ce pays, dans le cadre de cette UE ?



L'entrée du Portugal dans la CEE/UE a représenté globalement dès l'adhésion et jusqu'à ce jour, un assaut contre le régime démocratique né de la Révolution d'Avril et, évidemment, contre la Constitution de la République qui a consacré ses grandes conquêtes et la vision d'un pays indépendant et souverain, de progrès et de justice sociale. Les classes dominantes, mécontentes des parcelles de pouvoir perdues avec la révolution du 25 avril, y virent une opportunité en or de satisfaire leurs ambitions, arrimant le pays à l'intégration capitaliste européenne. L'approfondissement de l'intégration a représenté une escalade en ce sens. Maastricht et la constitution européenne mise en échec, ensuite resucée en Traité de Lisbonne, furent des bonds qualitatifs que nous devons souligner. De la même façon, les évolutions les plus récentes (Traité budgétaire, Gouvernance économique, Semestre européen, Pacte pour l'Euro plus) comportent des dangers croissants évidents pour la souveraineté et le régime démocratique, qui pourront contribuer à sa défiguration chronique. Le déploiement d'une politique patriotique et de gauche au Portugal et, plus généralement, le retour au projet de démocratie avancée que nous avons initié lors de la Révolution d'Avril et que le PCP développe dans son programme, rentre en conflit inévitablement avec les axes fondamentaux du processus d'intégration. C'est pour cela que nous assumons avec clarté, sans ambiguïtés, la nécessité de rupture avec ces axes. Certains que rien ni personne ne peut obliger le Portugal à renoncer au droit d'opter pour ses propres structures socio-économiques et pour son propre régime politique.



Q : Certains soutiennent que la crise qui a touché l'Union européenne est le fruit d'erreurs de nos dirigeants, que ce qu'il faut faire est fluidifier les mécanismes d'intervention de l'Union, approfondir le fédéralisme pour répondre efficacement à cette crise et à celles futures. Existe-t-il une possibilité de réformer cette Union européenne ?



Loin d'une orientation (ou désorientation) circonstancielle, fixée par des « dirigeants sans dimension européenne » ou d'autres raisons de ce genre, fréquemment invoquées, le cap suivi par l'UE découle de ses caractéristiques et de sa nature de classe. La situation actuelle met en évidence les limites de l'intégration capitaliste. Mais cela n'atténue pas la volonté de la poursuivre et l'approfondir, de la part de ceux qui en ont bénéficié. Au contraire. Dans cette phase, l'approfondissement du processus d'intégration requiert une plus grande concentration du pouvoir politique et économique au sein de l'Union européenne. Une concentration de pouvoir qui tend même à établir d'authentiques rapports de domination et de type colonial. Se révèle avec encore plus de clarté le caractère anti-démocratique du processus d'intégration et, une fois de plus, se révèlent ses limites objectives, démontrant que l'UE n'est pas réformable et que ses axes fédéralistes, néo-libéraux et militaristes sont indissociables.



Q : Les partisans des solutions fédéralistes, même ceux qui invoquent ce mythique fédéralisme de gauche, face à la critique du PCP à ce cap, nous accusent régulièrement d'isolationnisme et de nationalisme. Comment réfute-t-on ces accusations ?



Les tentatives de soumission nationale en cours dans l'UE représentent une forme d'oppression de classe qui est exercée sur les travailleurs et les peuples, au-delà d'une inquiétante et dangereuse attaque contre la démocratie. Ceux qui, tout en se prétendant à gauche, ne le perçoivent pas, ou ne veulent pas le percevoir, ne comprendront pas un élément décisif pour agir sur la réalité de notre temps, pour la transformer dans le sens du progrès social. Si l'évolution du capitalisme a conduit les classes dominantes à sacrifier les intérêts nationaux à ses intérêts de classe, alors, inversement, cela conduit à une identification croissante des intérêts des travailleurs et du peuple aux intérêts nationaux. Cela dit, nous ne défendons aucun isolationnisme ni aucune solution autarcique, qui non seulement n'est pas possible mais pas non plus désirable. Bien au contraire. L'internationalisation de l'économie, la profonde division internationale du travail, l'interdépendance et la coopération entre États et les processus d'intégration correspondent à des réalités et tendances d'évolution qui ne sont pas exclusives au capitalisme. En fonction de son orientation, de ses caractéristique et de ses objectifs, de tels processus peuvent soit servir les monopoles et les trans-nationales, ou peuvent servir les peuples. C'est un droit inaliénable de chaque peuple et de chaque pays de lutter pour la défense de ses intérêts et de ses droits. L'UE ne fut pas le premier processus d'intégration entre Etats en Europe. Ce ne sera certainement pas le dernier.

 

Q : Avec l'expérience des dernières élections, il faut admettre que le PS et le PSD (la droite) fondent leur campagne sur des questions qui n'ont rien à voir avec les problèmes réels du peuple et du pays, déviant l'attention vers des questions comme la Présidence à la Commission, par exemple. Comment peut-on estimer cette stratégie ?



Le PS et le PSD ont une tâche difficile lors de ces élections. Cette tâche passe par le fait de tenter, par tous les moyens, de montrer qu'il y a des différences entre eux là où en vérité ils sont d'accord. Et de la même façon que ces trois partis étaient unis dans la signature du pacte d'agression, ils étaient également ensemble dans les projets les plus importants votés au Parlement européen, notamment ces cinq dernières années. Pour cette raison, les manœuvres de diversion ne manquent pas. Ces manœuvres qui passent même par la tentation de dissimuler ce qui est vraiment en jeu lors de ces élections. Dissimuler sa nature même lors de ces élections, en cherchant à la transformer lors de l'élection du président de la Commission européenne – ce qui n'est pas le cas, cela ne le fut jamais ni ne pouvait l'être. Ils veulent cacher que ce qui est d'élire des députés portugais au Parlement européen. Ce n'est pas un hasard. Ils veulent que l'on oublie que ce fut avec le soutien du PSD, du CDS et du PS qu'ont été approuvées des mesures profondément contradictoires avec nos intérêts nationaux. Ils veulent que l'on oublie qu'au lieu de l'indispensable re-négociation de la dette que le PCP propose depuis trois ans, ils ont choisi d'atteler le pays à un pacte d'agression, d'exploitation et de paupérisation. Ils veulent surtout mettre entre parenthèses la dure réalité qui rend infernale la vie de millions de portugais, occultant les responsabilités qu'ils ont dans la situation du pays, découlant d'années de politiques de droite défendues par les gouvernements successifs de ces partis.



Q : L'expérience a donné raison aux dénonciations du PCP sur ce qu'allait signifier l'adhésion à l'euro. Il y a des voix, des groupes qui voient dans la sortie de l'euro l'apocalypse, d'autres qui défendent l'idée d'une sortie immédiate de la monnaie unique. Le PCP a une position différente. Tu peux l'expliciter ?



L'entrée du Portugal dans la monnaie unique a contraint et fragilisé économiquement le pays. Le pays a perdu beaucoup avec l'entrée dans l'euro. Mais il peut perdre encore plus, que ce soit en y restant, ou dans un scénario de reconfiguration de la zone euro, imposé depuis l'extérieur, face aux évolutions de la crise qui, d'aucune manière, ne peuvent être mises de côté. Sortir de l'euro tout court, ce n'est pas revenir au point où nous y sommes rentrés. Et encore moins au point où nous serions si nous n'y étions pas rentrés. Si il est certain que la poursuite du cap actuel est absolument insoutenable, il est tout aussi clair que la sortie de l'euro peut être dans l'intérêt du peuple portugais ou peut, au contraire, être dans l'intérêt de ceux qui y ont gagné avec l'euro pendant toutes ces années et qui continuent à en profiter – ce sont des intérêts irrémédiablement antagonistes. Tout en nous prononçant clairement pour la dissolution de l'Union économique et monétaire, nous défendons également la mise en place d'un programme qui, articulé avec l'ensemble des pays atteints dans leur souveraineté et leur droit au développement par le maintien dans l'euro, prépare la sortie de la monnaie unique en accord avec les intérêts de ces pays et de leurs peuples. Dans un contexte où il est absolument clair qu'une chose serait une sortie de l'euro conduite par un gouvernement patriotique et de gauche, qui affirme le primat des intérêts nationaux dans les relations avec l'UE, qui protège les travailleurs et le peuple des inévitables coûts de la décision et profite pleinement des opportunités de développement qui s'ouvrent, et une autre, bien différente, serait une sortie conduite par les mêmes forces qui nous ont imposé d'innombrables, injustes et inutiles sacrifices au nom du « maintien dans l'euro ».



En pleine conscience du fait qu'il est décisif pour assurer le développement souverain et indépendant du pays, de réussir à concrétiser la lutte pour la rupture avec les politiques de droite et la construction d'une politique patriotique et de gauche, et l'affirmation claire du droit inaliénable du peuple portugais à faire prévaloir cet objectif sur quelque autre intérêt ou contrainte.



Q : Quelles sont les grandes lignes de la campagne du PCP pour les élections européennes du 25 mai ? Le combat contre l'abstention est-il une préoccupation ?



Dans ces élections, nous tous, communistes, autres militants de la CDU, nous allons être appelés à construire une campagne qui devra être simultanément de mobilisation pour le scrutin et d'explication sur la nécessité du renforcement de la CDU.



Une campagne que nous allons construire en nous ancrant dans le patrimoine militant du parti, dans notre histoire de défense intransigeante des intérêts du peuple et du pays, identifiant les raisons et l'importance du vote pour la CDU, de sa contribution pour la lutte plus générale dans la défense des droits des travailleurs et du peuple, de l'exigence d'une autre politique.



Et nous allons la construire avec la justesse et l'autorité singulières de ceux qui peuvent se présenter devant le peuple portugais avec la cohérence de leurs positions, ceux à qui l'expérience a donné et donne raison.



C'est pour cela que nous appelons tous ceux qui, touchés par les politiques de droite, luttent pour un pays plus juste et démocratique, pour qu'ils ne s'abstiennent pas. Pour qu'ils fassent également du jour du 25 mai, avec leur vote pour la CDU, un jour de lutte.



Et que, avec son vote, et non avec l'abstention, ils disent non aux partis de la « troika » nationale (les partis de droite traditionnels PSD, CDS mais aussi le PS). Qu'avec leur vote et non avec l'abstention, ils condamnent les agioteurs, les usuriers et l'oligarchie qui pompent le sang du peuple portugais. Qu'avec leur soutien et leur vote pour la CDU, ils disent oui au développement du Portugal. Qu'ils disent oui au droit des portugais à décider de leur sort.



Q : Si tu avais à présenter les raisons du soutien et du vote pour la CDU, comment les résumerais-tu ?



Se trouve entre les mains des travailleurs et du peuple portugais la construction de son propre avenir.



Dans les élections au Parlement européen, le renforcement de la CDU, de son nombre de votes, son influence et du nombre de députés, est un objectif possible et nécessaire.



Le vote pour la CDU est le seul qui puisse assurer la présence de députés au Parlement européen engagés dans les intérêts nationaux et la défense des travailleurs et du peuple.



Le vote pour la CDU est le seul cohérent et décisif pour condamner les politiques de droite du gouvernement et donner de la force à la lutte de ceux qui ne se résignent pas et luttent pour un Portugal plus juste, plus fraternel, plus démocratique et développé.



Le vote pour la CDU est le vote qui pèse pour regagner nos droits, nos salaires et nos retraites, rendre au pays les ressources qui lui ont été volées.



Un vote massif pour la CDU, ce 25 mai, pourra constituer un facteur essentiel du changement de cap dans la vie politique nationale, pour la démission du gouvernement actuel et la défaite de sa politique et pour donner de la force à une alternative politique, patriotique et de gauche.

 


Lundi 14 avril 2014

Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 8 avril 2014 2 08 /04 /Avr /2014 11:47

La Bulgarie nargue l'UE pour s'assurer l'afflux de gaz russe

Kommersant
11:10 08/04/2014
MOSCOU, 8 avril - RIA Novosti

Le parlement bulgare se prépare à sortir au moins partiellement le gazoduc de Gazprom South Stream en construction de la règlementation européenne, écrit mardi le quotidien Kommersant.

Les députés souhaitent établir législativement une différence entre les gazoducs intra-européens et transfrontaliers, en statuant que le Troisième paquet énergie de l'UE ne s'appliquerait pas à ces derniers. La Commission européenne en doute et a déjà demandé des explications officielles à Sofia.

Vendredi dernier, le parlement bulgare a adopté en première lecture un projet de loi permettant partiellement de ne pas appliquer les normes du Troisième paquet énergie de l'UE au gazoduc South Stream sur son territoire national. Il s'agit d'amendements à la loi sur l'énergie instaurant la notion de "gazoduc maritime" et séparant les gazoducs en "transfrontaliers" et "interconnecteurs", reliant les systèmes d'acheminement de gaz entre deux pays de l'UE. Les députés bulgares ont conclu que la législation européenne ne pouvait pas s'appliquer aux gazoducs transfrontaliers. Cette même idée avait été suggérée auparavant par le gouvernement russe.

Ainsi, même si la Commission européenne interdisait l'acheminement du gaz sur la partie terrestre de South Stream, la Bulgarie, qui dépend aujourd'hui entièrement des fournitures de gaz russe via l'Ukraine, se garantit de facto un accès alternatif au gaz russe. La Bulgarie consomme près de 3 milliards de mètres cubes de gaz par an. L'un des auteurs du projet de loi, Tasko Ermenkov, a expliqué qu'après l'annulation du projet Nabucco, Sofia n'avait plus d'autres options de diversification des fournitures hormis South Stream. "Il est incompétent de dire que nous transgressons la législation de l'UE en sortant par ces amendements South Stream de la juridiction du Troisième paquet énergie. A priori, la partie maritime du projet n'est pas concernée par cette législation", a-t-il déclaré.

 

© RIA Novosti.

Toutefois, Bruxelles n'est pas prêt à s'y résigner et a déjà demandé des explications officielles à Sofia. "La Commission européenne est préoccupée par la compatibilité entre ces amendements et la législation de l'UE", a déclaré un porte-parole. Fin mars, le commissaire européen à l'Energie Günther Oettinger a envoyé une lettre au ministre bulgare de l'Economie et de l'Energie Dragomir Stoinev pour demander d'expliciter la position de Sofia. "Nous analyserons la réponse obtenue et prendrons une décision sur les actions à entreprendre", a conclu le porte-parole de la Commission.

En adoptant cette loi, la Bulgarie garantira ses intérêts. Cependant, le pays n'est qu'un des participants au projet South Stream. Pour cette raison, la Commission européenne possède d'autres leviers pour faire pression sur le projet, estime Sergueï Vakhrameïev d'Ankor Invest. Cependant, tous les pays du sud de l'Europe sont particulièrement intéressés selon lui par la construction du gazoduc au vu de l'indétermination qui entoure le transit gazier via l'Ukraine. D'après certaines sources proches du dialogue gazier UE-Russie, le litige entre Bruxelles et Sofia pourrait être réglé dans le cadre d'une large discussion sur les accords intergouvernementaux des pays participants à South Stream. Le dialogue politique entre la Russie et l'UE sur South Stream est aujourd'hui suspendu en raison des événements en Ukraine. Toutefois, les participants au dialogue côté russe avaient déclaré plus tôt que la situation n'avancerait pas d'ici l'été en raison des élections européennes et de la nouvelle composition de la Commission européenne.

 

Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 7 avril 2014 1 07 /04 /Avr /2014 11:50

Islande dit adieu à l'Union européenne, sans même un référendum

Elargissement européen L'Islande va sans doute se passer de référendum pour mettre fin aux négociations avec l'UE L'Islande va sans doute se passer de référendum pour mettre fin aux négociations avec l'UE

 

Romaric Godin  |  24/02/2014, 15:59  -  807  mots Raykjavik devrait retirer officiellement sa candidature à l'UE déposée en 2009 sans en passer par une consultation populaire, contrairement aux promesses du gouvernement.

Adieu l'UE. Comme la Suisse et la Norvège en 1994, l'Islande devrait refuser officiellement son adhésion à l'Union européenne. Vendredi, les deux partis de centre-droit de la coalition au pouvoir, le parti du Progrès et le parti de l'Indépendance se sont mis d'accord sur une proposition de loi qui sera soumise à l'Althing, la chambre unique du parlement islandais. Ce texte prévoit de retirer la candidature du pays à l'UE sans passer par la voie du référendum comme l'avait promis le gouvernement lors de son entrée en fonction en avril dernier.

Négociations au point mort

En réalité, les négociations avec l'UE entamée en juillet 2009 sont au point mort depuis un vote de l'Althing de janvier 2013, précédant donc les dernières élections parlementaires, qui demandait le gel des discussions. En avril, le centre-droit au pouvoir avait confirmé la suspension de toutes les négociations en attendant un référendum. C'est le gouvernement de centre-gauche issu de la crise violente qu'a connu le pays en 2009 qui avait décidé de lancer l'Islande dans une procédure d'adhésion. Cette adhésion devait être suivie d'une adoption rapide de l'euro afin de donner au pays une « stabilité » dont elle rêvait alors. Mais ces négociations qui ne devaient être qu'une formalité ont achoppé sur trois sujets principaux.

Le problème de la pêche

Le premier, le plus essentiel, est le problème de la pêche. Avec l'effondrement de son système financier, la pêche est redevenue un secteur essentiel de l'économie islandaise. Son poids dans le PIB est passé de 4,7 % en 2008 à 7,1 % en 2012 et 42 % des exportations islandaises sont des produits de la pêche. Or, l'entrée dans l'UE signifierait l'adoption de quotas de pêche plus restreints. Or, compte tenu du poids économique de ce secteur, Reykjavik veut continuer à disposer de cette liberté. L'embargo imposé par l'UE aux harengs et maquereaux des îles Féroé en août dernier a inquiété beaucoup en Islande. Et puis, il y a cette épineuse question de la chasse à la baleine, toujours pratiquée en Islande à la grande indignation de Bruxelles et qui est un sujet fort sensible dans l'île nordique.

L'euro peu attirant

Le deuxième écueil est celui de l'euro. Sans doute pouvait-on voir la zone euro en juillet 2009 comme un « havre de stabilité. » Ce n'est plus guère le cas après quatre ans de crise profonde de l'UEM. Sans compter que, parallèlement, l'Islande a beaucoup profité (au prix d'une très forte inflation) de la dépréciation de la couronne qui a atteint jusqu'à un quart de sa valeur. Beaucoup d'Islandais doutent donc qu'il soit utile de perdre la maîtrise de sa politique monétaire. L'Islande, avec un PIB d'une dizaine de milliards d'euros et 380.000 habitants, sera certaine de voir ses intérêts ignorés par la BCE. Or, les avantages de l'euro sont assez limités puisque les importations en provenance de la zone euro ne représentent que 27 % du total (32 % avec le Danemark dont la monnaie est ancrée sur l'euro). Le jeu pourrait ne pas en valoir la chandelle. Mais enfin, l'Islande pourrait entrer dans l'UE en conservant la couronne.

Un intérêt limité

Troisième raison de l'échec des négociations, c'est la gestion de l'UE. L'Islande est sortie de la crise en tentant de préserver les intérêts de ses nationaux, notamment en pratiquant un défaut sur les investisseurs étrangers et en renonçant de facto à l'indépendance de sa banque centrale. C'eût été évidemment impossible en cas d'adhésion à l'UE. Les partis opposés à l'UE soulignent aussi combien la technocratie bruxelloise serait négative pour la démocratie islandaise. D'autant que, ajoute-t-il, l'Islande, membre de l'accord de libre-échange avec l'UE et de l'espace Schengen, bénéficie déjà d'une bonne intégration dans l'espace européen. Une adhésion à l'UE n'apporterait rien de plus à un pays qui compterait bien peu à Bruxelles.

Des sondages peu favorables à l'adhésion

Les derniers sondages laissaient peu de chances à l'adhésion à Bruxelles. Celui paru dans le quotidien Frettabladid du 3 février indiquait que 49 % des Islandais refusaient l'adhésion, 26 % l'acceptaient.

 

Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Dimanche 6 avril 2014 7 06 /04 /Avr /2014 17:24

Brisons le silence sur ce qui se passe en Espagne

Astrid Menasanch Tobieson, dramaturge

 

Sous couvert de l’inattaquable excuse de la sécurité, le gouvernement de Mariano Rajoy considère préventivement le manifestant comme dangereux. Il est ainsi automatiquement regardé comme une menace à la loi grâce au nouveau projet législatif de « Sécurité citoyenne » adopté par le conseil des ministres le 29 novembre dernier.


 


Des policiers arrêtent des manifestants lors d’un défilé contre la réforme du droit à l’avortement, le 20 décembre 2013 à Madrid (Andres Kudacki/AP/SIPA)

Metteur en scène et dramaturge, Astrid Menasanch Tobieson travaille entre la Suède et l’Espagne. Elle est membre du groupe de théâtre Sta ! Gerillan. La lettre ci-dessous était initialement adressée aux journalistes suédois et a été publiée le 19 décembre. Avec l’autorisation de l’auteure, la traductrice a pu la retranscrire en français.

Mathilde Rambourg

La lettre d’Astrid Menasanch Tobieson

Bouleversée, je vous écris sous le coup de l’indignation. L’Espagne, dans peu de temps, empruntera le chemin qui mène d’une démocratie ouverte à ce qui risque de devenir une démocratie fasciste et autoritaire.

Je vous écris après les événements qui se sont produits dans le quartier de Kärrtorp à Stockholm (où un groupe néonazi ultraviolent a attaqué une manifestation antirasciste il y a quelques jours).

Je vous écris à propos de qui se trame en Espagne. Je crois en tout cas que la Suède et l’Espagne se ressemblent en un point : l’avancée du fascisme devant l’indifférence de la société. Le 19 novembre, le gouvernement espagnol a approuvé un projet de loi dont le but est d’en finir avec les manifestations et les contestations au régime actuel. La méthode est classique : instaurer le silence grâce à la répression.

Avortement non, sécurité citoyenne oui ?

Le 29 novembre dernier, le Conseil des ministres du gouvernement conservateur espagnol a approuvé le projet de loi « Sécurité citoyenne » qui réforme le code pénal. Le texte, qui réduit les droits et libertés civiles (mais pas celle de faire l’apologie du franquisme) est unanimement rejeté par les mouvements sociaux, les syndicats, l’opposition, les organisations professionnelles comme celles des juges pour la démocratie, l’association unifiée des gardes civils ou la fédération des journalistes d’Espagne.

Alors que le Parti socialiste espagnol a demandé à ses alliés européens de se mobiliser contre le projet de loi réduisant les droits d’accès des femmes à l’avortement, certains se demandent pourquoi il n’a pas entrepris la même démarche sur la loi « Sécurité citoyenne ». Blandine Grosjean

Je vous demande maintenant de l’aide, je vous demande d’informer. Le samedi 14 décembre à Madrid s’est déroulé une des 6 000 manifestations qui se sont organisées cette année en Espagne. Je le répète : une des 6 000.

Ces dernières années, le réseau de protection sociale a été ébranlé : privatisation des théâtres, tentatives de privatiser les hôpitaux, droit du travail ébranlé et transformé depuis sa base, licenciements innombrables, familles chassées de leur domicile, éducation civique suspendue dans les écoles, etc. Et afin de clore une longue liste, le vendredi 20 décembre, le gouvernement a approuvé la réforme du droit à l’avortement.

Ce que l’on a désigné comme une crise économique est, depuis le début, avant tout une crise démocratique. La couverture médiatique en Suède et en France sur la situation en Espagne a été très faible, et son analyse d’un point de vue social, inexistante.

La manifestation qui s’est tenue au pied du Congrès de Madrid le samedi 14 décembre, avait pour but de protester contre une nouvelle proposition de loi : la « ley de Seguridad Ciudadana », loi de Sécurité citoyenne.

Un groupe Facebook : 30 000 euros

Cette loi, qui contient 55 articles et punit autant d’actes différents, prévoit des amendes pour le manifestant, allant de 100 à 600 000 euros. Les infractions ?

  • Pour commencer, toutes les manifestations non-déclarées et prenant place devant le Congrès ou autre édifice appartenant à l’Etat – comme celle qui s’est déroulée samedi 14 à Madrid – seront interdites et la sanction ira jusqu’à 30 000 euros par participant. Cela sera le cas lorsque plusieurs personnes seront considérées comme un groupe.
  • L’interdiction des manifestations non-déclarées s’appliquera également aux réseaux sociaux. Se rassembler en tant que groupe sur Internet, autour d’une opinion, sera sanctionné de 30 000 euros. Créer un groupe, sur les réseaux sociaux ou dans un lieu public, autour de symboles ou de drapeaux, sera interdit : 30 000 euros d’amende.
  • Si dans une manifestation, un citoyen manifeste avec une capuche ou avec le visage couvert : 30 000 euros d’amende.

 


Capture d’écran du Huffington Post espagnol qui montre huit photos prises en 2013, qui ne pourront être diffusées en 2014 (Huffingtonpost.es)

  • Refuser de décliner son identité devant un policier : 30 000 euros.
  • Empêcher un policier de remplir sa fonction : 30 000 euros, ce qui, dans la pratique, signifie que les sit-in comme ceux qui initièrent le mouvement du 15-M en Espagne [ « Les Indignés », ndlr], seront strictement interdits.
  • Déshonorer le drapeau espagnol : 30 000 euros [en France, cet acte est passible de 1 500 euros d’amende, ndlr].
  • Réaliser un dessin satirique, prenant pour sujet, par exemple, un politique, sera interdit.
  • Utiliser des pancartes critiquant la nation espagnole : 30 000 euros.
  • Filmer ou photographier un policier en service : 30 000 euros.
Note de la traductrice

Les dénonciations faites par des policiers bénéficient de la présomption de véracité. Par conséquent, c’est celui qui fait l’objet de l’accusation qui devra démontrer la non-véracité de ce qui est avancé par les agents. Le système d’accusation fonctionnait ainsi également sous la dictature franquiste.

Selon l’écrivain Javier Marias, c’est une négation de la justice : cela revient à condamner directement l’accusé car il sera incapable de démontrer qu’il n’a pas pas commis l’acte dont on l’accuse puisque l’on part de la base que si, il l’a fait. Il sera d’autant plus difficile à l’accusé d’apporter des preuves à cause de la loi qui interdit de photographier ou de filmer des agents de l’ordre.

Et la liste n’est pas exhaustive. Dans tous les cas, le témoignage d’un policier ou d’un agent de sécurité sera suffisant pour infliger une amende au citoyen.

D’aucuns peuvent par conséquent se demander : l’Espagne fait-elle face à un mouvement de manifestations violentes ? Eh bien non. Le chef de la police Ignacio Casido a déclaré que ces 6 000 manifestations sont jusqu’à ce jour le mouvement le plus pacifique de l’histoire de l’Espagne.

Il n’y a pas si longtemps, l’Espagne était encore une dictature. Il n’y a pas si longtemps non plus que la guerre civile a eu lieu. Tous les débats sont politiques. Informer d’un événement est un acte politique. Ne pas le faire est un acte politique. Le silence est, au plus haut point, un acte politique. Le choix de garder le silence se fige dans la mémoire des générations. Cette loi néofasciste qui va être votée n’est pas sans lien avec la montée des fascismes en Europe. Cela nous concerne tous.

Je m’adresse à tous les journalistes, aux éditorialistes en France. Vous qui détenez l’espace médiatique. Je vous demande sincèrement de briser le silence vis-à-vis du régime qui est en train de s’imposer en Espagne.

Je vous demande de commencer à informer. Je vous demande de soutenir la liberté d’expression avec vos articles et vos apports au débat, je vous demande d’y apporter des analyses rigoureuses et profondes. Informez ! Informez sur tout !

Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Samedi 5 avril 2014 6 05 /04 /Avr /2014 21:11

Ukraine: Merkel menace la Russie de sanctions économiques

Dossier: Sanctions contre la Russie

Angela Merkel
18:28 05/04/2014
BERLIN, 5 avril - RIA Novosti

De nouvelles sanctions, économiques cette fois-ci, pourront être imposées contre la Russie en cas de nouvelle atteinte "à l'intégrité de l'Ukraine", a annoncé samedi la chancelière allemande Angela Merkel lors d'une réunion de son parti conservateur CDU.

"Si l'intégrité territoriale de l'Ukraine est de nouveau atteinte, nous serons obligés d'imposer des sanctions économiques. Personne ne doit en douter. Malgré les divergences (dans les points de vue concernant la crise ukrainienne -ndlr) nous sommes unis par le destin et nous prendrons ensemble cette décision", a indiqué Mme Merkel.

Selon elle, en augmentant le prix du gaz pour l'Ukraine, Moscou exerce une pression économique sur Kiev. Toutefois, Mme Merkel a déclaré que "personne ne veut interrompre les discussions" avec la Russie.

Les Etats-Unis et l'UE ont adopté des sanctions contre la Russie suite à l'adhésion à la Fédération de Russie de la république de Crimée, jusque-là faisant partie de l'Ukraine. Parmi les sanctions figurent des gels d'avoirs, des interdictions de visas pour certaines personnalités, l'annulation du sommet Russie-UE de juin à Sotchi, et la suspension des négociations sur le régime des visas et un nouvel accord-cadre. Les discussions européennes sur l'introduction de sanctions économiques contre Moscou n'ont toujours pas abouti. Les pays du G8 ont menacé d'imposer des sanctions économiques à Moscou en cas d'escalade de la situation autour de l'Ukraine. Le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré que le langage des sanctions était contre-productif.

 

Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Jeudi 3 avril 2014 4 03 /04 /Avr /2014 22:24

 

Publié par Guillaume Champeau, le Jeudi 03 Avril 2014

Victoire pour la neutralité du net au Parlement Européen !

Le Parlement Européen a adopté à une très forte majorité une version amendée du rapport Castillo, qui définit pour la première fois et protège la neutralité du net en Europe.

 

Les esprits étaient fébriles face au lobbying intense des opérateurs télécoms, mais le Parlement Européen a finalement adopté jeudi à une large majorité le rapport de Pilar Del Castillo sur le marché unique des télécommunications, dans une version amendée pour sauvegarder et imposer la neutralité du net en Europe. Les efforts de la Quadrature du Net, notamment, ont porté leurs fruits.

Ainsi, les députés européens ont adopté l'amendement déposé notamment par la Socialiste française Catherine Trautmann et par l'eurodéputée du Parti Pirate Amelia Andersdotter (membre du groupe des Verts), qui apporte une définition claire et sans ambiguïté à la neutralité du net :

"neutralité du réseau", le principe selon lequel l'ensemble du trafic internet est traité de façon égale, sans discrimination, limitation ni interférence, indépendamment de l'expéditeur, du destinataire, du type, du contenu, de l'appareil, du service ou de l'application;

Ils ont ensuite modifié le contenu du rapport pour préciser que le "service de l'accès à l'internet" proposé par les FAI et les opérateurs mobiles devait se comprendre comme la fourniture d'une "connectivité à l'internet, conformément au principe de neutralité de l'internet, et, partant, une connectivité entre la quasi-totalité des points terminaux de l'internet, quels que soient les technologies de réseau ou les équipements terminaux utilisés".

De même, les eurodéputés ont adopté un amendement qui précise que les internautes ne sont pas simplement "libres" d'utiliser les services de leurs choix, mais sont "en droit" de le faire.

Ainsi, le texte adopté dispose que les utilisateurs sont "en droit d'accéder aux informations et aux contenus et de les diffuser, d'exécuter et de fournir les applications et les services et d'utiliser les terminaux de leur choix, quel que soit le lieu où se trouve l'utilisateur final ou le fournisseur, ou quels que soient le lieu, l'origine ou la destination du service, de l'information ou du contenu, par l'intermédiaire de leur service d'accès à l'internet".

Mieux encore, alors que les opérateurs sont tentés de limiter la qualité offerte à l'accès à Internet pour privilégier les "services gérés" qu'ils proposent en parallèle d'Internet (notamment par leurs "box"), le Parle ment Européen a imposé que ces "services spécialisés" concernent exclusivement des services qui ne sont pas "utilisables" comme produits de substitution à un accès à internet.

"Ces services ne sont proposés que si la capacité du réseau est suffisante pour les fournir en plus des services d'accès à l'internet et s'ils ne portent pas atteinte à la disponibilité ou à la qualité des services d'accès à l'internet", impose le Parlement européen.

Enfin, "les fournisseurs proposant un accès à l'internet aux utilisateurs finaux n'opèrent pas de discrimination entre des services ou des applications équivalents sur le plan fonctionnel".


Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 29 mars 2014 6 29 /03 /Mars /2014 07:10

EUROPE : Une armé privée aux ordres de l’Union Européenne et de l’OTAN

 Il existe en Europe une armée privée dont la fonction est de servir les objectifs de de la Commission européenne. Elle se nomme EuroGendFor. Elle est située à Vicenza en Italie.


Cette armée secrète ou unité d’intervention spéciale est composée de 3000 hommes et est basée à Vicence en Italie. Police politique, judiciaire, armée et pourvue de services secrets, ses missions se réalisent en étroite coopération avec les armées européennes afin de garantir la « sécurité en territoires de crise européens ».

 

 

 

En d’autres termes, faire cesser toute révolte populaire au sein des Etats membres de l’UE qui adhèrent à « EuroGendFor ».

Cette troupe paramilitaire a été fondée sans la moindre légitimité démocratique, en toute opacité, et chaque Etat peut faire appel à la FGE pour mater quelque crise que ce soit.

 

Le Traité de Velsen régit ses règles d’intervention.

Sa devise « Lex paciferat » indique la volonté d’imposer la paix par le droit. Mais lequel ?

 

La première version du blason de la FGE était composée d’une grenade au dessus d’une épée et entourée de 12 étoiles adoptée par le CIMIN lors de la réunion du 12 septembre 2006 à Vicenza. Cet insigne est légèrement modifié en 2007 lorsque les États membres optent pour le retrait des 12 étoiles. Enfin en décembre 2009, lors de la réunion du CIMIN à Versailles, une version tactique d’un insigne "basse visibilité" est adoptée.

Cette structure militaire est née d’une initiative réunissant cinq États membres de la communauté européenne : la France, l’Italie, les Pays-Bas, le Portugal et l’Espagne, rejoints par la Roumanie en 2008, et finalisée par un Traité.

Elle a pour mission officielle "d’améliorer la capacité de gestion de crise dans les régions sensibles et de contribuer au développement d’une politique commune de défense et de sécurité."

Traduire par : utiliser la force en fonction des intérêts de l’élite européiste.

Elle peut effectuer ses missions de police sur différents théâtres, zones déstabilisées, en support des actions de l’Union Européenne (UE), du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), de l’Organisation des Nations Unies (ONU), de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) et autres coalitions " ad hoc "…

Le caractère très informel de ses missions laisse songeur.

Force « opérationnelle, pré-organisée, solide et rapidement projetable » contribuant à la Politique Commune de Sécurité et de Défense (CSDP), elle est en mesure d’être déployée hors des structures de l’Union Européenne.

 

 

Créée le 17 septembre 2004 à Noordwijk aux Pays-Bas, déclarée opérationnelle le 20 juin 2006, par un "Comité InterMInistériel de haut Niveau", sa première participation dans une opération de gestion de crise a pris pour nom l’opération EUFOR “ALTHEA” au service de l’Union Européenne en Bosnie Herzégovine. En 2009, sous commandement OTAN, elle est intervenue en Afghanistan. Elle a apporté son soutien à la mission des Nations Unies en Haïti après le tremblement de terre qui a ravagé ce pays afin de sécuriser les lieux. 

 

Elle peut donc agir pour l’UE, l’OTAN et les Nations Unies. Sans le moindre mandat démocratique, sans le moindre assentiment populaire, sans la moindre consultation des peuples européens. 


 

Ses forces peuvent être placées sous commandement militaire, dans le cas d’un conflit de haute intensité, ou civile et d’autre part, de manière autonome ou en coordination avec d’autres forces, mais lesquelles ? Elle peut se substituer à des forces de police locale et donc nationale. Cette force de police internationale peut être mandatée pour assurer le fonctions de police, et être investie de tous les pouvoirs de police, comportant le port des armes t les actions de répression directe. Qui déterminera la carence de l’état de droit dans tel ou tel pays ? Cette police internationale peut contrôler un territoire européen et s’imposer aux forces militaires nationales, si l’Union Européenne le décide. Un conseil de guerre, via comité interministériel composé des ministres de la Défense et de la Sécurité des pays membres de l’UE déterine ses options d’intervention.

Selon l’article 4 de son Traité constitutif : « On peut recourir aux FGE pour protéger les personnes et les biens et maintenir l’ordre en cas de troubles publics. »

L’exterritorialisation potentielle induite par cette force peut donc s’imposer à l’autorité d’un Etat souverain dans lequel cette force intervient.

Le Traité régissant cete puissance secrête a été contracté entre le Royaume d’Espagne, la République française, la République italienne, le Royaume des Pays-Bas et la République portugaise.

Elle peut surveiller, conseiller, encadrer et superviser les polices locales dans leur travail quotidien, surveiller l’espace public, régler la circulation, contrôler les frontières et effectuer des missions générales de renseignement ; effectuer des enquêtes criminelles, notamment découvrir des délits, retrouver les délinquants et les livrer aux autorités judiciaires compétentes ; protéger les personnes et les biens et maintenir l’ordre en cas de troubles publics.

 

Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 28 mars 2014 5 28 /03 /Mars /2014 08:15

19783872-mixed-bulgarian-and-european-grunge-flag-of-europe.jpgCinq ans après l'adhésion à l'UE, une majorité de Bulgares pense que l'intégration européenne n'a pas été positive



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



A deux mois des élections européennes, les peuples sont plus défiants que jamais envers l'Union européenne. La propagande européenne ne passe plus face à la réalité de la paupérisation des peuples. Le cas de la Bulgarie, entrée dans l'UE en 2008, en est caractéristique.



Pendant que les projecteurs sont braqués sur l'Ukraine, on ferme la lumière sur des mouvements populaires massifs dénonçant l'intégration européenne : hors de l'UE comme en Bosnie, ou dans l'UE comme en Slovénie, Bulgarie sans oublier la Grèce ou le Portugal bien sûr.L



La privatisation de l'électricité impulsée par l'UE, une tragédie



En Bulgarie, l'année 2013 a vu les plus grandes manifestations depuis 1997, si ce n'est depuis le début de l'histoire moderne de ce pays remettant en cause la captation du pouvoir par une mince oligarchie, son choix désastreux de l'intégration européenne et de la privatisation intégrale du pays.



En février, des dizaines de milliers de personnes descendaient dans la rue pour protester contre la hausse des frais de scolarité dans des universités médiocres, la dégradation de l'accès aux hôpitaux en décrépitude, enfin surtout contre la hausse des tarifs de l'électricité.



Derrière, c'était la privatisation du secteur de l'électricité qu'ils remettaient en cause, opérée en 2004, pour répondre aux critères d'adhésion à l'UE, d'intégration au marché commun de l'énergie.



Aujourd'hui, trois grands monopoles étrangers se partagent désormais le marché : l'allemand E-On inévitablement dans le nord-ouest, le groupe tchèque CEZ à l'ouest et l'autrichien EVN au sud-est.



Pour les ménages bulgares, la privatisation a été une tragédie : aujourd'hui la facture moyenne d'électricité est de 100 € dans un pays où le salaire minimum est à … 115 €, le salaire moyen à 350 €. Les cas où l'électricité représente plus de la moitié du budget sont fréquents.



Une pression qui a contraint le gouvernement de droite de Boyko Borisov à démissionner. Un gouvernement dans lequel le Ministre des Finances avait osé dire que « nationaliser l'électricité, c'est aller vers la collectivisation donc vers le goulag ! ».



Le nouveau gouvernement socialiste n'a guère changé la donne, se révélant proche des oligarques milliardaires, osant nommer le magnat médiatique Delyan Peevski à la tête de l'Agence de sécurité nationale (DANS), ne changeant rien à la situation du secteur de l'électricité.



Une décision qui a relancé l'indignation des manifestants, contraignant le gouvernement à retirer cette nomination. Les protestations ont continué face au refus du gouvernement socialiste d'opérer un changement de cap par rapport au consensus néo-libéral.



70 % pensent que l'UE n'a rien changé ou fait empirer la situation



Un an après, les Bulgares sont toujours dans la rue, à un rythme quasi-quotidien, pour manifester le ras-le-bol face à la politique d'un gouvernement aux ordres de l'Union européenne, des grands monopoles européens et des oligarques locaux.



La défiance de la population envers son gouvernement est maximale : seuls 26 % des Bulgares ont confiance en leur gouvernement. A contrario, selon l'institut de sondage Alpha Research près de 80 % des Bulgares soutiennent les manifestations anti-gouvernementales.



Sept ans après l'intégration européenne, et les mirages promis par la classe politique locale, la désillusion est incontestable : Seuls 15 % des Bulgares pensent que l'adhésion à l'UE a amélioré leur situation contre 70 % qui pensent qu'elle ne l'a pas améliorée ou qu'elle l'a empirée.



Un autre sondage, plus nuancé, soulève le même constat : seuls 31 % des Bulgares estiment qu'il y a eu un impact positif de l'adhésion de la Bulgarie à l'UE, 17 % qu'elle a eu un impact négatif, 51 % aucun impact significatif.



Il faut dire que la Bulgarie reste un des pays les plus pauvres d'Europe : le salaire moyen est de 300 € par mois (seule l'Albanie fait pire en Europe!), une famille sur cinq vit sous le seuil de pauvreté, soit avec moins de 90 € par mois.



Le détail est encore plus désolant. Selon les syndicats bulgares, au vu des tarifs exorbitants de la nourriture, de l'énergie, des transports, il faut 980 € à une famille de quatre personnes pour répondre à ses besoins : seules 11 % des familles bulgares rentrent dans cette catégorie.



Les « poor workers », travailleurs pauvres ont explosé en Bulgarie, atteignant aujourd'hui le chiffre de 650 000 personnes, gagnant beaucoup moins que la moyenne nationale (de 300 €!), ils sont légion dans la vente, le bâtiment ou l'entretien.



Un an après l'intégration à l'Union européenne, les ménages bulgares avaient perdu 15 % de leurs revenus, passant en moyenne de 415 à 355 € entre 2008 et 2009.



De quoi rendre limpide la position sceptique des Bulgares vis-à-vis du mirage de l'intégration européenne.

 


Vendredi 28 mars 2014

Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Avril 2014
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30        
<< < > >>

Liens

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés