SYNDICAT CGT DE LA CULTURE DE LA MAIRIE DE PARIS : POUR PROTEGER LA CGT, SES ADHERENTS ET SES MILITANTS, LEPAON DOIT (ENFIN) PRENDRE SES RESPONSABILITES.

Publié le par Tourtaux

 

Lundi 22 décembre 2014     

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Appartement, bureau, salaire, primes..... il est vrai que ses explications ne sont guère convaincantes.

On ne compte plus les scandales à répétition qui touchent notre syndicat depuis deux mois : Travaux somptuaires pour rénover un appartement ou un bureau, primes généreuses, frais de bouche divers et variés... la liste des litanies qui arrivent à nos oreilles est longue.

On ne compte plus les interpellations des adhérents ou des collègues qui ont de la sympathie pour nous. « Les histoires de Thierry Lepaon m’ont un peu écœuré » nous dit une collègue qui a pourtant voté pour nous, « Ben dis donc, quand est-ce que vous aller le virer ce sagouin….car c’est une sacrée épine dans vot’ pied !! » renchérit un autre qui pourtant nous aime bien. « Eh, ils s’amusent bien à Montreuil » nous interpelle- t-on encore. Avec les derniers rebondissements dans l'affaire du secretaire de la CGT, on a droit maintenant à un « Ben dis donc, il s’accroche vot' Lepaon » Et tous de conclure d’un « c’est vrai que la place est bonne ». C’est pas faux !

Mais le plus cruel dans cette histoire, quand on connaît la crise du syndicalisme et la difficulté de syndiquer les collègues, c'est que l’on entend désormais quotidiennement le même argument : « j’aurais bien voulu adhérer, mais c’est trop cher pour moi, mais je comprends maintenant où va l’argent » ont ainsi lâché plusieurs collègues qui souhaitaient nous rejoindre (et donc finalement, non).

C’est vrai que la CGT est assez rigoureuse sur ce point : « La cotisation c’est 1% du salaire, camarade, il est interdit de verser moins, c’est dans les statuts » n’arrêtent pas de seriner les gardiens du temple. On comprend maintenant à quoi sert l’argent des syndiqués pour nombre d’entre nous qui trouvons les cotisations trop chères. Visiblement, il est distribué généreusement que ce soit à des entreprises amies ou bien à nombre de permanents à commencer par le premier d’entre eux. Car les explications de Thierry Lepaon sur ces affaires d’appartement, de bureau, de primes et tutti quanti ne nous ont pas convaincu, loin de là.

 

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                                                           -  Je vous jure, sur l'honneur, j'ai rien fait ...


Commençons par l’appartement: Les travaux pour le remettre « en état » ont dépassé allégrement les cent milles euros selon les chiffres officiels de Montreuil. Une somme extravagante quand on y pense. D’autant que l’appartement en question était en très bon état selon son propriétaire et avait même été repeint selon les révalations faites par la presse. Heureusement qu'elle est là sinon ni les adhérents ni les simples militans n'auraient été au courant de quoi que ce soit par les « instances démocratiques ». Alors dans quoi a pu bien passer cet argent ? Dans une interview au Parisien, Thierry Lepaon a affirmé qu’il avait « demandé à la commission financière de la CGT de venir vérifier si la facture correspond aux travaux réalisés ». Malheureusement, celle-ci est incapable d’apporter une réponse avant le 13 janvier, si l’on en croit les dires du patron. Plus de deux mois pour vérifier si la CGT ne s’est pas fait gruger alors qu’un employé du bâtiment pourrait dire d’un coup d’œil (allez une journée) ce qu’il en est.

Passons ensuite au bureau : Le secrétaire général a justifié à l’AFP le coût élevé de ces travaux par la nécessité de refaire « l'électricité, le chauffage, la climatisation et les sols ». 62 milles euros tout de même ! Problème : Sans connaître en détail le siège de Montreuil, on suppose que dans cette bâtisse dont le hall est grand comme un terrain de foot, le chauffage doit être au moins central, non ? Pareil pour la clim, n’est ce pas ? Alors plus de soixante patates pour refaire l’électricité et renouveler le mobilier, on comprend que la pilule a du mal à passer auprès des pauvres cotisants. A ce compte la rénovation de l'ensemble de l’immeuble de Montreuil, digne du siège d'une multinationale, pourrait alors atteindre plusieurs milliards d'euros ?

 

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                                                                 Le siège de Montreuil (juste le hall d'entrée)


Venons en maintenant aux « frais de mutation » pour passer de la CGT de Haute-Normandie à la CGT nationale. Il s'agit bien d'une somme totale de 100 830 € qui a été payée, selon les chiffres désormais officilels, par la CGT de Montreuil au comité régional CGT de Normandie pour solde de tout compte du salarié Lepaon. Il est vrai que Montreuil s'est montré on ne peut plus généreux car cette somme inclut salaire,13ème mois, frais de bouche, charges patronales et ... fourniture de tabac !

Encore plus fort. A la CGT, on paye aussi les charges salariales de ses propres employés ! Selon le rapport officiel de la commission exécutive, c'est même 7000 € supplémentaires que les adhérents ont dû débourser, ce qui signifie que Lepaon s’est fait offrir ses propres charges salariales par la CGT !

En tout cas, si on additionne les travaux de l’appart, du bureau et les « frais de mutation » pour passer du bocage normand à la centrale de Montreuil, on arrive à une somme de près de trois cent milles euros, chiffres officiels de la confédération ! Soit 20 ans de smic ou bien trois milles cotisations moyennes annuelles d’adhérents !

Bref, comme on peut le voir, les explications délivrées par la centrale n’ont pas convaincu, c’est le moins que l’on puisse dire et pour sortir enfin de cette crise, le secrétaire général n’a plus qu’une seule issue : démissionner. A la fois pour protéger le syndicat, ses militants et ses adhérents (enfin ceux qui n’ont pas encore rendu leur carte) lesquels n’en peuvent plus de recevoir cette histoire en pleine figure… mais aussi pour lui.

En effet, être jeté en pâture à l’opinion publique ne doit pas être très facile à vivre et on comprend qu’il serait même mieux pour lui de ne plus être sous les feux brûlant de l’actualité. Bref, pour sortir de la crise, un changement au sommet s’impose. « une sortie par le haut » devrait-t-on dire. C'est aussi la position de la fédération CGT des services publics (lire ici).

 

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Lire aussi

A la CGT centrale on aime (aussi) l'entreprise !

http://daccgtculture.over-blog.com/article-pour-proteger-la-cgt-et-ses-militants-thierry-lepaon-doit-enfin-prendre-ses-responsabilites-125254999.html

Publié dans Lutte des classes

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Tourtaux 22/12/2014 15:16

Quand je vois son regard suffisant, je me dit que ce charognard n'est que l'arbre qui cache la forêt.
J'enrage, car quasiment toutes les Fédérations, UD et nombre d'UL sont touchées par ce terrible fléau qu'est l'opportunisme, le carriérisme, la course aux places et aux honneurs et aux petits
fours, qui conduisent à la collaboration de classe avec l'ennemi capitaliste, sous la férule de la Kollabo CES, courroie de transmission du patronat européen.
Je dis cela en connaissance de cause, des LEPAON, la région Champagne-Ardennes où j'ai tant donné, tant milité, je défies quiconque de me porter la contradiction sur ce terrain de classe, la région
où je survis pour l'instant, est truffée d'individus de l'acabit de LEPAON.
La chasse aux militants de base, de masse et de classe, est ouverte depuis longtemps.
Lorsque j'étais Secrétaire de l'UL de RETHEL (ARDENNES), j'étais archi combattu par les dirigeants de l'UD 08 parce qu'avec mon esprit de militant cheminot, je contribuais à faire de notre UL, une
UL qui se battait sur des positions de classe.
Lorsque l'UD avait recours à mes services, même avant que je sois Secrétaire de l'UL, c'était lorsqu'elle n'avait plus le choix et surtout lorsqu'elle savait qu'elle pouvait en tirer un quelconque
avantage non négligeable.
Par exemple, alors que j'étais à l'époque Secrétaire du syndicat CGT des cheminots de RETHEL, lors d'une élection prud'homale partielle, suite à la démission d'une conseillère FO, peu de temps
après avoir été élue, celle-ci invoquait les difficultés que sa fonction de magistrate élue par les salariés, exigeait d'elle, le Secrétaire général de l'UD ma téléphonné pour me dire :
"Jacques, il faut que tu sois le candidat à l'élection prud'homale partielle sur le canton de RETHEL".
Je n'y était pas favorable étant par ailleurs surchargé de travail sur le terrain syndical, politique et dans une association de combattants progressistes au sein de laquelle j'avais des
responsabilités nationales, départementales et locales.
J'ai fini par accepter pour la CGT.
Je ne l'ai pas regretté puisque lors de cette élection partielle, la CGT a progressé de 10% sur le canton et arraché le siège, ce qui a donné à la CGT 3 sièges sur 4. J'étais, sans forfanterie,
heureux d'avoir aidé la CGT à gagner un siège.

Tourtaux 22/12/2014 15:11

Yo Dapvril : Lui et bien d autres ont fait de ce syndicat une honte.....et doivent prendre leur responsabilité.....leur plus belle reconnaissance vis à vis des syndiqués c'est qu'ils
"dégagent"....le plus vite possible et sans prime bien entendu..

benzekri 22/12/2014 11:53

Effectivement et même si monsieur Lepaon est "honnête", pour la combativité ouvrière il devrait faire passer l'intérêt général avant les intérêts particuliers.
Je ne suis pas membre du syndicat mais pour toutes celles et tous ceux qui se battent pour redonner confiance et refusent de se laisser achetés et/ou avoir par ceux qui cherchent à corrompre les
rapports dans la société... il serait souhaitable de ne pas laisser envenimer trop longtemps la situation.

Tourtaux 22/12/2014 15:35



Bonjour Hamid, comme je l'écrit dans mon analyse, ce Secrétaire général de la CGT, par défaut, n'est que l'arbre qui cache la fotêt.