Vendredi 9 octobre 2009
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Reims
Nuage radioactif de Tchernobyl
Opéré de la thyroïde, un Rémois attaque l’État
Maître Ludot assiste Yoann Van Waeyenberghe dans son combat depuis 1998.
Hier, Yoann Van Waeyenberghe et son avocat ont déposé une plainte devant le tribunal administratif de Châlons. Atteint d’un cancer de la thyroïde, le Rémois accuse la France d’avoir dissimulé des
informations après le passage du nuage radioactif de Tchernobyl.
LE combat continue pour Yoann Van Waeyenberghe ! Le Rémois, atteint d’un cancer de la thyroïde a été le premier à déposer plainte pour dénoncer les mensonges de l’Etat après le passage du nuage
radioactif de Tchernobyl au-dessus de la France. Hier, Yoann Van Waeyenberghe et son avocat, Me Ludot, se sont retrouvés devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, chargé de juger
la plus grande part des litiges entre les particuliers et les administrations. « La faute de l’État est archi-caractérisée », réaffirmait l’avocat rémois, « Elle est basée sur la dissimulation
d’informations ».
Yoann est âgé de 17 ans lorsque le nuage radioactif de Tchernobyl survole l’Est de la France, notamment les 1er, 2 et 5 mai 1986. Comme 2 300 000 autres enfants, Yoann, alors adolescent du
quartier du Val-de-Murigny à Reims, a pu être contaminé à ce moment-là. En 1993, sept ans après la catastrophe ukrainienne, le diagnostic tombe et Yoann Van Waeyenberghe apprend qu’il est atteint
d’un cancer de la thyroïde. Opération. Radiothérapie. Traitement lourd. Le jeune homme alterne les phases de fatigue et les phases de dépression. Difficile alors de mener de front une activité
professionnelle. Sa première plainte devant la Cour de justice de la République a été rejetée en juin 2000. Certain que sa maladie et les fortes retombées de césium 137 sont intimement liées, le
Rémois ne se décourage pas. « Mon client a été expertisé par le professeur Bonnet, un spécialiste qui exerce à la clinique des Capucins à Reims. Il a affirmé que la cause de ce cancer était
exogène, ce qui signifie qu’il ne peut-être attribué qu’à des causes externes ». Me Ludot se base essentiellement sur cette expertise pour défendre la cause du Rémois devant le tribunal
administratif. « C’est un combat difficile, je le sais. Je sens toujours le doigt d’Aréva sur la tempe ». Fatigué en permanence et soumis à de nombreux examens médicaux, Yoann Van Waeyenberghe
doit quitter son emploi en 2006. « Cela devenait trop dur. J’ai des nausées chaque matin… », confie, la voix désormais affaiblie par la maladie, ce père de trois enfants. Depuis, il alterne les
missions en intérim. Un préjudice moral et physique qui a un coût selon Emmanuel Ludot qui réclame une indemnisation à hauteur de 150 000 euros.
Probablement une nouvelle expertise
Pour l’avocat, « on se trouve sur un terrain clairement politique ». Selon lui, « Yoann représentait la proie idéale pour une contamination. A 17 ans, sa thyroïde se trouvait en pleine maturité
donc plus réceptive à la maladie et surtout, il consommait des champignons en grande quantité et comme chacun le sait, le champignon retient parfaitement la radioactivité ». Pour lui, il
suffisait simplement « que le gouvernement alerte la population française notamment en les incitant à ne pas consommer de légumes frais, de lait… ».
Le pénaliste s’appuie également sur les données fournies par l’unique registre français, celui de la Champagne-Ardenne, sur les cancers de la thyroïde. « Il montre clairement une augmentation de
ce type de cancers ».
Le tribunal a mis sa décision en délibéré à la date du 22 octobre, mais d’ores et déjà, Me Ludot s’attend à une demande d’expertise complémentaire. Une nouvelle épreuve pour Yoann Van
Waeyenberghe. « Je m’y plierai malgré tout volontiers car je reste certain de mon bon droit et je veux que la vérité éclate enfin… ». Réponse dans 13 jours.
Corinne LANGE
Source : L'UNION
Par Tourtaux
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Publié dans : Politique
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