LIBAN : LA RESISTANCE NE PERMETTRA PAS LA MODIFICATION DES REGLES DU JEU

Publié le par Tourtaux

 
 
   

Par Samer R. Zoughaib

En assassinant six résistants libanais sur le territoire syrien sans prendre la peine de dissimuler ses empreintes, «Israël» a franchi une ligne rouge. Mais son crime ne restera pas impuni et se retournera contre lui.

D'habitude enclin à ne pas laisser de traces et à ne pas revendiquer les crimes qu'il commet, «Israël» a transgressé cette règle, dimanche 18 janvier, en laissant sa signature sur l'agression qui a coûté la vie à six résistants libanais, tombés en martyrs près de Mazraat al-Amal, à 7 kilomètres de la partie occupée du Golan. Les observateurs des Nations unies déployés dans la région ont affirmé avoir vu les drones «israéliens» survolant le secteur pendant le raid mené par des hélicoptères, qui ont tiré des missiles contre le convoi de trois véhicules, transportant les membres du Hezbollah et des conseillers militaires iraniens. 

Une mise en contexte de cette attaque inédite permet de tirer les conclusions suivantes:
-L'agression de Quneitra intervient moins de trois jours après l'intervention télévisée du secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, qui a qualifié de «graves violations» les raids répétés menés par les «Israéliens» en Syrie. Le leader de la Résistance a assuré que la riposte à ces attaques pouvait intervenir «à tout moment». Dans cette interview accordée à la chaine panarabe al-Mayadeen, sayyed Nasrallah avait réaffirmé que la Résistance pouvait prendre la décision, lors d'un éventuel conflit avec l'entité sioniste, d'«entrer en Galilée et encore plus loin que la Galilée». 

-A quelques semaines des élections générales, le Premier ministre «israélien», Benyamin Netanyahu, aurait donné à son opinion publique l'image d'un dirigeant faible s'il restait passif face aux défis lancés par sayyed Nasrallah. La décision de mener le raid de Quneitra pourrait donc être motivée, en premier lieu, par des considérations électorales internes et pour rehausser le moral de la population et de l'establishment militaire après les menaces du chef de la Résistance.

-Les dirigeants ennemis observent avec inquiétude l'implantation de la Résistance à un jet de pierre du Golan occupé. Ce déploiement fait suite à la décision annoncée par le président Bachar al-Assad d'ouvrir le front du Golan, en riposte aux raids massifs «israéliens» du 5 mai 2013 contre des positions militaires syriennes autour de Damas, et en réponse au soutien direct fourni par l'entité sioniste aux terroristes en Syrie.

-A travers ce raid, qui a coûté aussi la vie à un officier des Gardiens de la Révolution iraniens, Netanyahu cherche à saboter les négociations entre Téhéran et Washington, portant sur le dossier nucléaire. Il s'agit là d'un objectif permanent et non caché des «Israéliens».

-En prenant le risque de laisser son empreinte, «Israël» prouve que la décision a été prise rapidement et qu'il ne dispose pas des moyens d'atteindre sa cible par des méthodes plus discrètes, comme par exemple une bombe actionnée à distance.

Quelles que soient la (ou les) motivation(s) de Netanyahu, cette agression constitue, avant tout, une tentative de modifier les nouvelles règles du jeu imposées par la Résistance et les Syriens, à savoir l'ouverture du front du Golan.

Le Hezbollah a déjà déjoué des tentatives similaires après des agressions moins graves et moins meurtrières, en revendiquant officiellement la riposte. C'était notamment le cas lors de l'assassinat par «Israël» dans la localité de Adloun, au Liban-Sud, en octobre dernier, du résistant Hassan Haïdar, alors qu'il tentait de démonter un appareil d'espionnage «israélien». La Résistance a riposté quelques jours plus tard en faisant exploser une charge qui a détruit un véhicule militaire ennemi dans les fermes de Chebaa occupées. Il y a quelques mois, la Résistance avait également riposté, dans le Golan cette fois-ci, au bombardement d'un convoi du Hezbollah à Janta, dans la Békaa. 

En menant le raid de Quneitra, l'entité sioniste sait parfaitement que la riposte est inéluctable et qu'elle sera à la mesure de l'agression. Car le Hezbollah et ses alliés ne permettront en aucun cas que les «Israéliens» modifient les règles du jeu. C'est ce qui pousse certains experts à dire que Benyamin Netanyahu a commis un acte «stupide», qui pourrait lui coûter sa carrière politique, à l'instar de ce qui s'est produit avec Ehud Olmert, après sa défaite de 2006 au Liban. 

Les calculs d'«Israël» sont d'autant plus faux que désormais, la région s'étendant de Naqoura, sur la côté libanaise, à Soueida, à la frontière jordanienne, en passant par le Mont Hermon et le Golan, constitue un front uni et indivisible.

Source : French.alahednews

 

21-01-2015 | 14:05

Publié dans LIBAN

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