LE SERVICE PENITENCIAIRE ISRAELIEN A DEPOUILLE LES PRISONNIERS PALESTINIENS DE TOUS LES DROITS QU'ILS AVAIENT ACQUIS LORS DES GREVES DE LA FAIM

Publié le par Tourtaux

  Israël s’acharne sur les prisonniers palestiniens
 

Les prisonniers palestiniens attendent le moment opportun loin de la surveillance israélienne pour appeler leurs parents et les rassurer sur leur état de santé, alors que l’hiver est rude. Les prisonniers dans les diverses prisons parlent des droits dont ils ont été récemment dépouillés par les autorités pénitentiaires israéliennes, et expliquent ce qu’ils comptent faire dans les prochains mois, en l’absence d’une attention locale et internationale.


Profitant de la situation actuelle dans la direction politique palestinienne, le service pénitentiaire israélien a dépouillé les prisonniers palestiniens de tous les droits qu’ils avaient acquis lors des grèves individuelles et collectives de la faim, dont certaines constituaient des records de durée.


Depuis l’enlèvement de trois colons israéliens à Hébron, au sud de la Cisjordanie occupée en juin 2014 - et durant la récente guerre de Gaza en juillet et août 2014 - les autorités israéliennes ont annulé tous les gains antérieurs acquis par les prisonniers palestiniens.
Israël a ajouté des centaines de prisonniers aux milliers déjà en prison. De très nombreux prisonniers sont sous le coup de détentions administratives, dont le prisonnier Khader Adnan, qui s’est mis en grève de la faim. Le 6 janvier, Adnan a en effet lancé une nouvelle grève de la faim pour protester contre son emprisonnement sans inculpation d’aucun crime.


Les longues peines de prison contre certains prisonniers libérés dans l’échange de 2011 ont également été renouvelées, et leurs recours contre les nouvelles peines ont été rejetés, ce qui est une claire violation des conditions négociées lors de leur libération, le tout dans une complète absence du médiateur supposé : l’Égypte.
En plus des procédures compliquées pour les visites, des centaines de prisonniers souffrant de maladies chroniques, telles qu’un ulcère, le diabète et le cancer, se voient refuser des soins appropriés.


Pendant ce temps, les membres emprisonnés des Brigades du Jihad islamique ont mené une grève de la faim de masse le mois dernier, en solidarité avec le prisonnier Nahar al-Sa’di, maintenu à l’isolement pendant 18 mois, sans aucune visite de sa famille ni le droit de recevoir des vêtements et des couvertures, alors qu’il souffre d’une maladie rénale. Quelques jours après la grève, les prisonniers progressivement obtenus certains des droits qu’ils réclamaient.
Cet hiver rigoureux est devenu le principal adversaire des prisonniers, vu les faibles températures et les mauvaises conditions à l’intérieur des prisons, dont certaines, comme les prisons Naqab et Nafha, sont situées en plein désert.
Le journal libanais al-Akhbar a pu s'entretenir avec un certain nombre de prisonniers palestiniens, qui ont insisté pour que leurs noms ne soient pas publiés de sorte que leurs déclarations ne puissent être utilisées par le service pénitentiaire israélien pour aggraver leurs condamnations.


Un détenu de la prison de Naqab a déclaré que les autorités pénitentiaires adoptaient la politique de « diviser pour régner », faisant une discrimination entre les prisonniers palestiniens en donnant des peines plus légères aux prisonniers du Fatah et des peines plus sévères aux prisonniers affiliés au Hamas et au Jihad islamique. Les peines sévères comprennent l’interdiction de toute sortie à l’extérieur (pendant lesquelles les prisonniers passent du temps en plein air), leur réduction de quatre heures à une seule heure, et la diminution des sommes autorisées pour faire des achats à la cantine (une petite boutique à l’intérieur de la prison) en les limitant de 100 à 300 dollars.


Les autorités pénitentiaires israéliennes ont également réduit le nombre de chaînes de télévision disponibles pour les prisonniers en les passant de 10 à trois canaux : Israël Canal 1, Canal 2 Israël, et la BBC, et interdit l’accès aux journaux et publications en langue arabe. Ils ont également annulé les visites des familles et installé des dispositifs pour empêcher les prisonniers d’utiliser des téléphones mobiles, qu’ils paient très chers par des circuits non autorisés.
Abou Khadija, un membre du comité des prisonniers du Jihad islamique et le meneur de la dernière grève de la faim à la prison de Rimon, a admis que la grève de la faim engagée par les prisonniers du Jihad islamique le mois dernier était une initiative risquée, qui ne tenait pas compte des règles établies pour lancer une grève générale selon « les circonstances internes et externes. » Les prisonniers avaient convenu de ces règles pour garantir le succès de leurs initiatives, sur la base de leur expérience avec l’administration pénitentiaire israélienne.


Selon Abou Khadija, les prisonniers se sont mobilisés seuls pour la première fois. Ils n’avaient pas d’autre choix que de poursuivre la grève, dit-il, en particulier après que l’état de santé du prisonnier Nahar al-Sa’di est devenue critique.
Selon Abou Khadija, les prisonniers ont remporté une nouvelle victoire sur l’administration pénitentiaire, qui avait confisqué leurs vêtements malgré le froid, sur les recommandations strictes du Shin Bet. « La situation régionale et locale n’a pas aidé ... mais nos demandes ont été satisfaites après neuf jours de grève, » a-t-il ajouté. Il estime que la grève de janvier 2014 a imposé le respect des grèves de la faim comme étant une arme de lutte.


Les prisonniers devraient lancer de nouvelles initiatives à la fin de l’hiver 2014 pour assurer la libération des prisonniers placés en isolement et de plus fréquentes visites familiales pour les détenus venant de Gaza. Ils débuteront en soumettant des pétitions au Service pénitentiaire d’Israël, faisant connaître leurs revendications. Si ces exigences ne sont pas satisfaites, ils prendront des mesures plus radicales, comme le refus des repas et le fait d’emmener toutes leurs affaires avec eux pendant les pauses, ce qui est considéré comme la forme la plus grave de désobéissance par l’administration pénitentiaire. Enfin, les prisonniers peuvent marteler les portes de la prison et menacer de mettre le feu à leurs cellules.


Abu Mustafa, un autre membre du comité des prisonniers du Jihad islamique et détenu à la prison de Nafha, a déclaré que des mesures successives seront prises sur une période de deux mois. Après cela, dit-il, les prisonniers franchiront une étape stratégique et commenceront une grève de la faim illimitée, en particulier à partir de la Journée des prisonniers palestiniens qui se situe en avril.


En plus d’imposer la libération des prisonniers en isolement et de garantir les droits de visite aux prisonniers de Gaza, les revendications incluent le traitement médical pour les prisonniers malades, l’autorisation de visites bi-hebdomadaires au lieu de bi-mensuelles aux prisonniers venant de Cisjordanie et de Jérusalem, la fin des méthodes humiliantes de fouille, le retour des 10 chaînes de télévision par câble qui ont été interdites au cours de la récente agression contre Gaza, et l’augmentation des sommes autorisées pour les achats à la cantine. Les détenus dans les prisons Hadarim et Jelebu font les mêmes demandes. Ils ont déclaré qu’ils souffrent des mêmes peines, en plus du transfert des prisonniers du Hamas et du Djihad islamique vers d’autres prisons.


Chaque hiver, l’administration pénitentiaire interdit l’envoi de vêtements et de couvertures aux prisonniers, en particulier aux derniers arrivés. Elle augmente également le prix des biens à la cantine, et interdit les moyens de chauffage d’appoint - comme si la pluie qui s’infiltre dans les misérables cellules de la prison ne suffisait pas.

Source: Info Palestine

 

 

Source: Sites web

17-01-2015 - 18:59 Dernière mise à jour 17-01-2015 - 18:59

Publié dans Palestine

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Tourtaux 18/01/2015 13:05

Mohamed Moh Nedjaa : Ils sont des otages et non pas des simples prisonniers