LA NOUVELLE ET INQUIETANTE PREOCCUPATION DE L'ONCLE SAM : LE YEMEN VA-T-IL REJOINDRE L'AXE DE LA RESISTANCE?

Publié le par Tourtaux

dimanche, 08 février 2015 10:57

Le Yémen va-t-il joindre l'axe de la résistance?

Le Yémen va-t-il joindre l'axe de la résistance?  
IRIB – La nouvelle perspective qui se présente devant le Yémen prépare le terrain afin que ce pays, vu ses évolutions internes
et les soucis des parties régionales et internationales, rejoigne l'axe de la résistance. C'est le thème d'un article, signé Nassib Hatit, paru sur le site du journal libanais Athabat. Plus de détails, dans les lignes qui suivent, sur fond d'un article de l'agence Fars News qui en rapporte la nouvelle.
 

''Le Yémen va-t-il rejoindre l'axe de la résistance dans la région, avec la montée en puissance du mouvement Ansarullah ? Les évolutions en cours au Yémen laissent attendre une renaissance. On parle du Yémen, un pays qui a vu survivre son ordre politique, malgré la révolution de 2011 qui a abouti à la chute de la dictature d'Ali Abdallah Saleh, tandis que ces 4 dernières années, les américains et saoudiens ont déployé de vastes efforts afin que Abd Rabo Mansour Hadi puisse succéder à Saleh, pour que le Yémen puisse rester encore l'arrière-cour de l'Arabie saoudite. Et surtout, pour que les Etats-Unis puissent maintenir toujours le contrôle du détroit stratégique de Bab-el-Mandeb, le plus important itinéraire des exportations pétrolières saoudiennes, après le détroit d'Hormuz.
De ce fait, toute partie ou tout pays qui exerce un contrôle sur le détroit de Bab-el-Mandeb sera capable de réaliser deux objectifs essentiels et stratégiques d'importance régionale et internationale, en ces termes :
-Utiliser le détroit de Bab-el-Mandeb afin de réduire les impacts des efforts américano-saoudiens pour faire baisser le prix du pétrole, ce qui vise, d'ailleurs, à saper les économies iranienne et russe. En fermant les détroits d'Hormuz et de Bab-el-Mandeb, il serait possible de réduire et contrôler le passage des pétroliers par ces deux itinéraires, ainsi que les exportations à destinations des marchés mondiaux. Cela pourrait mettre à genoux l'Arabie saoudite dont la puissance régionale et internationale dépend largement des revenus pétroliers.
-Bloquer la mer Rouge, en utilisant de détroit de Bab-el-Mandeb, pour mettre le port israélien Eilat dans l'encerclement qu'imposera l'axe de la résistance dans la région. Cela se réalisera une fois que l'axe de la résistance aura réussi à se faire joindre de nouveaux fronts. Ainsi, l'axe de la résistance couvrira-t-il une zone, depuis le Liban, jusqu'à la Syrie, et de suite, les territoires occupés, allant jusqu'au Yémen. L'axe de la résistance encerclera ainsi l'ennemi sioniste et cela influera directement sur la sécurité d'Israël. Du coup, la réaction d'Israël consisterait à mettre en état d'alerte ses forces militaires, avant d'entrer dans une guerre d'usure sur plusieurs fronts. Cela engendra une évolution stratégique dans la donne de pouvoir entre l'axe de la résistance, l'axe sioniste et les Cheikh arabes.
-Quelles conséquences pour Riyad ?
Perdre le Yémen portera quand même un coup dur à l'Arabie saoudite, d'autant plus qu'elle est actuellement dans une étape névralgique de passation de pouvoir au Roi Salman, souffrant, du coup, des litiges embarrassants qui divisent les différentes branches de la famille royale. L'Arabie saoudite a toujours regardé, comme étant son arrière-cour, le Yémen, un pays qui, sous la présidence d'Ali Abdallah Saleh, a perdu une partie de son territoire à cause des concessions offertes aux saoudiens. Depuis, le Yémen est devenu tellement dépendant envers l'Arabie saoudite qu'on regardait ce pays comme quoi il ferait partie du territoire saoudien.
Maintenant, la donne a tout à fait changé pour les Saoudiens, Déjà exposés au danger de Daesh du côté des frontières irakiennes, ils sont aux prises également à la menace d'Al-Qaïda depuis certains points de la frontière commune avec le Yémen, mais ce n'est pas tout. Il y a aussi le mouvement Ansarullah, devenu de plus en plus puissant au Yémen, pour que les saoudiens, au voisinage, de trouvent plus qu'en tout autre temps, encerclés par les menaces régionales.
-Un nouveau chapitre s'ouvre dans l'histoire yéménite
Ce serait juste de dire que le Yémen est au seuil d'une étape importante de son histoire. Et c'est ça justement qui évoque pas mal de questions sur la perspective des évolutions à se produire dans ce pays. Est-ce que Yémen préservera son unité, ou subira une partition suivant le plan fédéraliste ? Doit-on considérer les évolutions en cours au Yémen, comme une situation semblable à la guerre civile destructrice en Libye, en Syrie ou en Irak ? Le mouvement Ansarullah sera-t-il capable de défendre l'unité politique du Yémen, et de former son gouvernement par coalition avec d'autres groupes politiques ? Ou par contre, ce mouvement finira-t-il par prendre à lui seul le pouvoir ?
En fait, les problèmes actuels du Yémen ne résultent pas seulement des questions internes. Les ingérences étrangères sous couvert des Nations Unies ou dans le cadre du plan du Conseil de coopération du golfe Persique, tout comme l'implication des Etats-Unis dans l'appui aux courants terroristes et takfiristes et surtout qaïdistes, tout cela influe sur les évolutions qui se produisent au Yémen.
La situation actuelle du Yémen montre que ce pays aussi est désormais en jeu dans les dossiers régionaux, et qu'on ne pourrait plus imaginer le règlement des problèmes du Yémen en dehors des solutions globales régionales, dans le sens de l'équilibre de pouvoir entre la Russie et les Etats-Unis et les parties régionales comme l'Iran, l'Egypte et l'Arabie saoudite. L'avenir de l'ordre yéménite dépendra donc des évolutions qui se produiraient sur cette donne.
Sur ce fond, on se demande si le mouvement Ansarullah sera en mesure d'élaborer un nouveau modèle politique, différents de ce que les Frères ont élaboré en Egypte. Ils ont monopolisé le pouvoir, mais le mouvement Ansarullah ouvrira-t-il la porte de contribution à tous les courants et groupes politiques et religieux dans le sens de la création d'un gouvernement d'union nationale, censé réinstaurer la stabilité dans le pays ?
Une chose est certaine : Le Yémen est devant l'exigence de maintenir son unité pour faire face aux ingérences étrangères et aux agissements des groupes takfiristes apparus après la révolution de 2014, et surtout, pour éviter de tomber dans le piège des séditions ethno-religieuses, mais aussi, pour faire échouer le plan américain consistant à redessiner un nouveau Moyen-Orient. Ceci dit, il parait que le peuple révolutionnaire yéménite doit mettre à profit l'opportunité qui se présente, avec, à leur voisinage, une Arabie saoudite et d'autres pays arabes du golfe Persique, trop occupés avec leurs affaires domestiques, et sur un fond de désarroi américain face à l'axe de la résistance à laquelle pourrait d'ailleurs rejoindre le Yémen. Tout cela, pour empêcher de devenir victime de toutes ces évolutions.''

 

Publié dans L'Asie en lutte

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Tourtaux 09/02/2015 01:51

Et là, il ne s'agit pas d'une contre-révolution !

Tourtaux 09/02/2015 01:50

Mouna Rizkallah Abou Chakra : ce qui se passe au Yemen va rendre fou de colere l'oncle Sam!! ca lui echappe le Yemen!!