LA CGT A LAQUELLE J'ASPIRE

Publié le par Tourtaux

Mercredi 12 décembre 2007 3 12 /12 /Déc /2007 21:34

               LA   CGT A LAQUELLE J'ASPIRE

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Extraits des statuts adoptés par le Congrès d'Unité de 1936 :
Fidèle à ses origines, à la charte d'Amiens de 1906, héritière des valeurs humanistes et internationalistes qui ont présidé à sa constitution... la Confédération Générale du Travail défend les intérêts de tous les salariés sans exclusive, en tous temps et en tous lieux...

Par son analyse, ses propositions et son action, elle agit pour que prévalent dans la société les idéaux de libertés, d'égalité, de justice, de laïcité, de fraternité et de solidarité...

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Elle agit pour une société démocratique, libérée de l'exploitation capitaliste et des autres formes d'exploitation capitaliste et des autres formes d'exploitation et de domination, contre les discriminations de toutes sortes, le rascisme, la xénophobie et toutes les exclusions...

Soumise à la logique du profit, la société actuelle est traversée par la lutte des classes et à de multiples contradictions...

Ouvert à toutes les diversités, riche des différences d'opinion, le syndicalisme dont l'ambition est d'être solidaire, uni et rassembleur, constitue pour les salariés un moyen essentiel pour relever les défis comtemporains.

Les principes d'égalité, de solidarité, d'écoute, de tolérance et d'épanouissement des diversités pour lesquelles elle oeuvre, animent la vie démocratique en son sein.

                                    PREAMBULE DE 1936 

Le mouvement syndical, à tous ses échelons, s'administre et décide de son action dans l'indépendance absolue à l'égad du patronat, des gouvernements, des partis politiques...


...estimant que sa neutralité à l'égard des partis politiques ne saurait impliquer son indifférence à l'égard des dangers qui menaceraient les libertés publiques comme les réformes en vigueur ou à conquérir.

Telle est la conception du syndicalisme CGT, fidèle aux idéaux du Programme du CNR (Conseil National de la Résistance) adopté le 15 mars 1944. Le Résistant Louis  Saillant sera le représentant de la CGT au CNR dont il prend la présidence le 11 septembre 1944. Tout un passage du Programme est consacré au rétablissement des libertés démocratiques telles :
- L'établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel;
- La liberté de pensée, de conscience et d'expression;
- La liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l'égard de l'Etat, des puissances d'argent et des influences étrangères; 
- La liberté d'association, de réunion et de manifestation;
- L'inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance;
- Le respect de la personne humaine;
- L'égalité absolue de tous les citoyens devant la loi.

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Suivaient toute une série de réformes économiques et de réformes sociales parmi lesquelles : l'éviction des grandes féodalités économiques et financières ", " le retour à la nation de tous les grands moyens de production monopolisés, fruits du travail commun, des sources d'énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d'assurances et des grandes banques", " le droit au travail et au repos", " un plan complet  de sécurité sociale", " un niveau  de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité effective pour les enfants français de bénéficier de l'instruction et d'accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la fortune de leurs parents".

 Voilà pourquoi les patriotes de France ont combattu. Nombre de nos camarades de la CGT ont sacrifié leur vie pour la liberté. Il est impossible de les citer tous tant ils sont nombreux. Queques noms :

Suzanne  Masson, de  la  Fédération de la métallurgie, décapitée à la hache le 1er novembre 1943.

Georges Woodli, dirigeant cheminot d'Alsace-Lorraine, pendu au Struthof le 2 mai 1943.

Jean-Pierre Timbaud, responsable du  syndicat des Métaux, fusillé avec 26 autres patriotes dont le jeune Guy Môquet à Châteaubriant, le 22 octobre 1941.


Jean  Catelas, secrétaire du  syndicat des cheminots d'Amiens, guillotiné le 24 septembre 1941.

Lucien Sampaix, ouvrier métallurgiste, fusillé le 15 décembre 1941.

Auguste Delaune, ouvrier soudeur, éminent dirigeant de la FSGT ( Fédération Sportive et Gymnique du Travail), mort sous la torture le 12 septembre 1943.

Pierre Semard,   secrétaire général de la Fédération des cheminots, fusillé le 7 mars 1942. 

En octobre 1945 est créée la FSM (Fédération Syndicale Mondiale). Notre camarade Louis Saillant en deviendra le secrétaire général. En 1975, la CGT quitte la direction de la FSM et se désaffilie en 1995.
Dès 1931, Benoît Frachon devient le porte parole convaincu de la lutte pour l'unité syndicale, sous la bannière de la CGTU.

Dirigeant de premier plan de la CGT après la réunification syndicale de 1935, Frachon participe à la  rencontre CGT/Patronat du 6 juin 1936 à l'hôtel Matignon. Le rapport de force est tel que les négociations ne s'éternisent pas.

Lors de la seconde Guerre mondiale, Benoît Frachon sera un Résistant de tout premier plan. Après la guerre, il sera élu secrétaire général de la CGT le 5 septembre 1945.

A la Libération, des militants de la CGT deviendront ministres du gouvernement de Gaulle.

Marcel Paul, enfant de l'assistance publique, Résistant de la première heure est arrêté le 13 novembre 1941, déporté à Buchenwald. Il jouera un rôle important dans l'insurrection du camp en avril 1945. Marcel Paul sera ministre de la production industrielle dans le Gouvernement provisoire de la République française. Il fera voter la loi de nationalisation de l'électricité et du gaz le 8 avril 1946 créant Electricité et Gaz de France. 

Ambroise Croizat,  secrétaire général de la Fédération des travailleurs de la métallurgie sera à la Libération ministre du Travail et de la Sécurité sociale.

Surnommé le "ministre des travailleurs", son nom reste attaché aux grandes lois relatives à la Sécurité
 sociale. En 28 mois, il accomplit une oeuvre considérable.

La classe ouvrière a eu de grands militants parmi nos aînés..

En raison de ses activités révolutionnaires, notre camarade cheminot Gaston     Monmousseau con naîtra la  prison. Ecroué à la santé en 1920, libéré en 1921. Il y retournera en 1923, 1927, 1929 et 1931. Clandestin 

dès 1939, il participe à la reconstitution du mouvement syndical dans les batailles contre l'occupant nazi.

A la Libération, le 29 mars 1945, il est réélu secrétaire de la CGT réunifiée. Gaston Monmousseau était apprécié pour son humour parfois féroce. 

Le titi parisien André Tollet,  apprenti tapissier-ébéniste adhère à la CGTU à l'âge de 15 ans. En 1936, il organise les grèves et devient l'un des secrétaires de l'Union Régionale des syndicats parisiens. Pendant la seconde Guerre mondiale, en contact avec Benoît  Frachon, André Tollet organise des Groupes de sabotage et destruction recrutés par le biais syndical.

Au niveau de la Résistance parisienne, dans le droit fil de l'unification,au sein du CNR de toutes les forces luttant contre l'occupant allemand, André Tollet est porté à la présidence du Comité parisien de libération (CPL).

Georges Seguy, ouvrier imprimeur et militant syndical est un responsable des Francs -Tireurs et Partisans Français (FTPF) pendant la seconde Guerre mondiale. Il est arrêté en 1944 et déporté au camp de Mauthausen.

Après la Libération, il est membre du syndicat de Toulouse. Secrétaire général de la Fédération des cheminots de 1961 à 1965, il devient secrétaire général de la CGT de 1967 à 1982. 

Successeur de Georges Séguy à la tête de la Confédération, l'ancien Résistant et ancien déporté Henry Krasucki fut  incontestablement une des grandes figures de l'histoire de la CGT avec Georges Séguy et Benoît Frachon.

Ma conception du syndicalisme de lutte des classes n'a rien à voir avec le "syndicalisme" d'accompagnement des actuels  dirigeants de la CGT concernant les néfastes réformes décidées par Sarkozy. Pas une seule journée sans que l'Arrogant ne nous assène de mauvais coups. Après le rachat des jours de congés, le travail le dimanche, la réforme du logement, les contrôles techniques automobiles qui vont encore davantage paupériser les personnes les plus vulnérables financièrement, voilà qu'il veut achever, le mot n'est pas trop fort les personnes en longue maladie parce qu'elles sont "coupables" d'être handicapées, de coûter trop cher à la Sécurité sociale.

Parce qu'ils refusent la casse de leur régime de retraite, les salariés de la RATP et les cheminots ont fait 10 jours de grève. Les directions syndicales ont accepté d'aller discuter de cette réforme et d'en récolter qu'elles miettes qu'elles brandissent déjà comme un trophée. Sarkozy s'en accomode et en profite pour enfoncer le clou. Les grèves sont morcelées, isolées, les coups de matraques tombent sur notre jeunesse étudiante et lycéenne esseulée dans son combat parce qu'elle est trahie, comme l'ont été les traminots et les cheminots par des dirigeants carpettes qui, au train que mène Sarkozy vont avoir des comptes à rendre car en refusant la lutte contre la dictature de Sarkozy, les Chérèque, les Thibault vont être responsables des drames humains inévitables que vont engendrer les réformes de Sarkozy. Je ne vois pas comment la population laborieuse va pouvoir faire face à cette avalanche de mauvais coups. 

Nos "grands stratèges" ont réussi l'exploit de faire traîner les négociations jusqu'en février, et après...

Les travailleurs savent maintenant à quoi s'en tenir, passer outre les directions syndicales comme viennent de le faire les salariés des sections CGT de 7 dépôts de bus  de la RATP dans une lettre ouverte à leurs directions syndicales CGT-BUS, à l' Union CGT RATP, à la Fédération des Transports et à la Confédération CGT. 
            
Un cheminot retraité CGT
Jacques Tourtaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Lutte des classes

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moderateur 07/12/2011 23:30

Quelle sincérité dans ton engagement ! j'ai des réserves sur les prédecesseurs de Thibault, pas sur Krazu, mais sur Seguy par exemple, et je pense à 68, la centrale savait déjà mettre un terme à un
mouvement et jouait son rôle en reprenant les choses en mains ; ce n'est peut-être pas une question de personnes mais bien d'organisation, quand on délégue, quand on laisse les autres négocier à
notre place, quand on suit une ligne même en notre défaveur, le ver est déjà dans le fruit.

Tourtaux 08/12/2011 00:10



J'approuve ton point de vue camarade modérateur.


Sur KRASUCKI, il n'y a rien à dire, c'était un authentique marxiste, un PUR comme on dit, un militant sincère dans son engagement.


Je vais sans doute t'étonner puisque comme tu le sais, je ne suis pas cocardier et je n'aime pas les honneurs. C'est une des raisons majeures pour laquelle je suis si combattu.


Je vais en faire bondir plus d'un(e) avec ce que je vais dire et dont je ne parle jamais.


Je n'apprendrai pas à tous ceux qui me connaissent ou qui m'ont connu il y a quelques années, qu'en plus de mes activités militantes au PCF et à la CGT, j'ai également beaucoup milité aux ACVG
pour défendre les droits légitimes des Victimes de guerre.


C'est sans forfanterie que je m'exprime. Un jour, j'ai appris par mon association que j'étais proposé pour une décoration prestigieuse, je n'en voulait pas étant fermement opposé à toute
distinction honorifique. J'ignorais totalement l'existence de cette décoration. Elle avait été un Ordre, comme la Légion d'Honneur. C'est un président de la République de droite qui l'a
déclassée. Un vieux papy qui se trouvait là a explosé et m'a dit: cette haute distinction a été créée pour les militants comme et toi, tu es un militant qui a un passé rare dans le domaine du
militantisme et en raison de ton opposition à la Guerre d'Algérie. Tu parles d'un coup. Cet vieux camarade aujourd'hui décédé était un ancien officier de l'Eat-Major du prestigieux colonel
FABIEN. J'ai donc été admis dans cette distinction qui correspondait avant qu'elle ne soit déclassée de son rang d'Ordre, au grade de chevallier.


Quelques années après, je militais toujours très activement, voilà que je fus proposé dans le grade supérieur correspondant à celui d'officier.


Cette année-là, étaient admis à l'équivalent du grade de chevalier, Henri KRASUKI et Georges SEGUY.


Ces deux camarades qui ont été de très jeunes résistants FTPF, ont été déportés dans les camps de la mort.


 Le papa Krasuki, lieutenant FTPF, est mort, sans avoir parlé, sous la torture, devant son épouse et son fils Henri.