IKRAM GHIOUA : SELON JEAN-YVES LE DRIAN, MINISTRE FRANCAIS DE LA DEFENSE, LA LIBYE EST DEVENUE UN "HUB" TERRORISTE

Publié le par Tourtaux

SELON LE MINISTRE FRANÇAIS DE LA DÉFENSE

La Libye est devenue un "hub" terroriste

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La Libye est devenue un

Jean-Yves Le Drian souligne cependant, qu' «il n'est pas question pour l'instant d'y envisager une intervention militaire directe».

Foyer des réseaux terroristes, la Libye reste la question la plus complexe en termes sécuritaires aussi bien pour les pays de la région que pour les Occidentaux. La partie sud du pays est un véritable lieu de prédilection pour les criminels multinationaux de tous bords. L'installation d'un camp d'entraînement pour Daesh, qui inquiète les Américains, n'a pas été un prétexte pour intervenir comme en Irak et en Syrie. De même pour la France. A ce propos, son ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, souligne dans le quotidien le Journal du Dimanche «le sud de la Libye est devenu un hub terroriste, mais il n'est pas question pour l'instant d'y envisager une intervention militaire directe». Le ministre français de la Défense en accordant un entretien à ce quotidien souhaitait être rassurant qu'aucune intervention n'est prévue en ajoutant que «frapper sans solution de sortie politique est stérile». Dans ses propos le même ministre estime que la Libye est un pays indépendant. Ce pays était aussi indépendant il y a trois ans, pourtant, cela n'a pas empêché la coalition de l'Otan d'intervenir avec des bombes pour détrôner un président en l'assassinant et tuer des centaines de Libyens. Mais soudainement, par mesure d'intérêt dû certainement à l'exploitation du pétrole libyen par un marché parallèle, l'Occident ne voit plus les choses de la même façon. Dans son intervention, le ministre français ne manquera pas pourtant de dire que «l'on voit apparaître aujourd'hui des points de connexion Daesh et des groupes qui se réclamaient jusqu'à présent d'Al Qaîda dans la zone sahélo-saharienne, notamment à Derna, en Libye où Daesh essaie de prendre pied. Le creuset de cette connexion est en Libye». A l'évidence, la France vient de se rendre compte que les révolutions programmées et déclenchées dans certains pays arabes, dont la Libye, n'ont fait que donner du baume aux réseaux terroristes d'où son affirmation que «Mokhtar Belmokhtar et Iyad Ag Ghali, le leader d'Ansar-Eddine se trouvent sur ce territoire» et d'ajouter «j'ai la conviction que le sujet libyen est devant nous. En 2015, l'Union africaine, les Nations unies et les pays voisins devront se saisir de cette question sécuritaire brûlante». Par ailleurs, le journal cité plus haut rappelle que le 19 décembre dernier, «cinq Etats du Sahel réunis à Nouakchott au sein du G5 Sahel (Tchad, Mali, Niger, Mauritanie et Burkina Faso) ont appelé à une intervention internationale, dans le but de neutraliser les groupes terroristes qui sévissent en Libye». Pour ces mêmes pays, « le chaos favorise la création de sanctuaires djihadistes qui minent les efforts de stabilisation de la zone». Ceux-là même ajoute le même organe, «ont salué les efforts de l'ONU pour réunir les conditions d'un dialogue entre toutes les parties libyennes à l'exception des groupes terroristes reconnus comme tels». Ces groupes même qui menacent l'Europe «sont si près de la Méditerranée qu'ils mettent en cause notre propre sécurité», a encore souligné le ministre français, notamment que Daesh est constituée aussi de Français. Dans ce contexte, la même source ajoute «je ne distingue pas entre les terroristes. Ce que nous redoutons, c'est une fusion des mouvances qui jusqu'à présent se combattaient: ceux auxquels nous sommes confrontés au Sahel, issus d'Al-Qaîda, et ceux qui se sont regroupés depuis juin sous le califat de Daesh». Daesh est considéré par les Occidentaux comme une «armée terroriste», indique le ministre français de la Défense précisant qu'elle est constituée de 20.000 terroristes. Elle possède, selon lui «des chars repris à l'armée irakienne, des moyens financiers tirés des revenus du pétrole, une technicité au combat et un savoir-faire dans l'utilisation des médias sociaux, tout cela au service d'une volonté de conquête territoriale. Une armée capable de faire de la guérilla urbaine, du terrorisme classique et de la guerre conventionnelle. Oui, nous entrons dans une nouvelle dimension, celle de la militarisation du terrorisme. Elle exige une réponse militaire». La question qui se pose est: pourquoi avoir attendu tout ce temps pour réagir à l'émergence de cette organisation?

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