DECES DE L'ANCIENNE RESISTANTE ET MAIRE COMMUNISTE DE BEGLES SIMONE ROSSIGNOL - COMMUNIQUE DE LA FEDERATION DU PARTI COMMUNISTE DE LA GIRONDE

Publié le par Tourtaux

Décès de l'ancienne résistante et maire PCF de Bègles Simone Rossignol

 

Dimanche, 21 Décembre, 2014
  

 

Simone Rossignol, ancienne résistante et ancienne maire communiste pendant 23 ans de Bègles (Gironde), est décédée samedi à l'âge de 96 ans. Retrouvez son portrait paru dans l'Humanité en août dernier réalisé pour la série d'été "La Libération par ceux qui l'ont vécue".
  

 

Photo : Loïc Le Loët
Bègles, 2 juillet 2014. De la libération, Simone Rossignol garde intact le sens de la transmission des idées.
Photo : Loïc Le Loët

 

Conseillère municipale dès la Libération en 1945, puis maire de cette ville ouvrière de l’agglomération bordelaise de 1971 à 1984, Simone Rossignol fut une femme pionnière en politique, engagée initialement à l’Union des Femmes Françaises (devenue Femmes solidaires). Simone Rossignol, a rappelé le PCF-Gironde dans un communiqué (voir ci-dessous), fut la première femme maire de l’agglomération bordelaise, participant à la reconstruction d’une commune très marquée par la guerre, notamment par une politique active d’équipements, sociaux, culturels et sportifs.

Le portrait réalisé par Vincent Bordas, paru dans l'Humanité du 13 août 2014 :

Sur les coteaux de la Dordogne, 
Simone Rossignol voyait Bordeaux s’enflammer

La Libération ? Simone Rossignol balaie l’évocation d’un revers de main : « C’est bien simple, je n’étais pas là. » Fermez le ban. Il faut insister un peu pour apprendre qu’avec sa sœur Paulette, l’ancienne maire de Bègles était en quelque sorte aux ­premières loges pour assister à la libération de Bordeaux. « Non, je n’étais pas là, insiste-t-elle, j’étais partie en Dordogne avec Paulette. » Sans nouvelles de sa fille depuis plusieurs jours, elle avait enfourché son vélo pour parcourir avec sa sœur les 120 km qui séparent la banlieue bordelaise de son village près de Bergerac. Sur la route, elles croisent les maquisards du groupe Soleil, prennent des renseignements et se font héberger pour la nuit. « Toute la nuit, ça pétaradait le long de la Dordogne, ça se battait tout près de là. » Enfin, arrivées chez la grand-mère, elles retrouvent la petite Nicole et assistent médusées à l’embrasement de Bordeaux. « Notre village est perché sur les coteaux de la Dordogne et, le soir, on a vu un grand rougeoiement au-dessus de la ville, c’était impressionnant. »

Elle aime raconter les choses ainsi, cette nonagénaire souriante. Comme si elle avait assisté aux événements de l’extérieur, presque spectatrice. Pourtant, quand elle rentre de son escapade à bicyclette, c’est bien dans son salon, le même qu’aujourd’hui, autour de cette même table, que se tient la première réunion de section du PCF de Bègles d’après l’Occupation. L’initiateur de cette réunion, c’était son père, libéré depuis le 1er mai du camp de Mérignac, où le préfet Alippe l’avait fait interner deux ans plus tôt. En février 1940, c’était son frère Jo qui avait été arrêté par la police française. « Parce que certains avaient peut-être été bavards, avance-t-elle. Certes, mon père était militant communiste, mais dans son entreprise. À Bègles, il était surtout connu comme président d’un club de sport. Ce qui fait que, quand ils sont venus, l’un des flics m’a dit : “Je n’imaginais pas venir dans cette maison.” Pas plus donc qu’il n’imaginait que les tracts de la Jeunesse communiste étaient tapés dans la pièce même où il se trouvait. Un autre flic a soulevé la housse de la machine à écrire… “On voit qu’il y a des dactylos ici…” Il y avait encore le stencil de l’Avant-Garde sur le rouleau. Mais il a rabaissé aussitôt la housse et n’a rien vu. »

Elle prend rapidement des responsabilités 
à l’Union des femmes françaises

Autant dire qu’après cet épisode, les camarades béglais demandèrent à Simone de se faire discrète… De temps en temps, elle payait ses cotisations au PCF grâce à son travail de secrétaire de direction. Mais ce n’est qu’à cette réunion, au retour de la Dordogne, qu’elle remplit ­officiellement sa carte. Jo, lui, ne rentrera de Sachsenhausen qu’en juin 1945 avec ce « regard perdu » dont elle se souvient encore, sur le quai de la gare Saint-Jean. En 1944, donc, quand les drapeaux tricolores fleurissaient sur les portails du quartier, la maison Rossignol reste vierge : « Il manque quelqu’un dans cette maison », ­répondait froidement son père aux voisins un peu trop enjoués. Entre-temps, le camp de Mérignac, où 
256 femmes et hommes avaient été fusillés et d’où tant d’autres furent transférés vers les camps de concentration, avait été libéré. « Mon père y était allé, de peur que les Allemands ne fusillent en masse avant leur départ. C’est comme ça que des camarades de région parisienne ont été hébergés dans le quartier. Chez nous, il y avait Odette Nilès, qui avait été transférée de Châteaubriant. Et une autre camarade, Jacky, qui était agent de liaison, transportait des tracts et des armes. »

Des rencontres déterminantes qui confirment à Simone la nécessité de faire ­reconnaître et vivre l’engagement des femmes dans le combat politique. Raison pour laquelle, après avoir reconstitué le syndicat et la cellule du Parti dans son entreprise, elle prend rapidement des responsabilités à l’Union des femmes françaises (UFF). « Puisque j’étais secrétaire de direction, les camarades m’ont demandé de ne pas représenter le ­personnel. Je ne l’ai pas toujours bien vécu parce que j’étais quand même celle qui avait remonté le syndicat dans cette entreprise ; j’avais même obtenu du patron la mise en place d’une délégation du personnel. Mais mes engagements dans la ville ont fini par me faire relativiser ces petits ressentiments. » D’autant qu’avec l’UFF, elle retrouve le souci de faire vivre la solidarité et la joie de côtoyer des femmes qu’elle admire. À l’image de Geneviève ­Duhourquet : « Son fils Serge était tombé sous les balles nazies à peine un mois plus tôt ; elle a assisté à ses obsèques alors que son mari, René, n’était toujours pas rentré de déportation et elle organisait avec nous la solidarité pour les familles de fusillés. Quel courage ! » Vingt-cinq ans plus tard, le même René passait le flambeau de maire de Bègles à Simone Rossignol, qui deviendrait ainsi la première femme maire de l’agglomération bordelaise. Un parcours pour lequel, comme en 1944, elle ne s’est pas contentée de contempler la ville depuis les coteaux de la Dordogne.

Portrait réalisé par Vincent Bordas

 
 

Décès de Simone Rossignol, femme d'engagements et de passions (PCF Gironde)

Dimanche, 21 Décembre, 2014
  
Communiqué de la fédération du Parti communiste de la Gironde
 
Photo : Loïc Le Loët
Photo : Loïc Le Loët

Décès de Simone Rossignol, femme d'engagements et de passions.

Nous avons la douleur d’apprendre le décès de notre camarade Simone Rossignol, ancienne maire de Bègles. Simone était une femme d’engagements et de passions, attachée à la justice, à la paix et à la fraternité. Son engagement a d’abord été un engagement pour sa ville ouvrière de Bègles pour laquelle elle fut conseillère municipale dès la Libération. Aux côtés de militants communistes, socialistes, chrétiens et de tous horizons, elle a participé à la reconstruction de cette ville minée par la guerre et endeuillée par ceux que la Gestapo et la police française avaient fusillé à Souge ou envoyé en déportation. Parmi ceux là, il y avait son frère Georges et son père.

Ses engagements avaient débuté avec l’Union des Femmes Française (UFF) avec laquelle, dans son quartier de Birambits, elle avait organisé la solidarité pour les enfants de la République espagnole. Puis, dans les années 1950, c’est auprès des femmes des cheminots en grève qu’elle mène des combats marquants. C’est d’ailleurs au contact du syndicat CGT des Cheminots qu’elle fera la rencontre de son second mari, Georges Rossignol, résistant lui aussi et figure marquante du syndicalisme en Gironde.

Auprès du maire René Duhourquet, elle met sa détermination au service de la commune en tant qu’adjointe puis, en qualité de maire, de 1971 à 1984. Elle fut ainsi la première femme maire de l’agglomération bordelaise.

Lucide sur son parcours, elle était fière des réalisations de cette municipalité communiste, notamment en matière de logement, d’équipements pour la petite enfance et les personnes âgées et d’équipements culturels et sportifs. Le sport, qui comptait au nombre des passions familiales héritée de son père rugbyman et transmise à ses enfants et petits-enfants.

Dans ce domaine comme dans d’autres, elle combattait la main-mise de l’argent-roi. C’est ainsi qu’elle avait conclu son livre-mémoire parût en 2008 par cette phrase : « Je fais confiance aux jeunes et je suis sûre que dans l’union et la lutte ils trouveront des solutions pour empêcher les tenants de l’argent de continuer à nuire ».

Forts de l’expérience d’une si grande femme, les communistes girondins et béglais sont décidés à poursuivre dans cette voie, avec le même esprit de résistance, le même souci du rassemblement et le même espoir de justice. Et c’est une grande peine qu’ils partagent aujourd’hui avec sa famille et tous ceux qui ont eu le bonheur et l’honneur de la connaître et la côtoyer.

Nous adressons à ses enfants et petits enfants, à l'ensemble de sa famille nos sincères et fraternelles condoléances.

Des livres d’or seront ouverts dès ce lundi à la section de Bègles, 12 rue du prêche et à la fédération de Gironde, 15, rue Furtado à Bordeaux.

http://www.humanite.fr/deces-de-simone-rossignol-femme-dengagements-et-de-passions-pcf-gironde-560863

Publié dans Lutte des classes

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Tourtaux 22/12/2014 02:31

Medseg Adj : RIP

Tourtaux 22/12/2014 02:30

Abdelaziz Lackhem ·: Amis avec Radia Stadelmann
Bonsoir Jacques !

Tourtaux 22/12/2014 02:28

Je ne connaissais pas la camarade et je ne suis plus encarté au PCF mais j'appartiens toujours à la famille communiste, la vraie, celle qui ne met jamais son drapeau dans sa poche.

Tourtaux 22/12/2014 02:28

Bonjour Mohamed, une camarade Résistante de la première heure.

Tourtaux 22/12/2014 02:27

Mohamed Moh Nedjaa : "toutes mes condoléances" à la famille communiste