LA tension à peine retombée avec la CGT Ville, Adeline Hazan va devoir maintenant faire face à la colère des syndicalistes CGT des Tur. La maire de Reims, présidente de Reims Métropole a en effet
décidé hier soir d'annuler le rendez-vous prévu cet après-midi à 15 heures avec les représentants des salariés des Transports urbains de Reims.
« Diffamation et injures »
A l'origine de cette annulation de dernière minute, un communiqué des élus CGT des Tur contre Alain Lescouet, vice-président de Reims Métropole en charge des transports. « Je viens de prendre
connaissance du tract diffusé à l'encontre d'Alain Lescouet », indique Adeline Hazan. « J'estime que les propos employés vont très au-delà d'un dialogue normal entre syndicats et élus. Certaines
phrases pouvant même être perçues comme de la diffamation et/ou des injures au sens pénal du terme. Dans ces conditions, je n'estime pas opportun de maintenir la réunion prévue le vendredi 10
juillet avec le syndicat CGT des Tur ».
Le fameux tract fait des jeux de mots avec le nom d'Alain Lescouet « le Secoué ». Il compare également l'élu avec les cyclistes qui pédalent à l'EPO : « Lui, il fonctionne avec sa seringue
estampillée du laboratoire Mars ». Il émet enfin à demi-mots des doutes sur la probité de l'élu. C'est d'ailleurs sans doute ce dernier aspect qui n'a pas plu à la présidente de Reims
Métropole.
Du côté de la CGT des Tur ces effets sur la forme n'ont rien de bien méchant. « Ce que nous voulons dénoncer dans ce document, c'est l'attitude de Monsieur Lescouet qui n'a jamais voulu nous
écouter, qui prend toujours la défense de Transdev », explique Jérôme Briot, délégué CGT des Tur. « Lors du dernier conseil communautaire de lundi, il a affirmé qu'il n'y avait plus de problème
de maintenance des bus alors qu'il y a encore quelques semaines les freins d'un bus ont lâché ».
Les élus CGT entendaient bien demander à Adeline Hazan, lors de leur entretien prévu cet après-midi, de prendre position sur ces questions. « On devait venir avec un expert économique et un
technicien pour tout lui expliquer, mettre les choses à plat » souligne Jérôme Briot. « Alain Lescouet a toujours servi de paravent. Aujourd'hui elle le soutient et reprend la main. Ce qui est
effarant, c'est de voir qu'elle ne nous a en fait jamais aidés alors qu'on l'a à plusieurs reprises inter- pellée. En vain ».
Pour ce qui est des prochains jours, le syndicaliste ne veut préjuger de rien. Mais cela s'annonce visiblement très très tendu.
Grégoire AMIR-TAHMASSEB
Source : L'Union