IL y a un truc qui cloche dans le licenciement de Naceur Benadela. Couvreur, il était chef d'équipe de l'entreprise de couverture isolation Soprema. En CDI depuis 1999, il a été licencié le 26
octobre 2006 pour faute grave. Motifs invoqués : des absences injustifiées du 2 au 9 octobre 2006 et une visite médicale du travail où il ne s'est pas rendu le 2 octobre. Une période où, selon
lui, il était en congés payés.
Naceur, plutôt connu sur la place de Croix-du-Sud, est du genre bon citoyen. Actuellement, il travaille toujours comme couvreur pour une autre société rémoise. Il a élevé six enfants, l'un a
suivi sa voie, les autres poursuivent des études au lycée et à l'université. Il ne s'est pas laissé aller malgré trois accidents du travail du temps où il était à la Soprema. De nombreux arrêts
de travail en ont découlé. L'assurance-maladie lui a reconnu 5 % d'invalidité permanente.
Son dos est devenu fragile depuis une chute de balcon en octobre 2005 mais la seule chose qui lui fait vraiment mal, c'est ce licenciement qu'il juge abusif. « Je voudrais comprendre pourquoi ils
ont fait ça. À mon avis, le directeur de Soprema s'est laissé abuser, il n'a pas su la vérité ou alors trop tard. Quand on pense que j'ai travaillé pour eux comme intérimaire dès 1983 ».
Pour y voir clair et obtenir sa réhabilitation il est allé aux prud'hommes. Le jugement, rendu le 28 octobre dernier, ne lui a pas apporté la paix. Et pour cause : les juges du droit du travail
l'ont débouté et ont ainsi validé le licenciement pour faute grave.
L'ouvrier aurait dû s'incliner et tourner la page mais il continue à crier à l'injustice.
A la lecture du compte rendu d'audience, on comprend mieux son acharnement. Quelques lignes avant la décision en faveur de la Soprema, il est écrit : « Le conseil se demande comment l'entreprise
Soprema ayant licencié
Monsieur Benadela le 26 octobre 2006 pour absences injustifiées du 2 au 9 octobre 2006, pouvait-elle le déclarer en congés payés sur le certificat concerné pour la même période ». Le conseil se
l'est demandé mais n'en a pas tiré de conséquences en faveur de la version de Naceur. C'est le contraire qui s'est produit.
Pourquoi ?
Quand les ouvriers posent leurs congés à la Soprema, l'entreprise remplit un certificat qui indique le 1er jour de congé et le nombre de jours. Ce certificat comprend deux volets dont l'un est
remis au salarié et l'autre doit être envoyé à la caisse de congés payés du bâtiment à Strasbourg.
Ces deux volets, Naceur les détient encore. Sur celui à envoyer à la caisse, le salarié a bien indiqué qu'il était en congé dès le 2 octobre et pour 30 jours. Sur l'autre volet dont il conserve
l'original, ses dates de congé sont retranscrites à la main : « C'est la chargée du personnel qui les remet à cet endroit pour qu'on ne les oublie pas ». Quant à la visite médicale du travail,
s'il était en congé payé, il est normal qu'il ne s'y soit pas rendu. « Surtout que je n'ai pas eu la convocation ». Il y a définitivement un truc qui cloche qui sera sans doute éclairci en
appel.
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« C'est à la justice de trancher »
Les prud'hommes lui ont déjà donné raison. Christian Laudy, directeur du site de Reims de la Soprema, n'est pas enclin à discuter de l'affaire Benadela : « La justice s'est déjà prononcée une
fois. Mon ancien employé a fait appel, si je dois être condamné, je le serai, si je ne dois pas l'être, je ne le serai pas. Il faut laisser la justice faire son travail ». À écouter Christian
Laudy, on a l'impression qu'il se sent dans son bon droit quand il s'est séparé de Naceur Benadela mais que le motif invoqué a peut-être servi de prétexte : « Il y a effectivement cette histoire
de dates de vacances mais les prud'hommes ont sans doute dû prendre en compte tout le dossier. Ce que ce monsieur ne dit pas, c'est qu'il a eu trois contrôles d'arrêt maladie qui ont conclu à sa
capacité de travailler ». Peut-être mais la question centrale reste de savoir si oui ou non, le couvreur était en congé ou absent du 2 au 9 octobre 2006 : « Il avait décidé de partir alors qu'il
revenait de plusieurs mois d'absence et qu'on avait plein de boulot. On ne lui a pas permis de partir par écrit ». Sauf qu'il détient un papier signé où ses congés semblent validés : « Les
prud'hommes n'ont pas retenu ce papier. On verra bien ce qu'ils décideront en appel ».
Article paru dans le quotidien régional L'Union.
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Monsieur Naceur Benadela est un ouvrier couvreur dont le sérieux et le courage ne sont plus à démontrer. Chef d'équipe dans l'entreprise de couverture
isolation Soprema, ce brave père de famille de six enfants qui était en CDI depuis 1999, a été licencié comme un malpropre le 26 octobre 2006.
Avant d'être embauché en CDI, Monsieur Benadela a travaillé pour l'entreprise Soprema en qualité d'intérimaire dès 1983.
Monsieur Benadela qui exerce une profession à risques et dont la pénibilité est reconnue a eu la malchance d'être accidenté à trois reprises. Ces accidents de travail ont forcément
entraîné plusieurs arrêts de travail justifiés. Ce riche ouvrier a notamment fait une chute de balcon en octobre 2005. Depuis cet accident survenu au cours de son
travail, Monsieur Benadela, devenu fragile du dos ne peut plus fournir le rendement productif qu'il avait avant cet accident.
L'employeur qui le sait et n'en a cure, a hypocritement décidé de se séparer "en douceur" de son salarié et pour ce faire, il l'a jeté à la rue comme un kleenex.
Licencié pour faute grave, ce brave homme déterminé n'abdique pas et refuse l'appellation de "faute grave". Le chef d'équipe couvreur a totalement raison de considérer abusif
son licenciement pour faute grave. En effet, ce salarié estime avoir été berné, le licenciement a eu lieu sournoisement pendant qu'il était en période de Congés Payés,
donc à son insu.
Il faut savoir que la qualification de faute grave est privative des indemnités de préavis et de licenciement pour cet ouvrier qui a plus de deux ans d'ancienneté dans l'entreprise. J'ajoute
que malgré ses problèmes dorsaux, le courageux Monsieur Benadela n'a jamais cessé de travailler et qu'actuellement, il est employé comme couvreur dans une autre entreprise rémoise.
Monsieur Benadela ressent ce licenciement comme une grande injustice. Voulant être réhabilité, Monsieur Benadela a intenté une procédure devant le Conseil des Prud'hommes. Hélas, celui-ci
l'a débouté de ses demandes.
Cet ouvrier d'origine magrhrébine ne comprend ce qui lui arrive, le mépris avec lequel son patron l'a traité.
Monsieur Benadela qui est le fils d'un Ancien Combattant et ancien prisonnier de guerre en Allemagne en 1939/45 a très mal, il est blessé dans sa chair.
J'ajoute qu'n patron ne fait jamais de sentiment. Seule l'exploitation de la force de travail du salarié compte et, si par malheur, celle-ci est diminuée par l'usure à la tâche, à la
suite d'un ou plusieurs accidents de travail, le patron ne s'embarrasse pas de fioritures. Nous, les travailleurs, nous ne sommes rien pour ces gens-là.
Exploiter ou disparaître, les patrons n'ont pas d'autre alternative.
Monsieur Naceur Benadela, je vous assure de mon plus profond respect.
Jacques Tourtaux, ancien conseiller prud'homal.