LE CHEMIN DE L'HONNEUR D'UN TRAVAILLEUR DU RAIL

Publié le par Tourtaux

Ce livre écrit pour les jeunes et les moins jeunes relate l'histoire d'un fils du peuple. Une enfance passée dans un village du Sud des Ardennes où je suis élevé par un oncle et une tante jusque l'âge de huit ans pour aller ensuite vivre chez ma grand-mère qui est veuve. Ma mère est employée comme femme de ménage, elle ne   peut à la fois s'occuper de moi et travailler. Je n'ai que treize ans lorsque celle-ci m'arrache à ma grand-mère pour me donner le père que je n'ai pas et que je n'aurai d'ailleurs jamais. Ce père d'occasion est manipulé par sa mère qui ne m'aime pas. La séparation d'avec ma grand-mère est un déchirement.

Je passe tout de même avec succès le Certificat d'Etudes Primaires. Ma mère signe un Contrat d'Apprenti quincaillier qui est rompu à l' "amiable" au bout d'un an.




                                                                                               

undefined

Dans la foulée, je me fais embaucher comme manoeuvre dans une briqueterie. Un "bagne" disent les anciens. Les conditions de travail y relèvent de l'époque de Germinal.

Après avoir trimé pendant huit mois à la briqueterie, je trouve un travail moins salissant et moins pénible. Je suis engagé comme employé de bureau dans une usine textile. L'employeur "omet" de me dire  que je remplace un jeune homme qui effectue son service militaire en Algérie. A 17 ans, j'adhère au Parti Communiste avec lequel je lutte contre la guerre coloniale menée par de Gaulle en Algérie. Au retour du jeune homme qui réintègre son emploi, je suis viré, sans certificat de travail; le chômage n'est pas rétribué. La galère pendant près de six mois et, comme l'oisiveté me pèse, j'entre au CFPA où je fais une formation de peintre en bâtiment. Le CAP en poche, je travaille chez un artisan peintre jusqu'à mon départ à l'armée. Après bien des péripéties, j'embarque à Marseille pour l'Afrique du Nord où je suis incorporé directement.

Mon engagement militant me vaut d'être catalogué "forte tête." L'armée m'affecte dans une compagnie disciplinaire, une machine à briser les hommes. Par la grève, nous avons contribué à la mise en échec du coup de force séditieux fomenté par des généraux félons. Ensuite, c'est le "maintien de l'ordre" dans la Mitidja, puis la mutation dans une soute à munitions où je découvre le napalm.



                                                                                                      undefined
A mon retour en métropole, reprise des pinceaux pour un an. Je suis embauché à la SNCF comme homme d'équipe auxiliaire au triage de Bétheny, près de Reims. D'entrée, je me syndique à la CGT au sein de laquelle je milite. Choisir la lutte plutôt que la résignation et la soumission, cela n'a jamais été le choix de la facilité. J'assume diverses délégations. Rapports, enquêtes, propositions et luttes acharnées se succèdent pour le respect et l'amélioration des conditions de travail, d'hygiène et de sécurité des cheminots. Cela n'est pas un luxe dans mon environnement professionnel.

Je prend ma retraite le 1er mai 1993 à Rethel, dans les Ardennes. Conscient que le monde du travail a besoin de toutes ses forces vives, je deviens membre du bureau de l'Union Locale CGT. J'assume pendant douze ans la tâche de Conseiller prud'homal au Conseil des Prud'hommes de Rethel. Je préside la Section Commerce jusqu'à la disparition de celui-ci. Je ne m'imagine pas restant à ne rien faire, le combat  ne s'arrête pas là. Je suis élu secrétaire de l'Union Locale CGT de Rethel et c'est tout naturellement que je plaide la cause des salariés devant les Conseils des Prud'hommes, notamment ceux de Charleville-Mézières et Sedan, voire en Cour d'Appel à Reims. Parallèlement, c'est en qualité de Conseiller des salariés que j'assiste ceux-ci lors des procédures disciplinaires et des licenciements.

                                                                                                Jacques TOURTAUX 























Publié dans Lutte des classes

Commenter cet article

caroleone 07/03/2008 09:34

eh Bien! beau CV, tout à ton honneur et quelle vie de combattant !!

BRAVO, continue de mettre ton expérience au service des exploités, car heureusement qu'il existe encore des personnes comme toi.

Si jamais, j'ai besoi d'un petit conseil sur le monde du travail, je penserai à toi !!

Amicalement.

Carole