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PHILIPPE GRASSET : LE "SPECTRE DE LA GUERRE NUCLEAIRE"

Publié le par Tourtaux

 

Le “spectre de la guerre nucléaire” s’installe

Crises/guerres Etats-Unis Hégémonie Ingérence Russie UE Ukraine
 

 

Il commence à apparaître que la conscience de la possibilité d’une “guerre totale”, c’est-à-dire la possibilité d’une “guerre nucléaire”, existe dans la logique folle de la crise ukrainienne. Les causes de cette prise de conscience sont sans doute diverses mais tournent autour de la politique US, – “non-politique” assimilable à la politique-Système fondée sur le développement incontrôlée d’une surpuissance agressive, marquée dans son plus récent spasme par l’exploration de la possibilité de livrer des armements avancés à Kiev. Paul McAdams, du Ron Paul Institute, propose cette explication à l’absence des USA dans les négociations du “quartet de Normandie” qui contient en soi la cause de cette prise de conscience du risque nucléaire, sous la forme d’un rapport dont le Système a le secret. (Rassembler des noms prestigieux à Washington, – Ivo Daalder, Michele Flournoy, l’amiral Stavridis, Strobe Talbott, etc. ; sous l’égide de trois prestigieux think tanks évidemment complètement indépendants, – Brookings Institution, Chicago Council on Global Affairs, Atlantic Council ; conclure qu’il faut livrer très, très vite des armes à l’Ukraine pour défendre glorieusement son indépendance ; la note de ces fournitures est même détaillée, selon une répartition qui fait honneur aux sens de l’équité entre eux des généreux donateurs du complexe militaro-industriel, lesquels ont, pour ajouter la générosité au symbole, financé ce rapport… La conclusion est qu’il faut $3 milliards de quincaillerie pour l’Ukraine.)

McAdams , ce 11 février 2015 : «C’est une nouvelle étude publiée la semaine dernière par un consortium de  » think tanks  » financés par l’industrie de la défense aux Etats-Unis, exhortant à une implication militaire étatsunienne directe dans la crise ukrainienne qui a poussé Hollande et Merkel à l’action. Alors que Washington est tombé en pâmoison collective à la lecture de la conclusion du rapport selon laquelle 3 milliards de dollars d’armes américaines devaient être envoyés au régime-client des États-Unis de Kiev, les Européens se sont tout à coup souvenu de leurs 100 dernières années d’histoire et ils ont réalisé que ce n’est pas Washington ou Los Angeles que la guerre qui suivrait probablement l’implication directe des Etats-Unis laisserait en cendres, mais Bruxelles. Et Munich, Paris, etc … »

Ce même 11 février 2015, Johannes Stern, de WSWS.org, fait une analyse à partir d’un article du Spiegel publié dimanche soir, après la conférence dite-Wehrkunde, à Munich. L’article évoque, sous le titre «Crise OTAN-Russie : le spectre de la guerre nucléaire est de retour», la possibilité d’une guerre nucléaire et démarre sur une anecdote rapportée de la dite-conférence de la Wehrkunde. L’anecdote évoque un incident datant de 1995, où une alerte nucléaire eut lieu en Russie à la suite du tir d’une fusée de recherche américano-norvégienne empruntant une trajectoire qui serait celle d’un éventuel tir d’un missile stratégique nucléaire Trident, la fusée en question ayant les même caractéristiques-radar qu’un Trident. L’incident fut réglé rapidement, – les choses vont vite, dans ce cas, – notamment grâce à la bonne entente régnant à cette époque entre la Russie soumise de Eltsine et les USA pétulants de Clinton… Et l’on termine sur cette interrogation : aujourd’hui, compte tenu du climat entre la Russie et les USA, cela se passerait-il de cette façon ?

«L’article commence avec la description d’un événement peu connu qui a eu lieu le 25 Janvier 1995 et qui a presque failli déclencher une guerre nucléaire entre les Etats-Unis et la Russie. A cette époque, des chercheurs norvégiens et américains avaient tiré une roquette à partir de l’île norvégienne d’Andøya, qui avait déclenché le niveau d’alerte le plus élevé chez les forces armées russes et avait incité le président russe Boris Eltsine à activer les clés d’accès aux armes nucléaires.

 »La fusée, que les scientifiques avaient lancée pour étudier les aurores boréales, avait pris la même trajectoire que les missiles nucléaires intercontinentaux étatsuniens pour aller à Moscou. En outre, sur le radar de la Russie, la fusée de recherche à quatre étages ressemblait à un missile Trident tiré par un sous-marin américain. Puis tout est allé très vite. Les sirènes d’alarme ont retenti dans un centre de radar russe et les techniciens ont saisi leur téléphone pour annoncer une attaque de missiles américains. Eltsine a appelé des généraux et des conseillers militaires au téléphone, mais il a finalement donné le signal de fin d‘alerte parce qu’il n’y a pas eu de second missile. Spiegel Online note qu’Eltsine à l’époque avait sans doute laissé les missiles nucléaires russes dans leurs silos « parce que les relations entre la Russie et les États-Unis en 1995 étaient relativement confiantes ». Aujourd’hui, cependant, la situation est totalement différente. Le magazine cite de hauts responsables politiques, des experts militaires et universitaires, qui insistent sur la dangerosité de la situation actuelle.

 »« Un laps de temps de cinq ou six minutes peut suffire à prendre une décision si la confiance règne et si des voies de communication existent et qu’on peut les activer rapidement », a déclaré l’ancien ministre russe des Affaires étrangères, Igor Ivanov, au cours de la Conférence sur la sécurité de Munich dont l’ordre du jour a été  dominé par l’escalade des puissances impérialistes contre la Russie. « Malheureusement, ce mécanisme fonctionne très mal actuellement « , a ajouté Ivanov. Interrogé sur ce qui se passerait aujourd’hui si l’incident de 1995 se reproduisait, il a dit: « Je ne suis pas sûr que les bonnes décisions seraient toujours prises. » »

Il y a quelque chose d’irréel dans cette anecdote. Ivanov, ancien ministre russe de la défense, est le co-auteur d’une étude, avec l’ancien ministre britannique Des Brown et l’ancien sénateur démocrate US Sam Nunn. Durant les années 1990, Nunn, spécialiste des questions militaires, fut très fortement impliqué dans les efforts faits pour rassembler et sécuriser l’arsenal nucléaire de l’ex-URSS qui avait suivi la situation chaotique de l’effondrement de 1989-1991 et risquait de disparaître dans des mains incertaines, selon une logique sauvage de prolifération nucléaire… Les trois anciens hommes politiques décrivent dans leur rapport la situation à nouveau chaotique, aujourd’hui, mais cette fois au niveau des réseaux et des institutions qui, durant la Guerre froide, permettaient des échanges de communication entre les deux blocs et limitaient ainsi les risques d’accident nucléaire. «La confiance entre l’OTAN et la Russie est quasiment complètement détruite, explique Nunn au SpiegelIl y a une guerre au cœur de l’Europe, les traités internationaux sont en lambeaux ou impuissants à faire sentir leurs effets, il y a des systèmes nucléaires tactiques partout en Europe. La situation est extrêmement dangereuse.»

… Ce qu’il y a d’irréel, c’est d’entendre et de lire de telles remarques à partir d’un rapport rédigé conjointement et en toute coopération par trois hommes qui appartiennent aux deux camps (Ivanov de la Russie, Brown et Nunn du bloc BAO), et d’observer à côté le climat extraordinaire de confrontation qui régnait à la conférence de la Wehrkunde, où le discours de Lavrov fut parfois salué par des rires sarcastiques et des huées à peine discrètes. Brown-Ivanov-Nunn parlent selon l’état d’esprit de la Guerre froide, manifesté aussi bien durant la crise de Cuba de 1962 que durant le déploiement deseuromissiles US en novembre 1983, lorsque Reagan annula l’exercice de simulation d’une guerre nucléaire Able Archerparce qu’il craignait que cet exercice fût pris comme une préparation réelle d’une attaque nucléaire par les dirigeants soviétiques. Durant la Guerre froide, le “spectre de la guerre nucléaire”, lorsqu’il se manifestait de façon pressante, unissait les deux adversaires dans une terreur commune et tout était fait entre eux pour parvenir à un compromis de situation suffisant pour l’écarter. La guerre nucléaire était perçue d’une façon objective comme une menace de terreur absolue qui transcendait tout, y compris les intérêts nationaux, et imposait l’obligation de trouver une solution… Aujourd’hui, les choses sont différentes.

L’article de WSWS.org rappelle également que le Bulletin of the Atomic Scientists (BAS) vient de faire récemment passer son symbole de l’“horloge de l’apocalypse” du danger nucléaire à un niveau (“trois minutes avant minuit”) seulement atteint une fois durant la Guerre froide (en 1984). Il remarque alors, dans son inimitable style trotskiste, mais néanmoins fort justement : c’est très bien de signaler ce danger de la guerre nucléaire, mais encore faudrait-il préciser qui en est la cause … On comprend bien que BAS, comme le rapport Brown-Ivanov-Nunn, traitent effectivement d’une situation objective de terreur devant la perspective de la guerre nucléaire. On peut regretter qu’ils ne désignent pas les coupables, mais le fait est que leur démarche, – y compris dans le chef de BAS, qui a toujours actionné son “horloge de l’apocalypse” de cette façon, – s’accorde à la règle de la perception opérationnelle du seul fait objectif (risque d’une guerre nucléaire).

«Un moyen de mesurer la menace nucléaire est « l’horloge du jugement dernier » (Doomsday Clock), du Bulletin of the Atomic Scientists (BAS). Le 19 Janvier, le BAS, qui existe depuis 1945, a réglé l’horloge à « trois minutes avant minuit ». L’unique et dernière fois où elle était réglée là, c’était en 1984, lorsque les États-Unis ont intensifié la course aux armements nucléaires contre l’Union soviétique et, par voie de conséquence, « coupé ou limité toutes les voies de communication ». Le BAS a justifié sa décision actuelle comme suit. Les « dirigeants politiques » avaient échoué » à « protéger les citoyens contre une possible catastrophe »  et donc « avaient mis en danger tous les habitants de la terre. » En 2014, les puissances nucléaires avaient « pris la décision folle et dangereuse de moderniser leurs arsenaux nucléaires ». Elles avaient abandonné leurs « efforts raisonnables » pour désarmer et avaient permis au « conflit économique entre l’Ukraine et la Russie de se développer en une confrontation Est-Ouest ».

 »De manière significative, ni le Bulletin of Atomic Scientists ni le Spiegel Online ne nomment les responsables de la menace croissante d’une guerre nucléaire. Ce sont les puissances impérialistes qui ont ouvert les hostilités en organisant un coup d’Etat en Ukraine à l’aide des forces fascistes, qui, depuis, ont intensifié l’agression contre la Russie et qui maintenant se préparent à fournir des armes au régime pro-occidental à Kiev. »

C’est effectivement là, à ce point psychologique, que se situe le nœud de la crise ukrainienne dans sa dimension actuelle la plus déstructurante, – mais, pour notre compte, “déstructurante” dans le meilleur sens possible puisque menaçant cette fois directement les structures du bloc BAO. La question de la guerre nucléaire importe moins pour l’instant dans son opérationnalité que dans la perception psychologique qu’on a ou qu’on n’a pas de sa possibilité. L’événement qui s’est produit la semaine dernière n’est pas stratégique ni politique, il est psychologique. Soudain, à cause de certaines circonstances (l’étude mentionnée par McAdams, l’engouement de plus en plus affirmé à Washington en faveur de la livraison d’armes à l’Ukraine), la possibilité d’un affrontement direct entre les USA et la Russie, fût-il accidentel qu’importe, s’est très fortement concrétisé, déclenchant par conséquent le constat de la possibilité objective d’un conflit nucléaire. Brown-Ivanov-Nunn et BAS s’en tiennent à ce dernier constat objectif, mais on admettra que c’est déjà beaucoup puisque le dit-constat confirme objectivement à partir de sources prestigieuses et reconnues comme très compétentes la possibilité extrêmement pressante d’un conflit nucléaire. Du coup, il y a une réaction de terreur objective de ceux qui sont le plus proche du possible théâtre de la possible catastrophe, c’est-à-dire nombre d’Européens et certains experts non-européens, avec, dans le chef de ces Européens principalement, la recherche simultanée de la cause humaine de cette terreur … La recherche est vite bouclée, tant existe à Washington une sorte d’absence complète, – parlera-t-on avec un brin d’ironie, d’une “absence d’autiste” ? – de la possibilité d’une guerre nucléaire en tant qu’événement absolument catastrophique.

Ainsi reste-t-on dans la psychologie. L’on dira que l’hybris époustouflant de Washington, véritable pathologie sans aucun doute avec comme porte-drapeau un président d’un incroyable calme dans sa fonction de zombie alimentant l’ivresse de l’exceptionnalisme du fou, entraîne un autisme absolument catastrophique par rapport aux risques fondamentaux qu’implique la situation ukrainienne. Les clowns de Kiev renforcent l’impression de se trouver, entre Washington et Kiev, dans un hôpital psychiatrique pour adolescents autistes, où les pensionnaires jouent avec l’allumette qui allumera la mèche qu’on sait. Ainsi n’est-il aucunement nécessaire d’étudier la possibilité ou pas d’un conflit nucléaire en étudiant rationnellement les aspects d’une escalade, en termes stratégiques et militaires. Nous sommes au niveau de la psychologie et de la pathologie qui va avec, et la fracture au sein du bloc BAO qui commence à apparaître entre une partie de l’Europe et les USA a tout à voir avec cela. Il suffit de savoir et d'admettre qu’un affrontement nucléaire est possible. Les (Des) Européens savent qu’il est question de la possibilité d’un engagement nucléaire et ils commencent (mais cela va très vite dans cette sorte de perspective) à en admettre la possibilité ; la ménagerie américaniste le sait également mais c’est pour refuser catégoriquement d’en admettre la possibilité, parce qu’il ne fait aucun doute pour elle, représentant la “nation exceptionnelle”, que la Russie “canera” avant, qu’elle reculera, – d’on ne sait quelle position avancée, mais bon, – et qu’elle se soumettra. A la limite, on pourrait croire, hybris et autisme aidant, que les USA se croient évidemment et comme par une sorte d’immanence justifiés de croire qu’eux seuls sont les maîtres du feu nucléaire et que toute guerre, tout conflit nucléaire passe par eux seuls ; dès lors, s’ils n’en admettent pas la possibilité, il n’y aucun risque à cet égard, d’autant (refrain) que la Russie “canera”… Tout cela relève de la psychanalyse et rappelle les ricanements de Freud apercevant les rivages de l’Amérique lors de son premier voyage de 1909, et songeant secrètement qu’il avait, devant lui, le territoire psychologique rêvé pour exercer sans la moindre retenue son activité.

Dans l’hypothèse qu’on développe, cette folie US pourrait effrayer, à juste raison, dans la mesure où elle indique un blocage sans rémission et fait craindre le pire, – justement un enchaînement jusqu’au conflit nucléaire. Mais il y a un avantage en apparence paradoxal à cet extrême, c’est celui d’activer l’opposition des Européens justement jusqu’à l’extrême, de ne laisser aucun répit à cette opposition en poursuivant sans cesse une politique de renchérissement dans l’agressivité et dans la violence, en alimentant la hantise du spectre nucléaire en Europe. Cela implique une division grandissante du bloc BAO, division que, paradoxalement encore, les USA ne supportent pas. Autant ce pays ne limite jamais l’usage unilatéral de la pression et de la violence, autant il entretient le besoin malgré tout d’être soutenu dans cet emportement par une cohorte-d’“alliés”-vassaux dont le nombre semblerait parfois exigé du côté US comme pour apaiser une angoisse secrète qui se cacherait derrière ce déchaînement. Ainsi l’affrontement intra-bloc BAO pourrait-il très vite prendre une place de choix au côté de l’affrontement avec la Russie dans le chef des USA washingtoniens, voire aller jusqu’à le supplanter. Ainsi verrions-nous de plus en plus renforcé notre vertueux “pari pascalien” du 3 mars 2014 : «La crise ukrainienne, et la réalisation que les pressions du Système [...] peuvent conduire à l’extrême catastrophique des affaires du monde (la guerre nucléaire), peuvent aussi bien, grâce au “formidable choc psychologique” dont nous parlons et à l’immense crainte qu’il recèle, déclencher une autre dynamique d’une puissance inouïe…» ; cette dynamique étant à son terme l’effondrement du Système, certes, mais passant évidemment et nécessairement par la division meurtrière et fratricide du bloc BAO à laquelle chacun semble désormais s’employer.

Philippe Grasset, Dedefensa | 12 février 2015

Traduction des parties en Anglais : Dominique Muselet

Source: http://www.dedefensa.org/article-le_spectre_de_la_guerre_nucl_aire_s_installe_12_02_2015.html

Publié dans Ukraine

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MICHEL J. CUNY : LE TROUFION ARABO-MUSULMAN ET LE CHEVALIER DU CIEL OCCIDENTAL...

Publié le par Tourtaux

Le troufion arabo-musulman et le chevalier du ciel occidental…

Le troufion arabo-musulman et le chevalier du ciel occidental…

En sa qualité de président de la commission des affaires étrangères du Sénat, Jean- Pierre Raffarin  a synthétisé le 14 janvier 2015, en présence de Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, les éléments essentiels qui devaient permettre à la Haute Assemblée d’autoriser, à la quasi-unanimité, la prolongation de l’intervention des forces armées en Irak. Nous pouvons donc y lire notre avenir en lettres de sang…

La guerre est une affaire certaine, et les Françaises et Français, selon l’ancien premier ministre, la veulent, quelle qu’elle soit :

« Les Français ont tragiquement mesuré que nous sommes en guerre contre le terrorisme. Devons- nous poursuivre cette guerre ? À cette question, les Français ont répondu dimanche en envoyant un message pour la liberté. »

La « guerre » n’est-elle pas qu’un mot ? Va-t-elle vraiment faire des morts ? Oui. La guerre engagée est une vraie guerre :

« Toute guerre est haïssable, bien sûr, mais la sécurité est un bien précieux.« 

Or, « l’intervention militaire de la France contre le terrorisme en Irak est légitime et doit être poursuivie. »

Ne s’agit-il pourtant que de l’Irak ? Non, bien sûr :

« La stabilité régionale est menacée, le Liban, la Jordanie, Israël sont en danger. La défense de l’avant et la sécurité de l’arrière – notre territoire national – sont plus que jamais liés.« 

Israël… et puis « notre territoire national« … C’est bien la même guerre. Le drame de la supérette parisienne l’a illustré à sa façon…

Jean-Pierre Raffarin aborde ensuite, et de façon plutôt elliptique, un aspect essentiel de technique militaire :

« Le tout aérien s’explique surtout par le traumatisme de l’expérience de 2003… Il faudra une bataille de Mossoul, d’Alep, mais qui conduira la coopération au sol ?« 

L’apparition de ces trois points de suspension dans la transcription officielle fournie par les services du Sénat nous procure un certain malaise, mais essayons tout d’abord de nous débrouiller par nous- mêmes… Que pouvons-nous déduire de ces deux phrases ?…

Mossoul était effectivement, avant 2003, la deuxième ville irakienne (près d’un million et demi d’habitants). À la suite de l’invasion américaine, elle était devenue un bastion sunnite, tandis que s’éloignait d’elle, selon les responsables locaux, quatre-vingt-dix pour cent de la minorité chrétienne qui y vivait jusqu’alors… Voilà donc ce que pourrait être le traumatisme de l’expérience de 2003 évoqué par le petit père Raffarin

Mais ce n’est pas ça, du tout. Prenons le compte rendu officiel pour ce qu’il est : rien qu’un piège. Et recourons à la vidéo de la séance… Voici le petit bout de texte qui a été soigneusement coupé : « …avec ses quatre mille cinq cents morts américains que par les nécessités de l’action, car, comme chacun le sait, les terroristes savent se protéger des raids aériens.« 

Du propos de Jean-Pierre Raffarin, il est possible de déduire qu’il faut éviter de mêler idéologiquement l’intervention aérienne occidentale et l’action des troupes locales au sol, de façon à ne pas faire courir de risques inutiles aux occidentaux, en les transformant en un abcès de fixation un peu trop facile pour la conscience arabo-musulmane… Mais la technique militaire envisagée oblige tout de même à établir une liaison entre le ciel et la terre, ce qui implique de glisser quelques forces spéciales occidentales dans les meutes arabo-musulmanes à conduire là où il faut… Quels pays consentiront à assumer la charge de cette délicate manoeuvre ?

Pour mieux comprendre cette question essentielle et la place qu’elle va prendre dans les guerres qui s’annoncent au menu de la France des prochaines années, ouvrons le numéro 23 (2013) des Études de l’IRSEM (Institut de Recherche Stratégique de l’École Militaire) qui va nous fournir, sous le titre Réflexions sur la crise libyenne, une Introduction plus qu’instructive, rédigée par son directeur, Pierre Razoux. En effet, pour lui, la guerre en Libye de 2011 est maintenant un véritable cas d’école :

« La crise libyenne a donné lieu à une intervention militaire majeure qui a combiné les moyens aériens et navals les plus sophistiqués des États-Unis, du Canada, de certains pays européens (au premier rang desquels la France et le Royaume-Uni) et même de deux États du Golfe (Émirats arabes unis et Qatar), avec les moyens terrestres les plus rustiques des forces rebelles (pick-up, blindés légers, lance-roquettes, artillerie sommaire). » (page 5)

Comme on le voit, il y a les Occidentaux et quelques rares chevaliers du ciel arabo-musulmans. En dessous, la proportion s’inverse très largement : les forces spéciales n’ont pas même besoin d’être citées…

Suivons le raisonnement de Pierre Razoux un peu plus loin :

« Toute la difficulté fut donc de coordonner ces moyens et ces acteurs que rien ne prédisposait à agir ensemble, de limiter au maximum les risques d’erreurs et de dommages collatéraux, et d’accroître l’efficacité des forces rebelles en les entraînant, en améliorant leur arsenal (notamment en missiles antichars) et en facilitant leur manoeuvre logistique. » (page 5)

Mais la disproportion technologique entre la terre et le ciel ne doit pas faire perdre de vue qu’en fait, c’est bien ce qui se passe sur terre, et dans la permanence que cela comporte, qui constitue l’essentiel. Ainsi donc, comme le souligne le directeur de recherches chargé du domaine « sécurité régionale » à l’IRSEM :

« Contrairement à bien des idées reçues, il ne s’est donc pas agi d’une simple opération de frappes aériennes (à l’instar de ce qui s’était passé au Kosovo en 1999), mais bien d’une complexe opération combinée mêlant tous les engins volants (chasseurs bombardiers, avions de guerre électronique, avions de transport, ravitailleurs en vol, hélicoptères de combat, drones) avec des navires de guerre (du porte-avions au sous-marin nucléaire d’attaque – ou « frappeur » pour l’US Navy) et des forces terrestres légères sur lesquelles les planificateurs n’avaient que très peu de prise. » (page 5)

Comme on le voit : il s’agit de disposer de troupes au sol suffisamment nombreuses et aguerries, mais terriblement limitées dans leur armement, et de les tenir à sa main… Tiens, Daesh… Tiens, les jeunes arabo-musulmans de nos banlieues, lancés, malgré eux, dans la recolonisation militaire de l’Afrique du Nord, du Moyen-Orient et… de l’Afrique…

Pour les éléments militaires de haute technologie : http://www.micheljcunysitegeneral.sitew.fr

Michel J. Cuny – Réseau international

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IKRAM GHIOUA : 20 000 TERRORISTES ISSUS DE 90 PAYS COMBATTENT EN SYRIE. UNE MULTINATIONALE DE LA MORT : DAESH !

Publié le par Tourtaux

 

20.000 TERRORISTES ISSUS DE 90 PAYS ACTIVENT EN SYRIE

Daesh: une multinationale de la mort

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L'Etat islamique, plus connu sous le nom de Daesh, ont carrément investi le territoire européenL'Etat islamique, plus connu sous le nom de Daesh, ont carrément investi le territoire européen

L'argent vient des monarchies du Golfe, les terroristes sont fournis par les pays occidentaux et les victimes sont du Monde arabe.

Nul n'ignore que l'Algérie avait averti sur la montée de la mouvance terroriste lors du déclenchement des prétendues révolutions populaires dans des pays arabes, mettant en garde par des rapports, la communauté internationale que le contexte programmé profiterait sciemment aux organisations terroristes. Usant de sa diplomatie, l'Algérie avait aussi tiré la sonnette d'alarme lors de l'intervention de l'Otan en Libye, qui a fini par plonger le pays dans un chaos total. L'Algérie avait raison.
Connaissant bien ce phénomène pour l'avoir combattu depuis 1992, l'Algérie avait prévu les conséquences telles que vécues aujourd'hui. La Syrie ne manquera pas d'en faire autant, alertant que le terrorisme provoqué sur son territoire allait s'étendre sur toute la région du Moyen-Orient, mais pas seulement puisque désormais les mercenaires alimentant l'organisation terroriste appelée L'Etat islamique, plus connu sous le nom de Daesh ont carrément investi le territoire européen. Restés sourds jusqu'à l'attentat commis contre Charlie Hebdo, les Occidentaux ont fini par donner raison aux mises en garde de l'Algérie et les avertissements de la Syrie. Même si l'Occident ne l'avoue pas ouvertement, sa mobilisation contre l'hydre à tentacules qui menace la paix mondiale en dit long sur le fond de la pensée aussi bien des Européens que des Etats-Unis d'Amérique. Washington vient d'établir un rapport dans lequel elle précise que pas moins de 20.000 terroristes étrangers issus de 90 pays activent en Syrie. Dans ce contexte, un haut responsable du renseignement américain Nicolas Rasmussen, directeur du Nctc, qualifie la situation de «sans précédent». Il souligne à ce propos: «Le rythme des arrivées est sans précédent, y compris par comparaison avec d'autres lieux de conflits comme l'Afghanistan et le Pakistan, l'Irak, le Yémen ou la Somalie.»

3400 de ses combattants sont européens
Son témoignage a été rendu public avant son audition mercredi devant la commission de la Sécurité intérieure de la Chambre des représentants, devant lesquels il précise encore: «Nous estimons qu'au moins 3400 de ces combattants étrangers viennent de pays occidentaux, dont 150 Américains», et d'ajouter: «Le nombre d'aspirants au voyage augmente lui aussi. La majorité de ceux qui partent en ce moment vont rejoindre les rangs du groupe autoproclamé Etat islamique en Syrie et en Irak. Les tendances sont claires et inquiétantes.» Inquiétant c'est le mot qu'il faut, d'où cette mobilisation occidentale. 10 milliards de dollars pour lutter contre cette organisation qui menace le monde.
C'est la somme débloquée par les Occidentaux pour faire face au phénomène. La balance que l'Union européenne et les Etats-Unis mettent sur le champ est qualifiée «d'un véritable budget pour une guerre mondiale. Au moment où ceux-la mêmes qui ne sont pas aussi innocents quant à la montée du phénomène pour l'avoir soutenu, financé, armé et entrainé, l'Algérie continue de lutter et de plaider pour des réponses politiques à cette gangrène qui bute sur le puissant lobby militaro-industriel mondial.
C'est ce lobby justement qui a encouragé, à n'en pas douter, l'augmentation de la composante de Daesh pour atteindre les 20 000 terroristes. Selon les statistiques établies en janvier dernier par le Centre international des études de radicalisations de Londres (Icsr), «les Tunisiens sont les premiers terroristes de l'Etat islamique en Irak et au Levant avec 3000 éléments, suivis des Saoudiens dont le nombre est estimé à 2500, suivis par les Jordaniens à 2089, viennent ensuite les Marocains et les Russes dont le nombre est estimé à 1500 personnes pour chacune des deux nationalités. On compte aussi 600 terroristes libyens, qui arrivent à la huitième place au même titre que les Allemands. Avec 250 terroristes, les Algériens et les Australiens se positionnent à la 13e place de cette organisation».
Le même centre précise que «les égyptiens sont estimés à 360 personnes au même rang que les Turkmènes. Le nombre d'étrangers ayant afflué vers l'Irak et la Syrie s'est accru de 5000 terroristes depuis le mois d'octobre dernier.

Le lobby de l'industrie militaire
La même source a établi que «les ressortissants russes sont les premiers combattants hors pays arabes avec 1500 personnes, suivis des Français 1 200 contre 412 en octobre 2014 et des Allemands 600 personnes. Le nombre des terroristes britanniques, autrichiens et néerlandais a augmenté de 100 personnes pour chacune de ces nationalités en l'espace de quatre mois. Le nombre des terroristes maghrébins a stagné depuis le mois d'octobre 2014», relève le Centre Londonien, pour qui «le nombre de terroristes saoudiens est le plus important avec 2500 personnes. Les autres pays du Golfe réunis totalisent quelques centaines de terroristes.
Il est à noter que l'augmentation du nombre de combattants en Irak et au Levant est parallèle au début des opérations militaires que mènent depuis octobre 2014, les forces de la coalition internationale composée de 22 pays, avec à leur tête les Etats-Unis». Ces statistiques ne peuvent être que symboliques puisque selon des sources sécuritaires, il est impossible d'établir une liste exhaustive des terroristes en Syrie et en Irak. Prévoyant cette escalade, l'Algérie possède aussi sa banque de données sur les mouvements terroristes, notamment ceux qui menacent sa sécurité via les frontières.
Le nouveau projet de loi visant à élaborer les lois contre le blanchiment d'argent et la criminalisation de la remise de rançons est parfaitement adapté aux nouveaux enjeux sur le terrain. Cette mise à jour vise, justement, à répondre aux donnes de la conjoncture actuelle qui connaît un trafic d'armes extraordinaire dont les instigateurs versent dans un sens à miser sur un blanchiment d'argent, en somme c'est pour contrecarrer le lobby de l'industrie militaire d'armes où l'odeur du dollar ouvre des appétits grandissants. La question est maintenant de savoir comment l'argent mis sur le marché pour lutter contre la nébuleuse va-t-il être utilisé? Forcément pour acheter des armes et financer les raids! Pourtant, les solutions contre ce monstre peuvent aussi être d'ordres politique et économique. C'est la stratégie pour laquelle l'Algérie a opté et où la colonne vertébrale de Daesh a été brisée militairement. Cependant, l'Algérie oeuvre pour d'autres solutions et la guerre contre le terrorisme est loin d'être extirpée. Dans ses messages multiples, le vice-ministre de la Défense nationale, chef d'état-major de l'Armée nationale populaire, le général de corps d'armée Ahmed Gaïd Salah, ne manquera pas d'avertir les aventuriers, affirmant que l'Algérie possède les moyens de faire face à ce phénomène planétaire.

Menace de Boko Haram
Bouteflika a averti Hollande

 

A quelques semaines du lancement par l'armée française de l'opération Serval au nord du Mali pour stopper la progression des terroristes d'Aqmi vers la capitale Bamako, le président Bouteflika aurait attiré l'attention de son homologue Hollande sur Boko Haram. L'information a été rapportée avant-hier, par le quotidien français Le Monde. Le journal français décrit d'abord, le contexte: la scène remonte au 20 décembre 2012, lors de la visite de François Hollande en Algérie. Au programme: panser les plaies du passé, relancer les échanges économiques et adresser un message d'espoir à la jeunesse algérienne. Les échanges portent également sur le Mali dont tout le Nord, qui partage une frontière avec l'Algérie, est alors aux mains de groupes djihadistes. Trois semaines plus tard, la France lançait son opération Serval. «Nous n'en étions pas encore à l'intervention militaire mais nous avons transmis notre grande inquiétude au président Abdelaziz Bouteflika», se rappelle un diplomate français. Et là, il nous surprend. «Le problème pour l'Afrique, nous dit-il durant le tête-à-tête présidentiel, ce n'est pas le Mali c'est Boko Haram. On est tombé de haut», ajoute notre interlocuteur. «Pour nous c'était une histoire de secte au Nigeria, sans plus. On ne l'a pas vraiment pris au sérieux.»
Deux ans et plusieurs milliers de morts plus tard, une mobilisation internationale se met enfin en place pour tenter d'éteindre l'incendie Boko Haram qui, comme le prévoyait le Président algérien, n'a fait que se propager. C'est ainsi donc que le président Bouteflika a vivement attiré l'attention de Hollande sur cette terrible menace. Ces recommandations n'auraient donc pas été relevées par la France. Depuis quelques mois, Boko Haram enchaîne et les attentats et autres exactions au Nigéria et au Niger. Depuis ces trois dernières semaines, Boko Haram a procédé à l'exécution de près de 2000 personnes. Ce qui constitue le «pire massacre» jamais perpétré par le groupe islamiste, selon Amnesty International. Pour le président nigérien Mahamadou Issoufou, la secte islamiste est tout simplement devenue «un monstre». Une force régionale va s'organiser pour lutter contre ce monstre, le Niger et le Nigéria vont mobiliser près de 8700 hommes pour freiner cette menace qui ne cesse de grandir..

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OSCAR FORTIN : UKRAINE : UNE TREVE SANS SOLUTION DEFINITIVE

Publié le par Tourtaux

 

http://blogs.periodistadigital.com/humanismo-de-jesus.php

  

           jeudi 12 février 2015

UKRAINE: Une trêve sans solution définitive




Il semble que toutes les parties aient besoin d’un peu plus de temps pour que la paix revienne vraiment.

Pour Kiev, ce sera un temps indispensable pour refaire ses forces armées et permettre à ses maîtres étasuniens de former ses soldats et de lui fournir les armes appropriées lui permettant de se soumettre les Républiques autoproclamées du Donbass.
Pour Hollande et Merkel, la trêve leur permettra de sauver la face devant l’OTAN et les États-Unis qui ont toujours besoin d’une porte ouverte, leur permettant de poursuivre en douce leur projet  d’invasion et de contrôle.  En effet, dans la feuille de route, rien n’interdit la coopération militaire avec ces deux instances. De plus, ce pas important qui vient d'être franchi est tout à leur honneur.
Enfin, pour Poutine, il faut croire qu’il mise sur un effondrement prochain de la grande coalition entre l’Europe et Washington. Des signes se multiplient à l’effet que cette coalition commence à avoir des fissures qui ne feront que de s’amplifier. La photo, coiffant cet article, nous en dit plus de ce que nous pourrions en penser. Porochenko, la marionnette de Washington, ne semble pas très heureux de ce qui vient de se passer lors de la première ronde de négociation, celle qui a duré deux heures. Enfin, je me permets de relever quelques indications plus substantielles laissant entrevoir ce possible effondrement.

Il y a évidemment l’opinion publique européenne qui retrouve ses esprits après avoir été chloroformée par une désinformation relative à tout ce qui touche à la Russie et en particulier à Poutine. Les yeux s’ouvrent, les langues se délient et les Européens se demandent de plus en plus ce qu’ils font en Ukraine et pourquoi ils y risqueraient une guerre pouvant entraîner la destruction de l’Europe

S’ajoute également cette prise de consciente, toujours plus aiguë, d’être les otages des politiques de Washington qui en font à la fois les financiers et les miliciens de première ligne. On y voit de plus en plus une Europe qui ne s’appartient plus, une Europe qui va chercher ses ordres à Washington, une Europe qui s’expose à la ligne de front pour que l’oncle Sam puisse se présenter sans grands risques pour lui-même et réaliser ses grands projets d’extension de son Empire jusqu’aux aux portes de la Russie.

Une Europe qui a perdu sa fierté, son indépendance, sa capacité de décider par elle-même de ses intérêts et de ses alliances. De plus en plus de voix respectées se font entendre pour dire que l’Europe ne peut se détacher de la Russie et encore moins s’en faire une ennemie. Cette dernière est essentielle pour la vitalité et le développement de l’Europe. Ces rappels ne sont pas sans que soient soulevées ces autres questions qui portent toutes sur les véritables objectifs de Washington dans ses aventures en Europe. Est-ce vraiment l’Ukraine qu’il veut ou l’Europe tout entière? Quels intérêts a-t-il vraiment et jusqu’à quel point l’Europe est-elle partie active dans la définition des objectifs et les prises de décision?
De plus en plus d’Européens se remémorent ces paroles tenues par une haute responsable du Secrétariat d’État des États-Unis lors d’une conversation téléphonique, enregistrée à son insu, «Que l'UE aille se faire foutre». Une fois connus ces propos, il y a eu des excuses, mais ces dernières ne changent en rien le véritable sentiment de ces hauts fonctionnaires et de leurs patrons sur l’Europe. D’ailleurs, cette haute fonctionnaire, à ce que je sache, est toujours en fonction.
Il est fort probable que la patience de Poutine à l’endroit des pays européens et de façon particulière à l’endroit de l’Allemagne et de la France trouve sa motivation sur cette fissure qui ne pourrait tarder encore longtemps avant de céder aux pressions des Européennes qui ne voient comment ils pourraient sacrifier leur vie et leur sécurité pour faire plaisir à l’oncle Sam. À cet égard, les attentions de la Russie à l’endroit de ces deux intervenants ne sont jamais marquées par la colère ou la violence. Au contraire, on fait tout pour les mettre en évidence, comme ce fut le cas avec la déclaration du ministre des Relations extérieures de Russie qui a mis en évidence la contribution exceptionnelle de ces deux pays pour assurer le succès de la rencontre de Minsk. Déjà, les défis politiques, économiques et sociaux sont suffisamment importants pour que l’Europe ne se laisse pas emporter par des ambitions d’un voisin lointain qui n’a d’autres intérêts que celui de dominer le monde en se servant de l’Europe comme d’un bouclier.
Si tel est le cas qu’anticipe Poutine, la fin de cette grande alliance entre l’Europe et les États-Unis marquerait l’écroulement de l’empire et avec lui celui d’un monde unipolaire qui l’aura si bien servis. Ce serait  alors l’avènement d’une ère nouvelle caractérisée par un monde multipolaire et multicentrique. Le droit redeviendra la propriété de la communauté internationale, des peuples et des personnes. Le monde n’aura plus besoin de l’Oncle Sam pour lui « tordre les bras » lorsqu’il ne fait pas ce qu’il veut qu’il fasse.
Oscar Fortin
Le 12 février 2015







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